• Macao et Timor. La souveraineté portugaise etl'incidence de la guerre de 1914-1918Célia ReisDans Guerres mondiales et conflits contemporains 2014/4 n° 256, pages 69 à 80Éditions Presses Universitaires de FranceISSN 0984-2292ISBN 9782130628989DOI 10.3917/gmcc.256.0069Article disponible en ligne à l’adressehttps://shs.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2014-4-page-69?lang=frDécouvrir le sommaire de ce numéro, suivre la revue par email, s’abonner...Scannez ce QR Code pour accéder à la page de ce numéro sur Cairn.info. Distribution électronique Cairn.info pour Presses Universitaires de France.Vous avez l’autorisation de reproduire cet article dans les limites des conditions d’utilisation de Cairn.info ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votreétablissement. Détails et conditions sur cairn.info/copyright.Sauf dispositions légales contraires, les usages numériques à des fins pédagogiques des présentes ressources sont soumises à l’autorisation de l’Éditeur ou, le cas échéant, del’organisme de gestion collective habilité à cet effet. Il en est ainsi notamment en France avec le CFC qui est l’organisme agréé en la matière.
  • Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 256/20141Le Portugal manifeste des velléités de participation à la Première Guerre mondiale dès ses commencements. Toutefois, dans le cadre de ce qui est considéré alors comme « une conflagration européenne » (conflagração europeia), cette intervention ne se produit qu’après 1916, à la suite de la confiscation de navires allemands qui se trouvent dans les ports portugais. Néanmoins, depuis 1914 les Portugais se confrontaient déjà aux Allemands en Angola et au Mozambique2.Bien que Macao et Timor ne souffrent pas de l’intervention directe des Puissances Centrales et n’envoient pas leurs soldats sur la scène euro-péenne des opérations comme cela se produit dans tant de colonies, le conflit se répercute, ici et dans les territoires proches comme hong-Kong (sous souveraineté britannique) ou les Indes néerlandaises3, par ses consé-quences, en s’insérant dans un contexte géographique plus vaste, avec ses dynamiques propres. En même temps, comme d’autres petites possessions, Macao et Timor s’intègrent dans le cadre colonial, où l’Empire portugais est constamment soumis à l’expansionnisme de plus grandes puissances et au jeu d’équilibre entre elles. D’ailleurs, l’éclatement de la guerre vient interrompre des négociations entre la Grande-Bretagne et l’Allemagne visant à se partager les colonies portugaises.1. Nous adressons nos plus vifs remerciements à Angelita Martins qui nous a mis en contact avec ces traducteurs bénévoles : Marco Maya Cunha et Francis Gast, le texte traduit a été revu par Jean-Noël Grandhomme.2. Voir, entre autres : Marco Fortunato Arrifes, A Primeira Grande Guerra na África Portuguesa. Angola e Moçambique (1914-1918), Lisbonne, Cosmos e Instituto da Defesa Nacional, 2004 ; Fernando Rosas et Maria Fernanda Rollo (dir.), História da Primeira Républica Portuguesa, Lisbonne, Encre-de-Chine, 2010 ; Nuno Severiano Teixeira, O Poder e a Guerra. 1914-1918. Objectivos Nacionais e Estratégias Políticas na Entrada de Portugal na Grande Guerra, Lisbonne, Modèle, 1996.3. Voir John Mark Carroll, A Concise History of Hong Kong, Plymouth, Rowman & Littlefield, 2007; Steve Tsang, A Modern History of Hong Kong, Londres, I.B. Tauris, 2007; Kees Van Dijk, The Netherlands Indies and the Great War 1914-1918, KITLV Press, 2007.MACAO ET TIMOR. LA SOUVERAINETÉ PORTUGAISE ET L’INCIDENCE DE LA GUERRE DE 1914-19181Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
  • Célia Reis70LA SITUATION DE MACAO ET DE TIMORMacao est la plus petite des colonies portugaises et constitue avant tout un espace urbain en constant débat avec la Chine au sujet du tracé non défini de la frontière. De fait, surmontant de nombreux obstacles, les deux pays signent en 1887 un traité, mais laissent pour plus tard la question de la démarcation du territoire. La délimitation des frontières devient une pré-occupation essentielle des autorités portugaises, métropolitaines et locales, marquée par beaucoup de tentatives avortées4.La frontière de Timor avec les Indes néerlandaises est bornée à la fin du xixe siècle et réajustée plus tard ; la résolution de quelques questions en sus-pens est revenue au Tribunal permanent d’arbitrage de La haye, le 25 juin 1914. Au point de vue intérieur, la province de Timor vit une succession de révoltes et de guerres, étouffées par des « campagnes de pacification ». En 1912 la colonie est le théâtre de la « révolte de Manufai ». D’énorme envergure, cet événement constitue la dernière des grandes manifestations d’opposition à la colonisation5.La période qui va de 1914 à 1918 est marquée par les luttes politiques internes habituelles, alors très liées au débat administratif qui aboutit à la publication, pour chacune des colonies, de Chartes organiques (Cartas Orgânicas) en 1917. Cependant, en raison des changements survenus en métropole, leur application est suspendue6.D’un point de vue économique et financier, et au-delà des conséquences de la guerre qui seront examinées plus bas, ces années représentent une phase durant laquelle le gouverneur Filomeno da Câmara cherche à donner une impulsion au progrès de Timor. Entre autres évolutions, après un long débat sur la circulation de deux monnaies différentes, 1915 marque la date de l’adoption de la pataca comme monnaie unique. Malgré cela, ce n’est qu’en 1918 que le gouvernement métropolitain avalise ce changement7.4. Voir, entre autres : Célia Reis, « Macau e a China », in Antonio henrique de Oliveira Marques (dir.), História dos Portugueses no Extremo Oriente, vol. IV : Macau e Timor no Período Republicano, Lisbonne, Fundação Oriente, 2003; ibid., « Macau no seu Contexto Internacional. A Visão dos Deputados (1885-1910) », in Atas do I Congresso de História Contemporâne, S. 1., IHC/CEIS20/Rede História (consultable sur le site : http://hdl.handle.net/10362/10684) ; António Vasconcelos de Saldanha, Estudos sobre as relações e Acordos Luso-Chineses sobre os Limites de Macau no século XIX. Contribuição para a Compreensão dos Atuais Limites da Região Administrativa Especial de Macau da República Popular de China, Lisbonne, Instituto Superior de Ciências Sociais e Políticas, 2010.5. Voir surtout : Fernando Augusto de Figueiredo, Timor. A Presença Portuguesa (1769-1945), Lisbonne, Centro de Estudos históricos. Universidade Nova de Lisboa, 2011 ; René Pélissier, Timor em Guerra: A Conquista Portuguesa: 1847-1913, Histórias de Portugal, Lisbonne, Modèle, 2007.6. Outre Fernando Augusto de Figueiredo, op. cit., voir : Célia Reis, « Conjuntura e Vida Política », in Oliveira Marques, op. cit ; ibid., « Discussões em torno da administração de Macau. 1910-1914 », Oriente, 10, 2004, pp. 40-57 ; ibid., « Discussões em Torno da administração de Macau: de 1914 à Centralização dos Anos 30 », Oriente, 14, 2006, pp. 105-124 ; ibid., O Padroado Português no Extremo Oriente na Primeira República, Lisbonne, Livros horizonte, 2007.7. Arquivo histórico Ultramarino (AhU), Lisbonne, 2717 1ª MU DGC, livro Macau 15 juin 1914 au 15 août 1917, télégramme du Ministère des Colonies (MC), 7 décembre 1916. – Archives du Banco Nacional Ultramarino (BNU), Lisbonne, 032. 26/325, Bureau de Díli, 4 et 28 juillet 1917 ; décret nº 4.294 du 4 mai 1918 ; Diário do Governo, I, série, nº 113, p. 822.Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
  • Macao et Timor. La souveraineté portugaise et l’incidence de la guerre 71À Macao, où les profits du jeu et de l’opium constituent la principale source de recettes, on observe une mutation du commerce de ces produits due à une conjoncture plus restrictive8. Carlos da Maia, le gouverneur, essaie également de modifier la situation du port qui, depuis longtemps, aurait besoin de grands travaux afin de lutter contre un envasement crois-sant. En poussant dès lors ces projets, il se heurte à l’opposition de ses adversaires politiques et aux protestations de la Chine qui les considère comme contraires aux accords bilatéraux de 1887. En conséquence, les travaux sont suspendus après le départ du gouverneur.UNE GUERRE EUROPÉENNE ET DES qUESTIONS COLONIALESLa « conflagration européenne », pour employer une expression fré-quemment utilisée à l’époque, en référence à la Première Guerre mon-diale, déclenche à Macao des manifestations de solidarité répétées en de nombreux endroits envers le Portugal, avec, d’une part, des récoltes de fonds pour aider les victimes ou des envois de colis pour les soldats9. D’autre part, le conflit prend immédiatement une tournure concrète dans la région quand des navires allemands qui manœuvrent dans les parages contre les Alliés s’approchent de Timor ; et parmi eux, l’Emden10. Il s’agit d’une guerre entre les puissances européennes, les mêmes qui ont remis en question la souveraineté portugaise sur ses colonies, et, dans ce contexte nouveau, les gouverneurs de ces deux possessions, Timor et Macao, jugent le moment opportun pour résoudre les questions qui comptent le plus pour chacune de leurs colonies.Dans un message envoyé à Lisbonne le 20 octobre 1914, le gouverneur de Macao considère que le gouvernement portugais pourrait profiter de l’appui de la Grande-Bretagne pour fixer les limites du territoire. Selon lui, bien que dans les circonstances actuelles la priorité ne soit pas à la délimitation des frontières, « l’attitude franche et ostensible du Portugal aux côtés de son vieil ami et allié [britannique] lui garantit une situation privilégiée11 ».À Timor Filomeno da Câmara, après une réflexion plus large sur le conflit, qu’il met en parallèle avec les guerres napoléoniennes, en arrive à la conclusion que la Grande-Bretagne a intérêt à voir les côtes maritimes divisées entre des États petits et fragiles, parmi lesquels le Portugal. De plus, en 1815, le Portugal avait été défavorisé par rapport 8. Alfredo Gomes Dias, Portugal, Macau e a Internacionalização da Questão do Ópio (1909-1925), Macao, Livros do Oriente, 2004, pp. 174-180.9. Beatriz Basto da Silva, Cronologia da História de Macau, vol. 4 : XIXo secolo, Macao, Direção dos Serviços de Educação, 1997, p. 113, 115 et 132.10. Kees Van Dijk, op. cit., p. 174 et 180-190. – Gunn, Geoffrey C., Timor Loro Sae. 500 an., Macao, Livros do Oriente, 1999, p. 168.11. AhU, SEMU DGU RM 004 boîte 6, G7/28, Bureau du gouvernement de Macao (BGM) au MC, 20 octobre 1914.Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
  • Célia Reis72aux Pays-Bas, qui avaient obtenu des garanties pour leur expansion, y compris sur la moitié de l’île de Timor. Le moment lui semble donc opportun pour dédommager les Portugais en leur restituant la totalité de l’île et en attribuant aux Néerlandais la Nouvelle-Guinée allemande en compensation12.Dans l’ensemble de la région, d’autres pensent aussi à la possibilité d’une recomposition territoriale. En Australie surgit en 1914 une pro-position visant à permettre d’acheter l’ile de Timor après la guerre pour y établir une implantation destinée aux habitants du nord du pays ; comme indemnisation, les Portugais obtiendraient une partie des territoires alle-mands d’Afrique, et les Néerlandais la Nouvelle-Guinée13. Ce sont pro-bablement les intérêts expansionnistes australiens qui déterminent l’arrivée d’une petite escadre britannique à Timor en novembre 191514, pour des raisons dont les Portugais n’ont alors pas connaissance.MACAO ENTRE DEUX GUERRESAu début de la Guerre mondiale de nombreuses personnes quittent hong-Kong pour la Chine15, mais beaucoup choisissent aussi Macao16. S’y ajoutent celles qui, en poursuivant un mouvement déjà amorcé, fuient l’instabilité politique chinoise. Cet afflux continue et, grâce au contexte local, le trafic entre hong-Kong/Canton et la colonie portugaise reste possible, malgré les lois très restrictives de la République17.La convergence de réfugiés à Macao augmente les problèmes de sécurité, du fait de la possibilité que des pirates et des révolutionnaires18 se trouvent parmi eux. En fait, dans ce contexte de déflagration toujours considérée comme « européenne », se livre avant tout une « guerre civile » chinoise que Macao doit affronter à cause de ses prétentions coloniales face au pays voisin et de ses relations avec les forces établies de même qu’avec celles des révolutionnaires.À plusieurs reprises Pékin et Canton accusent Macao de tolérer le trafic d’armes et la tenue de réunions secrètes d’opposants au gouver-nement en place. Mais les autorités portugaises le nient, invoquant l’expulsion d’éléments propagandistes adverses, la saisie de tracts et des statuts d’associations chinoises politisées et situées dans l’opposition au 12. Ibid., SEMU DGU RM 005 boîte 6, Bureau du gouvernement de Timor (BGT) au MC, 4 décembre 1914.13. National Australian Archives (NAA), A3, NT 1915/2373 (voir : http://www.naa.gov.au/, 3 juin 1915).14. BNU, 032.26/335, Díli, 6 novembre 1915.15. Carroll, op. cit., p. 86.16. AhU, SEMU DGU RM 004 boîte 6, G7/37, BGM au MC, 7 septembre 1914.17. Ibid. et 2717 1A MU DGC, liv. 1914-17, BGM au MC, 7 juin 1916 et MC au BGM, 2 octobre 1916.18. Ibid., SEMU DGU RM 004 boîte. 6, G7/37, BGM au MC, 7 septembre 1914.Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
  • Macao et Timor. La souveraineté portugaise et l’incidence de la guerre 73pouvoir19. Toutefois, la relation privilégiée avec les révolutionnaires saute aux yeux, puisqu’ils disposent d’un comité à Macao. Le 23 juin 1916, Sun Yat-Sen en personne écrit au gouverneur Carlos da Maia pour le remer-cier « de la bonté extrême (qu’il a) témoignée en maintes circonstances à tous (ses) amis politiques, surtout pendant les derniers événements sur-venus non loin de Macao20 ». Il est facile de comprendre ces liaisons, non seulement parce qu’on se trouve en face de deux (jeunes) régimes répu-blicains, mais aussi parce qu’ils ont tissé de nombreux liens, y compris avec Sun-Yat-Sen, qui a résidé dans la colonie et dont la famille y vit encore21. Il faut aussi se rappeler que les autorités portugaises se position-nent simultanément sous un autre angle en voulant résoudre les affaires en suspens dans leur relation avec la Chine, cherchant le parti qui puisse offrir les plus grandes garanties pour l’avenir.Toutefois, la question extérieure revêt des contours plus étendus en rai-son de la dénégation traditionnelle par la Chine de la souveraineté portu-gaise, exprimée fréquemment par d’intenses campagnes de propagande. À la fin de 1914 les informations recueillies par le gouverneur portugais font redouter une telle situation car elles laissent entrevoir des troubles allant jusqu’à une « prise d’assaut de Macao22 ». En ce sens les situations inté-rieures et extérieures convergent profondément, en maintenant au premier plan les préoccupations devant l’agitation entre diverses factions chinoises en lutte qui peuvent mettre en péril l’intégrité de la colonie compte tenu de la disproportion entre indigènes et Européens23. Les demandes de ren-forts militaires sont alors fréquentes mais, bien que conscient de la gravité de la situation, Lisbonne ne les envoie pas ou en petit nombre seulement. Au-delà de difficultés plus générales, il est probable que cela soit dû au fait que la direction générale des Colonies considère que même avec une garnison aux effectifs complets il ne serait pas possible d’éviter une invasion chinoise, et donc que la seule solution est d’user de tous les moyens pour éviter un conflit. Les forces existantes ne sont affectées qu’aux opérations de police dans la ville et à la répression de toute rébellion interne24.L’Allemagne déclare la guerre au Portugal le 9 mars 1916 et, le 12, le gouverneur de Macao avise le ministère que quatre cents Allemands se sont concentrés à Canton, ce qui lui fait craindre qu’ils ne dressent les Chinois contre les Portugais. Partant de l’exemple de hong-Kong, où trois 19. Ibid., G7/37, BGM au MC, 30 novembre 1915 ; 857 1h SEMU DGFTO, 6e section de la Direction générale des Colonies (DGC), 1914, Procuration nº 4, Província de Macau. Queixa do governo Chinez de que se faz contrabando de armas através de Macao e se realizam reuniões secretas et Acerca das boas relações entre os governos de Macao e Cantão.20. Voir Célia Reis, in Oliveira Marques, op. cit., pp. 184-185.21. Paul B. Spooner va bien plus loin, qui considère que les révolutions portugaise et chinoise s’inscrivent dans un contexte révolutionnaire global (Macao: The Port for Two Republics, Doctorat, Université de hong-Kong, 2009).22. AhU, 2717, 1A MU DGC, liv. 1914-17, BGM au MC, 6 octobre 1914.23. Ibid., SEMU DGU RM 004 boîte. 6, G7/37, BGM au MC, 30 novembre 1915.24. Ibid., G7/28, Information de la 5e section de la DGC (I5SDGC), 14 décembre 1914 ; Contingente para Macau, I5SDGC, 18 au 30 décembre 1915 ; G7/37, MC au BGM, 3 janvier 1916.Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
  • Célia Reis74conspirations ont été découvertes, il demande la mise en place de la cen-sure télégraphique et postale – ce qui lui est accordé en juin ; il juge aussi nécessaire de renforcer les forces de police terrestres et maritimes, ainsi que le contrôle des personnes et la vérification des navires25. La mise en place de ces mesures est approuvée par le conseil de gouvernement et donne lieu à l’ouverture de comptes spéciaux26.L’intensification de la lutte entre le président (puis empereur) Yuan Shi-Kai et les révolutionnaires a pour résultat l’avance des troupes chinoises et provoque quelques incidents qui remettent en cause la souveraineté portu-gaise27. C’est dans ce contexte que le gouverneur Carlos da Maia monte un projet pour concrétiser l’occupation par le Portugal de la partie qu’il revendique de l’île de Lapa : un détachement commandé par un capitaine débarque comme pour se promener, avec comme objectif de faire peu à peu accepter sa présence par la diplomatie. Cette opération, inefficace et fortement contestée, a aussi pour but de rechercher l’appui des révolution-naires en faisant quelques concessions28. Toutefois, cela n’aboutit à aucun compromis sur une future cession. Entre-temps, à l’automne de 1916, les Chinois renforcent leur garnison à proximité de Macao et s’installent dans les îles de Lapa et Montanha29.On constate une certaine détente à partir de l’entrée en guerre de la Chine aux côtés de l’Entente le 14 août 1917, avec des visites mutuelles de responsables des gouvernements de Canton et Macao30, mais peu de temps après reviennent les difficultés liées à l’absence de délimitation31.TIMOR ET LA NEUTRALITÉ NÉERLANDAISEAprès la déclaration de guerre de l’Allemagne au Portugal, le gou-verneur de Timor envisage la possibilité d’un conflit entre les Néerlandais et les Alliés et, ayant en vue les conséquences locales, il demande qu’on lui envoie la canonnière Pátria pour sa défense, mais elle mouille alors à Macao, dont le gouverneur juge que sa colonie connaît une situation pire encore ; il parie aussi sur le maintien de la neutralité néerlandaise afin d’éviter toute attaque japonaise32.25. Ibid., G7/28, BGM au MC, 12 mars 1916.26. Ibid., 1725, 1C MU DGCOr, India, Macau e Timor. Empréstimos e operações de crédito, Atas do Conselho de Governo.27. Ibid., 2717, 1A MU DGC, liv. 1914-17, BGM au MC, 26 janvier 1916.28. Ibid., SEMU DGU RM 004 boîte 6, Compte rendu du capitaine José Garcia ; 2503 1L MU DGC, PV 110 ; Diário da Câmara de Deputados, 28 mai 1917, pp. 67-68.29. Ibid., 2717, 1A MU DGC, liv. 1914-17, BGM au MC, 28 novembre et 11 décembre 1916. - BNU, 011.14/538, BGM au MC, 12 décembre 1916.30. Voir, entre autres : ibid., 2717, 1A MU DGC, liv. 1914-17, BGM au MC, 8, 10 janvier, 5 février et 21 mai 1917, MC au BGM, 4 février 1917.31. Ibid., liv. 1917-19, BGM au MC, 2 janvier 1918.32. Ibid., liv. 1914-17, BGM au MC, 15 mai 1916.Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
  • Macao et Timor. La souveraineté portugaise et l’incidence de la guerre 75Mais d’autres difficultés résultent de cette neutralité et des relations diffi-ciles avec les Alliés, surtout avec la Grande-Bretagne. En novembre 1918 des informations, non confirmées, sur un ultimatum adressé par les Britanniques aux Néerlandais, ainsi que sur la présence de trente navi-res de guerre à Singapour, mettent les Portugais en émoi ; peu après, les navires néerlandais sont empêchés d’embarquer des passagers et des mar-chandises pour ce port33. En plus du risque de rupture, le gouverneur de Timor craint que, en guise de préalable, la colonie voisine vienne appuyer les indigènes révoltés. Il adopte donc des mesures préventives, comme le renforcement de la surveillance des postes de commandement et des postes-frontière. Le 14 novembre, quand des mouvements de troupes aux frontières sont signalés, la résistance s’organise sur-le-champ. Ce n’est que plus tard qu’on apprend que ces soldats se dirigeaient vers un simple lieu de concentration.Toutefois, cette situation est rendue spécialement difficile par le manque de communications : comme l’écrit le gouverneur, l’absence de télégraphe empêche une véritable évaluation de la situation jusqu’à ce que Koepang (dans la partie néerlandaise de Timor) tombe aux mains des Britanniques ou des Japonais, les Portugais perdant ainsi l’occasion d’agrandir leur empire34.LES FORCES DE DÉFENSEÀ Macao le début de la guerre coïncide avec la présentation de projets de réforme des services. Le gouvernement central ayant refusé ces plans, l’accroissement permanent des réfugiés exige une augmentation du per-sonnel et des Chinois sont embauchés. En mars 1916 la surveillance poli-cière est assurée par 225 de ces contractuels et seulement dix-huit soldats portugais ; dépendre des Chinois fait craindre une rébellion, et ces services doivent plus tard être renforcés par d’autres militaires35.Comme il est impossible de recevoir des renforts de la part de la métro-pole, mais que les garnisons qui ont terminé leur service à Macao se voient interdire leur retour36, l’idée germe de chercher des contingents dans les colonies d’Orient et sont successivement sollicités l’Inde (Goa), Timor ou même le Mozambique37. À force d’insister, le gouverneur finit par obtenir la venue à Macao d’un contingent qui quitte Lisbonne en octobre 1917. 33. BNU, 032.21/274, Díli, 12 novembre 1917. – AhU, SEMU DGU RM 005 boîte 6, PV Timor, BGT au MC, 17 janvier 1918.34. AhU, SEMU DGU RM 005 boîte 6, id.35. Ibid., SEMU DGU RM 005 boîte 6, Contingente para Macau et G7/28, BGM au MC, 12 mars, 5 juin et 13 septembre 1916 ; G7/37, Atas do Conselho do Governo, 15 octobre 1915 et 30 mars 1916, I5SDGC, 23 septembre 1916.36. Ibid., G7/39, plusieurs documents ; 2503 1L MU DGC, PV 55.37. Ibid., G7/28, MC au BGM, 13 mars 1916 et BGM au MC, 22 avril 1916 ; I5SDGC, 25 avril 1916 ; 2717 1A MU DGC, liv. 1914-17, BGM au MC, 28 novembre 1916 et 23 mai 1917, entre autres.Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
  • Célia Reis76Cependant, alors qu’il attend à Lourenço Marques, au Mozambique, son transfert vers l’Asie, il y est réquisitionné pour la défense de cette colonie africaine, effectivement menacée par les forces allemandes38.Au niveau local, le gouverneur de Macao cherche dès août 1914 à augmenter les effectifs des troupes disponibles en créant le corps des volon-taires (Corpo de Voluntários), ouvert à tous les Portugais. En mars 1916 ses compagnies sont convoquées pour le service militaire39. Bien que le minis-tère n’admette pas le principe d’un recrutement obligatoire et permanent défendu par le gouverneur, il concède, dans ces circonstances de guerre, la possibilité de profiter de tous les moyens, ce qui conduit le corps des volontaires à devenir armée territoriale (Tropa de segunda linha)40.À Timor, si on n’obtient pas non plus de renforts, les deux compagnies mozambicaines qui s’y trouvent en faction depuis 1914 sont maintenues41. Comme il devient difficile de se fournir en armes et en munitions, surtout par manque de moyens de transport, le gouverneur reçoit l’autorisation d’en acquérir au Japon42. Il est possible que l’approvisionnement de Timor en charbon par l’intermédiaire de la station navale britannique en Chine, alors installée à Singapour, représente également un objectif militaire, une fois considéré comme une dépense souveraine43.LE MANqUE DE COMMUNICATIONS ET DE TRANSPORTSLes difficultés de communication à Timor sont traditionnelles puisqu’on n’y dispose même pas du télégraphe, mais elles s’aggravent considé-rablement quand tout s’arrête pour cause de guerre, ce qui rend néces-saire l’envoi de tous les messages depuis Macao. Ainsi, il reste par ce biais quelques possibilités de transmission. Du côté de la poste surgissent d’énormes obstacles, ce qui rend les choses plus compliquées et les circuits bien plus longs44.Les transports se voient eux aussi affectés. Dès la fin de 1915 il devient de plus en plus difficile de se rendre au Portugal parce que, en plus du 38. Ibid., 2717 1A MU DGC, liv. 1917-19, MC au BGM, 21 septembre et 29 octobre 1917, 23 janvier et 2 novembre 1918.39. Ibid., 1725 1C MU DGCOr, India, Macau e Timor. Empréstimos…, op. cit., 5 mai et 2 août 1916 ; Portaria du 31 mars 1916. - Bastos da Silva, op. cit., p. 120.40. Ibid., 298 1F MU DGC, MC au BGM, 30 juin 1914, SEMU DGU RM 004 boîte 6, G7/37 et 2717 1A MU DGC, BGM au MC, 22 avril 1916.41. Ibid., 295 1F MU DGC, MC au BGT, 11 janvier 1916, tel. Koepang, 25 janvier 1916 ; SEMU DGU RM 005 boîte 6, PV Timor 833, BGT au MC, 17 janvier 1918.42. Entres autres : ibid., SEMU DGU RM 004 boîte 6, G7/28, I5SDGC, 14 décembre 1914 ; Contingente para Macau, I5SDGC, 30 décembre 1915 ; 2717 1A MU DGC, liv. 1914-17, BGM au MC, 30 août 1915, MC au BGM, 2 septembre 1915, liv. 1917-1919, MC au BGM, 17 novembre 1917.43. Ibid., 316 1N MU DGC, fl. 267, note de la DGC à la Direction générale de l’agriculture des colonies, 2 février 1917 ; 1725 1C MU DGCOr, India, Macau e Timor. Empréstimos…, op. cit., 19 mars 1920.44. Ibid., 2717 1A MU DGC, liv. 1917-19, BGM au MC, 7 juin 1918.Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
  • Macao et Timor. La souveraineté portugaise et l’incidence de la guerre 77danger des sous-marins allemands, plusieurs compagnies basées à Macao ne desservent plus Lisbonne45. La liaison (subventionnée par l’État) entre les deux colonies portugaises de l’Extrême-Orient demeure plus facile, malgré plusieurs interruptions ou changement de parcours.Le manque de moyens de transports, même au niveau régional, a affecté Timor, en provocant des périodes d’isolement ; les causes sont essentiel-lement à en rechercher dans les difficiles relations entre pays européens. Ainsi, à l’automne de 1917, les Alliés ont obligé les Néerlandais à suspendre la navigation vers Singapour et hong-Kong ; en février 1918 les navires néerlandais n’arrivent plus jusqu’à la colonie portugaise, et l’on apprend que cette interdiction vient du gouvernement de La haye46. La solution imaginée au niveau local consiste à envoyer le vapeur Díli à Singapour, pour y acquérir des marchandises, communiquer avec la métropole et deman-der de l’aide. Ce navire représente alors la seule possibilité de liaison avec l’extérieur, bien que son état soit préoccupant et qu’il nécessite d’urgentes réparations47. Entre-temps, quelques navires néerlandais accostent à Díli48. quelque temps plus tard, le gouvernement local, par l’intermédiaire de l’amirauté britannique, passe un contrat avec une compagnie néerlandaise afin de permettre le passage de ses propres vapeurs par Timor, lors des liai-sons entre Singapour et Sydney49.La réduction des contacts avec la métropole amène le lycée (Liceu) local à changer de catégorie, devenant central, avec des classes supérieures, puisque les élèves ne peuvent plus se déplacer vers Lisbonne50.LES ASPECTS ÉCONOMIqUES ET FINANCIERSEn dépit de son état de sous-développement, Timor est une colonie où les exportations, particulièrement celles de café et de coprah, sont essen-tielles pour l’économie locale. Leur rupture dans le contexte du conflit se répercute dans la vie quotidienne. Toutefois, on constate des fluctuations.Dès 1915 on commence à noter des difficultés dans le transport du café vers l’Europe, qui augmentent considérablement quand on considère que ce produit relève de la contrebande. Les prix baissent progressivement. Comme dans les Indes néerlandaises, les autorités mettent des obstacles à son impor-tation et se montrent réticentes à l’ouverture de nouveaux marchés, alors saturés, comme celui hong Kong, où le café brésilien abonde. La situation 45. BNU, 012.35/405, fls, 183-184 et 187, Macao, 10 et 20 décembre 1915 ; 032.26/315, Díli, 14 avril 1916 ; 032.31/376, Díli, 17 juin 1916.46. AhU, Díli, 26 octobre 1917 ; SEMU DGU RM 005 boîte 6, PV Timor 833, BGT au MC, 17 janvier 1918.47. BNU, 032.31/376 et 032.29/346, 23 février 1918.48. Ibid., 032.26/315, 3 avril 1918.49. Ibid., 032.31/387, 6 juin 1918.50. AhU, s/1L MU DGC – 2e section, 1911-1918, boîte 88, doc. 22, BGM au MC, 27-7e 14 septembre 1917.Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
  • Célia Reis78empire encore au début de 1918, quand les Néerlandais n’acceptent plus aucun cargo à destination des ports britanniques ou japonais51.Le coprah présente un tableau différent. Coté en baisse en 1917, à cause de l’impossibilité de l’exporter vers l’Europe, il trouve, à l’été de 1918, un bon marché au Japon, mais les navires de ce pays ne le transportent pas52. À partir de 1916 c’est au bois de santal de trouver des marchés plus avan-tageux, surtout à Surabaya (Java) et Makassar (île de Sulawesi, dans les Célèbes), en territoire néerlandais53. Ce n’est qu’en 1919 que la vente de la récolte de café et d’autres produits d’exportation commence à améliorer la situation de la colonie, en permettant aussi l’augmentation des recettes, surtout celles des douanes54.Les difficultés de communication se reflètent aussi dans les importa-tions, avec leur diminution et la conséquence de celle-ci, la pénurie : en avril 1916, par exemple, beaucoup de Timorais manquent de beurre, de morue et de bien d’autres produits, ce qui augmente mécaniquement le prix de ce qu’on peut se procurer ; en février 1918 c’est au tour du pétrole, de la farine, du sucre et du riz de manquer55. Cette situation de pénurie conduit en 1917 les autorités à prescrire aux commandants des subdi-visions de Viqueque et de Baucau de dresser un état des disponibilités en denrées alimentaires, afin de savoir comment réagir en cas d’urgence56. La situation s’aggrave au cours de l’année en raison de la diminution des récoltes, due au manque de pluie et à la réduction de la main-d’œuvre à la suite de la grippe « espagnole » (gripe pneumónica), qui, même sous ces latitudes, fait d’innombrables victimes57. En février 1918 le gouvernement local envoie le vapeur Díli à Singapour pour, entre autres missions, qu’il achète de la nourriture58.Le commerce se limite désormais à des échanges internes ; toutefois, une fois que les fonctionnaires publics ne reçoivent plus leur traitement, les ventes chutent59. En effet, et malgré l’approbation de la hausse de la solde des militaires européens en raison de l’inflation60, le manque de disponibi-lités financières de la part du gouvernement local (dû aussi bien à l’absence d’activités génératrices de recettes qu’à l’impossibilité de recevoir des sub-sides de la métropole) provoque plusieurs fois l’interruption du paiement 51. BNU, 032.29/346, Díli, 3 et 14 septembre 1915 ; 032.26/315, Díli, 3 septembre 1916 ; 032.29/346, Díli, 24 novembre 1916 ; 032.24/298, Díli, 18 janvier et 2 mars 1917 ; 032.26/313, Díli, 23 avril 1918 ; 032.21/274, Díli, 7 juin et 20 décembre 1917 ; 032.31/376, Macao, 11 novembre 1917.52. Ibid., 032.21/274, Díli, 7 juin, 20 décembre 1917 et 6 juin 1918.53. Ibid., 032.29/346, Díli, 14 septembre 1916 ; 032.24/298, Díli, 12 mars 1917.54. Ibid., 032.29/346, Díli, 21 juillet 1919.55. Ibid., 032.29/346, Díli, 14 septembre 1916 ; nº 6, 23 février 1918.56. AhU, SEMU DGU RM 005 boîte 6, Chefs de l’état-major à Viqueque et à Baucau, 14 novembre 1917.57. BNU, 032.21/274, Díli, 14 janvier 1919.58. Ibid., 032.31/376, Díli, 23 février 1918.59. Ibid., 032.21/274, Díli, 26 octobre, 12 novembre et 20 décembre 1917.60. AhU, SEMU DGU RM 005 boîte. 6, I5SDGC, 17 janvier 1917.Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
  • Macao et Timor. La souveraineté portugaise et l’incidence de la guerre 79des fonctionnaires61. Au niveau local, le manque de recettes se fait aussi sentir dans la difficulté de collecter l’impôt. Au début de 1919 la pénurie incite les indigènes à la rébellion62.La situation à Macao est différente. Les produits indispensables peuvent être obtenus sur les marchés de hong-Kong ou dans les ports chinois des environs ; malgré cela, l’économie de Macao ressent les effets de la paralysie des négociations avec la colonie britannique63. Le manque de moyens de transport et les perturbations politiques chinoises y empêchent également l’approvisionnement, par l’Europe ou localement, entraînant une hausse des prix de 40 à 50 % environ. La situation devient ensuite plus grave car la valeur réelle de la pataca est différente de son cours officiel, et donc, les valeurs encaissées par les fonctionnaires sont, dans les faits, inférieures64. Cette inflation généralisée rend nécessaire l’augmentation des impôts, mal-gré une certaine résistance de la part de la métropole. Toutefois, elle n’est pas équilibrée, avec des différences entre civils et militaires, et, parmi ces derniers, entre les Européens, les Chinois et les Maures65.Par ailleurs, Macao est une des rares colonies qui, depuis des décennies, affiche des résultats financiers positifs, contribuant ainsi à assainir les déficits d’autres colonies et, même pendant la guerre il reste possible de procéder à quelques-uns de ces rééquilibrages66. Malgré l’opposition à ces dépenses forcées, le Sénat et le Conseil du gouvernement de Macao offrent une aide financière à la mère-patrie, destinée aux services hospitaliers, pour les blessés et leur famille67.CONCLUSIONUne fois le conflit terminé, la victoire est célébrée par des fêtes (feiras) décrétées par le gouvernement de Timor, en 1920 et en 192168. Les portes des négociations s’ouvrent et lors de la Conférence de la Paix, le représen-tant portugais cherche à contacter la délégation chinoise afin de résoudre le 61. BNU, 032.21/274, Díli, 26 octobre 1917 et 23 février 1918 ; 032.26/311, Díli, 13 février 1919.62. Ibid., Díli, 22 février 1919.63. BNU liv. 137, feuillets 234, Bureau de la maison-mère, 26 octobre 1914.64. Voir, par exemple : AhU, SEMU DGU RM 004 boîte 6, G7/27, demande du 1o cabo José de Sousa, bureau de Macao, 29 septembre 1915.65. Ibid., G7/32, Demandes et informations diverses ; 2717 1A MU DGC, liv. 1914-17, entre autres, BGM au MC, 27 janvier, 20 mars, 22 novembre 1916, 4 et 9 avril 1917, MC au BGM, 4 février 1916, 9 avril 1917 ; 2518 1B SEMU MU Assuntos Militares, Macau, 12 mai 1917 ; 1725 1C MU DGCOr India, Macau e Timor. Empréstimos…, op. cit., 27 février 1917.66. MC, Breve Relatório Ácerca das Providencias Tomadas e Diplomas Promulgadas pelo Ministério das Colónias desde 9 de Fevereiro a 2 de Dezembro de 1914, Lisbonne, A Editora Limitada, 1914, p. 7 ; AhU, BNU liv. 137, feuillets 200 et 202 ; 2717 1A MU DGC, liv. 1914-17, BGM au MC, 31 mai, 12 juillet 1916 ; liv. 1917-19, MC au BGM, 16 janvier, 2, 18 mars, 11 juin, 30 août et 24 octobre 1918.67. AhU, 2717 1A MU DGC, liv. 1914-17, BGM au MC, 23 mai 1917, MC au BGM, 30, 31 mai et 14 juin 1917 ; liv. 1917-19 MC au BGM, 19 janvier et 7 février-1918, entre autres.68. BNU, 032.3/19 et 20, comptes rendus de 1921 et de 1922, 2e partie.Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
  • Célia Reis80problème de délimitation de Macao ; il n’y a, toutefois, aucune possibilité de développer cette question au vu de la situation vécue à Canton. Plus tard, la question fut également soumise à la Sociétés des Nations, et avec le même objectif, le Portugal participe en 1921-1922 à la Conférence de Washington, bien que la question ne soit pas mûre à ce moment69. Par la suite, la régularisation de cette absence de limites claires continue à être inscrite dans l’agenda portugais.Mais, l’Empire portugais continue à vivre avec le risque que les convoi-tises d’autres pays fait planer sur son territoire. À la conférence de Paris le Portugal doit combattre les rumeurs qui circulent dans ce sens. On insiste notamment sur l’intérêt que le Japon manifeste à l’égard de Timor. L’Australie maintient également son ambition d’acquérir ce territoire avant que les Portugais ne le vendent aux Japonais ou aux Néerlandais70.En résumé, Macao et Timor, bien que sans liaison directe avec la « guerre européenne », ont assumé leur implication dans le conflit à divers niveaux, cherchant évidemment à chaque fois à affirmer la souveraineté portugaise. Néanmoins, de nombreuses difficultés sont présentées à eux et il a été nécessaire après 1919 de repenser le chemin à suivre.Célia ReisDoctorante en histoireInstituto de Historia ContemporâneaUniversidade Nova Lisbonne69. Vasconcelos de Saldanha, António, « A ‘‘questão de Macau’’ na Conferência de Washington (1921-1922): Para a história da Política Externa Portuguesa do Século xx », Revista de Cultura, nº 22, janvier-mars Março 1995, pp. 169-188.70. NAA, A981, TIM P 15 (accès via : http://www.naa.gov.au/) ; Gunn, op. cit., p. 169Presses Universitaires de France | Telecharge le 17/11/2025 sur https://shs.cairn.info (IP: 202.175.127.2)
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