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  • VOYAGE EN CHINE ET EN TATARIE, A LA SUITE DE L’AMBASSADE DE LORD MACARTNEY.
  • Se vend à PARIS3 f Simon , Graveur, rue Saint-Jacques, IS *. 77 > V XiEYRAULT , Schoell et Comp. , ILibraires Chez \ rlie de Seine Saint-Germain, N°. i3^5; i Delance et Lesueur , Imprimeurs-Libraires ^ rue de la Harpe, N°. 1^3*
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  • VOYAGE » « EN CHINE ET EN TATAR IE, A LA SUITE DE L’AMBASSADE DE LORD MACARTNEY, PAR M. HOLMES, S ERG ENT-MAJOR DE SA GARDE $ Auquel on a joint les Vues, Costumes, etc., de la Chine, par M. W. Alexandre, les Planches de 1’Atlas original de cette Ambassade, omises dans la traduction française, et leur Explication. OUVRAGE TRADUIT DE l’aNGLAIS -RAR MM***, REVU ET PUBLIÍ; Avec des Observations sur les relations politiques et commerciales de l’Angleterre et de la France avec la Chine, et quelques Notes , PAR L. LANGLÈS, de l’institut national, etc. TOMEI, ORNÉ DE 25 GRAVURES. A PARIS, • ^ DE L’iMPRIMERIE DE DELANCE KT LES U EUR. AN XIII. i8o5.
  • ^ IDÍA (%\o) (?■' •COwM ^ ié:A (hV; V 307961 in ■ - i. v»»: ■■ « - I t 4 * ■ ■Jè-iSJjJift ‘ • ‘" - •,,i,.;, i *■-.»> - «> . dtt’ Wjrf> t .0A§ :ei- • • $9ãâ W- 5 \l » Hb; eUÍ(?Áicj^ i Bi
  • » ' H O M M A G E DE VÉNÉRATION , DE REGRETS ET 1 , DE RECONNOISSANCE ■ t , r T V 4 ' f * # O F F E R T A LA MÉMOIRE DU R. P. AMIOT, MlSSIONNAIRE APOSTOIIQUE ' ? A PÉKIN, ' CORRESPONDANT DE L’ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES; SAVANT INFATIGABLE, PROFONDEMENT verse dans l’histoire, LES SCIENCES, LES ARTS, ET LA LANGUE DES CHINOISJ ' | * ' ARDENT PROMOTEUR DE LA LANGUE ET DE LA LITTÉRATURE TATARES-MANTCHOUES. ') : 4. ' ° ‘ I
  • . Le R. P. Amiot, ancien membre de la Compagnie de Jesus, passa fort jeune à la Chine, en l’an lySo , et y mourut dans ua age fort avance' j en 1794, pen- dantlesdjour de 1’Anibàssade Anglaise. Comme,àcette epoque ,ses infirmites ne lui permettoient plus de sortir, il écrivit à lord Macartney une lettre , dont on pent voir le precis dans la relation de son Ambassade. Peu de Mandarins lettres étoient aussi profonddment versd que lui dans lá Lángiíè et la litteràlttre des Chinois, et dans celles des Tatàrs-mantchoux. II recut de l’Em- pereur Kien-Long, digne appre'ciateilr du mcrite lit— tdraire, plusieurs témoignages eclatans de la plus haute distinction. Nous manquons malheureusement de materiaux,et même de renseignemens pour com¬ poser une notice biographique de ce vdn^rable savant; mais^son c'loge se trouve tout entior dans les 4 derniers volumes des Lettres Édifiantes, derniòre edition, et dans les 15 volumes m-40. des Memoires concernant l* His Loire, les Sciences, les Arts des Chinois. Nous ne craignons pas d’aflirmer que les lettres et lps mémoires de notre estimable et docte missionnaire, constituent le plus bei ornement de ces deux utiles collections. La* reconnoissance nous prescrit d’a) enter ici que c'est «Eaprès les lumineuses observations de M. Amiot sur Ptmportance et l’utilitd du Tatur-Mantchou, que nous nous sorames livre's à l étude de cette langue , et lui seul nous a fourni plus de materiaux que n’en pos- sédoit déjà la Bibliothèque Impériale , pour la redac¬ tion du Dictionnaire de cette langue, que nous avons dejà publie en 3 vol. m-40., etpour celle des Gram- rnaires, dont nous espdrons pouvoir bientbt reprendre et terminer Timpression. ( L A N G L È S. )
  • 1 AVIS A U *R E L I E TJ R. t « fir Les Gravnres doivent être placdes en face des pages indiquées ci-après : ; ? ! . tome premier. Le Plan, de Macao, en face du Titre. Planche I*re. on face de la page. . . i^re, II . 3 m • . . » « t ^ i|j IV .■ / . . . . . . , t J ' HO': V g m Vl)!in 'r < A ; ^ # J VII. . . !3 ‘S'VA .- V VIII.\ . . 15 rin v\ >m «91ÍISÍ £9l 9up 19 /!> Jjq iHr'r'im 9J90L) j 9ifun 9h • .. * * > • • • • IQ t«1ii /(191) p.9n An In- ni-m 1 %y Fn xi. | XIIoiij XIII . XIV. . •• •• ••ill XJU9D £ 0 ,91) JlJ9111911x0 tifrln •//írtjigióriíiT * * I r 1 • • .!■ XV. . , XVI. . •. XVII; . V L »I G VI t 21 2Õ 2 5 2 Ji 29 3i 33 XVIII. ....... 35 XIX, . .37 XX. - . . . -4>. . 3g xxi 41 xxii 43
  • • \ ( AVIS AU RELIEUR. Planche XXIII en face de la page 45 XXIV. 47 TOME II. PI. XXV en face,de la page. . i34 XXVI. ..14a XXVII.143 XXVIII.145 XXIX.146 XXX, taç f,.147 . . . . ... 149 í ' XXXII.149 XXXIII. av . . j\.!. . . i5o XXXIV. A- • • i5a XXXV.i53 XXXVIl é !55 /iiauoo'i dtí» XXXVIII.i56 ' «síioriíi^^j^np InaiJnoa an jô.*np XI(.[). noilí50ÍJqz9fI) . . 160 íftHa *. ihnfi't26 tlga'a'fp* , xLii.: . .... . . . 162 -fiíoi xLin^i.ÍJ aarmoe/paVa ji63 *3j)j; .... i65 XLV. \ . ,.166 9Jr xlvií . . . 9.b . . . 167 XLVII.168 XLVIII. . . * ,69 jKXíIàSl» • • • • • • 1 yo .1 T- , ..17* LI.. . , . . 172
  • •tít)! | AVIS .1 I DE L' É D I T E U R. Nous n’avions d’abord que le pro jet depublier les Kites, Costumes , Moeurs et Usages de la Chine, joli ouvrage de M. Will. Alexandre, dessinaleur • attaché à l’Ambassade de lord Ma¬ cartney. Ce recueil, composéde six(■ C . I i à v “ Numeros, ne contient que 24 planches et 48 pages duplication (í). Bientôt notre plan s’est agrandi, et en réca- i , , • pilulant avec soin les differentes rela¬ tions de TAmbassade Anglaise auprès 11 T / t de l’Empereur de la Chine, publiées T| > % 2 ' *1' "KJ o I, •> • 9 c? V t ^ (i) Views , costums and manners of China, by JVil- Ham Alexandery draftman, etc. 31798,6 numbers in-40.
  • AVIS v) jusqu’au moment des hostilités entre la France etla Grande-Bretagne, nous avons remarqué d’abord qu’une de ces relations n’avoit pas encore été traduite en français, sans doule à cause de Yex¬ treme rareté des exemplaires (1). En effet, l’ouvrage de M. Holmes (2) n’aété tiré qu’à très-petit nombre, et s’est vendu un prix excessif. Cette relation, qui renferme peut-être un peu trop de details nautiques, surtout pour des lec- teurs français, n’est pourtant pas dé- (1) Voyez ci~ après, pag. première et suiv. (2) Intitule Tl\e Journal of M. Samuel Holmes, sergeant major of the XIth• light dragoons, during his attendance as one of the guards on lord Macart¬ neys embassy to China and Tartary, 1792-3. Printed without addition, abridgement, or amendment, from the original diary kept during that expedition. Lon¬ don, 1798* in-8*. ( Le Journal de M. Samuel Holmes, sergent - major dn ne. regiment de dragon-ldgers, pendant qrr’il accompagnoit en qualitd de garde l’Am-
  • DE L’EDITEUR. VI) pourvue d’interet. Elle offre quelqiies details curieux, omis dans la Relation officielle de lord Macartney, publiéé par sir Staunton, laquelle a été sou- mise à une espèce de censure politique. Cette dernière a été traduitè en fran- çais, avec aulantd’élégance que de fidé- lité, par M. Castera; mais cet èstima- ble littérateur n’a pas été, à beaucoup près, secondé par son libraire. Celui-ci s’est borné à copier les petifs'ciils-de- lampe qui o^iléht les dèux Vdt. íà-4°. ' vine (1) bassade de lord Macartney en Chine èt en Tatârie, imprimi sans addition ni retranchement on correction sur le journal manuscrit tenu pendant cette expedition!) Cet ouvrage étoit uhiquement destind aux biblio- , « , thècjues des curieux ; chaque exemplaire sortant de la presse a été vendu une guinde, com me on le voit dans la préface de l’editeur, page 5a de notre traduction , et Ton a pris toutes les mesures imaginables pour en empêcherla contrefaçon. o"s n.t m < p i 'r •; \
  • AVIS Vil) du texte anglais, et à extraire trois cartes géographiques et trois planches du magnifique et nombreux atlas qui .accompagne ces deux volumes. Cet atlas renferme dix cartes géographi- ques, un beau plan de Macao, et trente-deux planches en taille-douce d une execution parfaite. M. Buisson s’est permis en outre de supprimer les Explications des cartes et des planches; «1»' » ' r- 1 *■ ces explications sont si détaillées et si instructives, qu’elle^ peuvent intéres- ser, quoiqu,e j^plées, des cartes ou des planches dont elles dépendent. C’est X 9 W k » ^ ce qui nous a déterminés à les traduire toutes, sans(,excepter merne celles des grandes cartes supprimées par M. * Buisson, et que nous n’avons pas pu- bliées, parce que nous aurions cté obli¬ ges de les réduire à trop petits points; I
  • DE L’ ÉDITEUR. IX en outre les navigateurs, à qui elles sont principalement utiles, prendront toujours de préférence les cartes ori- v . * \ ' r ginales anglaises. II n’en est pas ainsi des estampes, dont les sujets intéressent un bien plus grand nombre de lecteurs, et qui peuvent être réduites sans en • # n . . # • • rv fi "V r 1 í allérer l1 exactitude, comme il est aisé ^ o i f* i r( * g de s’en convaincre, en comparant nos gravures avec celles de 1’atlas original. «* * I ’ f ^ I ^ | ^ ^ «.r « | jr-'' ^ * J*’ j||^f A Nous n’avons pas cru devoir copier les trois plancbê8A5iiè0!&l.uBuisson a déjà données^malgtfèlési invitations de plu- sieurs amateurs, parce que notre ou- vrage est essenliellement lié à la rela¬ tion publiée par ce libraire, et forme le complément de toules celles de la même Ambassade qui ont paru avant la guerre actuelle (í).Nous savons que, (i) Lerprernière est celle de M. Aineas Anderson,
  • X AVIS depuis pea de temps, il en a été pu- l ... . 4 blic à Londres tine nouvelle, en un volume in-4o. avec des figures. Nous n’avons pasúencore pu nous la procu¬ rer, mais nous doutons que l’auteur n’ayant pas eu plus de liberté que ses employe? à la suite do l’Ambassade, traduite en fran- « _ • , rais par M. Lallemand , en Tan IY , 2 vol. in-8°. Elle est écrite avec beaucoup de liberté 5 on pourroit même soupçonner l’&itteur de quelque ressentiment contre lord Macartney. Au reste , cette espèce d animosité tourne au profit du lecteur , à qui rauteurapprend plu- sieurs faits curieux qu’on ne trouve point ailleurs. La seconde est celle qui a été pubiiée par sir Georges Staunton, Ministre plénipotentiaire de Sa Majesté Bri- tannique auprès de PEmpereur de la Chine; c’est la seule oflicielle. Elle a été rédigée sur les papiers de lord Macartney, et de diflferentes personnes attachées à TAmbassade, pubiiée et imprimée avec un très- grand luxe, par ordre et aux irais du Gouvernement Anglais, en 2 volumes grand //i-40., accompagnés d’un magnifique atlas : M. Castera l’a traduite en français. Eníin , le Vojrage à la Chine, par M. Hiittner, savant 1
  • DE LÉDITEUR. *> compagnons de voyage , ait pu faire beaucoup d observations quileur aient écbappé-; Fespèce de captivité ou l’on Lint les Anglais pendant leur sé- jour en Chine, la célérité avec la- quelle on leur fit traverser ceL immense allemand, gouverneur du ills de M. Staunton, et at¬ tach^ à l’Ambassade. Cette relation , écrite en langue ' allemande , a éíé publide par le cdlèbre M. Boettinger, ensuile traduite et publiée en franrais, d’abord eu Ban VII, un vol. m-18, et demièrement, à la suite de la troisièineedition de la traduction francaise del1 Am- • o bassade de lord Macartney. On ne peutrcprocheral’ou- vrage de M. Hiittner quc son extrême brièvete'. II est íâcheux qu’un aussi bon observateur qu’il paroít 1 être n’ait pas eu plus de moyens d’exercer ses talens. La petite edition in - x-8 renferme quelques details sur la musique chinoise et un air de rameurs chinois, qui ont étd snpprimés dans lMdition in-$°i Les deux au- tres ouvrages relatifs à la rnemc expedition, et publiés avant la reprise des hostilite's, sont ceux de MM. Alexandre et Holmes, dont nous donnons aujourdhui la traduction.
  • xij AVIS DE L’EDIT EUR. Empire et sa capitale; enfin, 1’active surveillance qu’on exerçoità leur égard, ne leur ont point permis de satisfaire, à beaucoup près, leur curiosité; mais quoique ce long et pénible voyage n’ait eu, ni pour la politique/ ni pour les sciences, les résultats que Ton étoit en droit d’espérer, d’apres les connoissan- ces et le mérite de la plupart des person- nes composant la suite de PAmbassade, it taut payer un juste tribut d eloges et de reconnoissance à cepx^pi^,pendant une marche précipitée A et Am milieu des contrariétés de atoute espècej ont réussi à rassembler le petit *nombre de faits intéressans et de notions nouvelles consignes dans leurs différentes rela- .oíi Ir oniilJ í;I õlT laTfiqmo ^nSrl olíitn xib onp leyohín! ' al Jo*, noilibbqxo âlíoo . JJJtí .xíiãJnpb 8fiCj Jipfceio'ffi 'O sol »
  • OBSERVATIONS Sur les Relations politiques et com- mereiales de V Angleterre et de la France avec la Chine. ,ft * Kino 3Q ao d I (n.. i sui . T , hrsaijiq *1 ób oJiiòm a! Après avoir rempli l’lnde entiòre de la terreur de ses armes, et surtout i '\?h jurlnj gjgfji ntj 07 r»n juIj11 de son nom j après avoir posé les fondemens puissance1crâos- sale que les e Anglais élèvent encore chaque jour sur les ruines de cette belle et malheureusei.contrée, lord Clive, toujours insatiable d’or et de conquêtes, proposa à son Gouverne- ment de s’emparer de la Chine. II ne comptoit employer que dix mille hom- mes pour cette expedition, et le succès ne lui çp. paroissoit pas douteux. Sans prétendre atténuer les graves et trop
  • XIV OBSERVATIONS. justes reproches faits à lord Clive par ses propres compatriotes, nous ne croyons pas qu’il ait jamais été taxé de présomption. II connoissoit parfaite- ment le caractere des habitans de 1’Asie orientale, et le Bengale est si voisin dela Chine (1), que les Anglais établis dans l’Inde doivent avoir des renseignemens très- exacts sur la veri¬ table situation de cet empire, dont la conquête, en effet, ne nous paroit pas presenter des difficultés insurmonta¬ bles. SoulFrant avec impatience le joug pénible que, depuis un síêcle et demi, les Tatars appesantissent sur leur tete, * (i) Calcutta n’est pas à plus de 600 roilles anglais (200 lieue$) d’Yunan, la plus occidentale dcsprovinces de la Chine; et la frontière orientale du Bengale, nom- mée Silhet, est au plusà 35o milies anglais des frontières de la Chine, de manière que Silhet se trouve à une égale distance de ces frontières et de Calcutta. Voyez le Discours sur le 2e. livre classique des Chinois, par M. Jones, et ma note sur ce discours, tom. JI, p. 240 des Rec/ierches asiatiques ■, traduction française.
  • XV O BSE R VA TI ONS. , V_^ TI %. t k constamment écartés des hautes digni- tés de leur propre gouvernement (1), et isolés de leurs maitres par la langue, les moeurs, les préjugés et les usages, les Chinois ne manqueroient pas d’ac- cueillir et de seconder de tout leur pou- voir les étrangers qui se présenteroient pour les délivrer des Mantcljoux (2). Ceux-ci énervés, abâtardis par un long ui,liiob ; imi&u&k . (1) « Ce qui augmente encore ia haine des Chinois » contre cette nation, cest que les premiòres dignités h de FEmpire, ceiles de vice-roi, de colap, etc.,ne sont » jamais données qiFà des sejguçprs tatars. » Voyage de Hiittner, pag. 2^6 de Fcdit. ni-18, et page 224 de Fédit. in-8o., à la suite de iAmbassade de lord Ma- cartney; dans cette dernière edition ,;cet important passage me paroít un peu altéré. (2) « On auroit tort , dit M,. Hiittner, de croire que » la jalousie des grands de la Chine et du people * contre le Gouvernement Tatar ne subsiste plus, les » deux nations se haissent mutuellement du fond du >» cceur, etc. » Voyage à la Chine, par Hiittner, p. 224 de 1 edit. 1TI-18, et 223 de Fedit. à la suite de l*Ambassade de lord Macartney. »
  • xvj OBSERVATIONS. séjour au milieu de la nation la plus avilie, la plus corrompue et la plus policée de la terre, ne conservent main- tenant de leur origine primitive que le nom, la rudesse et 1’avidité; ils sem- blent avoir laissé leur valeur au fond de leurs déserts paternels; et aujour- dhui les vainqueurs seroient moins re- doutables que les vaincus. Au moins il n’y a pas de doute que tels qu’ils sont acluellement, les Mantchoux n’eussent jamais envahi l’immense empire ou ils exercent une autorité si despotique ; il est même aisé de prévoir que d’ici à peud’annees, sans aucune intervention étrangère, les Chinois parviendront à les exterminer ou à les repousser audelà de la grande muraille. Tel est le sort qu’ont toujours éprouvé, qu’éprouve~ ront toujours les peuples conquérans qui veulent s’isoler des babitans du pays conquis. C’est ainsi qu’à diffé- rentes époques, differentes hordes de tatârsou de monghols s’emparèrentdela Chine
  • OBSERVATIONS. xvij Chine on de plusieurs provinces de cet empire, s’y établirenten souverains, et en furent bientòt chassés, sans opposer plus de resistance qu’ils n’en avoient éprouvéeuxmêmes au moment de leur invasion, i Quel est done le motif qui peut avoir détourné le Cabinet Brilannique d’en- treprendre une expédition dont le suc- cès étoit à peu près certain , et qui de- voit procurer à la nation anglaise d’in- calculables avantages commerciaux, poliliques et pécuniaires, suivant l’opi- nion de lord ©live ?°Parmi ces avan¬ tages , cet offieier mettoit au premier rang Pextinctiòn de la dette publique de PAngleterre par le moyen des som- mesque I’on trouveroiten Chine. Lord Chatham, qui lenoit alors les rênes du « t - t f. gouvernement/ne se laissa point sé-t* duire par ces flatteuses esperances; il allégua, pour motiverson refus, quela dette publique n’étoitpas un fléau aussi désaslrêux qu’on pouvoit l’imaginer.
  • xvfij O BSEp. VA T I O N Sk • Selon çe ministre, elle est même néces- saire pour maintenir le peuple dans une certaine activate; mais étoit-ce bien là le motif du refus de lord Chatham, et n’avoit-il pas d’autres considérations plus puissantes ? Q uan t à moi, je crois en avoir pressenti quelques- unes qui sub¬ sisted toujours, et qui détournent en¬ core aujourd’hui et détourneront long- temps les Anglais de tenter une inva¬ sion dans la Chine; je vais les indiquer. Lord Chatham nignoroit point, sans doute, qu’à la Chine, comme dans tous les pays soumis au gouvernement ab- solu, le peuple est extrêmement pauvre, et que les grandes fortunes sont rares et de courte durée. Des impots exces- sifs et multiplies sous diíférentes formes et denominations, les vexations exer- cées par les Mandarins, les proscrip¬ tions lancées contre ces concussion- naires, et constaminent suivies de la confiscation de leurs biens entrainent naturellement et irrévocablement tou-
  • OBSERVATIONS. V xix tes les richesses de l’Etat dans les coffres da souverain, oil elles demeurent en- • * sevelies à jamais; car celui - ci se re¬ gardant comme étranger dans la capilale de son Empire, a soin d’expédier à' Moukden, tous les objets précieux qu’il peut recueillir (i). Moukden est, comme on sait, lacapitale de la patrie des Mantchoux, qui ne lui ont pas dit un éternel adieu; on en est aisément convaincu en lisant X Eloge de cetle ville, poème composé en chinois et en talar par l’Empereur Eien-Long (2). (1) « Les Tatars de distinction font aussi porter en* » Tatârie les corps de lenrs parens morts en Chine, >» parce qu’ils craignent d’etre obliges tôt ou tard de » quitter cebeau royaume , et ils ne peuvent suppor- « ter l’idée de laisser à lenrs ennerais les cendres réve- At » rées de lenrs pères «... Voyage de Hiittner, page 227 de Tedition in-18, et 224 de l’ddit. in-8°. < (2) Le texte original de ce poeme existe en chinois et en mantchou à la Bibliothèque Impériale; il a èíè traduit en français par M. Amiot, et publid par M. de Guignes, en 1770, in-80., I vol. D’aprèsles expres-
  • XX OBSERVATIONS. ' C’est là que l’on enterre, sous le lit d’une rivière, les trésors envoyés de la Chine par les souverains Mantchoux. La garde de cet inappreciable dépôtest coníiée à un homine de leur nation, d’une fidélité éprouvée, et entièrement dévouéà lady nas tie des Tay-Tsing(i); ainsi ces somraes enormes que les Eu- ropéens portent chaque année à Can¬ ton et à Macao, et donnent en échange sions mêmes de Kien-Long, et une note de M. Amiot, il y a lieu de croire que la fondation de Moukden ne remonte pas au delà del’an i63i. Voyez l Eiogede Moukden, p. 5i. , (i) Nora de la dynastie mantchoue, actuellement régnante à la Chine, depuis 1644; ce mot est compose de taj- ( grand, grande ), et tsing ( pur , net, clair ). M. Amiot pense qu’on pourroit traduire ces mots par ceux-ci, grande balajeuse, et croit que c’est le veritable sens, car les Mantchoux ont voulu donner à leur dynastie un nom qui exprimât ce qu’elle avoit fait. Elle a balayé les deux Empires et les a délirres de toils les brigands et malfaiteurs qui les infestoient. Eloge de Moukden, pag. 26 , note 16.
  • OBSERVATIONS. xxj des dépouilles de quelques misei'ables arbustes ou d’objets également super- flus, auxquels le caprice seul et la mode ont donné chez nous une valeur idéale, toutes ces matières d’or et d’ar- gent sont perdues à jamais pour nous , pour le commerce et pour les Chinois eux-memes à qui nous les prodiguons; car, après avoir passe par un grand nombre de mains , elles tombent en dernier résultat dans celles du monar- que, qui les replonge dans les enlrailles de la terre, d’ou elles ne sortiront peut- être jamais. Tels sont, à mon avis, les véritables motifs qui déterminèrent le refus du Cabinet de Saint-James. La prompte resignation de lord Clive, et le mys- tère dont sa proposition futcouverle, prouvent assez qu’une grande par tie de ces motifs ne lui avoit pas échap- pé; mais, clevé dans le metier des ar¬ mes , l’amour des conquêtes pouvoit bien quêlquefois lui faire négliger
  • xxij OBSERVATIONS, de simples considerations politiques. Au reste, soit que ce projet fut re- poussé pour toujours, soit que l’exé- cutioneníutdifférée à des circonstances plus opportunes, le Gouvernement An¬ glais ne prétendit point fermer lesyeux sur les avantages que lui procureroient des liaisons plus intimes avec la Chine. L’usage du thé devenant cliaque jour plus commundans le nord de 1’Europe, les Anglais ont cru devoir s’assurer, autant qu’ils le pourroient, du com¬ merce exclusif de cette production particulière à la Chine; ils résolurent done de s’insinuer comme négocians dans un pays dont ils ne daignoient pas tenter la conquête. Dès 1788, un Ambassadeur fut expé- dié de Londres, de la part deSaMajesté Britannique (1), auprès du fils du (1) Le colonel Cathcart, frère du lord de ce nom, premier Envoyé du roi d’Angleterre auprès de FEm- pereur de la Chine, mourut en se rendant à son poste,
  • OBSERVATIONS. xxiij Ciel (l), le sage et vénérable Kien- Long ; mais cet Ambassadeur étant tombe malade pendant la trav.ersée, fnt oblige de s’arreter à Anguéra, ou il mourut. A peine le Cabinet Britannique fut-il instruit de cet événement, qu’il prépara une ambassade plus brillante que la première. Un négociateur con¬ sommé dans la diplomatic, lord Ma¬ cartney, fut chargé de cette mission im- en 1788, et fut enterre àla pointe d’Angue'ra, dans les lies de la Sonde. Voyez la Relation de VAmbassade de lord Macartnej d la Chine, par M. AEneas An¬ derson, etc., tome Ier. ? pag. 72 et 73 de la traduction de M. Lallemand, le Voyage dans Vintcrieur de la Chine et en Tartaric, fait dans les années 1792-4, par lord Macartney, etc., tome I, page 219 de la tra¬ duction de M. Castera, 3®. edition , et le Voyage de M. Holmes, page 86 de la traduction française. (1) Tien-tsé. C est un des titres que les Chinois donnent à leur Empereur. Ils le rcgardent, enefl’et, comme un etre de nature plus quTiumaine, ont pour luides attentionsetun respect inimaginables, et, suivant *l’expression d’un voyageur, ils voudroient lui procurer un air different de celui que respirent les autres homines. b iv
  • xxiv OBSERVATIONS. portante; et, afin de prevenir 1’incon- vénient qu’on avoit déjà éprouvé par la mort du précédent Ambassadeur, on donna à celui-ci un suppléant; sir Georges Staunton fut adjoint à lord Macartney en qualité de Ministre plé- nipoteutiaire de Sa Majesté Britanni- que, et chargé de le remplacer dans le cas ou cet Ambassadeur viendroit à mourir. Malgré les talens bien connus de cesdeux Ministres, lesuccès de leurs négociations ne répondit pas à 1’attente de leur Cour, Celte expédition, qui couta au Gouvernement Anglais plus de cinq cent mille livres sterlings (près de douze millions de notre monnoie ), n’eut qu\me issue insignifiante, pour ne pas dire ridicule; car, suivant Pex- pression d’un membre de cette expé¬ dition, ils furent accueillis comme des aventuriers et éconduits comme des voleurs. C’estmeme àtort que quelques écrivains croient leur devoir Vhortên¬ sia* Cette fleur magnifique et digne de
  • XXV OBSERVATIONS. figurer dans les boudoirs de nos belles, comme dans nos plus beaux parterres, nous a été apportée par M. Com- merson, qui lui donna le nom de Pau- tia (1); M. de Jussieu changea ce nom en celui de hortênsia. Outre le système de conduite politique et invariable de la Cour de Pékin envers les étrangers, d’autres circonstances contribuèrent encore à déranger les plans de l’Am- bassadeur et à traverser toutes les né- gociations qu’il avoit entamées. Je me bornerai à en citer une assez étrange, et qui exige quelques details prélimi- naires. Vers 1772, le râdjah du Boutan, qui relève immédialement de la Cour du Tibet, ayant quelques differends avec un prince du Béhâr, fit une in¬ vasion dans cette province, située en¬ tre le Bengale et le Boutan; il fut vi- vement repousse par le prince indien, (1) A cause de Mme* le Paute, savante en astrono¬ mic. Bibliographic astronomique de M. de Lalapde, page 68o,
  • ê * xx vj OBSERVATIONS. qui avoit eu la precaution d’appeler les Anglais à son secours. Ceux-ci, profitant de leurs avantages, pénétrèrent dans le Boutan, ou ilsfirent un grand butin, e t battirent la garnison cbinoise de Lbas- sa, qui étoit venue pour s’opposer à leurs progrès. On sait que le grand Lama et la capitale du Tibet sont sous la protection immédiate de 1’Empereur de la Chine (1). Par un concours d’évé- nemens qui tiennent de la fatalité, le général chinois qui avoit été battu par les Anglais dans le Boutan, arriva à (i) Vo^ezMe plus amples details sur cet important evénement, dans les Voyages an Thibet, faits en 1025, et en 1774 > 1784 et *785 5etc. > traduitspar MM. Par- raudet Billecoq, pag. 10 et suiv. de la Preface; Crauf- furd’s sketches chiefly relating to,,., the Hindoos, tome II, pag. i65-2i6 5 Turner’s account of an Am- bassy to the court of the Teshoo Lama in Tibet, etc. , pag. viir et suiv. de la Preface , edit. in-40., et t. I, P^. 4 et suiv. de la traduction française de M. Castera, * 'et mes notes sur les Recherches asiatiques , tome I, page i37~i5o de la traduction franraise.
  • OBSERVATIONS. xxvij la Cour cle Chine en même temps que Fambassade de lord Macartney. On imagine bien quelles pouvoient etre ses dispositions à Fégard des Anglais : il ne manqua pas de les peindre comme une nation usurpatrice et très-dangereuse pour cel les qui ont l’imprudence de l’accueillir; enfin, la mauvaise fortune des Anglais voulut que ce même gene¬ ral fut nommé vice-roi de Canton : il avoit conséquemment lous les moyens de leur causer les plus grands désagré- mens, et il n’ennégligea aucun (1); car jusqu’au moment de son arrivée à Jé- bol en Tatàrie, oil se troúvòit alors FEmpereur, les Anglais avoientéprou- vé un fort bon accueil, et leurs négo- ciations prenoient une tournure assez satisfaisante. Bientôt les affaires chan- gèrent de face, les obstacles se multi- plièrent à Finfini; F Ambassadeur, qui - 40 V°yage l°r(l Macartney, tome III, pag, 249 et sulv. de la troisième <5dit.
  • xxviij OBSERVATIONS. avoit fait ses dispositions pour passer l’hi ver à Pékin, reçut tout à coup son audience de conge; on le reconduisit, avec toute sa suite, jusqu’à Canton. Les Anglais raarclioient nuit et jour, et firent environ cinq cents lieues sans s’arreter; à Ia vérité, comrae ils navi- guèrent sur le Fleuve Jaune et sur le grand canal pendant une grande partie de la route, ce trajet ne fut pas très- laligant. Cependaut, loin de se laisser décourager par la mort de leur premier Ambassadeur, et par l’expulsion très- lorinelle du second, les Anglais se dis- posent à en envoyer un troisième. La mort de Kien-Long a ranimé leurs es¬ perances; ils se flattent de trouver des dispositions plus favorables dans le successeur qui est aussi le fils de ce sage souverain (1). Nous ignorons jusqu’a (i) Kien-Long, age de 85 ans, et après en avoir re'gne 60, abdiqua, cn 1796, en faveur de son 17®. fils; il mourut pen de temps après cette abdication , em- poitant avec lui l’estime 5 les regrets et la veneration
  • OBSERVATIONS. xxix quel poiut leurs esperances peuvent etre fondées, mais nous croyons que la Cour de Pékin n’est pas sujeite à yarier dans son système politique, surtout à 1’égard des étrangers, et plus particu- lièrement encore à 1’égard des Anglais, dont les conquêteset les envahissemens dans l’Inde retentissent souvenl aux oreilles des Cliinois. Quelle que soit, au reste, notre opi- de deux nations qu’il avoit si bien gouvernefes, le res¬ pect des soldats, dont il avoit toujours bien dirige et largement recompense la valeur; et l’amour des sa- vanset des litterateurs, qui avoient conslammenttrouve en lui un digne ermule et un protecteur gcndreu.x; son nom honorablement consigne dansses propres ouvrages et ceiebre dans presque tons ceux qui ont paru pendant le long cours de son règne, fera une dpoque memora¬ ble dans les annales des Cliinois et des Tatars. Puisse son exemple convaincre les souverains de ces nations , que la gloire qui rdsulte de la culture des lettres et des arts, ou de la protection que Ton accorde à ceux qui s’y livrent, est à la fois la plus brillante, la plus pur© et la plus durable !
  • xxx OBSERVATIONS. nion sur toutes les operations politi- ques et militaires de ces ambitieux in- sulaires, et malgre le juste ressentiment qui nous anime contre eux, nous ne pouvons nous empecher d’admirer leur genie actif, industrieux et entrepre- nant. Non contens de faire seuls le com¬ merce de l’Inde à peu près en entier, ils veulentaccaparer celui de la Chine, et, poury parvenir, ils se soumettent à tous les caprices des Mandarins sub- alternes, bravent les oragesd’une Cour ennemie de tous lesétrangers, très-défa- vorablement prévenue contre eux, et dont ils ne connoissent ni la langue, ni les protocoles, ni les intrigues; enfin, malgré leur caractère mercantile, ils affectent beaucoup de générosité et une rigoureuse probité (i). Ils n’ignorent (i) L’Adrainlstration de la Compagnie des Indes jouit d’uae telle confiance dans toute l’Asie orientale, même parmi les Chinois , qui sont les plus fripons , et consequemment les plus méfians des homines ?q'ie
  • I OBSERVATIONS. xxxj pas que les seuls Européens admis à cette Cour sont des missionnaires ca- „ tholiques, parmi lesqaels ne se Irouve pas un seul Anglais, et qui sont eux- jncmes peu disposes à seconder les pro¬ jets d’hérétiques qui méconnoissent le chef supreme de la chrétienté. A la vérité, l’accueil généreux et hospitalier l’ambassade anglaise vit à Pekin des ballots de draps portant le cachet de cette Compagnie , et absolument tels qu’ils avoient étè embarques à Londres; les négo- cians et les facteurs de Canton , de Macao et de Pékin avoient trafiqué ces ballots sans les ouvrir, parce qu’il n’y a pas d’exemple qu’ils aient été trompés sur la quantité ou la qualité des marchandises. II est fâ- cheux de ne pouvoir rendre ici le même témoignage à nos compatriotes. « La fraude excessive de nos fa- » bricans, dit M. P^lix Beaujour, a commence dòs » 1782 à dógoúter les Turks, etc. » Voyez le Tableau du commerce de la Grèce, tome I, pag. 58; Fauteur de cet excellent ouvrage, trop peu connu , présente des vues sages et profondes surle commerce du Levant; il prouve que la mauvaise foi des marchands français leur a èiè plus nuisible que la concurrence des Anglais.
  • xxxij OBSERVATIONS. que nos prêtres fugitifs ont trouvé, pen¬ dant la révolutíon, dans la Grande- Brelagne, doit avoir affoibli et même efface 1’antique ressentiment que tous les partisans de la Cour de Rome con- servoient contre les habitam de ce royaume; 1’empressement des prêtres de la propagande à fournir des inter¬ pretes pour l’ambassade de lord Ma¬ cartney, et les renseignemens utiles que lui donnèrent les missionnaires de Pékin, suflisen t pour prouver le change- mentde dispositions dont nous venons de parler. Mon intentionest bien moins ici de faire 1’apologie de nos ennemis que d’adresser des reproches bien fon- dés à mes concitoyens. Aucune nation européenne n’a eu autant que nous, les moyens d’ouvrir et d’entrelenir une correspondance politique et commer- ciale avec la Chine j et jamais nous n’en avons profile, pas même aux époques ou nos vaisseaux circuloient librement dans toute 1’étendue des mers. Nous
  • OBSERVATIONS, xxxiij Nous nous contentions alors dexpédier quelques navires pour Canton, et nous nous bornions dans le commerce de la Chine à un role secondaire, tandis que nous pouvions aisément prendre le pre¬ mier, et nous débarrasser même de tous lesconcurrenscapablesde nousnuire ou settlement de nous inquiéter. Voici les preuves de ma proposition.— Nos rela¬ tions avec la Chine datent de plus d’un siècle; et quoique. nos missionnaires aient quelquefois exageré les témoigna- ges de bienveillance que lêur accordoit l’Empereur, il n’y a pas de doute que plusieurs d’enlreeux n’aientjoui d’une très-haute favettr, qui auroit pu avoir des consequences politiques fort avan- tageuses pour la patrie de ces mission¬ naires, sile gouvernementd’alorseutsu en tirer parti. Nos vues ne se sont diri- gées que vers des objets de pure curio- sité, et pour que Ton puisse juger de nos suocès en Ce genre, je citerai le témoignage de M. William Jones : cet ' c \ V
  • » xxxiv OBSERVATIONS. vz/./ cnoTi « r ^x. i tumor lei savant affirpie que c’est à la France ciue l’on doil les connoissances ’ ^LlOVt/ * clJUJl JJMJ j Hw J J ’Ji» iio.ij lps j^q^e te^idjyu^j J^^fjplq?, exac tes que fm, $Fijl^^littei’ature' dWfeftilJs Pcodant les trenle dernières qpfljéps^^^ajjfj^qnarchie, uu miilistt^p ppm rps^aprofotuk'- ment grave dans le coeur de tous ceux q.pi Font cpqnu, el dans la mémoire des amis de la lillerature, de? sciences el des arts de l’lnde el de la Chine, le digne el venerable M. Berlin, entrele- noit aycc nos missionuaires de Pekin mu# icorrespondance scientifique et lit- léraiue Lrçs-inléressante et Iròs-aclive: c )tnme le résullat de celte correspon- dance se trouve consigne dans les r5 volume i des Mèmoires concernant Vhititoire j les sciences et les arts des Chinois, recueil plus connu et mieux ápprecié par les élrangers que parnous- (i) Vo)ez sen Comtnenlaire sur la litlérature des Ilindbits, dans les Rcclurj/es asialiques, tome I, p. Soí de la traduction francaise. t
  • XXXV Nil OBSERVATIONS. mêmes , je n6 párlerai ici que (Time ab- quisition littébaire que nous devons à la même correspondancéy1^ párticu- lièrement à 1’infatigable aclivité du sa¬ vant Amiot: c’est la connoissancede la langue des Mantchoux; langué d’autant plus prêòieuse qu’éllé nous ouvre, sui- vant les propres expressions de notre missionnaire j un libre accès à la litiè- rature chinoisè de tous les ages (u), ces Tatàrs ayant fait trâduire dans leur Kl iili (i) Dans sa Vréfâce db 1 'Elogede la vilte de Mouk- den , pag. 5 et 6. Quatid on n’obtiendroit, par l’etude de cette langne, qu’tirte connoissance plus facile des V # - r ouvrages chinoisy que I’insurmontable difHcultd d un langage hieroglyphique ne nous permetpas de consul- ter, ce seroit dcjà une acquisition bien precieuse; maisnousne craignons pas d’ajouter, etlaBibliothèque Impériale poss£de des ouvrages qui prouvept que le mantchou est la clef des autres idiòmes tatârs: entre t { ')]J () ■ 'Í0X' i tB‘• - * ! tl>cT )i ) i (» \, autres ouvrages précieux de ce genre, nous citerons un vocabulaire mantchou, monghol, tibctain et Sans¬ krit. On trouvera de plus amples derails sur Putilitd du mantchou et sur la reduction que j’ai faite des
  • xxxvj OBSERVATIONS. langue tons les bons outrages chinois. Ces traductions ne sont pas, comme chez nous, de pures speculations mercan- tiles, mais elles forment l’objet special des travaúx d’un tribunal (ou acadé- mie ), compose par moitié de savans Chinois et de savans Mantchoux, éga- lement versés dans les deux langues, et qui exercent sur leurs travaux mu¬ tueis une censure très-severe. Ce tri- •oiídí9 ef á , 8noÍ)oç«oq do •- 1400 gvoupes de son syllabaire à 29 lettres isolces (a\ant, chapiflpj^fluatre forme^ $|3férentes), avec lesquell.es je rétabiis les mêraes groupes du sylla- baire , dans ma Dissertation sur Valphabet mantchour publide d’abord en 1787, in-40., eíreimprimde ensuite cn 1789, à la tête du premier volume du Dictionnaire mantchou-français, en 3 vol. in-40., dans les Details litléraires et typographiques sur Védition du diction¬ naire et des grammaires mantchoux, places à la tête du 3e. volume de ce Dictionnaire , et dans ma Notice (Tun dictionnaire latin-chinois-mantchou de la biblio- theque Itnpériale, en 3 vol. in—fol.j inserde daDS le tome V*. , pag. 581-606 des Notices et ex traits des manuscrits, etc.
  • OBSERVATIONS, xxxvij bunal , érigé par Kan - hi, second empereur de la dynástie actuellement régnante, c’est-à - dire, vers 1670, a continué ses travaux depuis; il est établi dans le palais imperial. Kien- Long désignoit lui-même les ouvrages dont ces savans devoient s’occuper, revoyoitsouventleurs traductions, ety ajoutoit des prefaces , écrites avec son propre pinceau. Ces traductions for- ment maintenant une immense collec¬ tion , et nous en possédons, à la Biblio- thèque impériale, environ trois cents volumes, qui ne seront bienlot plus un objet de vaine curiositéj les matériaux que M. Amiot et M. Raux rn’ont four- nis, et ceux qui nous avoient été en- voyés par leurs prédécesseurs, depuis le commencement du siècle dernier, m’ont servi à rédiger un dictionnaire manteliou-français, en 3 vol. inA°., que j’ai publié en 1789 et 1790, avec les pre¬ miers types mantchoux gravés en Eu¬ rope, sous 111a direction, par mon esti-
  • xxxviij OBSER VAJIONS. / ; ' O *' V/ J « / /I i * f < C* ' mable arai, M. Firrain Didot, si célèbre í i} n ornin R/n si i Dà xiíBvT/n par la purelé et 1’élégance de son burin. L’impression des grammaires étoit 1OO, MlOj ^ l D > r*. >! ítO JXIO crn I F U i ' »T ‘ • coramencée lorsque les événemens poli tic] ues m’enlevèrent tous les moyens de poursuivre de pareils travaux. An* jourd’hui des circonstances plus paisi- bles, plus favorables aux lettres et aux arts me laissent enlrevoir 1’espérance de terminer cet ouvrage, de faire connoitre et de donner les moyens de cultiver une langue sav^nte et poli¬ tique, entièrement ignorée en Europe jusqu’au commencement du dix-neu- vieme siècle. Avec quel plaisir je con- t OJÍJOÍÍ . J(ní¥5lCj[ * «jll bi^K < sulterois ceux de mes anciens maitres ÍJ»^ 2nOI28lI7r clfOTIÍ1Y gUOu dans cetle langue qui peuvcnt encore exjsler < et je renouerois la correspon- dance littéraire de la Chine, àlaquelle j’ai eu quelque part vers les dernièrcs années qui en ont précédé Finterrup- tion! Les dernières lettres que je reçus, en 1790, étoient de M. Amiot, qui donnoit Fapprobation la plus positive à 1
  • ’ À V i"L 3 r, H i ) .(f /yíi O n S É R V A T IO PÍ S. xxxix ttftisPmes travaux siir le manícliou (i)!. afciinè que les àrenbrneni i;cvc3 lutionnaires oni causé dans1 cVlAe cor- respondance, 1’abandori^ tolaPeP^ruel dans lequel ravons ^iísse nbs^ÃlilS siohnaires depuis quinze mort cté^liísiéVits tferékffôl-1 vent pas C^eiiftant noui^fiiif^^e/cfií! Pespcrance cíé)fkttach^9cí!'fetúíèÍTcêlíê qui existerít^dríébrc ; os&ífé^l&fíér^k qu’un Gó\i^rífi^SiPém;9 |)í\?s °^írííiPé , surtout A'6%isí:TrWdlF^q dl?rjc£Mí'^He nos derniers monàV
  • xl OBSERVATIONS. qui avoit d’abord été adopté (1). On n’y admettra que des ministres du culte, qui réunissent aux vertus de leur pro- (i) On pourroit me reprochcr de rerperter ici lesmêmes observations que j’ai consignees en 1790, pag-r 18-22 et 87-40 de mon Adresse à VAssembiée nationale sur iimportance des langues orientales, pour l*exten¬ sion du commerce, les progrcs des lettres et des scien¬ ces j mais on me pardonnera, jecrois, de citer mon propre ouvrage, puisqu’il a etd le premier et qu’il est encore le seul consacre à développer une vdrite mécon- nue jusqu’cY present parmi nous, et tous dout nos voi- sins, les Anglais surtout, sont intimement pendtres.La meilleure preuve que je puisse presenter en faveur de mon assertion, est le magnifique collegequ’ils viennent d’dtablir dans le fort William à Calcutta, pourlensei- gnement du persan et des principals langues de Tlnde. Les professeurs et les éièves sont dgalement pension— nés; vingt ouvrages eldmentaires de ces langues, tels que grammaires , dictionnaires et autres avoient paru à Calcutta en 1802. On peut voir la nomencla¬ ture de ces ouvrages, dont la Compagnie a payd la composition et l impression , à la suite des Essais by students , etc. ( Essais des étudians du college du fort
  • OBSERVATIONS. xlj fession des connoissances utiles dans les . ■ lettres ou dans les sciences, de bonnes vues politiques et un , veritable amour William, auxquels on a ajouté les thèses prononedes dans les exercices publics, sur les langues orientales, le 6 fdvrier 1802. ) Calcutta, 1802; in-8°. I vol. La meme liste se trouve à la fin du IVC. volume de % X Asiatick annual register ,for 1802. Si lexemple des Anglais, à qui Ton ne refusera certaincment pas le droit de faire autorite pour tout ce qui concerne l’im- portant objet dont il s’agit* pouvoit exciter Immola¬ tion de notre Gouvernement et le determiner à consa- crer un grand et bei etablissement à fenseignement des langues orientales, nous croyons qu’on ne pour- roit pas dtablir de meilleurs rcgleibens qne 'ceux qui composent :les statuts du college du fort William. II n’est pas inutile de rappeler ici que dès 1784, les An¬ glais ont forme à Calcutta line societd acadcmique qui a ddjà publid sept gros volumes in-40. de ses mcmoires, sous le titre d'Asiatick researches ( Rócherches asia- tiques ), dont il va paroitre une traduction française , faite par M. Labaume , publide par M. Duquesnoy, et à laquelle TVTM. Delambre, Cuvier, Lamarck etmoi, avons ajoutd des notes fort dtendues.
  • xlij OBSERVATIONS. * __ M ^ , g « cie la palrie. Les bornes que je me suis prescrites ne me permeltent pas de dé- velopper ici les precautions qu’exige le cboix de ces' missionnaires (1), ni 1 j ' If J 1 f í ' l . t ^ | ^ j * ) de iaire 1’énumération des talens et des qualilés nécessaires pour leur procu¬ rer des succès utiles à leur pays. Je ne puis m’empecher pourtant d insis- * ' t'I O i ‘’ V Oil ifl O iii J ter sur une precaution bien esscntielle, et prescrite aulant par la prudence que par réciuité ^cVs^ cle^icWiabíír nos rela- ea sb 'ni£< /untai, lions avec les missionnaires de l ekin, sur le'nVemepíed ou eftès étoient àvant la revolution. On ctoii? lèujj rendre la - ui*! rnon níirnoo.«nb • • , moclique pension clone íls jouissoienl. ■Ml'lírmlí^noi yl 5HD olloanín ry<> ni>vfw « nf>I(í orrnono osiOfi ciib i » . (i) En iusi^tynt ^ur la nécessilé de n’envoyer que des * • missionnaires u. Pékin , je suis fort éloigne d’imaginer que le caractere sacerdotal soit indispensable pour ^iio / cUOÍJn «llu f bill ^ * y obtenir les bonnes graces de l Empereur: mais commé . iii.jiu nu n ‘ji.roj uj /ia i*n , tous les Etiropccns qui ont habitueilementacces auprès i de sa personne en sônt revêtues et Torment corps, je doute que còlííi qiii ne seroit pas de ce corps puisse * ‘ r - .. j A ^W'T| f I r à í \ P ^ i jj re'ussir, et ne j5aVmême épronver des désagremens.
  • OBSERVATION'S. xliij On y joindroit, corame par le passe, les instrumens de physique les plus nouveaux et les plus inleressans, quel- ques livres de sciences eld’arls, et quei- .ques presens pour PEmpereur. Ces pr e¬ sens consistoient en objets curieux provenans de nos manufactures, les- quelles jouissent d’une grande reputa¬ tion àla Chine, meme nos. manufactures de porcelaine. Les missionnaircs ne manqtioienf .pas de les lui effrir lous l ' r''<" • • i les ans, a 1 anmversajre de sanaissance. Quelquefois il leur indiquoit lui-mème les objets qu’il désiroit, et leur don- noit merne des commissions pour l’Eu- rope. On se rappelle que Kien-Long fit graver à Paris seize enormes planches represenlant son expédition contre les Eleufhes, d’apres les dessins de differens Jésuites. Que de moyens nous avons pour piquer la curiosité d’un mpnar¬ que chinois, et quede pretextes pour lui eiwoyer une ambassade! Les utiles documens de nos missionnaircs
  • xliv OBSERVATIONS. nous aideroient à prévenir les cliHi— cultés inseparables d’une pareille en- treprise; ils les aplaniroient par leurs fréquentes communications avec l’Ein- pereur etles grands de sa Cour. Ajoutez à tous ces avantages celui de n’era- ployer pour agens intermédiaires et pour interprèles que des hommes fa¬ miliarises avec les trois langues, le Chinois, le Mantchou et le Français , dévoués à leur patrie et jouissant au- près des deux puissances d’une con- sidération bien méritée. Le zèle avec lequel ils se sontempressés de répondre à toutes nos questions sur des objets de simple curiosite,disons plus,les services qu’ils nous ont rendus dans plusieurs circonstances assez délicates (1), sont (i) « En 1786,1787,1788, leur Procureur resident » à Macao a eu I’avantage de se rendre utile aux » ofliciers et aux equipages de plusieurs vaisseaux » français, expedias vers ces plages. • . ... Ce sont les missionnaires qui ont donne lieu an
  • OBSERVATIONS. xlv les garans cle ceux qu’ils nous ren- droient encore, et de l’activite qu’ils montreroient dans les négociations po- » commerce que la France a entrepris dans les pays » orientaux, et à la formation de la première Compa- * 1 • » gnie deslndes, etc. » Voyez un extrait de l’adresse des Missions étrangères à l’Assemblde nationale , que j’ai consign^ dans les notes place'es à la suite de mon * fi »% - 4 h * ■ *j ■ J ' 1 > i* fto ill}I Adresse à la me me Assemblée sur Vimportance des langues orientales pour Vextension du commerce, les progrès des sciences et des lettres, pag. 38-40. > f >b feseasrqnit '!>8,3b we ôiioi^83íip 8011 8/iluòl á £301 / T fl')LP,U Ifl «fí081D, 911ÃO l XIH iKlflHfl 81lJcMgli(n £ifX>b 8UblI3rl tliO 80011 &'í ífp ^ w # íí* 1 bi^1 jy3881i C/** 11 ! 1 iji3
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  • VUES, COSTUMES, M(ESURS ET USAGES « D E LA CHINE. - ■ -;:rr,z.v=^ PLANCHE I. PORTRAIT DE VAN-TA-JIN, . I J • » *- J * • • ’ ' £ 11 I J • i i • ■ * * 1 ’ ’ ; ^ Mandarin de V Ordre Militaire ( ou Gentilhomme) de la Chine. • J U V.4 G VO • • * J -y a w*^ i » » » »• • * * • > * i • | ’ i Cet Officier ( collégue de Tchaou - ta - Jin, • • Mandarin attaché au Département civil), fut charge, par l’Empereur, d’accompagner VAm- bassade Britannique depuis le moment de son arrivée au golfe de Pe - tché - li , jusqu’à son depart de Canton. Van-ta-Jin étoit un homme d’un caractère hardi, généreux et aimable , et possédoit, k un degré eminent, toutes les qua- lités propres à sa profession , étant aussi habile à tirer de l’arc qu’adroit à manier le sabre. En reconnoissance des services qu il avoit ren- dus dans les guerres du Thibet, il portoit, sus- pendue à son chapeau, une plume de paon.
  • 2 PLANCHE I. t *0 comme une marque extraordinaire de faveur de la part de son Souverain ; et de plus , une boule de corail rouge, qui distinguoit son rang. II est represente ici dans son costume ordi¬ naire , qui consiste dans une courte et large robe de belle toile de coton, et dans une veste de dessus en soie brodée. A, sa cein- ture pendent son mouchoir, son couteau et ses bâtonnets dans un etui, et des bourses rem- plies de tabac. Ses pouces sont armes de deux larges anneaux d’agathe, dont il se sert pour bander son arc. Le fer des flèches, qui rem- plissent son carquois, est de formes différentes, barbeie, en losange, etc.; ses bottes sont de satin avec des semelles épaisses de papier, chaussure ordinaire des Mandarins et des Cbinois de distinction.
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  • 4 PLANCHE II. pour porter leurs enfans, est de les suspen- dre derrière leur dos, dans une espèce de sac. II n’est pas même rare den voir quelquefois deux ainsi groupés et suspendus à leurs épaules. Le père porte à sa ceinture une bourse de tabac , une gaine de couteau, sa pierre à fusil et un briquet 5 dont les Cbinois sc servent pour allumer leur pipe avec la plus grande célérilé. L’ainee des jeunes filles a ses cheveux tresses et ramassés en un nceud tròs-serré, sur le som- met de la tête: des fleurs artificielles y sont pla- cées avec grâce. On la voit disposée à diner, ayant pres d’elle sa jatte deris et ses bâtonnets à la main. On empèche les pieds des enfans de pren¬ dre de la croissance, en les emprisonnant dans de forts bandages ; les quatre doigts sont replies sous le pied , comprimes avec force, et forteil seul en forme la pointe. Par une suite de cette coutume bizarre , le pied d une jeune femme excede rarement 5 pouces |. Les pay- sans eux-memes se piquent de la petitesse de leurs pieds, aussi prennent-ils le plus grand soin de les orner avec des chaussures de soie brodées et des liens qui se croisent au-dessus de la cheville , tandis que tout le reste de leur habillement denote la plus abjecte pauvreté. /
  • ♦ K %
  • órwe if O'ssno/j . /;< SAWyiv/- t/du'-a/it/t i 'se 7J/. ///.
  • PLANCHE III. 5 I PAGODE ou TOUR, PRÉS DE LA VILLE DE SOU-TCHEOU. Ces sortes de bâtimens sont,pour ainsi dire, les traits qui caractérisent la physionomie de cette Contrée. Leur nom Chinois est Ta, et c’est improprement que lesEuropéens les nom- ment Pagodes, terme usité dans quelques par¬ ties de l Orient pour exprimer un temple con- sacré à des usages religieux. II ne paroit pas que ce soit la destination des Ta Chinois qui semblent plutôt avoir étè élevés dans quelque occasion particulière par des vices-rois ou de riches mandarins, soit pour satisfaire leur propre vanité, soit dans 1’intention de trans- mettre leur nom à la posterity , et peut-être aussi par ordre des magistrats, dans le seul dessein de contribuer à l’embellissement du paysage. Ces édifices sont généralement construits en briques , et quelquefois revêtus en porcelaine 9 ayant le plus souvent neuf étages , quoique le nombfe, dans quelques-uns, en soit borné à sept ou même cinq. A chaque étage règne une galerie oil Ton peut sc rendre par la fenê-
  • 6 PLANCHE III. tre , et qui est couverte par un toit avance en tuiles,d'une riche couleur jaune fortement vitrifiée ; ces tuiles reçoivent du soleil un éclat semblable à celui de 1’or bruni. De chaque angle des toits pend une clochette que le vent, en l’agitant, fait résonner d’une manière qui n’est pas absolument désagréable. Les toits sont presque tous octogones. Cependant quel- ques-uns présentent une construction hexago- nale et cylindrique. Leur circonférence dimi- nue graduellement de la base au sommet; et dans 1 intérieur règne un escalier tournant, qui facilite l1 ascension jusquà 1’étage le plus élevé. Us ont généralement, en hauteur, de cent à cent cinquante pieds, et sont indifféremment situes sur des eminences, dans des plaines, et le plus souvcnt dans les villes. Le Ta repre¬ sente par la gravure est d'une structure mo- derne ; ceux d’une architecture plus anciennc sont pour la plupart mutiles. Leurs toits, de tuiles grises, sont ensevelis sous la mousse ; ils ne présentent souvent qu’une coruiche au lieu du toit avance. Voyez la gravure de la Pagode de Lin-Tsin, dans la relation de l’ambassade à la Chine, par Georges Staunton.
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  • PLANCHE IV. 7 BARQUE DE VOYAGE DU MANDARIN VAN-TA-JIN. Comme les voyages, dans fintérieur de la Chine, se font ordinairement par eau, on voit sans cesse un nombre prodigieux de yachts (ou barques) de differentes formes, employees à conduire des voyageurs et à transporter des marchandiscs. L’appartement du centre, dont les croisées sont surmontees d un tendelet, est occupé par le propriétaire; l’avant du vaisseau par ses domestiques; et 1’arrière est partagé entrc l’emplacement necessaire à ce qui regarde la cuisine et celui ou les matelots reposent., ont une large voile de natte , tendue sur des bambous qui la traversent horizontalement. Rien de plus facile que d’aniener cette voile ; on n’a qu’à larguer les drisses, et aussitôt on la voit se replier sur elle-même , à la façon d’un éventail. Lorsque le vent ou la marée sont contraíres, alors ces barques se halent à force de bras, le long du rivage, ou se gouvernent avec de longs avirons Les barques de cette espèce
  • 8 PLANCHE IV. quí se meuvent sur des pivots places à 1’avant et à 1’arrière du bâtiment. Ces avirons ne sor- tent jamais de l’eau; mais , au moyen du sim¬ ple mouvement alternatif qu’on leur imprime, la barque est poussée en avant avec la plus grande vitesse. Le triple parasol annonce qu’il j a à bord un Mandarin de distinction; et les grandes lanternes, avec des caracteres chinois, ainsi que le pavilion hissé à poupe , sont également des marques de distinction.
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  • 9 P L A N C H E V. \ _ . A_ _ A^rrf', TI r ... «;<■' « j 1 (j j v/ou >.i J j. u ' i v/j v * ■*-’ ■ FANTASSIN CHINOIS OjSOít mr J oví^og *»o .ifion;oi; iolò 1 anaíL 4 , - \ • ' í • • v« (OU TIGRE DE GUERRE). L’habillement chinois est généralement lâchc; cependant celui que portent les fan- tassins, corps de troupes compose à peu pròs de seuls naturels du pays, prend bien lc corps, et dessine parfaitement les formes. Mais, en general, funiforme de la milice cbinoise est embarrassant et incommode, et celui des Tigres de guerre que represente la gravure est, sans contredit, le plus propre aux travaux militaires. Le nom de Tigres de guerre, que les mis- sionnaires ont donné à ces soldats, vient de faspect de leur habillement, qui a quelque ressemblance avec le tigre, étant rayé comme cet animal, et surmonté de deux oreilles. Leur armure consiste en un cimeterreLgros- sièrement travaillé, et en un bouclier d’osier ou de quelquautre plante semblable, si soli- dement tissu, quil peut parer les coups de sabre les plus vigoureux. Sur ce bouclier est point un monstre iraa^inaire qui , comme N
  • IO PLANCHE V. la tête de Méduse, est suppose posséder Ia vertu de pétrifier ceux qui le fixent. Dans 1’éloignement, on aperçoit un poste militaire, rallié sous le pavilion imperial, dont la couleur est le jaune. k > € * >
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  • DINER D'HOMMES * Í , : EMPLOYES If' # Í ^ f ) 4 | AU HALAGE DES BATEAUX. * ’ T. • r 'i \ i) luoy gli ifluiiiyifbin oio ecnq ^ difiin ollifscr i * Luksque le vent uu Ja marée est contraire à la marche des vaisseaux, on abandonne la voile et les rames, et l’on a coutume alors de recourir au halage. Le nombre d’hommes employes k cette manoeuvre, de'pend de la dimension du bâtiment ou de la force du courant, qui exige quelquefois l’effort de vingt homines pour être remorqué. 11s sont exactement surveille's par un piqueur, tou- jours prét à distribuer, avec la plus grande libéralité, des coups de fouet par tout oil il voit quelque disposition à la paresse. Le riz est la nourriture principale de ces pauvres travailleurs, et c’est pour eux un grand regal quand ils peuvent se procurer quelques végétaux frits dans de mauvaise huile ranee, ou quelques restes de viande pour les^mêler avec ce riz. La gravure les re¬ presente occupés k faire cuire leur repas sur
  • P L A N C H E VII. i3 • . PONT « JJulliiri Pi v/iiUU*i JmO' ’ 9'J SITUÉ DANS LES ENVIRONS DE LA VTT.T.K • 4 r • . » DE SOU-TCHÉOU. W í llí)fíi?■ * y'• ► iilOMíi-, HilO.’ ‘.lí‘> lL I ‘li!3 ilO*’ Les ponts, à la Chine, different beaucoup dans leur construction. Laplupart, composes de trois arches, oflrent souvent une cons- truction légère et elegante ; dautres ne con¬ sistent qu’en de simples piles pyramidales, sur lcsquelles sont jetées de fortes poutres destinées à soutenir un couchis horizontal. Cette arche, dont la courbe ressemble au contour d’un fer à cheval, se présenta sou¬ vent sur la route que tint une partie de l’am- bassade, pour se rcndre de Han-Tcheou à Tchu-san. Comme la plupart des ponts chinois, cette arche est d ime niontce rapide, faisant un angle de vingt degrés avec l’horizon, et l’ascen- sion en est facilitce par le secours d’un esca- lier. On transporte conséquemment íòrt peu de marchandises par terre dans l’interieur de la Chine, oil les rivières et les canaux for- ment, pour ainsi dire, les grandes routes. Les matériaux employes dans la construe- V
  • H PLAN CHE. VI I. tion de ccs ponts sont, en grande partie ? une espèee de marbre à gros grain. Les pierres avancées et posées debout contre la surface, sont supposées donner de la force et de la liaison aux differentes parties de la bâtisse ; et les cinq marques circulates que Yon aper- ooit sur l’arche, contiennent des caracteres chinois qui, probablement, expriment la date de son erection et le nom de farchitecte. L’ornement momentariée que Ton yoit sur le milieu de l’arche, et qui consiste en mats peints et ornes de banderoles de soie oil sont suspendues des lanternes, fut erige en l’lion- neur de l Ambassadeur. Les six soldats tires d un poste militate du voisinage, furent aussi ranges sur le pont, pour le saluer lorsquil passa.
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  • test// ma// vÁl/u/. wnj var fllea'andre (rrave fkir J ''.Simon
  • PL ANCHE Viu. i5 YAISSEAU MARCHAND. Ces navircs se hasardcnt dans des navi¬ gations lointaines, telles que celles des Ma- nilles , du Japon, de Batavia même, qui est le port le plus éloigné oil ils abordent, et plusieurs d’entre eux sont de neuf cents à raille tonneaux. Pour entreprendre de pa- reils voyages, les pilotes attendent la saison • . la plus calme de Fannée, et, quoique bien verses dans Fusage de la boussole , ils s’eloi- gnent rarement des cotes. Depuis plusieurs siècles, les Chinois nont pas apporté le moindre changement dans leur architecture navale. Ce peuple est si ennemi de rinnovation et tellement attache h ses an- ciens préjugés que, jnalgre le grand nombre de vaisseaux européens qui abordent chaque année à Canton, et de la construction des- quels ils doivent reconnoitre la supf?riorite , ils n’admettent aucune espèce de changement ni d’amelioration dans la manière de cons- / truire les leurs. La proue de ce navire forme un angle rentrant : dans d’autres vaisseaux, on pra-
  • i6 PLANCHE VIII. tique une cavité dans laquelle le gouvernail est à l’abri de la violence de la mer, et ce- pcndant cette méthode expose surement le navire à de très - grands hasards , lorsque , dans de fortes marées, il marche contre le vent. De chaque côté de la proue est peint un ceil avec la prunelle dirigée en avant, peut- etre dans lintention de lui donner quelque ressemblance avec un poisson, ou dans 1'idée superstitieuse que le navire peut ainsi voir devant lui et éviter le danger. Souvent les sabords servent de fenêtres dans ces vaisseaux qui, pour la plupart, pè- chent du côté de Félégance et de la comino- dite.
  • Pf■ rx.
  • PLANCHE IX. l7 PORTRAIT DU POURVOYEUR DE L’AMBASSADE A MACAO. L habillement sous lequel est représenté ce personnage est le même que portent gé- néralement les citoyens ou la classe initoyenne du peuple a la otime. 11 u’y a jc difference que dans les couleurs et dans la forme des chapeaux, bonnets, bottes, etc. La jaquette de dessus est en peau de mouton, ornée de croissans faits de la même peau, mais d’une couleur différente, cousus à des distances égales les uns des autres. Le collet est de martre zibeline ou de peau de renard. On endosse ce Surtout le matin et le soir pour se garantir de la fraicheur qui se fait alors sen¬ tir. Le reste de la journee on n’en fait pas usage : on ne garde qu’une robe de soie bro- dée, qui en recouvre une autre de toile de lin blanche, ou de taffetas, sous laquelle on porte de larges caleçons de lin ou de soie pour l’été, et chaudement fourrés ou piqués de soie pour l’hiver. Dans les provinces sep- tentrionales on ne connoit que les caleçons de peau.
  • i8 PLANCHE IX. Le bonnet est en feutre d’une espèce très- commune. Quand il est neuf il ressemble, pour la forme, à celui que portent les Man¬ darins ( voyez le portrait de Van-ta-Jin); mais il ne tarde pas à se déformer et à s’af- faisser lorsquon l’a porté quelque temps ou que la pluie lui a fait perdre sou apprêt. Les bas sont de nankin et rembourrés intérieu- rement tio tutuu. t
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  • t PLANCHE X. >9 SUPPLICE DE LA CANGUE. C’est le nom sous lequel les Européens désignent communément ce supplice, appelé Tcha par les Chinnís T,’m«(rument destine à 1’infliger consiste en une table pesante ou col¬ lier de bois percédun trou dans le centre, ou plutôt en deux pieces de bois, ayant chacune au milieu une échancrure demi - circulaire, pour y recevoir le cou du patient. Cette ma¬ chine est assez semblable à notre pilori. Deux autres trous sont destines h lui pmprisnnner les mains. Quelquefois on lui fait la grâce de lui en iaisser une libre , avec laquelle il peut al- léger une partie du fardeau qui pèse sur ses Les deux parties rapprochées , après y avoir inséré la téte, sont fortement mainte- nues par des chevilles et, pour plus de su- reté, une large bande de papier colhíe sur la jointure porte le sceau du Mandarin. On y lit aussi en gros caracteres la cause du sup¬ plice. „ Le poids de ces ignominieuses machines, qui est de soixante à deux cents livres, et
  • 20 PLANCHE X. Ie temps auquel les coupables sont condam- nés à les porter, dependent de la grandeur du crime. Ils les portent quelquefois un, deux et même trois mois sans interruption. Durant cet intervalle, ils passent toutes les nuits en prison, et chaque matin un préposé à cet ef- fet les conduit avee une r.baine à une des portes de la ville ou sur quelqu’une des places les plus fréquentées. Àlors il leur permet de se soulager en partie du poids de leur fardeau, en l’ap- puyant contre quelque muraille, ou ils restent exposes le jour entier à Ia derision de la po¬ pulace , et dans limpossibilité de prendre d autre nonrritnre qup eelle quon veut bien leur porter à la bouche par commisération. Lorsque le Mandarin ordonne qu on le dé- livre de la Cangue, le criminei n’est pas pour cela au bout de son supplice. II lui revient encore certain nombre de coups de bambou, pendant l’application desquels, le front dans la poussière et dans fattitude Ia plus humi- liante, il adresse des remercimens au .Man¬ darin sur sa correction paternelle.
  • *1 * * # . * Ft.
  • PLANCHE XL 21 PORTE MÊRIDIONALE DE LA VILLE DE TING-HAÍ DANS LE HAVRE DE TCHOU-SAN. Le port de Tchou-San, ouvert anciennement aux Anglais, est situé par trente degrés vingt minutes de latitude nord, ou à mi-chemin entre Canton et Peking, sur la côte orientals de la Chine. Les murs dont cette ville est environnée ont près de trente pieds d’élévation, et, à 1’exception des Pagodes et des Edifices publics, ils cacbent entièrement la vue des maisons particulières, qui n’ont en général quun seul étage. Les briques et les tuiles que Ton emploie à la Chine sont d’une couleur bleuâtre ou d’ar- doise qui fient à leur propre substance, ou qu’elles reçoivent artificiellement par un pro- cédé particulier de dessication et de cuisson. Les embrasures ne sont point garnies d’ar- tillerie, mais dans les merlons on a prati¬ que des lucames à l’usage des archers. Sur les murs et près de Ia porte sont des tentes servant de corps-de-garde, ou 1'on entretient
  • 22 PLANCHE XL * sans cesse un nombre suffisant de soldats. A la chute du jour on ferme les portes de la ville, et personne alors ne peut plus y entrer y sous quelque pretexte que ce soit. Les angles des toits formant une courbe rentrante, et considérablement projetes dans les batimens chinois, doivent, selon toute ap- parence, leur origine à l’inspection des tentes: En effet , un canevas fortement tendu sur quatre cordes prend naturellement cette for¬ me. Des figures d’ammaux et de dragons de¬ corent les angles par lesquels se termine au- dessus de la porte le faite des Edifices. Les flancs des angles, ainsi que les extrémités des poutres, sont peints cn diverses couleurs. La table jaune placée au-dessus du ceintre porte des caractères chinois, qui probablement in- diquent le nom de la ville et le rang qu’elle occupe. Le chariot que Ton voit prêt à y en¬ trer est la voiture en usage pour les personnes de distinction. Quoique les Chinois n’aient pas adopté l’usage des ressorts, ces voitures ce- pendant sont un peu plus douces que nos chariots d’Europe. La figure disposée sur le premier plan, oflre la méthode que les Chi¬ nois emploient pour porter de légers fardeaux, tels que des yégétaux, des fruits , etc.
  • Grttve'J*. Simon
  • PLANCHE XII. 23 TROIS VAISSEAUX A L’ANCRE DANS LA RIVIÈRE DE NING-PO. Le navire de moyenne grandeur qui pre¬ sente sa poupe, étoit un vaisseau marchand sans cargaison. On l’a choisi pour donner un exemple de la manière singulière dont est construite cette partie de leurs navires. On peut remarquer quelle est creusée en angle cannelé, pour loger et proteger le gouvernail que Ton peut, au moyen d’un cable, retirer de la mer. Les caractères chi- nois que l’on y voit tracés indiquent le nom du vaisseau, et le demi-cône près de la poupe est destiné au même usage que les bouteilles (ou latrines) dans nos navires. < Le petit bâtiment fut loué pour le service de 1’ambassade et employé au transport des bagages; le plus grand conduisit une par - tie de l’ambassade, de Ning-Po à Tchou- San, ou elle s’embarqua à bord de VHin- doustân pour Canton. La partie supérieure de la proue se terminant en deux espèces d’ailes ou corues, dorme à ce vaisseau, vu
  • 24 PLANCHE XII, par la proue, un aspect singulier. La petite chaloupe (ou Sam-paan, comme l’appellent les Chinois) doit accompagner nécessairement des vaisseaux de cette dimension. \ V r %
  • PL 2711,
  • P L A N C H E XIII. s5 PORTRAIT D’UN LAMA (OU BONZE). Les prêtres de la Tatarie, et ceux de la Chine, depuis que les Tatai'S enont fait lacon- quête,different très-peu tant dans leurs manières que dans leur habillement. C’est la seule classe, chez ces deux nations, qui ait latête entière- ment rasée. Leur vêtement consiste générale- inent en une robe lâche, gai'nie d’un large # • • •* collet de soie ou de velours; la couleur de la robe depend de la secte particulière quils suivent ou du monastère auquel ils sont atta¬ ches. II y en a parmi eux qui portent pour ornement une espèce de bonnet delicatement travaillé en bois, quils attachent sur le der- rière de la tête. La figure représentée sur cette estampe est celle d’un ties Lamas qui desservent le temple nomme Pou-ta-la, et qui est situe près de la residence imperiale à Je-hol en Tatarie. Tous ces prêtres sont habillés en jaune; c’est la cou¬ leur impériale. Leurs chapeaux ont de très- larges bords pour garantir également et du 4
  • z6 P L A N C H E XIII. soleil et de la pluie, et sont fort bien travailles en paille et en fragmens de bambou. Le temple de Pou-ta-la, que 1’on aperçoit dans 1’éloignement, renferme huit cents Lamas consacrés au culte de la divinité Fo : c’est à cette secte dominante dans touíe Ia Chine que 1’empereur est attache. Cet edifice, de forme carrée, est entouré de petits bâtimens cons- truits dans le style de farchitecture chinoise. Chaque côté du temple a deux cents pieds de long et à peu près autant de haut, avec onze rangs de croisées. Au centre de cet immense edifice est une chapelle extraordinairement bien décorée, et dont la couverture est en tuiles d’or massif. C’est au milieu de cette cha¬ pelle que se trouve le Saint des Saints, qui contient des statues de l’idole Fo avec sa fem¬ me et ses enfans.
  • Pf XIV
  • PLANCHE XIV. -7 DAME CHINOISE AVEC SON FILS, ET SUIVIE DE SON DOMESTIQUE. La retraite observée par les femmes chi- noises est proportionnée au rang qu’elles oe- cupent dans la société. Les femmes d’un ordre inférieur jouissent de la même liberté qu’en Europe; mais celles de la classe moyenne ne sortent que rarement de chez elles, et les dames de premiere qualité jamais. Leur maniere de se vêtir nest pas assujettie aux caprices de la mode : les saisons, et quelque variété dans la disposition de leurs ornemens, y produisent settles de foibles differences. Une legère étoffe de soie qui remplace chez elles le lin, est recou- verte par un habit de dessous et des caleçons de taffetas; et, lorsque la douceur de la sai- son le permet, elles se contentent de jeter sur le tout, et pour vêtement extérieur, une longue robe de soie ou de satin richcment brodée. Elles prennent un soin tout particulier pour orner leur tête. Après avoir lissé leurs che- veux avec de l'huile et les avoir fortement tressés, elles les rassemblcnt sur le sommet de la tête, ou elles lesassujettissentavec desépingles
  • 28 PLANCHE XIV. d’or ou d’argent. Sur leur front, ceint d une bandelette d'or, savance une pointe de ve¬ lours portant un diamant ou une perle, et des fleurs artificielles sont jetées de chaque cote delatête, selon leur goút. Les boucles d’o- reilles et des cordons de grains parfumés sus- pendus à leurs epaules font égaleraent partie de leur parure. L’usage des cosmétiques est parfaitement connu des dames chinoises; et l’emploi du blanc et du rouge pour animer leur teint est très-commun parmi elles. Elles tracent une petite raie d’un rouge très-vif sur la lèvre inférieure , et elles ont un art tout particulier pour imprimer à leurs sourcils la forme d’un are extremement délié et du plus beau noir. Leur chaussure mignonne est d'un travail exquis, et les contours de leurs chevilles sont caches sous une espèce de cothurne fort lâche. Les enfans, jusqu’a fâge de septans, portent souvent deux queues que fon laisse croitre de chaque côté de la tête. Les domes¬ tiques , selon un usage propre à la classe in¬ férieure du peuple, portent au poignet un an- neau de cuivre ou de ce mauvais étain, nom¬ ine tutanag.
  • ♦ K
  • P L A N C H E XV. 29 VUE EN FACE DTJN BATEAU QUI PASSE SUR UN PLAN INCLINE (OU GLACIS). Dans la traversée de Han-Tchéou-fou à Tchéou-san (route suivie par une partie de fambassade ), la surface du terrain est entière- ment montueuse; ce qui necessite, pour la com¬ munication des canaux, fétablissement deces sortes de pertuis. Nous fumes obliges d’en pas¬ ser un le 16 novembre 1793. La difference de niveau entre les deux bas- sins étoit de six pieds pleins ; dans le plus eleve, 1’eau se trouvoit d’un pied plus basse que le bord supérieur de la poutre sur laquelle le bateau devoit passer. Cette construction consistoit en un double glacis d’une maeonne- rie oblique, inclinée à peu pres de 40 degre's à fhorizon. Les bateaux sont tires par des ca- bestans , dont deux suffisent ordinairement, quoique quelquefois il faille en employer qua- tre ou six, lorsqu’ils sont d’un poids plus considerable. Lorsqu un bateau est sur le point
  • 5o PLANCHE XV. de passer, les cordes des cabestans formant une boucle à leur extrémité, sont fortement attachées à sa poupe, et pour plus de solidité, après avoir passe les boucles Tune dans l’autre, on y introduit une cheville de bois pour em- peclier le nceud de se defaire; ensuite on fait prendre à ces cables une direction convenable le long du plat bord. C’est alors que des liommes manoeuvrent les cabestans, jusqu’a ce que le bateau ayant perdu Fequilibre, soit ra- pidement lance, par son propre poids, dans le bassin inférieur, oú il est preserve de se rem- plir d’ eau au moyen d’une espèce de grand éventail en osier et d’un tissu très-serré, dont on a soin de munir son avant. On voit à main gauche les ruines d’un arc de triomphe et un petit temple consacré à une idole, à laquelle on fait de fréquens sacrifices pour la conservation des bateaux qui passent en cet endroit. Pour le plan et la coupe de la construction dont nous venons de parler, Voyez la rela¬ tion de sir George Staunton, planche 34 de fatias, edition anglaise.
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  • PLANCHE XVI. CIMETIÈRE SITUE PRÈS DE HAN-TCHÉOU-FOU. Les tombeaux et les monumens fúnebres, chez les Chinois, oíírent une grande variété dans leur architecture , excepté ceux du peuple, qui ne consistent qu’en de petit cones de terre, sur les sommités desquels ils plan- tent souvent des arbres nains. Ces modestes sepultures, dans certaines occasions, sont vi- sitées par la famille du mort, qui a un soin tout particulier de les tenir dans le plus bei ordre. Ils sont dans 1’usage de faire les bierres en planches très-épaisses, dont 1’intérieur estpar- faitement enduit de poix et 1’extérieur recon¬ vert de vernis, précaution qui contribue à les rendre durables et à empêcher les exhalaisons putrides qui se répandroient parmi les sepul¬ tures du peuple, dont les bierres souvent ne sont même pas recouvertes de terre. Les riches népargnent aucune d^pense pour se procurer des bierres du bois le plus pré- cieux, dont se pourvoient souvent plusieurs
  • 02. p L A N C H E XVI. années avant leur mort les personnes qui doi- vent les occuper. II n’est pas rare de voir une famille tendre et respectueuse conserver, dans sa propre maison, pendant plusieui's mois, des années même, le corps d’un parent décé- dé, sans qu'il en resulte aucune emanation contagieusc, soit que cela tienne à leur ina- nière d’embaumer ou à leur méthode de fer- mer exactemcnt avec du bitume tous les joints de la bierre. Les devoirs de la veuve ou des enfans ne se bornent pas là, même après que le corps a été depose dans la sépultuie de ses ancêtres : vêtus d une toile grossière, ils s enferment avec le mort et passcnt encore plusieurs mois dans les larmes. Les caracteres traces sur les monumens désignent le nom et la qualité du déiimt, et des épitaphes ou Ton célebre ses vertus sont tracées sur des tables de marbre à 1’entrée des voutes. La tombe ou 1’on remarque des degrés et celle qui est environuée de cyprès, sont communes à toutes les personnes opulentes.
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  • Pl XVIT.
  • P L A N C H E XVTL 33 SOLDAT EN GRAND UNIFORME. L’empire de la Chine, depuis la conquête des Tatars, si nous exceptons quelques insur¬ rections partielles, a joui dune tranquillité non interrompue. II est re'sulte de cette longue paix, que la milice chinoise s’est laissée éner- ver et manque du courage et de cette belle discipline qui distinguent les troupes Euro- péennes; enfin il y règne une si grande mol- lesse, qu’il nest pas rare de voir leurs soldats, même dans les rangs, se servir d’eventails. On n’exige pas seulement des candidats qui aspirent à quelque grade militaire, des preuves de leurs connoissances dans la tac- tique, il faut encore qu’ils l’emportent sur leurs concurrens par leur force et leur agilite à se servir du bouclier, et à manier le pis- tolet et le sabre, etc. La profession de soldat est particulièrement enviée par la classe inférieure du peuple, parce qu’ils reçoivent régulièrement leur paye, quoiqu’on ne demande que rarement leurs services, et encore cela se borne-t-il à appai- ser quelque tumulte, ou à monter la garde à quelque poste militaire. Ainsi ils peuvent em- 5
  • 54 PLANGHE XVII. ployer la plus grande partie de leur temps à leurs propres occupations , se bornant seule- ment à tenir leurs armes et leur habillement propres et dans le meilleur dtat, dans le cas oil ils seroient à l’improviste appelés à une revue ou à quelque autre exercice. L’habillement dcs troupes est grossier, in¬ commode, et absolument contraire aux exer- cices, militaires; cependant, à quelque dis¬ tance , un bataillon équipé de cette sorte a une apparence splendide et vraiment guerrière; mais, vues de plus pres, ces cottes de maille impénétrables ne sont plus qu’un léger nan¬ kin pique, enrichi de quelques plaques de métal fort minces et entourées de clous bril- lans, ce qui donne à tout l'ensemble l’appa- rence d’une armure formidable. Du sommet du casque, qui est la seule piece en fer, s’eleve une pointe de pique entourée d une touffe de crins de cheval colords; les caractères traces sur la plaque qui recouvre la poitrine indiquent le corps auquel appar- tient le soldat, et la boite qu’il porte par de- vant sert à contenir des pointes de flèches, des cordes d ares, etc., etc.: la partie inferieure de fare repose dans une gaine ou espèce de boite.
  • P/ xvir. íU P//'<>///?<’ (/’ //a//,/////,), /tvy/s-H/V f/(W/, Á’ 1 /(V/t//// t/(/,(' é&t. Pr^r/ir far t /hikiru/rr Griívr jxrr if.ifwwn I
  • P L A N C H E XVIII. 35 GROUPE DE PAYSANS, BATELIERS, etc., JOBANT AUX DÉS. Les Chinoís ont tellement la passion du jeu, qu’il seroit rare de les rencontrer sans un paquet de cartes ou un assortment de dés. Les combats de coqs sont en usage parmi eux, et ils nourrissent également des cailles pour le même objet. II y a aussi à la Chine une grosse espèce de sauterelles fort commune, qu'ils se plaisent à faire combattre 1’une contre 1’autre; ils en placent pour cela une couple dans un bassin, les spectateurs gagent alors pour fun ou l’autre des champions, et les insectes s’at- taquent ayec tant de furie qu’il n’est pas rare de voir quelques membres rester sur le champ de bataille. Les dés chinois sont absolument marquês comme les nôIres; mais ils n'em- ploient pas les cornets, et ne se servent que de la main pour les jeter. Les lois de l’ern- pire leur donnant un plein pouvoir sur leurs femmes et leurs enfans, il n est pas sans exem¬ ple que ceux-ci voient leur sort dépendre d un coup de dés, et soit par goút ou par avarice,
  • 36 PLANCHE XV HL j’ai toujours remarqué que, dans tous leurs jeux, les Chínois étoient singulièrement poin- tilleux et querelleurs. La figure que la planche represente debout avec un instrument ara- toire à la main, est un agriculteur; et celleque Ton yoit assise avec une espèce de petit bonnet noir, est un batelier, ayant près de lui un gong, espèce d instrument composé d’un demi-métal particulier et assez semblable au couvercle dune marmite. Cet instrument, frappé avec lajb&guette que 1’on voit auprès de lui, produit un son dur et discordant qui se fait entendre à une distance considerable. II y en a toujours un de suspendu à la tête de chaque vaisseau que Ton hale le long des ca- naux, afin que, selon que loccasion le de¬ mande , ceux qui sont à son bord puissent le frapper et avertir ainsi les haleurs de sarrêter ou de reprendre leur marche. Cette méthode pre'vient une très - grande confusion qui ne pourroit manquer de résulter du frot- tement et du choc des nombreux vaisseaux qui circulent sans cesse dans les canaux; et ces gongs rendent des sons tellement varies que les haleurs distinguent parfaitement s’ils proviennent du vaisseau quils tirent.
  • PLANCHE XIX. 37 FORTERESSE SITUÉE AUPRÈS DE LA VILLE DE T IEN-SIN. Ce chateau, ou plutôt cette tour, est située sur une pointe de terre, au confluent de trois rivières, le Pei-lio, le Yun-Leang et le When- ho,prèsIa Cité Céleste (Tien-Sin ), quiestie port le plus considerable pour l’embarque- ment et le de'pot principal des marchandises de la Chine. C’est de cette place que les di¬ vers articles de commerce circulent, par le moyen des canaux, jusque dans les provinces les plus éloignées. Cet édifice a trente-cinq pieds de haut;il est construit en briques, excepté les fonda- tions, qui sont en pierre, et qui ont été en par- tie minces, très - probablement par des inon- dations, tout le terrain environnant étant sin- gulièrement bas et marécageux. Une garde y est sans cesse cantonnée, et dans des cas de tumulteou de troubles, les sentinelles donnent l’alarme aux postes voisins, soit en hissant un pavilion à cetcflct, si c’est pendant le jour, ou
  • 58 P L A N C H E XIX. par quelque explosion d'artifice s il est nuit. Les garnisons environnantes se rendent alors sur les lieux oú leurs services sont nécessaires. Derrière les créneaux règne une construc¬ tion destinée à mettre les sentinelles à Tabri: cest Tun d’eux qui frappe le gong pour aver- tir la garnison de l’approche d’un vice-roi ou mandarin de distinction; sur cet avis, elle se met en rang et se tient sous les armes pour le saluer. Derrière le parapet est suspendue une lanterne, et dans Tangle opposé on voit flotter l’etendard imperial : la couleur de la table et Tinscription qu’elle porte indiquent probable- ment que c’est un edifice royal. Dans la des¬ cription que fait Nieu-Hoff de Tambassade hollandaise envoyée à Peking dans 1’année 1656, on voit la gravure de cette merne tour, ou d’une semblable, située sur le merne lieu. Les elevations de terre que Ton aperçoit dans le lointain sous un massif d’arbres 5 sont des sepultures.
  • PLANGHE XX. 39 VAISSEAU A LA VOILE. L E s vaisseaux de cette construction sont employes par les marchands pour transpor¬ ter le produit de quelques provinces dans les differens ports de 1’empire. Le fond de cale, pour plus de commodite, est divisé en diiFerentes cases, qui sont si bien calfatées avec une certaine composition nom- mée tchénâm, qu’elles sont a fepreuve de l’eau; en sorte que dans le cas ou il se feroit une voie d’eau, la plus grande partie de la cargaison se trouve a l’abri de tout dommage, et le bâtiment est lui-meme moins expose h couler bas. La grande voile et la misaine sont en nattes d’un tissu très-serré, et etendues sur des Cannes de bambou qui règnent horizontale- ment derrière elles. La voile d’artimon et celle du perroquet sont cn nankin, et cette dernière ( par une méthode contraire à celle des Européens) nest jamais hissee plus haut que ne le reprdsente la gravure. Les voiles sont brassées ou larguees par le moyen de cordes attachées aux cxtrémités des Cannes
  • 4o P L A N G H E XX. qui Ies traversent et qui sont connues sous Ie nom d'araignees ; de cette façon le servic e du bâtiment se fait sans la moindre difliculté. La proue, comme il est d’usage dans tous les vaisseaux chinois, manque d’é trave. Ils nonfc pas non plus de quille, ce qui les rend sujets à une derive considérable. Les deux ancres sont faites d un bois fort pesant, nommé par les Chi- nois tye-mou, bois de fèr. Les différentes par¬ ties qui les composent sont fortement unies et chevillées ensemble, et armées de pointes cn fer, quoiqu’elles portent quelquefois de larges grappins, formes de quatre verges. Le toit ar¬ que en nattes est la chambre oil les mariniers se retirent pour dormir, et les Cannes de bam¬ bou que Ton voit dans les hanches du navire s’y trouvent placées convenablement pour les besoins du bâtiment. Les différens pavilions et enseignes donnent une idée du goút des Chi¬ nois dans ce genre.
  • P/. JOLl Detáutr far f7/*\r.T/u&Y Grave far X. tFrnton
  • P L A N C II E XXL 4i PORTRAIT / ^«. . . . rf *> i ^ : | ' » * ' * '( r f > .r9\í j V ii* ^ » A Lf J À DE T CH A O U-T A-J I N, . . * « ' r * MANDARIN CIVIL - EN GRAND COSTUME. • f \ ~ ' . 01 ir , ijjiiujuuij " J4ijw +m \ r 1 J A r% f | ' ' •* Tchaou-TA-Jin ,rcvêtu d’un emploí dis- * . ,. . , . , ,. >. ”'Tr • ' ■* tingué dans les affaires civiles de FEíat, fut J charge par 1’empereur, conjointement avee • * Van-Ta-Jin, de traiter convenablement l’am- bassade britannique pendant son séjour à la Chine. C’etoit un hoxnme extrêmement grave dans ses manières , qui, à une intégrité par- faite et à un jugement solide , réunissoit une vaste erudition. Aussi avoit-il dirige 1'édu- cation d’une partie de la famille impériale. Outre la boule bleue, placée sur le sommet du chapeau , et qui est la marque ordinaire de sa dignité , il y portoit encore suspendue une plume de paon, signe d’une plus haute distinction. Il est represente dans son grand habit de Cour, lequel consiste en une large robe de soie ou de satin qui couvre une veste de dessous, brodéc en soie des plus vives cou- leurs. La piece carrée qu il porte sur la poi- 6 \
  • P L A N G H E XXL 42 trine et lautre serablable qui lui traverse le dos , sont aussi richement brodées et pré- sentent Ia figure d’un oiseau imaginaire, mar¬ que distinctive d’un mandarin lettré ; un tigre ainsi place denote que celui qui le porte, jouit d’un grade militaire. Les grains qui for- ment le collier, sont de corail, ou dagathe ^ ou de bois odorant merveilleusement sculp- tés , suivant 1’imagination de 1’artiste. II porte à la main un papier relatif à Tam- bassade.
  • I .
  • Mí‘*
  • P L A N C H E XXII. /,3 BROUETTE ALLANT A LA VOILE. Lorsque le vent est favorable et que Ia surface du terrain est assez unie pour le permettre, les Chinois se contentent quel- quefois de hisser cette simple voile pour fa- ciliter les efforts du tireur; mais si le vent est contraire , on abandonne la voile , et un se¬ cond manoeuvre assiste alors le premier, en tirant de concert avec lui la machine par le moyen d’une corde passée en travers de ses La voiture contient, entre autres objets , des végétaux, une corbeille de fruits, une boite de thé, des bamboux et une jarre de vin, dont fouverture est hermétiquement fer- mée avec du lut, pour preserver la liqueur de l’impression de fair. Sur le côté est place le chapeau du conducteur et quelques us- tensiles propres à tenir la machine en bon état. Milton a ainsi décrit cet usage dans son Paradis perdu, liv. in, vers 4.37, etc.
  • 44 P L A N C H E XXII. « Poursuivant son voyage, il se trouve » dans les plaines stériles de la Sérique, ou. 3> les Chinois, empruntant le secours de la 3) voile et des vents, font voler avec rapi- j) dité leurs légers chariots de canne. >3
  • /
  • P L A N C H E XXIII. 45 >1 • --- , -=3 BARQUE DE MANDARIN. Les mandarins obligés par le service pu¬ blic de se transporter dans les différentes parties du royaume, sy rendent dans des barques quiremplacent, à la Chine,nos car- rosses d’Europe. Leurs panneaux et leurs moulures sont or¬ nes de peintures et de vernis singulièrement varies. Pendant la nuit, ou dans un temps de pluie, la partie quoccupe le mandarin est fermée par des volets, et la lumière n’y pénètre quau travers d’un treillis recouvert de lames fort minces, enlevées sur des co- quilles d’huitre. Le plat-bord de ces barques ( comme dans la plupart des vaisseaux chinois ) a assez de largeur pour que les bateliers puissent faire aisément le service , et se rendre de la poupe à la proue sans incommoder les passagers. Le mandarin est represente dans la gra¬ vure, servi par des soldats et des domesti¬ ques qui lui apportent son repas. La double
  • 46 PLANCHE XXIII. ombrelle , ou marque de son autorite, est placée d’une manière evidente pour iinpri- mer le respect. Le pavilion et la table qui décorent la poupe, charges de caracteres chi- nois, dénotent son rang et son emploi. A ces marques de la puissance , les autres vais- seaux doivent se ranger pour lui faire place; en sorte que, malgré le grand nombre de bâtimens naviguant sans cesse dans les ca- naux, la marche de la barque qui trans¬ porte un mandarin , est rarement retardee; et si, par entétement, oumeme par accident, le pilote de quelque vaisseau retardoit ces officiers dans Texercice de leurs fonctions, le mandarin lui feroit appliquer autant de coups de bambou quil jugcroit convenable. 9
  • 4 ATYJT'ld
  • r P L A N G H E XXIV. 47 - PALAIS DE MANDARIN. La maíson d’un mandarin est génerale- ment distinguée par deux mats eleves, places au-devant de la porte. Pendant le jour, des pavilions flottans à leurs sommets , annon- cent la dignité du maitre , et durant la nuit, des lanternes peintes y brillent suspendues. Les Chinois de la premiere classe aiment à vivre retires dans Finterieur de leur fa- mille ; c’est pourquoi leurs habitations sont le plus souvent entourées d’une muraille. Leurs maisons ont rarement plus d'un étage, quoiqu’il y ait à cela quelques rares excep¬ tions ; car , pendant la résidence de l’ambas- sade à Pekin, la maison occupée par le se¬ cretaire en avoit deux. La plupart des chambres, dans une maison chinoise% sont sans lambris; en sorte que les merrains qui supportent le toit, restent à découvert. L’ameublement consiste commu- nément en châssis couverts en soie de dif- férentes couleurs, ornes de sentences de mo-
  • 48 PLANCHE XXIV. rale écrites en caractères d’or, et suspendus de manière à former d’agreables comparti- mens. On voit disposes sur des tables des arbres nains très-curieux, des branches de corail, ou de petits poissons d’or et d’ar¬ gent , le tout place dans de charmans vases de porcelaine.
  • JOURNAL DU VOYAGE D E % $ M. SAMUEL HOLMES, Sergent-major du onzième regiment de dra¬ gon-légers, et l'nn des gardes de lord Macartney dans son ambassade en Chine et en Tatârie; i792 — i793* Imprime? littéralement à Londres en 1798 d’après le Journal même tenu pendant l’expedition • Et traduit de 1’anglais par M. M.-
  • ' a ff ff a XI AM o Ui* «JaT.Uâl *iu(pt> tfCBOKf ,> írtltoH 'Wiltliii I ‘ta ? V M ~,nAi*no oí» K"% -»09;r>e 9b s>jRT>'»t. f*:lnsffl uo isq itlp abtBj) st 9b fiifakptúfeisl ,*nV>s íb ’b inacni^ na «*feMABdfln* oo* fOhO v/hjíibW/ bw»l «agéqat‘< tnúr>àl t* I Mbifrôitwj» l sb toú ** ?i 100 ttwnmbvè' «9 «uoí is ei9|do » *f im^-^WvVoíuj 003 te 9HJ91 aoiu&l Amil «éiqfi tól rll» «iín »* pf-tei / ípíéèuniJ t«fii«Vi ftt *> u*>~ aiiJoiii lnÈ ;utdw^1 ift? v !li**m*n 4{bb -noni: >3 9l]§ UI9< £W 'ilO^ »^í HHtt H-** IlOíltí ^tjí3 f 9i- kún memii i9iy9Í )! 1U0C) l^Víícii b >i»tròb lu^n io 9í)(f l> >4 { ?& ^f/ltVír» 9T$1 < ••! ‘*<5 ‘V n Á el4*d t sJtsfàb KtJB 90 míiaí>3 « «Iwoi i*aaí S nii** *u a tfq^b ttfinaoo tf&q ie rjrééP-*
  • PREFACE D E I/ÉDITEUR ANGLAIS. M ON si EUR Samuel Holmes, promu depuis peu, par son mdrite, au grade de sergent-major du onzième regiment de dragons, iaisoit partie de la garde qui accompagna lord Macartney dans son ambassade en Chine et en Tatârie. II tint un journal exact de tout ce qui se passa sous ses yeux et dans la sphère de ses connoissances. Ce récit simple et sans apprêts porte à chaque page le cachet de l’authenticitd ; sa lecture prouve que tons les objets et tous les dvdnemens ont eté de'crits aussitôt après l’impression reçue,etcon- formément c\ cette impression. Tels sont les titres de recommandation en faveur du Journal d'un Voyage á la Chine, rddigé par un liomme honnête et impartial, mais illettrd; tels sont les modestes auspices sous lesquels il se presente au Public. S’il ajoute peu de chose à la masse des rensei- gnemens déjà recueillis sur les diverses circonstances de I1 expedition, ce peu de chose ne sera peut-être pas totalement dénué d inldret pour le lecteur curieux qui, assure de la vérité par le earactère même de Tdcrivain, pourra donner toute sa confiance aux details relatifs à cette nation si celèbre et si peu connue, depuis si
  • 52 4 Ti B R É F A C E í . \ long-temps Vobjet des plus profondes meditations du politique et du philosophe (i). Pour ne rien laisser à desirer aux personnes qui ont honoré ce petit ouvrage d’une si généreuse protec- t * tion(a), Féditeur y a joint une lettre du sergent-major Holmes, en réponse aux questions qui lui avoient été Elites sur le temps et le lieu oh il avoit rassemble ses materiaux , et sur la manière dont il les avoit coníiés au papierH . . i ,!• -n ^ t »!' i I) Copie d’une leure)\dii Sergent- major Holmes à i M. VY. Young (34 , sur la manière done il a ' r*n<>hflq>yiq si oovb ^n73 5\* écric son Journal. i » t«ímud-*éii a:Ji t , aUAw^wUÍ y u ui o;*ío / Beiks , 7 décembre 1797. i MJ 011 .0 En réponse à la lettre que vous m’avez fait Phonneur J 1 >' í ^ ntijVè vjV», • àVM XÔ\RJV. * O. . . j dem ecrireetque j a 1 recue ce matin, )e vous dira.1 qu au , * • St» «Xu tOunviittil aíioo X • moment de quitter 1 Angleterre je me munis d un petit livre dans le dessein de prendre des notes, et ne songeant nr'( (1) Les deux pnragraphes suivans , que le tradncteur n’a pas jugéà propos de íaire passer en franjais, ne pouvoient intéres- ser que les souscripteurs eux-mêmes. ( frlote du Traductcur. ) ■**A «tnqi b ii*LV/il^fjiqnniiq '» on iroj' -RiífiO 2^1 7i/2 oittimsM (2) Le prix de Ja souscjrjptio/i étoit d’une giiinée, de que les exemplaires de cet ouvrage ayant été tirés à très petit nombre , ils sont maintenant trés-rares et très-chers. ( L-s.) (3) Quoique M. Holmes n’ait pas jugé à propos d’ajouter les* tkres de la personne à laquelle il adresse cette lettre , j’ai lout lieu de croire , d*après la parfaite identité de nom , que e’est le secretaire de Ia Société Airicaine, qui a été dernièrement charge par cette Société de publier la relation du Voyage de
  • DE'I’ÉDITEUR. 53 nullement à m’etendre autant que je l ai fait;maisce livre etoit entièrement rempli lorsque nous arrivames à la Chine. J’achetai alors du papier chinois et je transcrivis les notes que j’avois recueillies jusqu’alors. «T ajoutai à la suite toutes rues observations journalièrcs, et je nai pas dcrit une seule lignc concernant la Chine, après noire depart de Macao. Personne he m’a aidd dans ce travail, à rexception d un de mes camarades, qui me permettoit de lire‘son journal et qui lisoifc aussi le mien. Pour les observations de latitude et de longitude, j’ai consulte le livre de Lock. En arrivant en Angleterre, le cahier se trouva rempli, moins une paitie de la‘ dernièsre fcuiiler^sA *tui Je suis, Monsieur, avec le plus profond respect, Yotre très-humble et très-obeissant serviteur ,81 S. HOLMES, > i i Of n Sergent - major du ne. de dragons• S. *W. Yoqng. Bartonne, M. P. C1.B3 >U •orn riViA M. Hornemann, dans Pintérieur cle PAfriquc sxette interes¬ sante relation a eté traduite en franjais par M. La Beamne; j’ai ajouté k çette traduction des notes géographiques et un Mémoire sur les Oasis, compose principalement d’apres les auteurs arabes ; i yol. in-8°., chez Dentu. ( L - s.) rf mi JlIOOTOlO.inob Ot‘3 £ ITJI •ifjn TH3 jib *>i '&! loildjjq 9Í' $‘5 ediqi. b , suox> I30C tj 7 ^ : P‘ 91JW isq i fcfi’i J
  • 3.VLIHD Wí aOAYOV ~ T SL .aifltlTAT •H a I M 3 J1 5 OTH A HO ítaqbd —* ‘iriobfi?«8rírnefI sb obisg sA 9b noííipoqrnoD^ eef> uoiiButiS — .ki^bio tqmoT — '!bs;$dJi .2 9b si «nab o?*vmA — ebmraorr fer*4&oi 9i)9?> sb èJlítbsT. — .SíébijM á Ihríjiwi 9b sbm — .sfthbnST eb oií — ...aidig fl9 Í9 niv 09 álc -asCI — .sdHyolb eulq z$i eeagsinom tel in« 9I0VI .oi1! wb «uoiivna «dCI — 1 srnD - Bine# ob ao‘jqii9 89b i»q «8?>iidj>H — f ífsV quD wb ?8ÍI—• jiàqbCL— asJaabnodA e A’HoqSfb êÍBgnJ1ò*T keb i9 Wv£Í3e9 sb —> .o^al-abS eb woíJbiUí8~ •i9Ídijj ns noíJqirjesG — .oiÍ9í)í;T.“OiJT í oòvmA — .augiJ £Í -tab ÍU0ÍI19^ííJjbjb JUíiJloqaii' )83 ©b «ab noiiiiVBiqòb ie 9??»9 «q < donaíò^ai f noiiiiei9qwS ^Bfnita 01 ir/? noiícviaedO -—.eíiív 9ij9*> ab eáfiiídfid UBiailmiJusq Íamnífi jhoq ta/b noijqm*9(I— . .oiísíusL-oiH 8b dbijieo1! ~ -ÍJOli 89 í ' SQ^I oicfiiíoíqo? £ 1 ifmfemv Hui -xcobl/I bioí tongu^nooÒB é esòniísob ?,9q , auíiií sb xúoD jui & ^btíUúdaie noz zaub çsiu
  • VOYAGE EN CHINE E T ♦ EN TATÂRIE. CHAPITRE PREMIER. Composition de la garde de I’ambassadeur. — Depart de Spithead. — Temps orageux. — Situation des rochers nomm<5s Las Desertas. — Arrivée dans la rade de Funchal à Madère. — Fertility de cette iie en vin et en gibier. — Pic de Téncrifle. — Note sur les montagnes les plus dlevces. — Des¬ cription de Santa - Cruz ; — Des environs du Pic. — Depart. — lies du Cap Vert, — Habitees par des esclaves et des Portugais d^porl^s , — Abondantes en gibier. —Situation de San-Iago. — Passage de la Ligne. — Arrivee à Rio-Janeiro. — Description de cet important dtablissement des Portugais. — Superstition , insolence , paresse et depravation des habitans de cette ville.-Observation sur le climat. —Description d’un petit animal particulier au pays. — Position de Rio-Janeiro. Le vendredi 14 septembre 1792 ,les iron- « * pes destinées à accompagner lord Macar¬ tney dans son ambassade à la Cour de Pekin,
  • 56 VOYAGE EN CHINE reourent ordre de s'einbaxquer a Spithead; ellos étoient composecs de vingt'homines du corps de l'urlilleric royalc , à bord du Lion, ' vaisseau dc ligue da soixante-quatre canons, commando par sir Erasme Gower; de vingt ‘“homines d'iitf&teric, et de di^'di^Bh-Ye- gers, h bord de XWhitosTan s beau bátiment peufde la Comphgnie des %tb>s,
  • I , ET, E It TAT ARI E. .57 1 fx X riel a t iV I U y nr lames une seepnde fois, et en pen d'heures nous perdimes de vue notre patrie. Nous aper- çúmes plusiours bútimens, dont les uns 'se rendoient, en Anglcterre, et les autres s en éloignoient. Le 3, de grand matin ? nous re- 1c values au sud-jsud-ouest, à ]a distance de quatre lieues , Tile dOuessant ,sur la cote de France. Pendant ce jour, et quelques-uns des suivans , etant par le irayers de la baie 1 nemoDiib rrrmoo 91 cW • de Biscaye , nous eiuncs une mer honleuse ct grand frais de vent. Le 4 , le Lion fit si- b Jmrrt sggGormn ,Ta lOTEfti S7 gnal de forcer de voiles. Le 5, nous dépas- 291 ÍÍIG lOflOl r51 19 5 jfAYg f s uncs un batiinent de la Compagnie des In- fen - r rJJftrfrrr des de Danneipark , à f Orient à nous: et le ID1j**C vl » i won - r X9 lendemain nous parlâmes à un navire da Bristol, destine pour la cote d Afrique. rf Le 7, nous vimes dans l Est un gros vais- jD ulniJCl El DD ’Ui. ill nor. T'IÕI-89'lj jfoy scan et un cutter; le temps étoit couvert et orageux. Le 8,le Lion démáta de son mat de hune de inisaine, pour avoir mis trop do voiles dehors. iNous coiitinuames notre route, ^ j I M fj Y j |T HbTTm#T*\1 1 pf €\ 2 " f í f #^1 ct le laissâmes en arrière, occupé à réparer ce dojnmage. Le ineme jour, vers cinqheures du soir , nous vimes la terre par lavant du navire ; et le g , à la pointc du jour, nous nous trouvâmes fort près des rochers appeles La? Descrias, au sud-est de Madère : noua ai^TEarfg auoff. izTi r rfli rmTfirrTgr nrvianvoi**
  • 58 VOYAGE E N 'CHINE reconnúmes que leur extrémité sud-est est située par 32d 33' latitude nord , et par jgd jjt i longitude ouest, au xnéridien de Greenwich. J Vers midi, nous mortillamcs dans la rade de Funchal; et le soir, nous vimes le Lion se diriger vers File ; mais le vent étant trcs- foible , il ne put Fatteindre que le lendemain matin. II vint dé hóhs , et salua le gouverneur de quirii^ teoups de ca¬ non ; le fort tendit le salut en nombre
  • • E TiE N T
  • V 6o VOYAGE E N 'C HIN E e Le r6' octobre , nous appareiliânies, rece- vant et rendant le salutnomme à notre arrP % \ée ; et rien de remarquablé ne s’offrit à notis jusquau dimanche 2T , ou nous cumes le piai- sir de découvrir le Pie de Tdrteídffe, quoú • •» croit étre la montagne isoléeda pliis élevée qiii soit au monde (i)^Comine ki matinée étoit belle et le ciei serein ? nous vimes tres-dis- tinetement son sonimet au-dessns des images. Vers midi, nous aperçumes lile de TenériíFe / et le soir nous jetíiines Tancre dáns la radé de Santa-Cruz , après tme excellente traver¬ se * qui, depuis notre depart d Angleterrb? navoit dure que trois semaines ,y‘'coinprÍ5 le temps de notre séjour à Madère. Le voya* geur a peu dagrdmens à espérer à TénériHe. Après avoir entendu débiter sur le‘ fameux Pic tant de merveilles, il peut passer, même (i) M. Holmes a raison sons le point de vne de 1’isolemeht; mais le Pic de TéneVifle, suivant M. Borda, n’a que 3710 mètres de hauteur au-dessns dn niveau de la mer, tandis que la montagne de Chim- boraçao au Pdrou, a près du double, ç’est-à-dire, 6274 môtres. Le sommet du Picbincha a 4742 metres de haut, et le Mont-Blanc , dans le département de ce •f,i IJ£ j t . # 1 JJQ . $$ . - \ riom , 4774 metres. Voici done trois monfagnes con- nues, dont deux datífclé riòuveWu monde et itrte dans Fan- eien, qui sont plushautes qtiélePic de ?Fdm?riííe.(L-s.) t
  • ET EN TAT ARIF, Sr> sans lentrevoir , des mois entiers à la ville dc Santa-Cruz. Le somraet vient-il à se dé- gager des images dont il étoit enveloppé , fattcnte du curieux sera encore d^cue; car du point de vue sous loquei il fapercevra / l eflet en sera considérablement affoibli par les montagncs voisines; et le Pic excepté / lceil trouve un bien mediocre plaisir à cofiJ templer la morne physionomie.dune contrée stérile. Cependant 4a ville, dont la blancheur contraste avec le fònd rembruni des hauteurs opposées j oífre un aspect fort agréable. Elle est bátie sur un, plan régulier , et ses edifices sont en general dun assez bon gout. Ses eglises et ses couvens sont en grand nombre , et le* luxe le plus somptueux senible avoir présidé' à leur 4décoi*ation. Mais.lleáíronterie et Tiin- portunité des nieiidians^lloxceewe immodest tie des femmes de la dernière classe-, forment des acçessoires extrémement dégoútans. {I rrf Comine,il pa beaucoup d Anglais.étabKè en ce liou , nous ne íiianquámes nitde société^ f ni de renseignemens. A la verité , nous ne pouvionstrouver cettc double ressourcequam près dc nos compatriotes ; car il n est pas facile de triompher de la reserve dunEspa- gnol, et cette vfotoire est surtout difficile
  • / 62 VOYAGE EN CHINE pour un Anglais , dont la reserve est presque égale. Du fP 8 i , . On a decrit l’interieur de l’ile comme un pays fertile et pittoresque; les environs de la petite ville de Laguza, située au pied du Pic 3 méritent cette reputation. Qufe'lques officiers et plusieurs gentilshommes d’ambassadc firent une excursion au Pic , dont ils essàyèrent de gagner la pointe ; mais ils trou^rent fair si froid , la montee si périlleuse , et des diffi- cultés si multiplies 5 qu its furent obliges de renoncer à leur en(reprises Toutefois, quel- ques-uns d entre eux 5 plus hardis que les au- tres, gravissant les precipices , et sattachant avec leurs pieds et leurs mains aux escarpe- mens des rochers, s’eleverent à environ Un demi-mille du sommet; mais après une se- maine d absence, ils regagnèrent les vais- seaux, très-fatigués et fort mécontens de leur tentative. Le Pic se presente sous la forme dun pain de sucre , et on dit que sa hauteur perpendiculaire est de pins de trois milles. La pierre blanche qui constitue sa partie su- perieure , et qui de loin ressemble à de la neige, a généralement accredits f opinion que son sommet étoit couvert d une neige éter- nelle : cette opinion est une erreur. II y a au i
  • ET E N ; T A T A RI E. 63 pied du Pie plusieurs cavernes souterraines vraiment curieuses, et qui, pendant toute l an- née, fournissent de la glace aux habitans.Les marches leur procurent de la viande fraiche; mais elle nest ni abondante ni de bonne qua- lité. Le poisson y est fort rare ; la volatile très-commune , et à aussi bon marche qu en aucun port d'Angleterre. Lcs lèguines n‘y sont pas abondans, à 1‘exception de la çourge et d une espèce cfoignon qui a une saveur çxtrêmemenl douce. Leurs fruits consistent en raisins , en ligues, en oranges et en mu¬ res , dont ils font une très-riche récolte dans la saison. Le vin se vend de dix pounds quatre shellings à quinze pounds la pipe, et pour ce dernier prix , on peut avoir la meilleure espèce , qu ils appellent London particular. Les chevreaux y sont à vil prix, et on sen procure aisément. Mais le voyageur fera sage- ment de bien garnir sa bourse avânt de quit¬ ter 1'Angleterre , s’il est bien aise de recevoir unbon accueil de la part des Espagnols, ex- trêmement intéressés en ce pays. La latitude de Santa-Cruz est de a8d 27' nord, et sa longitude de i6d 17' ouest, au méridien de Greenwich. Lorsqu on s cloigne de Ténériffe, en cinglant dans 1‘Ouest, le
  • €4 VOYAGE EN CHINE Pic se presente sous diiferens aspects d'unef grande beauté. Son elevation prodigieuse , auparavant perdue pour le spectateur , se découvre entièreinent à lui, et le frappe d é- tonnement. Toute l ile paroit étre une vaste montagne, tcrminee par un scmmet pyra¬ midal. Quelquefois , lorscpie les voiles nc sont enflées que par une brise iégère, on le voit pendant plusieurs jours de suite ; ct des personnes dignes de foi nous assurèrent que, par un temps clair, on peut encore le dis- tinguer à la distance de cent milles. Mais coiimic nous ctions partis avc*c un trcs-grand vent, qui nous laisoit parcourir dix miiles par heure , nous 1 avions tout-à-íait perdu de vue dès le lendemain matin. Nous quittãmes Santa-Crag le 27 octobre, et le vent continua de nous étre favorable jusqua notre arrivée aux iles du Cap Vert, que nous découvrimes ie premier novembre , vers ie soir; le lendemain, vers midi , nous mouiilánies vis-à-vis la ville de Porto-Praya. Lcs iles du Cap Vert sont un groupe de petites iles sur la cóte d Afrique , dont la principale , San - lago, est éloignée du con¬ tinent denviron 5oo milles. Elies sont au nombre de huit ou dix , et fournissent en ge¬ neral
  • ET EN TATARIE. 65 néral de feau excellente et du boeuf pour 1’ap- provisionnement des vaisseaux. Le bétail y est d’une plus petite espèce qu’en Angleterre ; mais pour moins de cinq dollars on peut avoir un bon bceuf gras ; et les fruits, tels que les oranges, les citrons, les noix de cocos, les bananes, les figues-bananes , etc., y croissent dans une telle abondance , que quelques-uns de nos matelots en obtinrent une grande quan- tite en échange d un vieux vetement valant à peine quatre sous. Ces ile3 produisent peu de grains. On y remarque plusieurs belles vallées, qui sont entièrefnent desséchees faute de pluie ; on nous dit que depuis pres de cinq ans il nen étoit pas tombe une seule goutte. Les habitans sont presque tous, ou des es- claves achetés à la cote d Afrique, ou des Por.tugais qu on y deporte pour leurs crimes. Ainsi, les Européens qu’on rencontre en ces lieux sont, en quelque sorte , le rebut des prisons. Rien ciu monde n’est plus misérable que leur genre de vie. Le voisinage de la ligne équinoxiale y entretient une chaleur insupportable; et quoique les produits du sol y soient assez abondans, la propriété en ap- partient exclusivement à un petit nombre d individus, dont Yintérèt est de les mettre I 8
  • 66 VOYAGE EN CHINE en reserve pour les vaisseaux qui sont dans l'habitude d’y renouveler leurs provisions. Les malheureux esclaves vivent de fruits et de poisson, dont la rareté égale la mauvaise qualité. Aussi pauvres que leur nourriture , leurs huttes ne sont que quelques pierres po- sées les unes sur les autres, et couvertes de feuilles de cocotier# De tous les animaux par- ticuliers à ces lies, nous n'eumes occasion de voir qu’une très-petite espèce de singes, fort iolie, de couleur jaune, et moins portée à la ma¬ lice que ne le sont les autres espèces. II y a aussi plusieurs sortes d’oiseaux sauvages. Les offi- ciers et les gentilsbommes d’ambassade des- cendirent à terre pour chasser; ils furent assez heureux dans leur expedition, car ils rap- portèrent à bord plusieurs beaux dindes et plusieurs pintades; un des chasseurs tua memo un aigle d une grande et belle espèce, chauve sur la tête et gris de vieillesse. Les Nègres et les Portugais sont catholiques romains, et très-superstitieux. u;,- í On voit à San - lago une chapelle, décem- ment or mb' et desservie par des religicux Nè¬ gres. II y a un corps-de-garde et un petit nom- bre de soldats Noirs, misérablement armes et plus misérablement vêtus; quelques canons
  • I ET EN TAT ARI E. 67 en batterie; mais do si foibles murailles, qu’un boulet de six livres suffiroit pour les renverser. San - lago est à i5d de latitude nord , et à 35d 40' de longitude ouest. iiC 7 novembre, nous appareillâmes avec un vent du sud-est; le 18, nous passâmes la ligne $ en pratiquant les cérémonies d usage; coutume bizarre, qui consiste à raser et à plonger à la mer ceux qui ne Font jamais pássée. Aux approches de la ligne , nous eú- mes des calmes et de terribles coups de ton- nerre accompagnés déclairs; mais nous la traversâmes avec une belle brise , qui souffla sans interruption jusqu à noire arrivée sur la cote d’Amerique; et pour mettre le comble à notre satisfaction ? les equipages des deux vaisseaux étoient pleins de vigueur et de* santé. II ne s'etoit ericore manifest^ aucun symptorae de scorbut, graces attx soins et à la vigilance infatigable d’officiers habiles et de chirurgierís expérimentés. Notre navigation , depuis l'Equateur ? fut ► extraordinairement agréable. Nous eumes constamment un temps donx et un ciel se¬ rein , semblable à eelui dont on jouit en An- gleterre pendant la plus belle saison de I an-1 née. Le Lion fut souvent oblige de diininuer
  • 68 VOYAGE EN/0 III NE de voiles pour proportiofiner sa marche à la nôtre^ et sans* cette eirconstance , il eut probablement employe mo ins de temps à se rendre au Bresil. Nous n’emaies xcependant pas lieu de nous plaindre; cm', à partir de San - Iago, nous achevâmes en vingt-quatre joursnune traversee qui, exige/ ordinairement six semaines. Le 3o novembre, nous étions à l ancre dans le port de Rio-Janeh'o, vis-à- yis la vide de Saint - Sébastien *ucapitale du v Brésil, dans 1 Amérique méridionale. Le Lion salua le gouverneijafide quinze coups de ca¬ non , qui lui furent rendus sur-le-champ; mais il s'ecoula beaucoup do temps avant qu’au- ,;Gun. dp nous pút^obteniri la permission de > * descendre à terre. L’etablissement de Rio- - Janeiro est le plusi important de ceux qui appartiennent aux Portugais; il produit du •nSucre , du tabac , du coton ;■ on en tire des cuirs, et d excedentes drogues pour la naede- cine ct les manufactures; il fburnit aussii de lor, de fargent et même des diamans, Lor seulqui s’expedie annuellpment pour 1‘Euxope excède, dit-on,la valeur dp qpatre millions Sterlings. Le vie e-roi habite un palais spacieux, mais d’une architecture médiocre; la vide •est très-íòrtifiée à childrens endroits ; le port
  • IffittHB N' TAT AM E. est anssi protégé i par * des ouvragcs de forti¬ fication. Plusieurs i vaiáseaux de guerre y sont en station ,*)iebla force militaire y est dans nn étati respectable. La -Villc est grande et ré- gulière , niais mabbatiei, à Texéeption des dglises et desi monastères ^ qui sont magniíique- ment ornéfc. IIy a un grand nombre de couvens de diflerens ordres /qui tons paroissent envi- ronnés d’uife' haute reputation de sainteté, quoique plusiètrts d-£íitrè eux ne se fassetat ao~ cun scrupule de comniéttro les plus grands crimes. :Hf> est dangereux pour-un étranger de se trorrver au milieu d’eux , à moins -qu-il ne^soit^familiarise avee lours mceurs et fears usages , et quil n'embrasse toutes leurs opi¬ nions. Píongés dans la mollesse et la débau- ‘cheyles habitans sont hypocrites et dissinlu- flés. Point de franchise dans leur conversa¬ tion ; point de probité dans leurs relations eominereiales j superstitieux , ignorans , ri¬ ches , ► paresseux, orgueilleux ct cruels, ils preferent 5 comnieles peuples des climats les plus méridionaux 5 1 ostentation et l éclat ax- térieuratix plaisirsdela société et de la table. Quand ils se j visitant lm uns les autres 5 ou >Iquils sortent hors de leurs maisons, ils out Hrop1 d indolence et de vanité pour se rendre
  • 70 VOYAGE^EN/OH'INE à pied, même à la plus petite distance; mais ils se font porter sur les épaules de leurs nè- gres dans une sorte de litière riehement dé- corée ; ils ne connoissent pas d autre voiture, et n ont que très-peu de chevaux. Lorsquun vaisseau arrive en ce payable capitaine ou fofficier commandant est oblige de subir une espèce d interrogatoirc pde déclarer d ou il vient $ oix il va , etc.; et il n’estpermis à per- sonne de descendre à terre avant d'avoir ob- tenu f automation du vice-roi ^i.qui ne l ac- corde ni sans difficulties ,;ni sans délais. Le voyageur est ensuite conduit au corps-de- garde ou il est traité comme un veritable prisonnier ; ii est forcé de répondre aux ques¬ tions les plus indiscrètes que le commandant du poste juge à propos de lui adresser. Si vous débarquez avec vous quelque objet de la plus mince valeur, on lexamine avec une attention minutieuse , et vous ne pouvez faire un pas sans être accompagné d un officier ou d’un soldat, qui ne vous quitte pas un mo¬ ment ^’jusquà ce quef|vous soyez reinorité à bord. Les femmes sont belles et portées à l amour; mais quoiquellesne paroissentavoir nulle aversion pour les dtrangers , il est dif¬ ficile et même dangereux de rechercher leurs
  • * ETiEN/TATARIE. / 71 faveurs; car elles sont surveillées de très- prcs par la jalousie de fautre sexe, toujours prêt à punir la moindre faute avec la plus extreme rigueur. Cependant il n est pas de désir cju un voyageur ne puisse contenter à Rio-Janeiro , s‘il veut prendre la peine de faire quelques demarches, et surtout s’il ne mancjue pas d argent. > Le pays est très-abondant en fruits de dif- férentes especes. Le climat est chaud et mal- sain, sujet aux tempetes, au tonnerre, aux eclairs , aux pluies , aux vents variables; et sans les brises qui, dans 1‘apres - midi, s’e- lèvent de la mer , la temperature en seroit insupportable. Pendant notre séjour, au xnois de décembre , les chaleurs furent extraordi- naires, et nous ne pouvions nous empêcher de remarquer qu au moment même ou nos amis en Europe cherchoient sans doute tous les moyens de se garantir du froid, nous ne respirions qu’avec peine les vapeurs embrar- sees d une atmosphère étouffante. A la vérité, nous étions alors au commencement de fete de ces eontrées , et les oranges, ainsi que les autres fruits, approchoient de leur matu- rité. Nous n eumes pas occasion de voir un grand nombre d animaux; mais tous ceux
  • <72 'VOYAGEEN^C HI N E que nous aperçúines étoient les memos qne eeux deerits comme appartenans au Pérou efcau Mexique. Nousachetâmes plusieurs pe- tits quadrupèdes remarquables par leur déli- catesse et leur beauté. La taille de ces ani- maux étoit un peu plus grosse que celle du rat; leur couleur ^toiUrouge et lustrée; ils avoient les piedsetla queue conformes comme le singe , mais la tête semblable à celle du lion, et accompagnee d une espèce de soie longue et touffue *iqui venoit leurombragcr la face. Ils devoroiemt Leur nourriture a la manière du singe j mais ils étoient plus tran- quilles y vivant principalement de fruits et de . • lait5fet ne pouvant supporter laxnoindre im¬ pression de froid. - r ’ Le Héros , vaisseau anglais venant des mers da Sud , arriva quekjues jours après nous à Rio-Janeiro ; et comme il se remit en route pour Londres peu de temps avant notre sortie du port , nous expédiâmes par cette occasion de nombreuses dépêches à nos amis en Europe. Un de nos matelots nialade, et qui r frappé de fidce quil ne résisteroit ja¬ mais aux fatigues dun si long voyage, dési- f iroit nous quitter, cn proOta pour retourner dans sa patrie. Nous eíuues içi le désagrément
  • ^ V! ETTDE N ar A T A RIE. 70 *de voir (éciátors quelquesu murmures parmi lessoldats embarquésà bord de YHindoústân> parce que les officiers lour avoient donné quelques ordres extraordinaires pour le ser¬ vice du vaisseau; jusqu’alors ils s étoient par- faitement bien comportes^tVétoient rendus tres-utiles à la manoeuvre. Le colonel Benson, f commandant <'de)détacheinentplqur reprocha vivemcnt ldur íòourduite \ ibleur peiguit avéc énergie les fnnestei conséqqences d'une seih- blable insubordination plenr ifit envisager la i honte personnelle pour eux-memcs, et la de- faveur pour tout le détachement ^ qui s étoit ^Ivolontairement offert ponr aceompagner Kam- ibassade. II ajouta que si quelques-uns d entre eux croyoient avoir des sujets de meconten- ; tement, il leur permettoit de retotirner en Angleterre à bord du Héros. Mais tous re- poussant unanimemcnt 1 idee de regngner leur patrie avec la disgrace de leur chef , promi- rent d exécuter sans murmure tous les ordres qu ils recevroient pour le service du vais- seau. Ces militaires avoient lai faculte dedcs- cendre à terre à chaque lieu de relâche^ils jouissoient de tous les avantages qu ils pou- voiênt raisonnablement souhaiter j et avoient à tous egards beauconp moins lieu de* se
  • 74 VOYAGE EN/CHINE plaindre de leur sort qu’aucun corps de trou¬ pes embarque avant eux. Rio-Janeiro estHsitué par 23* 3or latitude sud, et par 42a i3r longitude ouest, au mé- ridien de Greenwich. I i a 39fti~ £Í) àficyio1'/ —«"'■ Íflj3hl9fc£flÁ b is jlJB'i *r .éiliiJyrti X1IJ&&V 81) *—■ aonj {UioiJ. Íiíiod eant>#—* mjsbioigçriA b oli'J ab Bohns/mCf -“deêibinp^ nòédtoq ol iiffl nb’i »of t / ' * ♦ uYcfuòfí ?^íinnon xijb^Ío 2áb fviifinibioinJxo Jrrorri JH91 ^ /9UtXB0fcM biol f 9'ldai909b Õ1 aJi -obí!9Í ol >9 f ojiua 6Ô 9ÍI/OÍ 03VB biod U Jih iOi 09 vb loin WTHnuinWTrroii ?.uon mhni >J[ .fca-bjjs-tesl b qaL) tdfbu? ub iao / Ijub^ nod iniiffli/oô ç Jô3L I b Jaoiéaejãq *Ja$v ao I , or * tcrto'iixo íflBYBiBquB <. o'ihJb* jqaiot id j> r.iBii ii0ik\’9l t is oJÍ .òIbiobíu lm7qb> obnGilo Jo f ubnfd oniB^inr ob onud ob dâm i\ k Ht$ t sz oJÍ .èhõqnis Joupcmoq ob têm bnm% no* si ob iiioH . (ongBq^o dond iw aoraêl *d snou rfmrdi ob odiado f ainra zioit surqob oíibvbH itiH é JnBbnoT 9e iov»oJN * mom ob f èTbo ob - olBiioibíTÒrn oirpixoni/* i / YJJflid 6 I mill* ÍÍ ol) Jl B(V? f iW t«?OIJO - bf/fc ol ^finb ^f»um iTK|B riLB Hl . H
  • É T ;EN fr$A TARTE. • 7$ J .xiío tnfiVB ènpiBdms nbnííífil KsAnP I T R E II. í -àxn 0B t )E9iro obcrtignol vSi isq te çbu< Depart de Rio-Janeiro. — Baleines. —— lies de Saint- Paul et d’Amsterdam. — Volcans de ces iles. — Lions de mer. — Chasseurs de veaux marins. — Dimension de Vile d’Amsterdam. — Sources bouil- lantes, ou l’on fait cuire le poisson. — Engourdisse- ment extraordinaire des oiseaux nommés Bouby. % Le 16 décembre , lord Macartney se ren- dit à bord avec toute sa suite, et le lende- main nous nous remiines en mer avec un grand vent du sud, le Cap à l’est-sud-est. Le 19 , les vents passçrent à FEst, soufflant bon frais ; et la temperature, auparavant extrême- ment chaude, devint glaciale. Le 21, le Lion eut son mât de hune de misaine fcndu, et son grand mât de perroquet emporté. Le 22 , nous hélâmes un brick espagnol 5 sorti de la Havane depuis trois mois , charge de rhum, de café , de sucre , etc., et se rendant à Rio. de la Plata , dans VAmérique méridionale ; le 23, nous hélâmes une corvette espagnole, venant de Cadix et allant à Lima. Yers le soir, nous apercumes dans le sud-ouest un vaisseau sous pavilion anglais; mais le vent
  • 76 VOYAGE ÉN CHÍ^E étant fort et le telnps còuvert, il nous fut im¬ possible de lui parler. Le jour suivant, brisé piquante delapame'de rÈsf;le ciels’etant cclairci, nous ne vimes plus le Lion. Nous continuames noire Urcmte dans 'la menie di¬ rection, ayant mis dehors toutes les voiles qu’il nous fut possibl^de^jS^ier /e^^peraftt arriver en meme temps que lui a I lie de 1 ris- iu/I 40 nuiionb èrtioníB gétq xísq • tan d Acunlia, ou nous comptions nous rènclre dans fespace d'une semaiite. Nous celebrámos de notre mieux, et le plus joyfeusenient qu il nous fut possible , la sòlennité du 2S ; toutl’e- quipage se livra aux transports d’une douce alégrésse. Vers cinq lieures du soir, nous decouvrimes du taut du mat, et sous le vent, ; J|lil 3 1 0b ji Ju A.* cHi.ii 1 I ■ une voile qui s avancoit vers nous. Nous nous dirmeames aussi vers etle: et commc clle ffT • Pi cU í i * Jf . 7 I repondit sur-le-champ au signal que nous lui times, nous emnes la certitude que eetoit le Liôn. Nous nous trouvions alors’jttirle 55e. de- gré de latitude sud, et le temps etoit extré- moment froid. Plusieurs soldats eurent beau- coup à soulfrir du passage brusque du cllaud au iroid; mais par les soins 3? les predic¬ tions , le mal-aise interne qifilsepròuvoiefit se dissipa bientót sans aucun accident funeste. Lo Zo au sòjr, nous apérçúmcs la terre dans pi fit
  • ET EN T ATARI E. 77 1’est - sud - est, à la distance denviron dix lieues. Le lendemain au jour, les deux vais- seaux se portèrent sur elle. A midi, nous étions à deux lieues de File de Tristan d’A- cunlia . à cinq lieues dune íle inaccessible , qui nous restoit au sud-sud-est, et à six lieues de File du Rossignol, qui nous restoit au sud- quart-sud-ouest. Ces trois pelites íles sont à pcu près à moitié eliemin de Rio-Janeiro au Cap de Bonne-Espérance, par 37d de lati¬ tude sud, I4‘l i5' de longitude ouest. Tris¬ tan d'Acuulia est la plus grande; sa circon- ference est denviron huit milles. Ce nest presque en tout qu’uu roclier sterile, présen- tant de loin la forme d un pain de sucre, et assez semblable au Pic de Te'nerifle, auquel il ne nous parut pas très-inférieur en elevation. II ny a dailleurs ni abri, ni mouillage, ni rien qui puisse determiner les vaisseaux à relâcher dans ces íles desertes. Dans 1 apr^s- midi , le Lion nous fit signal qu’il 4^9^ ^aiis fintention de jeter l ancre. II mit ses elm- loupes à la mer pour chercher un endroit con- venable. Vers lc soir, il s eleva un vent tres- fort, qui nous menaçoit d une nuit orageuse; et nous jugeâmes qu il étoit prudent de tenir le large jusqu’au lendoinain matin. Ce que
  • 78 VOYAGE EN CHINE nous iavions prévu airiva. Le premiere jan- vier 1793, dès qu’ii fiit jourlfnous vimes à< une grande distance^ sous ie "frent de 1’ile ? le Lion qui, pendant la nuit y avoit été entraíné en dérive; nous nous approchâmes de lui ; et pensant bien qu’une seeonde tentative de/ mouiller pouvoit être dangereuse , nous nous; laissâmes alter > à une fórte brise , qui nous j faisoit filer dix itiilles par heure. Dans le ivoi- 4 sinage de ces lies, nous aperçúmes un grande nombre de très-grosses baleines et quelques : tortues de mer. II ne se^ passa rien de re^>* marquable jusqu au 79*011 yà la hauteur du Cap de Bonne-Espérance, nous'fmnes assailli a par un coup de vent4 qui souffla pendant six lieures avec une violence extraordinaire, puis q se calma tout à coup. Nous trouvámes sous t ces latitudes des vents très-variables qui,p dans 1’espace de vingt - quatre* heures , pas- 4 soienbpar tous les points du compas, le temps o presque constamment* convert Parole^9»;q degré de latitudei sud^ etndepuis le jqVjus-q qu au 90e. de longitude Est 4 nous éprouvâ^ 1 mes de frequentes rafales , et soiiveut nous£J perdimes de vUe le Lion pendailt plusieurs/* jours de suite ^mais nous fumes toujours assez v heureux pour le rejoindre.'Pendant le reste ft 1
  • ET EN TATAR IE. - 79 du mois , nous neúmes que de légers airs de vent, et des calmes de plusieurs jours. i Le premien février , dès le grand matin , le vent sétant élevé , nous aperçúmes droit devant nous 1‘ile de Saint-Paul, à la distance de six ou sept lieues. Dans l’après-midi, nous mouiilâmes par quarante - cinq brasses au nord-estde cette ile. En nous approcliant de l plus près, nous vimes en plusieurs endroits 1 de la haute iterre s élever des tourbillons de fumée y que nous regardâmes d abord comme les signaux! de quelques malheureux nau--* fragés; mais lorsque nous fumes dcbarqués^n nous nous convainquimes quils étoient ré o 1-0 lexnent produits par des volcans. Pendant leq jour, nous ne distinguions que de la fumée; d la nuit nous permit d apercevoir les flammes qui s élançoient à une hauteur prodigieuse en > plus de vingt places différentes ; et ceux qui ont visité 1'intérieur de file, la disent rem- plie de foyers volcaniques. Le Héros étoit le premier vaisseau'ianglais qui eut relâché à file d’Amsterdam f située par 38a 43' de latitude sad , et 78a l3' de longitude Est. Nous trouvâmes, en abordant, le rivage cou- q vert d une si grande multitude de veaux ma- 1; rins, que nous fumes obligés de les disperser d
  • 8o -I VOYAGE EN CHINE I avant de descendre de nos canots. L ile abonde aussi en lions de mer , d une enorme grandeur et dune apparence redoutabie ; plusieurs d entre eux out vingt pieds de long et pres- que autant de circonférence. Ces auimaux sont d un blanc sale ou de couleur de pierre. Ils ne font aucun mal; ils sont si lourds et si stupides , quils ne font pas le moindre mouvement lorsqu on s approche d eux , à moins quon ne les attaque; et dans ce cas, ils íiiient à reculons vers la mer, ouvrant leur gueule et agitant leur tête , mais sans faire aucun bruit. Ils sont très-difficiles à i * »') f u tuer; car quoiquun d entre eux eút reçu à Ia tête, à la gorge et dans le corps plusieurs bailes de mousquet, quoique son sang coulât par torrens, il trouva le moyen de se sau- ver à la mer. Ils ressemblent beaucoup pour la forme au veau marin, et sont de même pourvus de quatre pieds ou nageoires, dont les deux de derrière se dressent quelquefois de manière àprendre l'apparence d'une queue. Dans cette ile, vraiment miserable et peu connue en Europe , nous trouvâmes cinq bommes, Français et Américains, qu'un vais- seau de France y avoit laissés huit mois au- paravant , poúr se procurer des peaux de \ veaux
  • ET EN TATARIE. 8r“ a - f _ 1_ ^ ^ i k A ^ veaux marins; quoiqúils en tuassent cent cinquante par jòur , léur nombre ne parois- soit pas diminuer. Ils en auroient aisément tué trois fois davantage , sils ayoient eu des raoyens de conserver leurs peaux. Cette con- tre'e ne leur fournissant que du poisson , ils eprouvoient beaucoup de besoins et sou£- froient de grandes privations. Cependant il devoit se'coider encore douze mois’avant que le vaisseau vint les chercher. Pour vingt dollars ou leur valeúr en provisions , soit de rhum 3 soit de tabac , ils nous offrirent mille peaux choisies. Des raisons de prudence fi- rent rejeter cette offre avantageuse; mais le capitaine Gower leur donna , gratuiteraent 5 plusieurs objets dont ils manquoient (i). L’ile a environ sept milles de tour ; hérissée de montagnes 5 elle ne presente ni arbres y ni (i) Notre voyageur veut ici parler dun Français nomme Perron, qui s’occupoit, avecquatre autres per-, sonnes, à rassembler 25,ooo peaux de veaux marins pour ta cargaison dun vaisseau qui devoít venir les chercher douze mois après , et les conduire à la Chine; Pojez de plus grands details sur cet intéressant Epi¬ sode, dans la Relation de l’ambassade, par Staunton , tom. I, pag. 457 et suiv. de la 5*. edit, française. M. Charpentier Cossigny nous apprend dans ses excel-, lentcs observations snrTambassade anglaise, pag. 189 9 J
  • I 82 VOYAGE EN CHINE . J buissons, et Ton n’y découvre pas la plus le- gère trace d’aucune production végétale ou animale. Sur la cote occidentale est un bas- sin si bien ferine et téllement abrité du vent par les collines qui l’entourent, que sa sur¬ face est unie comme ceile d un ctang, quoi- que sa profondeur au centre soit de trente brasses. On y trouve diverses espèces de pois- sons d un gout delicieux; nous en primes 1 quelques - uns et nous les fimes cuire dans une source chaude si voisine > du bord du I bassin , qu on pourroit en meme temps avoir un pied plongé dans? beau froide et 1’autre dans l eau bouillante. Plusieur* de nos gens mangèrent du poisson ainsi apprêté. J ignore quel dcgré de confiance cette assertion ob- tiendra en Europe; mais c'est un fait incon- testable (i)J ob la- hm siruoq r * oi> ! i ly a encore à file d’Amsterdam diiferentes I curiosités naturelles que nous lieumes pas le ] de son Vojcigc à Canton, que le vaisseau qui devoit venir cliercner Pèrron et ses compagnons fut pris par le Lion, dans les triers de Chine. Quel peut etre main- tenant lc sort de ces infortunes ? (L-s. ) (1) Ce fait est aussi consign^ dans la Relation de l’ambassade, par sir Georges Staunton , tom. I, p. 463 et 464 de la 3e. edit, française. ( L-s.)
  • 83 ET EN TAT AR IE. temps (Texaminer, parce que nous remi-mes à la voile le 2 février , vers le soir, avec une forte brise deí la partie de 1’ouest. Le 18, nous nous trouvions par les 26^ oof la¬ titude sud , et par les io3d longitude Est. D‘a- près notre calcui, la pointe la plus occiden- tale de la Nouvelle-Hollande ne devoit pas alors etre cloignée de nous de plus de deux cents milles*tfon : xnoioilàb iuog mj b "> Les vents alizés qui soufflent constamment de 1'Est entre les parallèies de 3od au •* nord et au sud ide lequateuí ynous obligeoient de faire route au sud-esfe Mais ce jour ínéme nous parlâmes au Lioivy et nous convinmes de repórter notre. marche iodroít au*nord, persuades que nous avions dépassé une chaíne de ressifs appelés Trial Roks, située par le travers de la pointe sud-ouest de la Nouvelle- Hollande. Ges écueils sont extrêmement dan- gereux, car ils sont fort loin de toute terre; leur étendue en longueur est de plusieursmilles, et leiíl* position na pas été jusqu’ici bien exac- tement assignee. Ilsfurent découverts en 1760 par un bâtiment de la Compagnie des Ilides de Suède. Les vents que nous avions alors étoient moderc's, mais constans ; et à mesure que
  • 84 VOYAGE EN CHINE nous avancions vers la Ligne, la temperature devenoit brúlante. Le Lion se tint pendant plusieurs jours au large de nous, dans l’es- pérance qu'il rencontreroit quelque bâtiment de la Compagnie retournant en Angleterre. Le 22 et le 20, il nous fit divers signaux; mais nous étions si éloignes de lui, qu’il nous fut impossible de les reconnoitre; nous con- tinuámes done notre route. Le 24, nous vimes un grand nombre d’oiseaux du Tropique et de boobies ou fous, px*euve que nous appro- chions de terre. Ces oiseaux sont si stupides et si engourdis, que lorsqu’ils s’abattent sur le vaisseau ( ce qui arrive souvent) , ils s’en- dormentl’instant daprès, et les inatelots sen saisissent sans avoir besoin d employer au- cune ruse. Un de ceux que nous attrapâmes, tenoit dans son bee un poisson volant. /
  • ET EN TATARIE. 85 * CHAPITRE III. Entree dans le détroit de ta Sonde. — Sopulture d’un ambassadeur anglais , mort en allant à la Chine.- Arrivee à Sumatra. — Etablissemcns des Anglais dans cette íle. — Portrait deshabitans des côtes. —• Singes, — Tigres, - Crocodiles.^?— Groupc d’iles nommées les Dix-Milles. — Siluatiou et des¬ cription de Batavia. — Industrie des Chipois. — Abondance et fertilité de File. — Atrocite des ha- bitans. — Provisions abondatites tírées de Bantam. — Etablissement des Hollandais à File de Banca. — Description des Pró. — Les vaisseaux javanais sont très-favorables à la piraterio. JJI! k 1’ VI y cr f ^ í 11 ) \/ H • r I 1 br »l«. X L E 25, à fentrée de la nuit, nous entre- J furut'.reo ep nu ■' om vimes la pointe de Java 3 à la distance de dix lieues. Le 26 , nous entrâmes dans le dé- « . * troit de la Sonde. Vers midi, nous vimes , sous pavilion anglais , un vaisseau qui íai- soit route pour en sortir ? et, à notre grande satisfaction ? nous reconnumes le Comte de JVycombe, capitaine Wood , bâtiment de la Compagnie, charge pour rAnglelerre.il nous informa que nous étions attcndus depuis long- temps; que lui-même étoit porteur de dépe- ches de la Chine pour lord Macartney; qu'il ✓
  • 86 VOYAGE EN CHINE avoit séjourné quinze jours k Batavia , oil il avoit ordre d’attendre notre arrivée ; mais que Finsalubrite du lieu et diverses autres circonstances avoient determine le capitaine W ood à confier les dépêches au gouverneur hollandais ? et k se rendre en Europe en toute diligence. II avoit encore laissé des lettres pour nous à la pointe d’Anguera et k File du Nord. Ainsi, nous eimies Ie plaisir d’apprendre que les dcpéches adressécs k l'ambassadeur étoient dc la nature la plus satisfaisante , relativement k la reception que nous réservoit Fempereur; et Fon nous fit entendre que Faccueil seroit aussi ílatíeur que Fambassade étoit extraor¬ dinaire. Après les compliinens d’usage , nous laissâmes le Comte de JVicombe poursuivre sa route , et le soir 5 nous vinmes jeter Fancre à la pointe d’Anguera. Entre ce mouillage et File de Cocotore, sur la cote de Sumatra, xnourut lord Cathcart, seul ambassadeur que FAngleterre eut jusqu’alors tente d envoyer en Chine; ce ministre expira peu de jours avant que son vaisseau entrát dans le detroit de la Sonde. II fut enterre à la pointe d Anguera, ou on lui eleva d abordun monument provisoire. Mais quelqucs années apres, la Compagnie des Indcs y envoya un très-beau monument en
  • ET EN TATARIE. 87 marbre , qui fut erige sur le lieu de sa se¬ pulture , et qui rappeioit son age , ses titres, la mission qu il alloit remplir; mission dont fobjet fut manque entièrement, parce que personne n avoit caractèrepour le remplacer en cas de mort. Le 27, nous levâmes Tancre de grand ma¬ tin , et nous eúmes de légers airs d un vent variable , entrecoupes de calmes. Vers midi, nous parlâmes à un gros bâtiment de la Com- pagnie des Indes Hollandaise, retournant en Europe ; et le soir, nous rencontrames un trois-mâts américain et un brick de la mêine nation, destines tous deux pour Ostende; le chargement du trois-mâts consistoit en su¬ cre de Canton, et le brick alloit sur son lest; propriétaire des deux bátimcns , le capitaine étoit dans fintention de se défaire du dernier avant son arrivée en Europe. II s étoit em¬ barque sur ce navire à Boston, dans les Etats- Unis, et sen étoit servi pour faire, de la Chine à la cote sud-ouest de l Amérique, plusieurs voyages très-lucratifs, dans lesquels il avoit gagné une immense fortune, par le commerce des fourrures. II avoit acheté le trois-mâts en Asie, et Yavoit chargé de su¬ cre pour retourner en Europe.
  • 88 VOYAGE EN CHINE Le capitaine Mackintosh eut quelque envie de fairc 1‘acquisition du brick pour rempla- cer le Jackally que nous nespérions guère revoir; mais corame les deux parties intéres- se'es ne parvinrent pas à saccorder sur les conditions du marche , on se separa de part et d autre. Le soir 5 nous arrivâmes à la hau¬ teur de 1 ile de Coco tore 5 ou nous jetâmes 1 ancre ; le lendemain , nous mouillames par cinquante brasses entre Tile du Nord et Su¬ matra ; c'est la le lieu oil nos hâtimens qui , $e rendent à la Chine ont coutume de renou- veler leurs provisions d’eau et de bois. Un pro javanais vint nous apporter des tortues 5 des fruits 5 de la volaille 5 des oiseaux et des singes. Après avoir, pendant si long- temps , vécu d’alimens sales 5 la tortue nous procura un repas extrêmement agréable. Le lendemain, le Lion reparut à notre vue , et vint mouiller auprès de nous dans l apres- midi. II n’avoit rencontre ni le vaisseau de la Compagnie des Indes, le Comte de JVi- combe ni aucun des aulres vaisseaux aux- quels nous avions parle , et il avoit été en danger d aller se perdre sous le vent de la % pointe de Java. L ile de Sumatra a, au nord, la presqu ile
  • ET EN TATARIE. 89 de Malacca, à lEst, Tile de Borneo, au sud- est, celle de Java, dont elle est séparée par le détroit de la Sonde. On sait que la longueur de ce détroit est denviron mille milles, sa largeur d’environ cent, et qu'il est partagé par 1’équateur en deux parties, dont Tune sétend à cinq degrés nord-ouest, et 1’autre à cinq degrés sud-est de ce cercle. La Compagnie des Indes dAngleterre pos- sède dcux établissemens voisins du détroit de Malacca, Bencoulen et lefort Malborough. Les contrées intérieures de 1’ile sont gouvernées par des princes paiens, ennemis nés des Eu- ropéens, et souvent en guerre les uns avec les autres; on nous les représente comme des can- nibales. Ils vivent dans de petits villages forti- fiés avec des planches de cíimphrier et des pieux aiguisés en pointe,enfoncés dans la terre, et reconverts de longs herbages et de gazon. Les habitans des bords de la mer prennent le nom de Malais. Ils ont le teint olive foncé , la taille moyenne et généraiement courte; les cheveux et les sourcilsnoirs; les yeux et le nez petit; la bouche grande ; pen d’enire eux ont de la barbe; ils paroissent polis, graves , sans malice et disposés à obliger. Quelques-uns se rendirent auprcs de nous; mais ils furent très-
  • 90 VOYAGE EN CHINE reserves à notre égard, incertains s?ils devoient nous regarder comine des amis ou comme des ennemis. Ils nous offrirent des noix de coco , des bananes , des poulets , des buffles, des tortues et des nattes; ils demandoient en échange de vieilles chemises, des mouchoirs , des couteaux, etc. Lorsqu’ils vous saluent, ils disent taba tuani; c’est-à-dire, bonjour à vous. Leurs huttes , dont toute la charpente consiste en quatre batons fiches en terre , sont recouvertes à la partie supérieure de feuilles de cocotier , mais les côtés en de- meurent ou verts ; au milieu s élève une es- pèce de bane , sur lequel ils etendent des feuilles et des nattes pour se coucher; ils n ont pas besoin de chaises , car ils s’accroupisscnt sur leurs talons , comme des singes. Ils vont presque nus , n ayant pour tout vêtement qu’une simple étoffe de coton brune , tache- tee de bleu , attachée autour de leur corps par un mouchoir, oil ils portent une espèce de poignard semblable à un grand couteau de cuisine, et dont lapointe est ordinairement empoisonnée. Ils mâchent continuellement du betei, ou quelque substance analogue , qui, en rendant leurs dents noires, rend aussi leurs lèvres et leur bouche rouges comme « «
  • ET EN TATARIE. 91 du feu. Autour de leurs longs cheveux noirs, ils adaptent une sorte de mouchoir rayé, dun tissu très-clair, quils arrangent de ma- nière à laisser entièrement à découvert le sommet de la téte. On nous les avoit peints comme des hommes traitres et trompeurs, parmi lesquels il étoit dangereux de demeu- rer sans armes. Je crois quen effet peu de mois auparavant, ils avoient massacré 1 equi¬ page d une chaloupe appartenante à un bâ- tiinent de la Compagnie des Indes. Dans le príncipe , nous négligions rarement les pre¬ cautions nécessaires à notre sureté person- nelle; mais ils nous parurent si bonnes gens, ils montrèrent tant d’empressement à nous plaire, qu insensiblement notre méfiance et nos craintes sévanouirent. La plupart des soldats , qui avoient permission de descendre à terre, alloient sans armes , sécartoient, se dispersoient au milieu d eux, dans la plus par- faitç sécurité. Quelques-uns seulement por- toient un bâton de bambou , qu ils avoient cueilli plutôt comme objet de curiosité que comme rnoyen de defense. Ils trouvèrcnt im jour un village k une petite distance dans les bois; les habitans se rassemblèrent autour d'eux , avec de grandes demonstrations de
  • 92 VOYAGE EN CHINE surprise , et vraisemblablement dans l’incer- titude de savoir si c’dtoient des creatures terrestres ou des êtres surnaturels qui appa- roissoient si soudainement dans leur retraite. IIs les suivirent jusqu’au rivage, en continuant de manifester leur étonnement, et sans faire à nos gens le moindre mal, quoiqu’ils eussent la facilité d’en tuer plusieurs; car nos gens étoient si avides de voir et de se procurer les moindres objets de curiosité, qu’ils etoient le plus souvent détachés par petits groupes. Nous achetâmes chez ces insulaires beaucoup de beaux oiseaux; mais comme ces oiseaux etoient en même temps très-délicats, la plupart d entre eux moururent aussitôt qu its furent transportes à bord. On trouve en ce lieu un grand nombre de singes; ce sont bien les plus vilains animaux que j’aie jamais vus.Leur gros- seur est à peu près celle d'un chat; leur cou- leur est gris-clair; ils ont le sommet de la tête surmonté d une houppe, et le poil de dessous le ventre tirant sur le blanc ; leur museau est étroit, leurs ongles longs , et ils ont de la barbe. Ils s’embrassent et se saluent les uns les autres en iaisant mille contorsions et mille grimaces; s il ne se trouve pas à leur portée quelque ami de leur propre espèce, ils
  • ET EN TATARIE. 93 joueront avec les chiens. Lorsqu’on les éloi- gne de leurs semblables , ils sont très-tristes dans les premiers moinens de la separation; les regarde-t-on de travers, ils s’irritent et témoignent leur colère en faisant craquer leurs dents. Ils sont d’ailleurs, comine tous les sin¬ ges , mal propres, moqueurs et lubriques. Si vous leur laissez la liberte, ils en abusent pour nuire. Se jeter snr tout ce qu ils rencontrent, dérober le repas de leur maitre , donner la chasse aux poulets, étrangler les oiseaux, porter parlout le dégât et le dommage, tels sont les jeux de ces animaux. La contrée est fort élevée dans la partie oil nous étions , excepté vers la mer; les fo- rêts y sont d’une telle épaisseur, qu il étoit extrêmement difficile d’y pénétrer; la crainte de ne plus pouvoir nous retrouver, nous dé- terminoit à rester près les uns des autres. Les cris des oiseaux, les sifflemens des lé- zards et divers autres bruits confus ne nous auroíent pas permis de nous faire entendre , même en appelant à très-haute voix. II exis- toit pour nous une autre espèce de danger que nous redoutions encore plus, c’etoit la rencontre des bêtes féroces, et particulière- ment des tigres, dont on dit ces forêts in-
  • 94 VO YAGE' EN CHINE festées. Les terrains bas et marécageux situes près du rivage sont peuplés de differentes sortes de reptiles; on y voit des miiliers de crocodiles, du genre appelé alligator, dont plusieurs nous parurent avoir de dix à douze pieds de long. La plus grande espèce de re quin qui soit au monde se trouve dans cc détroit; il y en a de trois sortes et de trois couleurs diffé- rentes; le noir est un des plus gros et des plus voraces. Le 4 mars,nous avions complete notre pro¬ vision d'eau; et comine nous étions très-em- * presses de nous rendre à Batavia, nous appa- reillámes à midi, aprcs avoir laissé les noms de nos vaisseaux et les autres instructions né- cessaires , tant à l’aiguade qu a l’ile du Nord. Nous avertissions les bâtimens de la Compa* gnie, qui devoient arriver de Canton , et qui, charges pour l'Angleterre , auroient pu en notre absence aborder sur ces rivages , d'at- tendre notre retour, dont l'époque étoit fixée au plus tard à une quinzaine. Notre inten¬ tion étoit de nous servir de ces bâtimens pour expédier des dépêches en Europe. Un trois-máts américain , appelé le Colom- bus , un brick et une goèlette jetoient l’ancre
  • ET EN TATARIE. 95 dans le détroit à Finstant méme oil nous en sortions ; ils venoient de Canton , et ils nous informèrent que le Sullivan devoit, le io du courant, metíre à la voile pour Londres. Immédiatement avant la nuit, nous nous trouvâmes au milieu d un groupe d iles basses et couvertes de bois, appelees les Dix-Mille- lles ; et certes,elles méritent bien ce nom, car elles sont presque innombrables, et sé* tendent sur tout Fespace de mer que Foeil peut en tout sens embrasser. Quoique favo- risés par un bon vent ? nous fumes obliges de mouiller et dattendre le jour pour tra¬ verser sans accident cet archipel; nous le- vâmes l ancre le lendemain de grand matin. A midi, nous étions par le travers d’En- roost, k Fentrée du hâvre de Batavia , oil nous vimes relâcher une jonque -chinoise. II est impossible d‘exprimer les sensations de plaisir qu éprouvèrent les deux Chinois em¬ barques à notre bord , lorsqu ils aperourent un bátiment de leur patrie; leurs transports n’ont rien de surprenant, quand on considere qu ils étoient absens depuis environ quinze années. A notre arrivée , la jonque se trouva près de nous; et il faut avouer que, relati- vement à la singularité de sa forme, de sa
  • 96 VOYAGE E N C HINE voilure , etc., la rapidité de sa marche avoit de quoi exciter notre etonnement. Nous en- trâmes à Batavia Vers cinq heures après midi, et nous fumes salue's par plusieurs vaisseaux anglais qui étoient dans le port. On y comp- toit environ cinquaute bâtimens hollandais, dont quelques-uns très-grands; plusieurs na- vires francais, et cinq ou six vaisseaux raar- cbands de la Coinpagnie des Indes d’Angle- terre; il y avoit en outre dix ou douze jon- ques chinoises et une quantité innombrable de barques. Le lendemain de notre arrivée, le Lion , dès le matin, salua le gouverneur de treize coups de canon, qui furent aussitôt rendus par le fort. Le gouverneur, ayant ap- pris qu une indisposition survenue à lord Ma¬ cartney ne lui permettoit pas de se rendre à terre, voulut bien le dispenser du cere¬ monial accoutumé, et vint lui-même à bord du Lion presser 1 ambassadeur de se rendre à Batavia; il reçut en passant le salut de toule la ílotte , cl le reçut encore en repassant. Le lendemain étant l’anniversaire de la nais- sance du Prince d Orange, les batteries de la ville et eelles des vaisseaux tirèrent la salve royale. Vers midi, lord Macartney, accom- pagné de toute sa suite, se rendit à terre, , OU
  • ET EN TATARIE. 97 ou il fut accueilli avec toutes sortes de mar¬ ques de distinctions. La ville de Batavia est située par6d 10' latitude sudet io5d longitude Est, au nord-ouest de Tile de Java et à Ten- • tree de la rivière de Jacatra ; elle est pourvue d un des plus beaux ports qui soient au monde. Entourée de fortifications régulières, la ville proprement dite a près de deux lieues de cir- conférence ; les faubourgs sont dix fois plus étendus; les habitans sont de tous les pays; mais les Chinois y dominent; on dit que le nombre de ces derniers s’élève à plus de cent mille. Les commerçans et les manufacturiers appartiennent tous à la nation Chinoise, plus capable que les Européens de supporter la ckaleur du climat. Leur activité et leur in¬ dustrie ne contribuent pas peu à enrichir cette place. Le vice-roi Hollandais des Indes Orien¬ tals y fait sa résidence; il ne se montre ja¬ mais en public, sans être escorté de sa garde, de ses officiers, et d’un cortége qui surpasse en magnificence çelui de tous les souverains de 1'Europe. La ville nest pas moins belle que forte; - ses superbes canaux, ses ponts, ses avenues en font un très-agréable séjour; les rues sont larges et bien pavées; les maisons vastes, élé- 10
  • 98 VQYAQEAE N-i GIIINE gamment meublées et priucipaiement bâties en briques. La oitadelle , ouíest k palais du viee-roi, commqnde la ville et les faubourgs; il y a enyoutre beaucoup dédifices pul>lics et particuliers ,i qui l’emportent eu grandeur sur tout ce que jai vuen qe genre ; en un raot, Batavia est généralement regaxdée conune la plus belle citó de 1’Asie ,,xnais en même temps comum la pl.usjmalsaine.Lfne garnison liollan- daise de trois mille hommes y séjourne eon- stamment.pquinae mille hommosfle troupes sont casernes dans 1'intérieur de file et dans le voisinage de la ville. Les soldats qui com- posent la garnison sont exposes à la mor tali té la plus destructive; on nous assura, d'aprcs des ,tén»oignages incontestables $ que dans l’es- pace de seize ans, soixante-dix-huit mille six cents homines avoient péri; et sur les trente hommes destines à servir de garde d’bonneur an lord Macartney pendant quil seroit à terre, sept moururent dans l’espace de quatre jours. Les opinions sont partagées sur les causes de ce terrible íléau ; mais on fattribue principa- lement à l’usage immodéré du rack ou eau- de-vie de riz, lorsque cette liqueur est nou- velle i les nowveaux arrives, surtout les soldats st lesqnatqlots ,yspnt fort enclins à cet excès.
  • a mm e m i a ta&i ej 99 D'ailleurs t le terrain oh =$e trouve située la yille^ est bas et maréòagettx, et la chaleur y est excessive, quoiqtte tèmpérée par une- brise de mer asseztlfraiche , qui règne depuis dix heures du matin jusqua quatre. II peut y avoir aussi d’autres causes physiques encore incon* nueSi Mais je suis persuade qu’un hommesôí bre,pourpeu qu’il soit accoutumé an climat, polit y vivre aussi bien portant que dans tent autre paysj =2 \ aouniod ollim sioii sb azicb jLe sol produit du riz, différentes* espèees degrains i, du poivre de la canelle du cam~ phre, etc/Otttre une grande variate de fruits d’un goút exquis qui crôissént en ab on dance, l ananas y vient plus beau qu’eti^aticun lieu du monde, et avec une étonnante profiisid&q pour un dollar , vous en avez pros d un cent. Le sucre, le cafe , le the, les confitures, etc., If sont aussi à très-bon marche^ douze pieces de volatile n'y content qu umdollar. La plu- part*des denrées s'y payent un prix raison- nable; mais le vin et la bière y sont exessi- vement chers. Les boeufs et les buffles -sont dune qualité médiocre, de taille basse, etont une1 bosse entre les épaules. Le pôrc-y est très-bon, quoique petit. Les chevi es y sont abondantes ; mais nous n’y vimes pas de
  • ioo V Q YjAOE Ç Nr^ § Bjl ^ E moutons. Les uature^^gent peu de viande; leurs principaux alwej^ Je mats. -G'est.àl%d* figg et d^esjilesjenvçpn- nantcs qu’on trouve les oiseaux du plus riche plumage;piaisilssont si déjicatset sifipíbles, qu ils ,le.f mpindre froid jv’pnt pas reçp,^ part^up chant harmonia^ dplu^ur?, jfa- qulté d articul^ soas è itadoi'i, rioilqpt dc Suma|^.^t des oontr^ ii^existe entíp ^ip conformation usages. La pl*j£ /graude-p^Rt r d1?) AíM, d#{ $gva est sou* Ja álftfôiptdipn ^qs J^kud^js rcependant ces fj@tft.ilaires sont aussi gouvernes par plusieurs ipjjfopeftdq ^Wip^tion, qm^j^en àesé^ardfe, scvní, pux - mêmes sujets des Hollandais. Ep -^eraaut la-.baie pour nqqs^dre J tóata- -yiitíilious .espérjçns qyqprf)l^ops|t^ du rjji de Bantam ; m§i$ttÇftre attentq ^j^fr^mjjép.Çe souveraifteí qui.qst lejp^^ssmjt deffle, avbit^eKpBÍni^r,pqnfif^fd dçair ^p^voir' rain- bassade angl^ft vraiseiq^^b^meqt^ d^|s l’espoir dumriche present.,ki7 mars^ppus ■ appafeeillâmes de grand mafo J ct veçs midi,
  • \ 3 ÊÉí í àê.v m nous arrivâni^1 Eiitoòáff,1 bft #-!tròttfftà- w^mWt Mm &wk*mmtei neuf milles%e8fef$^íÍP; *bf&k í& cpíè flêsí^tí^ seaíÃ^yiSnnené se radou&êVPIÍe^.Ê&h touèba danVíes enVironÍJ;^iÀ^Íá1 %iélifôt íi 9*10X110/11 9* sanç avarie. J\ou£ Inôuítlámés le òb^dSosf^ i UO 1 T, , b _áíe'cíe Batavfai Sir Erasme Gbwer êt: te^á4- pit ame1 ^Èckin t osS-^s’^WiiMi1 &beWe¥fés 'ávee Te°propri e t air efí<íu^t^Pí j/à?£^3ten& *í ?tí- teption d’acheter ce naviryflfe^Biiditófcns áíi iiíarcííe^ayaâ^ éti agréíès^âStí#faif^iies signal de vinttteQtt} d* sons ^AVÍSm %io^ C ctoit un ^res^Sefjfu bailment \ quí jiái^òtfssoit deyôir nous étre7fl*òne grande util»fttp&kf rrçfvigtkir dans les mers de Cliind^did'ie nOtfítíi» -le Clarence ; le c on (r o -m a í tr'(^ ffrídten commander l cffuipage ^’éithiiWáAffen tfôíâae liommes tires de 1’équipage dn hloWdLéná&, noijs travaillâmes ;i te mettre eft état d’appa- ffiílíér; et le lendemain^^imt leVé Fannie Jde.'lxis-1bon^é heiíá4í®' noils traversâSnè»E{in groupe de jolies pbift&s'ltetfy háfeíPéottf-en grande partic par les Ffollatidais et lersí Malais. Dans I’après-midi, nous parMtnes à im navi-re i^stenefe, appelé Y^cmtlèy-^&V&tpÁs ' .s] et ífc'hàrgé'‘ipoiÉrs4áfftiVÉiijai4-:qpçus !Là, /
  • 102 váílèl^N 'éfaMe ioBvsa arfoBÍat abnoaoa siieo io ío^bI-iibS proóura peu de renseignemens relativement ti ayp 3srooxj8 Tjj9lii9frr rm, inl anoch ,3 aisa a I Europe ; mais d nous nt grana plaisir en 9X> CFBvJ 01 lIIQCtiQilfO'I llfil iíQVfi If . IMIOIÍI jiou!s donnarit1 assurance que pen de jours DI/3 31 3ÍXBD baÍBjinBy SHUTT ; anfíBT^irP.Ãvmrtntf» avant son arrivee a San - lago, te JacKarl eâ1 éioit^ paí*?iV pout nous ^P^?)iSÍ<í?(/5 jan^ixjpjí o^£j ÍY arriverò^it Eátivd^íftííF^van t prooaj un jour ou°Í3eu^/í^ jeudi /H8tís vínffi^à reprendre^n8ÍÍ:%3&cSeirfeiá?âÍlage , entre P?í4 áú^ííorcl ^eP oum&ír tiíií^âeviôfl^StfSff- âre^irr^^aesnvaissí^aux^partis líElhine et Te c^aníeínpnt* áe^MSusSdí^' espÉSSft1^ ~ox.ii SlÍ Jííií>juÍ£u) byoí xíaj iffiSítniQi * vents alises qui, depuis avril jusquen sep- -miognxI eBq.iiotfB il taouuíjii tembre, soument de Ja partie du sud, et de V rxiB-.C^xbnnl^jr.ekMimioM tiote no1# la partie du nord pendant tés six autres mois MOO, 31 8J£l;aaB XXB3íi8JB7j^IJ3r/.9l 9íHfíí3 bI &b de 1 annee. Le vencjredi maun , nous vimes Miom 3ioxr ^íHg^bfY^dmojçirnoq àsi&rlo^VftdVL une voile qui s avançou vers latiaie , et nous i.< mpiokotjiBín 93, síro sioLbaJ39 O -19/11 ry%. ne tardames pas à reconnoitre nottéít4pétít Srick fe^^c^a/Z^^ítuiii^ot ^âes ^clfaldi^Dfecfíi- renf de tachões ^áãfcí aque bâiítnént ‘ pour le *»9nTTT«.lc --1_ JL * i_ ; 39m*IBiB 3371’ remorcruer et fuifacuíterTenSnreeTpàrcé «qrníl íaisoií! aVors irès-^i1 de^vin?.* ilHious apjè^ít ííí} Xlíí?i44AI. J_§l_t_r&JlJr:dioai n3 id-iioxi_ in ui 711191X1 i0l jJJ IjM 1 • reparti au bout de quelques jours , qu Slpar?8/Iíl2efe)i¥1ãílèíí ntfus^lf^ftètà^ ^
  • ET EN^TATARI E. io3 San-lago: et?cette seconde reláche n'ayant pas eu pour lui un meilleur succès que la preraière . R avoit fait route pour le Cap de Bonne-Espérance; mais entrainé dans le sud par les vents contraíres, il avoit été oblige de remonter vers le détroit, oú son heureuse arrivée nous causa une grande joie. II avoit beaucoup souffert de la disette d’e»u et de provisions; c’etoit dailleurs un fort mauvais voilimi Le , quelques-uns de nos gentils- hoinmes allèrent visiter, à la poinie d An- guera, le jpmbeau du lord Cathcart. Le mo¬ nument n’avoit pas été détruit 'y mais 1 inscrip¬ tion étoit à peine lisible. Le lundi 25, arriva de la Chine le vieux vaisseau anglais le Lord North,chargé pour Bombay, depuis trois mois en mer. C’est alors que se manifestèrent à bord de nos deux vaisseaux, le Lion et 1 Hin~ doustân, les premiers symptômes dune fièvro putride, qui nous causa les plus vives alarmes; jusqu à cette époque, nous nous étions tous très-bien portés. Le 27, le cuisinier du capi- taine.en mourut, après deux ou trois jours idftjmaladM.et il fut le même jour enterre à file du Norct • • r- ,,n„cYkmó'l»
  • m V o Y & GE / E.N vÇjH IN E bit€BtTc«% ^v^ç^ íln. uujnuisiey, de, la suite de l aua^assadeur étoit descendu à terre, et s y occupoit à layeç,,sqiy linger,,son com* ipagnon ,1’ayoit l^issé (send ppwf, fairefiua ,tpur dftflf >«. bois ífgt^^y.oit cmpprté les deu* fusils',^ ^oupçonnaat pas quaprès tarefo douceur da^j^couduite , les nature Is pus- sent étre capables dune action a troce; cepen- dwt Jc AwH^\vreu^,uiqpuisicfi ,fut cruellewent égptfgp par *m- í Uv,Ptt ÍCÇU. phjsicms coups • de poignayd?dausídiCférentesipartíesdu corps,! et sop'C«ffnpagnon, qui n avoit pasctc absent- uppxdejnitr bcure, trouvftdes cadavre dans la riviere; los sauvages avoient disparu avec tWírdflí1 linge, et le ddsir de se l appropriep, selon .touto apparcnce, le principal íuppf' qui lçs avoit determines à cet horrible iueui'trcT PIusieuis homines bien armes furent aussitút cnvoyés à terre , avcc ordre de tuej^ indistinctement tous les Malais qu'ils rencon- treroient y.mais ils i s étoient enlònccs dans . i 1’intérieur de la «ontree ; et, pendant le reste' de notre séiour ;:nous ne trouvâmes pas l’oc- casion de venger. cette mort. Nous eímies toutefois des actions de graces à rendre de ce quil n’étoit pas arrive un plus grand mal-^ heur; car les soldats ? par une espèce de mi* b
  • ' JÔ5 fétois'dhsá tf ter^fJvdd' 'tfâè^tfêS4ns cW'hteS'tfamaTiadks pour iátyer dd lirigd fiiots 'áallV4a»@S, ‘tit lcs ’iMittèfóhôtas^Oq thtóftbidfft; fiítíí fcf Kó?n ’«Jè ífckís feirdláttlcttó íííài^ ili'etfrtehtWtjOih^Iaisifince d'allohier nospljrék1 aVèé dh^féh^íjftí^ls^feprocutdi^ftt 4u ítlóyéÀ1 dMiftb pidW^'d’tih1 Uriqtiét fet d1’®! 'nièlrfcè&tf' d^pdii^^tV^'ffkiiiaaou <; potfi^etadiufr lèá éíiirdèílè#.1 Há portent stfr eu* tine pefrte boiftP Wkrf^kábtytiê', faite d©’t4ritíéPj-ú&filfc reníèrment tcrus fès ustensi lcs írééessairès poui*! fhirreb.lls 'roiilèht dfl vftíí>hc datoá* tand* d^pètíS ’ cPhérlio pdMièulíêit^', ou dans une ffeuiHb^é1 papieír très 1 nlinCb , èt fhhíent dbsdlUfnfetrt comme uno pipe de Voulcau j l èffoi JttonruJoíiiteibaí - r (x)rLes fantíissins anglais portent ia grberne: ett dfc*1- vaqfc,GC qui{esi çxtrcmement incomníode pourje ol^ti I niefwqnt^ dcs^aimes.^pijis ppys en soip^ea,^oqyf4qç^b nous-mêmes, par 1’essai que Fon eníit en 1790 à Paris^ .. Les enasseurs soldes Je la garde nátionale de eríle viffè porfoíent aind la gífcerne . et Ton ne lut pas lente d^nft^íiWé^éyít^íteiítWtiori pavrui fèl àtítíêbWjfiiifctis •cTiafantotie. (-L-s.) r iu( < ánhloz 89l ?go * UJOfl
  • io6 V O ¥ A G E , E W Ç H I N E Us avoient chacunjun couteaU j quilsmous permirent de íirer de. gain®,quelques-uns leur servoient pour eouper du bois,; d’autres pour combattre. Ils trouvoient tini fcrès-grand plaisir à mâcber notre tabac. Pour gagner leur aífeclion et prevenir leurs bóstilités, nous leur fímes ce jour-là gouter de notre rhum. Mais ils nous eXiprimèrent parleurs signesque cette liqueur brúloit fJeurs upntrailles ^-etncell n est qu’en en buvant jnousrtoêmesen leurprésence, que nous parvinmearàt leur persuader quils n’etoient pas empoisonnés. Le samedi 3o, un matelot mourut, et fut enterre le même jour à 1'ile du Nord. |it/e lairriniq rfu il v( Le 3i , nous appareillâmes en même temps que le Jackall, pour aller chercher des but¬ tles à Tile de Java. Un gros bâtiment français que nous avions vu la veille par le travers decl extrémité orientale de Sumatraentra dans le détroit, et vint mouiller à côté du Lion. II arrivoit de Manille, et retournoit en Eu¬ rope. Vers midi, nous jetâmes l’ancre dans une baie fort agréable , voisine du Cap Saint- Nicolas, dans file de Java. Le soir, mourut un domestique de M. Hickey, peintre de pay- sages, et il fut fenterró le lendemain£ matin dans une petite ile situe e près du Cap Saint-
  • 2T f ] E rr t A^A TI I :E.'V 107 Leonard; La fièvtfe,i> cette^poque, commen- çoit à nous donner le» plus sérieuses alarmes; un grand nombre de sous-officiers et de mate- lots díoieut dangereusemerit malades ; plus de t rente paruii cái dornrers se; trouvoient1 hors d état de serviri Nôus primes les plus grandes pfádantions porrr arréterlès progrès du mal. Jtísqu^alorsfíles soldats avoienfr «OBservé une eixwellentèsantdj quoiquela partiedu vaisseau iqu ils oqcupòient ifut la plus resserree j et qtx’à vraidire-q leurí poste n oút eté ni net- toyrfy ni parfum(é.< depuis le depart de Spi- tlieadimèm ol biroíno Jid te , Jtmrom toleiam Le lundi, premier avril, le JacTcall fut en- voyé:àla pòinte d’Angnera pour se procurer des bullies; mais il revint le soir, sans avoir pu y aborder. II fut plus heurenx le dênde- main,’ et ilíious informa que le lAont&k le Clarence y étoient; avee'l’intention d embar¬ que* ailtant de bullies qu ils pourroient en obtenir. Le mercredi, ces deux bâtimens re- descendirent et nous envoyèrent pour le mo- rtférit huit buffles, avec des volaiiles de Ban¬ tam. Le capitaine Mackintosh alia rendre visite an foi dn lieu; il 1 instruisit du meurtre ícômmis par les Malais à Sumatra!, et le pria instárniment de faire tous ses efforts pour dé-
  • U«1 couvrir et pu niurnibnol gj, .iiro o; 108 V O Y'A'G E'EN'GH IN E KWtaM Mémxb hferèíi-ètii: aeb mr3 a pouvoir fiotré depaít1, iíBmpáglíÓnl^díf âôl^ffe Le jcudi 4V& tótófcftlPMkfcÇ nous levâmesÉànòréV^tlêiáHdiíiâfe/â^íl/âSfiliduféi du matin ,'^ious aViBtfsurB^rtó tíbtít^alfèíèftíio position.à bile ^víoil's déjà paríS. ^ I4P ^jVoVi .< ioxi‘;dè ÍjõÍs et cTeau ^pbuí'^^VárilbRi ^ ^CàliJfóhí Èléi HHHÈHM â^ipííí^Ht°q u’ au TÒttóíú daímn snoi’^'aVoidnt été BXBQ . . gens de Tecpiipaj áiJxàirp iíOjèiojJM ment de leur de entourés d une nombreuse troupe de Malàis, armls^ãe^fiínká^W^^ W^iáPÍâtií Woient cfeínande a que^Vaiss^iíWá IP^fàèllé nation ils appartenoiefit. Quelqtíes Hõliandâis qui íjJ9a.nuA2£a 8i£rn,:.apmrQis'i» á trtfúoihrTflngflb avoiént~ dèmeuré à Batavia', éi qiíi féríten- doient Ia langue maláMF, Tèíií Wptí&dfreíit 0^1 ils etoíen^liélláilââis^ilfiS1 síÍPtíttfè^ré- pohpe iYieur a\Mií jjfeíffiSiláf ^êmplir Idtíft tonneaux. a^ôíènÇ^â^ftíift &?- Viècle savoír d'eux feoffiídMoIéní^âfc vzi. ini_> efcraf^oieâl^eíftS t^ie°á^|>Wf4iàc^\jâyiC(è>s
  • y ■íT-ÍX3f ^ Av? IV V 1 °9 derniers ne fusscnt envoyds pour sc saisir de que^^/^e eu|. felendemam m^»fmé$9W& hWr%®fensJUTcnt ei> w^nt ai?r cun des Çgfo&fa eíiB°F nqpftempêcher ^r^fira#Frflg/5§«^?FB^r?aU 5 Ílsvo¥ rFítfluFíSÍ tçUpm;q^ f gftfflggu fetJftfeiffBft «i£8§i&fení fisftiff^iíw WW^.iiFfifS?*5 1$M ¥ .^°.ie,^bexatermp --'- •->— j—-• — -KT^yj employâmes trois ! iiJoqrutíO~> fu eioa ioF^^nfefflP^^gi^^neaW^^i^u^a- vant . mm aa m m reb ocrnoii egusidmon ent/b 8Òiuoííid -> il*_ _i _ _ „éi_-.113._i. J_ Jrr Pendant ^lusTOt ía9io> Le lundi matin. nous appareillâmes de -e-r^J lundÁ, ai. í*WYÇff$ít$t W?iffl$r W!iíte®IPfius#(| is vimes tW niOTTnrTcnyrovjí JSOT&cmo p. k ) *xtr£gana* wâBáÉra^™STOijMMtedu Nord,’ un grand nombre de prôs, qui se tmrent a une grande fâ&MhfapÇÇfcjft Çfmou cha' loupp}^it plusieurs fois envoyée à Bantam,
  • IIO VOY'AOEI'EN (ÍHIÍíÈ et rapporta *fmè< abdndtate ''piígHdkioh1 cfè bufíles. 0ii cano>i'tte* tfctte1 ^'ÍÉasaúfdtt^tíètóé fois à nous apportetr urr pèu de poisson‘«t de fruits, que nous achetâmes j afkt' d engager les autrés à nous eti appoiier dãváfcltage $ mais? quel que put êtrê le motif de íeuf tó^inté, ils nosèrent jainais apprtydbef dtí irôus.1 Dn lieu du mouillctge^ noais! pònviÒBk 'apei-ee-l voir une partie dun village Malai, compose denviron trente buttes; éhVifi&tílí^HtéStíèk rizière^ qtd ^etèhdòièn^ IP paroissoient être partout dáns un bon état de culture. La perspèefivW^loif Wl&rmante; outre le village ddiftkje pátlcr ,^ti8us distinguions sur le ílanc des collihes un grand nombre de huttes solitaires, situées chacune au centre d’un beau champ de verdure. Elies paroissoient très-petites, et éloient bâties dans le même genre que celles de Sumatra. Le jeudi, le Lion appareilla, et s’appro- clia de 1 ile du Nord; lês deux bricks moui!-■ lèrent à la pointe d A nguerav Le samedi 14 f nous aperçuines dcux gros bâtimens sons pavilion anglais; ils se portoient vers la même pointe, et nous conjecturAmes que c étoient le Sullivan et le Royal admiral, venant de la Chine. Le soir íut marque par la mort de
  • E fti&N/ T[& TjA.jRJEo / in M. Harrington tl^qldat,4e langarde du lord' JL Macartney*, Ayant appareillé,, Aielendeinain ,? nous .arrivâiTieSnl^i soir par ,Je.travers de lai pqinte, d'Anguef a# iOiU ROUS trpu wâmps le Lion? nqs,, deux ;bripff§ vdo*v ]deus, bâiimcns j de la [ Compagnie, et uu vaisseau imperial venant de Cliinetr^ç lunc^ft^^ríftftfepos dépêches poyr 1,’Auglutj^rsfj fureut portées à bord dos. ompagnie „ qui, fesoir onéme srfuwoyámeé nos vaisseaux, pour retourner dansleur pa- trie. Assaillis dun coup de vent par le travers de Macao, lcs bâtimens de la Compaguie que ces pilotes eonduisoient, avoient été, malgré eux, obliges de faire route, et il nc leur avoit pas été possible jusqu alors de les déposer à terre. Ils étoient sortis de Canton depuis un mois.|A la pointe d'Anguera, nous raíraichi- mes nos provisions d’eau et de baffles ; nous nous procurâmes aussi de la volaille et des fruits à fort bon compte. Les naturels de ce lieu ne nous> parurent pas aussi défians que les autres sauvages que nous avions eu occa¬ sion de voir. Cette difference tenoit au sé- jour parmi eux de plusieurs Hollandais quij 4
  • 112 VOYAGE EN CHINE - toutes les fois qu’un bátiment relâchoit dans le, détroit, s’empressoient de se rendre à son boi'd, et de s informer de sou noin, de sa destination, etc., aim de procurer des rensei- gnemens utiles aux vaisseaux qui pouvoient venir après lui. En cet endroit se trouve une» batterie, composée de quelques canons en mauvais état. Le village est grand et régu- lier; le nombre des habitans, pour la plupart Malais, s'eleve à près de 400 sur une étendue considerable ; la campagne environnante est bien cultivée et partagée en enclos réguliers, ou en champs de riz et de mais. Le jeudi 19, le Zion nous fit signal d’ap- pmjeiller; nous exécutâmes cet ordre avec un .empressement mesure sur le désir que nous avions de quitter ces lieux et de con¬ tinuer notre voyage; mais les vents contraí¬ res nous íorcèrent encore de mouiller par le de 1 lie du Nord , oil nous restàmes jusquau 21. Le sainedi 28, nous arrivâmes au detioit de Lanca 5 ou nous eumes I© mal- heur de toucher • cependant quelques heures nous sufSrent pour nous relever sans doin- mage. Ce déíroit est formó par les iles de Su¬ matra ct d© :Banca; on le regarde coniine- l entrée de la Mer de Chine. ; Banca * 1
  • ET EN TAT A RI EA' v ii3 •Banca est une grande íle, très- élevée, et couverte d épaisses loréts. Les Hollandais y4 ont un établissement important , d’ou ils ex¬ pedient à tous les pays de l Asie une grande * quantité d etain en samnons. Le lieu oil nous reláchâmes étant absolument inhabits, je n'eus pas occasion de m’informer des autres productions de cette ile. Quant aux animaux, ils sont à peu près les mémes que ceux des íles voisines, Java et Sumatra. A peine fumes-nous débarqués à Banca, que nous aperçmnes sur le sable des em- preintes de pas de cochons sauvages; nous en entendimes plusieurs dans les bois; mais il ne nous fut jamais possible d en approcher à la portée du fusil. Nous firnes nos provi¬ sions d eauet de bois àdifferens petits ilots, appelés les lies de Nanka; pendant notre sta¬ tion , nous vimes beaucoup de grands prôs armés en course, et croisant aux environs du détroit; mais 1‘apparence redoutable de nos vaisseaux les tint conslamment à une distance respectueuse. Ces bâtimens sont spa- cieux , mais mal construits; ils ont en géné- ral vers le bossoir, du canon de 9 à 12 livres de bailes, et quelques-uns portent dix-huit7
  • ii4 VOYAGE EN CHINE • ou vingt pierriers. Rarement ils se hasardent à Tattaque dun vaisseau à trois mats, à moins qu’ils ne le croient depourvu de ca¬ nons ; et alors mcme ils l’entourent au nombre de trente ou quarante, les plus grands de ces prôs ayant de soixante à cent hommes d’dquipage. Au moment ou nous relâchions dans le détroit de la Sonde, ils eurent Tau- dace d'attaquer sur la baie de Bantam, un brick hollandais de 18 canons, à la vue de plusieurs vaisseaux européens. A la vérité le calme étoit tel qu'il ne permettoit pas à ces derniers de lui porter secours, et que le brick lui-même, manquant totaleraent de vent, ne pouvoit diriger sa batterie sur ces pirates. Ils endommagèrent beaucoup le grément du navire hollandais, et sans une brise qui s'd- leva fort à propos, Tissue du combat auroit dte' douteuse; maisle retour du vent rendit au brick tout son avantage. Dans les temps de calme, ils se servent de rames et ils peu- vent en faire mouvoir un grand nombre à la fois. Cette circonstance leur donne une superiority décidée sur les petits bâtimens marchands d Europe, et, en cas de poursuite, leur fournit des moyens d’dvasion. Toutes
  • ET EN TATARIE. >ío sJuo^l ab ftí fj ao-rcr les rivières, les détroits, les hâvres, dans les mers de Chine, en sont tellement infestes • * quaucun vaisseau nose sy hasarder sans être bien muni de tout ce qui peut assurer sa defense* of o}jdrc"miX| omnipil íqoo r eincxíoí? ob ir ?uaiíía£lei anou úo tnocnom l £ -nii í tnoiup alf ,ajbffo8 b!’ ob tío-r^b ol ztt&b au .íixbUwÔ 0b dbitf j?í *ttrt T>/fp£Íífí B jéòjsb ob onv èí à r&tptíáf pi ob cif bfTBlloíl iohd 0Í:>iíiyV£l A U. vqcmjo znfcogeifc* í Hjjjzulq íou n ?»£f| UoJbíiixioq on íinp lot jUoío omlnu r—m , f>rrtóm-Í0( iHfl £? T^gritb lioyooq uiTO>5*nro ríI a^rn 7ííOt*< M tr» i- IflO’' k 1 Nl U9 .. Jí| ,S<10 >Vyf O0 ‘lO riro *of> 2*Oi if òhxjifè 4, 9XI8S7 * b a 110 / ia fcob ItírtíJO
  • 1x6 VOYAGE ENVCHINE n n. i xi i ' = c itfi trrnr CHAP IT RE IV. i Depart. — Continuation de la maladie parmi les gens de l’equipage. — Mortalite. — Les Sept lies. — Erreur dangereuse du capitaine Cook. — Poulo- Condore.— Continuation de la mortality. — Situa¬ tion et description de Poulo-Condore. — Accident i* i qui met plus de vingt personnes hors de service sur YHindoustdn. — Baie de Touron dans la Cochin- chine. — Notice sur la Cochinchine. — Costume et moeurs des habitant#^on jjqro'orw, Tin •lib «ÍbM uo anon inobiB'b aniq rieid L E 3 de mai, nous levâmes l’ancre avec un vent favorable pour courir dans le detroit.. Vers midi, le vaisseau imperial XAchille, d’Ostende, parut a, notre vue, et vint mouil- ler le soir à côté de nous. Le iendemain ma¬ tin, nous appareillâmes et dirigeames notre route sur la montagne de Monopon , si- tuée sur la cote de Banca. Le jour suivant, un de nos matelots mourut; la fièvre, qui avoit régné à bord d une manière si terrible et pendant si long-temps, n’avoit pas été fatale à beaucoup de monde, et elie avoit cesse ses ravages; mais elle fut suivie de la dyssenterie,dont les symptomes plus effrayans iòTÊnpiq sob J 'Up 6 tioldm^iior
  • ET
  • ii8 VOYAGE EN CHINE d’epingles qu’on nous auroit faites en même temps par tout Ie corps. Quelques-uns de nos camarades n’etoient quune plaie depuis les pieds jusqu’a la tète. Comme la douleur augmentoit en raison de la chaleur, nous ne pouvions ni boire , hi manger, ni dormir dans l’entre-pont, et il étoit dangereux de s’abandonner au sommeil sur le pont. Re- duits à une situation aussi pénible, notre cou¬ rage se soutenoit par 1’idiéé que bientôt a ces scenes de tristesse, nous én yerrions succé- der de plus agrdables, k mesure que nous remonterions au nord; autrement, le déses- X T i Q"! 11 "j» ^ I • j t 1 L j j poir nous auroit rendiis fous. Le lundi 6, nous passâmes à la vue des Sept- lies, au nord- est desquelles nous mouillâmes le soir, à la distance d’environ deux lieués. Pendant cette . I . V soiree et les deux suivantes', nous eiirnes des bouffees de vent étouffantes, accompagnées de pluie, de tonnerre et d’eclairs. Dans la matinee du 8 , nous relevames Poulo - Taya depuis l’ouest jusqu’au nord - nord - est. A dix heures, le Jackallet le Clarence reçurent ordre de faire route en avant 5 jusqu’a ce qu ils arrivassent près de 1’atterage ou dans les bas- fonds. Amidi,le Jackallfit signal qu’il n a- voitque trois brasses d’eau, la pointe la plus i /
  • ET EN TATARIE. 119 orientale de la plus grande íle restant dans le nord-est - quart - est, à la distance de deux lieues, et la pointç aussi la plus orientale de la haute terre de Linden étant à cinq lieues dans le nord-ouest. Les deux bricks se diri- gèrent alors dans l'ouest, pour tâcher de trouver un port ou un bon mouillage. Mais ils revinrent sans avoir réussi dans leirr ten¬ tative , 1‘eau n étant pas assez profonde pour permettre aux navires d une certaine gros- seur d approcher de la terre. Sur le soir, nous jetâmes 1’ancre à environ trois lieues de la plus grande íle. Les deux bricks reprirent en¬ core leur route dans l’ouest; ils mirent leurs chaloupes à la mer, mais leurs efforts ne fu- rent pas plus heureux cette fois que la pre¬ miere. Le point important étoit de decouvrij- quelque port sur et commode , oil les bàti- mens pussent attendre en sureté le cbange- meiit de mousson, sans étre forces deretour- ner à Batavia, ce qui arrive fort souvent. Les ouragans qui, généralement, accompa- gnent les changemens de vent, sont sur les mers de Chine, plus terribles qu'on ne peut se fimaginer, et ils sont trop frequem- ment suivis daccidens funestes pour qu’il soit permis de s’endormir dans une dange- I
  • 120 VOYAGE ENiCH IN E reuse sécurité. Ces lies, dans le voisinage desquelles nous nous trouvions, sont belles , vastes, élevées, et sembloient devoir nous procurer ce que nous désirions; mais autant que nous avons pu les observer du côté occi¬ dental seulement, il nous a semblé qu’il h y avoit pas assez d’eau. Dans un de ses voyages, le capitaine Cook a superficiellement examine la plus grande et prononcé peut-êtré un peu légèrement qu elle pouvoit devenir très-avan- tageuso, en paix comrne en guerre. C’est, je erois , cette assertion qui engagea nos voya- geurs à les reconnoitre avec plus d attention et de soin quils ne l auroient probablement fait, sans une pareille autorité. Les matelots l et les soldats étoient en general fortmécon- tens de seyvoir aussi long-temps retenus sous
  • 4 ;ET_EN TATAR IE. i«r capables de toute -fespèce cTe service. Le milieu de 1 ile de Linden est sifué à‘ environ oo minutes de latit. sud, et io5^ longitude Est. , euott 9op eo i9*njooxq * Le Clarence nous rejoignit le 9 de grafcd matin; mais à peine pouvions-nous découvrir dans 1 ouest le JackalL Vers midi, il se rap- prpcha de nous, et nous informa qu’il ri a- voit trouvé aucun port oil des vaisseaux d une certaine grosseur pussent être eír súretéS En consequencernou$ appareillâmes le sdiriíiême pour nous remettre en mer. Ce jotir termina la carrière d un matelot noftliíié !Ft; K^lly 5 dont le corps fut jeté ània mer au voucher du soleil. Dans la matinée dm 109 à nertre grande satisfaction pnous passâmes au nord de 1 Equateur. Nous continuaiues notre route au nord - nord - ouest j avêc un joli frais^ un beau temps et une chaleur supportablèJLe sir Staunton, qui ne parle même que três -Iegèrement tie la maladie et dc la mortality qui, comme on voit ici, causèrent de si grands ravages parmi les matelo£s et les soidats de ce£te expedition. bfiX>V ulib La relation de sir Staunton étant ofiicielle, aura cer- taineinentsubi lUie censure politique, de maniere qu’ii y a tout lieu de croire que romissioii que nous venous d indiquer n*est pas la seule ni la pfús importante qu’on puisse lui reprocher. ( L-s.)
  • \ 122 VOYAGE EN CHINE * 12 , avant le lever du soleil, nous aperçumes la terre devant nous, dans le nord-nord-est. Au jour, nous passâmes entre Tile Saddle et le Rocher-Blanc , le grand Anambas restant au nord-quart-nord-est, à la distance de cinq lieues; ce jour-là, notre latitude observée étoit de 4d 36' nord. Vers quatre heures de fapres - midi, nous passâmes devant Poulo- Dorman, grand rocher de corail qui , de loin, a fapparence dun vieux château go- thique;il sélancedans les airs avec hardiesse, et son sommct se couronne de quelque ver¬ dure. Le 16 , k cinq heures du matin, nous vimes Poulo-Condore , ou Tile de Condore , poulo, en langue malaise, voulant dire une ile. A midi , nous jetâmes l ancre dans une baie découverte au nord-est de Condore, formée par cetle ile et plusieurs autres, à environ une portée de fusil de la premiere; ce groupe s appelle les Frères 3 et la plus grande ile n a pas plus d une lieue de tour. Elies sont montueuses dans toute leur éten- due , excepté sur le bord de la mer. Les An¬ glais avoient autrefois un etablissement k Poulo-Condore; mais par un excès de con- fiance dans quelques soldats macassars, tous ceux qui en faisoient partie furcnt inhumai- ✓ N
  • I ET EN TAT AR IE. 120 nement massacres, el depuis aucune puis¬ sance europeenne ne l’a cru digne de fixer son attention. Ses produits se réduisent, je crois , à très-peu de choses ; ses habitans consistent en quelques Malais , évalués par les uns à quatorze ou quinze cents, et par d'autres , seulement h cent. Je suis plus dispose à ajouter foi à ce dernier calcul 3 parce que le lieu ne me paroit pas étre en état de fournir à la subsistance d un si grand nouibre d hommes. Ils ont quelques buíHes et, à ce qu on nous dit, des cochons et des dindons; mais nous ne pumes nous procurer que des buffles , tel- lement maigres d'ailleurs et tellement chétifs, que nous ne les jugeames pas dignes d être transportes à bord. Le poisson y est aussi fort rare , ainsi que les legumes et les fruits. La latitude de Poulo-Condore est de 8a 36' nord, et sa longitude 107a 22' Est. Le lendemain matin 5 nos chaloupes, en arrivant à terre 5 trouvèrent, du côté du rivage 3 les huttes abandonnées par leurs habitans 5 qui avoient tout'emporte avec eux, n’ayant pas seule¬ ment laissé un cochon ni une volaille. Nous ne pouvions deviner le motif d une conduite aussi étrange, nous etant présentés à eux avec des demonstrations amicales; mais comme i!s
  • » 124 YOYAQE,EN CHINE ; íU. sont eux-mêmes naturellement traítres et mé- * chans, ils craignoient sans doute que nos pro¬ testations ne fussent pas sincères. Après beau- coup de recherches, nous rencontrâmes un ou deux vieillards, desquels nous ne pumes obtenir aucun éclaircissement. Nos chaloupes seloignèrent done de cette cote inhospita- lière; mais avant qu elles eussent respective- rnent regagné leurs vaisseaux, elles furent as- saillies d un coup de vent violent, et ce ne fut pas sans beaucoup de peines qu elles arrivèrent à bord. Le Lion fit signal à tous les bâtimens d appareiller; les bricks répondirent qu ils n’é- toient pas en état d’executer cet ordre. Nous |; nous mimes en devoir de lever notre ancre. \\ f A peine eumes-nous rentré quelques brasses de cable 5 que le mentonnet placé au pied du cabestan cassa. Aussitôt le cabestan revint sur lui-même avec une telle violence, que tous les efforts se réduisirent à deserter entière- ment les barres pour se mettre?en sureté ; mais déjà un caporal de la garde avoit eu la cuisse cassée, un matelot le bras, et un grand nombre de marins et de soldats avoient été I cruellement froissés. Plus de vingt furent mis hors d'etat de rendre aucun service (i). Ce (i) Cet accident est rapporté avec les memes cir- /
  • ET EN TAT ARI E. . malheureux événement suspendit toute ma¬ noeuvre pendant quelques heures ; cependant le vent souffloit avec une force toujours crois- sante. Le capitaine Mackintosh , voyant le danger de notre situation, déclara qu'à tout hasard il étoit résolu d appareiller avant la nuit; ajoutant que, s’il devenoit impossible de lever fancre , il feroit couper le cable. Mais nous n*en eumes pas la peine; car avant quune heure se fut écoulée, notre cable se roinpit à environ trente brasses de lancre. Cette circonstance fit cesser firrésolution , et en un instant nous fumes sous voiles. Ce¬ pendant nous tâchâmes de ne pas quitter la baie durant la nuit ;~et dans le cas ou quel- ques-uns des bâtimens se^ seroient hasardes ou auroient été entrainés au large, nous ti- râmes beaucoup de fusées volantes pour leur faire connoitre oil nous étions. La nuit fut obscure et orageuse ; et le lendemain matin, par un temps couvert, nous nous trouvâmes nous-mêmes à six lieues sous le vent de la baie. A dix heures, nous en vimes sortir le Lion qui , un moment après, fut suivi par les deux bricks. Nous mimes en travers pour Constances, par M. Staunton, tom. II, pag. Ii5 de la relation de Uambassade, 3e. edition franoaise. ( L-s.)
  • 126 VOYAGE EN CHINE les attendre, et nous nous laissâmes aller vent arrière; pendant toute la journee^ nous filâ- mes constamment de neuf à dix noeuds. Le lendemain matin, de bonne lieure , nous dé- couvrimes le Cap James, sur la cote de la Cochinchine, à iod4af de latitude septentrio- nale. Nous eumes tout le long de la cote une navigation très-agréable, le vent modere ct le temps aussi beau que nous pouvions le souhaiter , si ce n est qu il étoit un pen trop chaud. La cote étoit presque partout bordée de collines; les terres paroissoient bien cul- tivées et assez peuplées d habitans. Nous aper- çunies plusieurs jonques et quelques bateaux pecheurs. Le 20, nous découvrimes Fentrée de la baie de Touron, et tout autour d’elle une prodigieuse quantité de bateaux de pêche. Nous envoy ames nos chaloupes à bord des plus voisins de nous, avec un des pilotes Chi- nois , dans Tespoir qu il entendroit assez bien leur langage pour se faire aussi comprendre d eux, et pour engager quelqu un des leurs à nous faciliter 1‘accès de la baie. La conver¬ sation ne fut que très-imparfaitement enten- due de part et d‘autre, et il n y eut point de raison capable de determiner aucun de ces
  • ET EN TATARIE. 127 pêcheurs à s’approcher de nous. Toutefois nos ehaloupes rapportèrent un petit nombre de poissons volans. Nous étions suivis d assez près par une autre barque dupays, ou étoient deux jeunes gens et un vieillard; nous essayâ- mes d’abord les moyens de persuasion, et nous leur montrâmes des dollars; mais voyant qu’ils étoient aussi entêtés que tous les autres, nous entrainâmes de force le pauvre vieil¬ lard à bord; il paroissoit âgé denviron qua- tre - vingt - dix ans , mais vigoureujc et bien portant. Sa surprise de se trouver sur notre vaisseau sembla pendant quelques instans lui ôter 1’usage de la parole. Quand il se fut un peu remis de la premiere impression de frayeur, il fit éclater;'son chagrin par des demonstrations dont la violence et 1 energie nous étonnèrent. Il s’appuyoit sur le bordage du cê té de la terre ; il la montroit du doigt; - il exprimoit par ses mouvemens son désir d y retourner; tandis que ses larmes, coulant avec autant d’abondance que d’amertume, atten- drissoient les matelots les plus endurcis et les intéressoient à son sort Quelques-uns même trouvoient de labarbarie à retenir ce malheu- reux vieillard. Le capitaine et les officiers entreprirent de dissiper ses craintes ; mais
  • 128 VOYAGE EN CHINE comine les signes et les gestes étoient les seuls moyens de communiquer avec lui, ils ne pu- rent triompher de son chagrin. lis lui donnè- rent des dollars, et voyant qu il étoit presque nu , ils lui offrirent des vêtemens : mais il ne voulut pas même les toucher. Les pilotes chi- nois furent très-empressés à prevenir ses dé- sirs ; ils lui firent bouillir du riz et lui prépa- rèrent différens mets qu ils croyoient devoir lui plaire; le soir même ils étoient parvenus à lui rendre un peu de gaieté; mais il mangea peu et ne dormit pas. Le 26, nous ne vimes plus aucun de ces nombreux bateaux pecheurs que nous avions vus les jours précédens; nous craignimes que lalarme ne se répandit dans la contrée, et qu une semblable disposition des esprits ne nous ôtât tous les moyens de nous procurer ce dout nous avions besoin. Pendant la nuit, nous avions été entrainés par le eourant vers le sud de la baie, et les vents étant contraíres, nous fumes obliges de remonter en louvoyant. Quand la bordée se dirigeoit vers la terre , les 1 armes de notre vieillard s arrêtoient; mais quand il falloit revirer de bord et por¬ ter au large 5 ses larmes recommencoient a couler, et il poussoit des cris comme un en¬ fant;
  • ET EN TATARIE. 129 fant; toutefois il parut un peu plus content pendant le cours de cette journée. Tout à coup les vents tournèrent', et il s’eleva une forte brise qui nous conduisit droit au port. Nous arrivâmes au fond d une belle et profonde baie , une des plus vastes et des mieux abri- tées que j aie jamais vues, ou toutes les flottes de 1’Angleterre pourroient mouiller en súreté contre tous les vents. Nous y jetâmes 1'ancre vers midi, et nous y trouvâmes un snoiv por- tugais aussi à 1'ancre. Ce bâtiment salua le Lion de onze coups de canon, et le salut lui fut rendu par neuf. Le capitaine vint à bord, et nous informa que les naturels avoient con- cu des alarmes en voyant entrei; tant de vaisseaux , dont quelques - uns étoient d un aussi fort gabarit. Us désiroient savoir d ou nous venions, oil nous allions , et quels mo¬ tifs nons avoient determines à relâcher à Tou- ron. Nous répondimes à toutes ces questions de 'manière à dissiper leurs craintes. Aussi- tôt que nous fumes affourchés, le vieillard fut renvoyé à terre. Sa joie étoit aussi de¬ monstrative que 1’avoit été sa douleur; alors il ne refusa plus les deux dollars qui aupa- ravant lui avoient été oíferts à plusieurs re¬ prises , et toujours inutilement. Nous appri- 12
  • 13o VOYAGE EN CHINE mes bient-ôt que cette contrée étoit, depuis deux ans , le theatre de la guerre , et que la paix ne faisoit que de s'y rétablir. Je ne pus me procurer à cet égard que des renseigne- mens bien imparfaits ; je sus seulexnent que, tributaire de quelques monarques voisins , le père du roi actuel avoit levé une armée formidable , et que, par son énergié , sa va- leur et sa perseverance , il s’etoit affermi sur le trone. II avoit aussi fait la complete des petits royaumes d Ava, de Laos et de Siam; on dit que plus de cent mille personitès furent immolées à son arabition.il vécut le temps né- cessaire pour achever sa sanglante éntreprise, et laissa un prince d’environ quatorze ans sous la tutelle de son oncle. Ge prince est , dit-on , entouré d une garde nombreuse , dis- ciplinée et aguerrie; sa capitale est située fort avant dans les terres. Au fond de la baie se trouve un gros village, ou plutôt un groupe de huttes , à fentree d’une belle riviere. A ' environ douze milles plus haut i est une grande cité , appelée Fai-fou, oil il se faisoit autrefois un commerce considerable , mais dont toutes les communications avec les places voisines sont actuellement coupées ; de sorte qu’elle est loin de presenter anjourdhui la memo
  • ET EN TAT AR IE. i3x importance. Lintérieur du pays est fort ri¬ che ; il produit beaucoup cf argent, que les habitans sont dans l’usage dechanger contre des productions étrangères. Leurs barques , leurs épees, leurs pipes, presque tous leurs ustensiles sont doubles de ce précieux métal, « et ils en portent toujours des lingots autour d’eux. Les provisions en vivres étoient la chose dont nous avions le plus besom. Plu- sieurs mandarins vinrent nous visiter, et nous promirent de nous procurer tout ce qui nous manquoit, aussitôt que les deurées ar- riveroient de 1’intérieur de la contrée. Ils in- vitèrent les principaqx .personnages de notre expedition a leur rendre visite à terre , et le plus distingue des mandarins (i) leur donna ún repas, consistant en pore , chevreau , buf- fle , riz et poisson , tous mets prepares d une infinite de mauières différentes, tellement qu on y pouvoit compter près de cent plats. Ce qui parut le plus incommode à nos com- pagnons, fut la privation de couteaux et de lourchettes. Au lieu de ces iustrumens, ils fu- rent obliges de se servir de deux petites ba¬ guettes, et de remplacer la cuiller par une % „ (i) Foy. la fig.' de ce mandarin dans l’Atlas de l’Amb. de lord Macartney, N°. VIII, 3e. edit, franc. ( L-«. )
  • 132 VOYAGE EN CHINE coquille. Lorsquils furent de retour àbord, fambassadeur reçut un present de peu de valeur. Le 29 , des tentes furent dressées, et on envoya les malades à terre, oil111 étoit du moins possible de leur procurer quelques i %• SkJ tfinjis sldAJOui^b culq bons alimens, tels que des canards , du su- ere , etc., etc. Le 2 juin, on délivra des iirmes aux soldats qui composoient la garde de fam- bassadeur , pour qu ils íussâit prêís14 í ac“ compagner toutes les fois qu il descendroit à terre ; et tous (à fexception des domestiques et des malades ) furent passes en revue a fcord du Lion y oil ils devoient demeurér pendant le reste du voyage. Le 4 juin , jour de fan- niversaire de la naissance de SaMajesté, le Liony f Hindoústân et le brick portugais tire- rent chacun la salve royale. Sur les instances réitérées du principal mandarin, lord Macar¬ tney descendit à terre avec sa suite. La veille, les deux bricks étoiènt venus se placer k f em- bouchure de la rivière, et fambassadeur mar- choit escorté d un detachement de cinquante hommes bien armes, pour le proteger contre .■ > oiuoae 'UiQ <)i»4uQXfO noil toute espèce d attaque ; car nous 11’etions pas parfaitement surs de la bonne foi des natu- rels; et si lord Macartney s’etoit basarde a
  • ET EN TATARIE. _ r-*- 100 descendre au milieu d eux, c'etoit suríout dans Fespoir que, sensibles à cet acte de com¬ plaisance , ils se détermineroient à envoyer promptement^des provisions, surtout pour les malades^ çjui se trouvoient réduits à la plus deplorable situation. Le present destin^ au jeune prince par l’ambassadeur, consistoit en un beau fusil à deux coups: ce present ;CH$ I D 9DTB2 BI JiI9(p;' ’ • <; r 7 t * étoit d'un très-grand prix dans une contrée^ dont les habit ans sont extremement curieux u noiDii90£9D TTtrp 8ioi />rn;- d armes à feu. Ils connoissent bien Fusage de iCjpnXOfTIOÍ) 89l) ÍI01JQ90X9M ® la poudre; mais ils ne possèdent qu’un trcs- petit nombre de fusils: encore sont-ils exces- 5Xi£D09q rsm^F , ( uo ttovV nb sivement mauvais. Le lendemain, nous reçumes en retour deux buffles, un peu de riz et quelques canards; mais ces buffles etoient d une qualité si me¬ diocre, qu il fut à peine possible de man-, ger la chair de Fun d eux que Fon tua sur- le-champ, l’autre mourut deux jours après. Le 6 juin, toutes les tentes furent repliées et les malades ramenés k bord. Ils se trouvoient généralement mieux qu à notre arrivée en ce. lieu, quoique plusieurs fussent encore assez mal, et que la gue'rison de quelques-uns fiat très-douteuse. II nous avoit été impossible' de leur procurer tous les alimens qu exigeoit
  • 134 VOYAGE EN CHINE, leur état; car pendant un sejour de trois se- niaines , nous n'obtinmes que quelques ca¬ nards , un peu de poisson, quelques palates douccs ct du sucre. Les canards étoient fort bons , et au bout d un certain temps, ils di- minuèrent de prix et arrivèrent à un ,taux raisonnable. Dans le principeu ees homines interesses jÇj de mauvaise foi, remarquant notre empressement à les acbeter, ne you- loient nous en donner ciue deux pour un ‘~f 06 " un hduo * >jjr.BV TTr>fiDT'Til fill dollar: ils nous en donnèrent ensuite trois, *" m * ^ ^ uiiiorn j 29D ificj s et continuèrent à suiyre cette progression à mesure que nos besoins devenoient moindres, jusqu’a ce qnenfin ils nous en donnèrent dix ou douze très-beaux pour la meme somme. Le mercredi 5 , le Jackall, ayant à son bord quelques-uns des gentilshonunes dambassade, se mit en devoir d aller lever la carte de difc férentes lies et de la baie du côté du nord. Ill è k « I I « p • i J I . f y ( Dans cette circonstance 5 ils eurent occasion de voir un beau village, ou plutôt une ville, qui, à en jugcr par son apparence en entrant dans le port^ senibloit bâtie par des Euro- péens ou par des Chinois. Les maisons étoient construites en pierre, et d après un plan ré- gulier. En descendant à terre , ils trouvè- rent les habitans très-occupés à preparer une
  • ET EN TAT ARI E. i35 grande quantité de mortier et dautres ina- tériaux, comme s ils devoient entreprendre un ouvrage considerable. A mesure qu ils avancèi^ent dans 1’íntérieur de la ville , ils découvrirent beaucoup de particularités vrai- ment curieuses , et d’autant plus propres â exciter leur étonnement , que cette espèce de petit paradis contrastoit avec la campagne sterile et sauvage dont il étoit environné de toutes parts. Ce qui les frappa le plus , fut un bâtiment assèz yaste, soutenu à sa partie antérieure par des colonnes d’un marbre bien poli, et orné en difFérens endroits d’images et de caracteres chinois, dont 1’exécution nauroit pas été désavouée par un artiste eu- ropéen. Calculée sur de justes proportions , l’architecture n’en étoit ni trop légère, ni trop massive , et tout autour de 1’édifice s’é- tenddit un jardin spacieux , orné d’allées régulières. JDes cultures de riz , dans létat lo plus florissant, se déployoient à perte de vue 9 et enrichissoient le paysage. Nos gentilshom- mes observèrent avec une attention particu- lière un spectacle qui leur présentoit tant dintérét. Cette curiosité parut donner de. l ombrage aux naturels , qui auroient désiré sans doute , mais qui n osoient pourtant pas
  • 136 VOYAGE E NyC HI N E. la troubler.; Ils levèrent + une topographie exacte du port ,r notèrent tout ce qui leur avoit paru digne de remarque, et tâchèrent de recueillir quelques lumières sur les causes dune si prodigieuse difference entre cette peuplade et celles dont elle étoit entourée. Toutes ces tribus se ressemblent par la con¬ formation physique, par fhabillement et par quelques usages qui leur sont communs; mais celle-ci est caractérisée parrjplusieurs traits qui lui appartiennent en propre, et quon chercheroit yainement ailleurs. Elle a ses pagodes, et les objets de son culte sont ma- gniíiquement ornes; yextrêmement supersti- tieuse dans les affaires de religion, elle est beaucoup mo ins ignorante que le peuple de Touron, principalement celui de la plus basse classe. Les mandarins ont de la penetration dans l’esprit; ils saisissent facileinent tout oe qu'on leur explique. L’oncle du jeune prince, hoimne do ué de beaucoup d’intelligence, dó* sira qu on lui mit sous les yeux un globe , et que sur ce globe on lui montrát sa pa- trie, dont il savoit qu un Anglais avoit eu connoissance et> avoit même fait la visite dans Je plus tgrand detail. On seuipressa de cofitenter son desir , et il fit beaucoup d ob-
  • E T 1E N T AT AR I E. ify sensations locales fort judicieuses. II demanda enfin quon lui montrat l’Angleterre , ne dou- tant pas , disoit-il, qu’un pays qui envoyoit dans toutes les parties du monde des flottes et des armees, ne fiit d une étendue immense. Nos gentilshommes, éprouvant quelque honte à n’avoir à lui montrer qulme tie d’aussi peu d'apparence , le trànsportèrent de l’Angle- terre et de llrlatide au dela de 1'Océan Atlan- tique; et exposant à ses regards une grande partie de TAmerique et de ses lies, ils lui fi- rent entendre que tout cela appartenoit au roi leur maitre ; ils lui représentèrent ce roí comine le plus puissant inonarque de la terre, comptant au úombre de ses tributaires plu- sieurs princes et plusieurs rois. La grandeur de nos vaisseaux, et le tonnerre qui s’echap* poit de nos pieces de 24 , les frappèrent d'é- tonnement , et les engagèrent du moins à nous traiter avec égards. Si nous n'eussions eu que de petits bàtimens sans artillerie , je crois que nous aurions reçu d’eux un tout autre accueil. Lorsque les observations fu- rent terminées et que le Jttckall se disposoit à se remettre en mer, douze grands pro pleins d hommes parurent à fentréè du port, dont ils fermoient 1'issue, en formant une
  • 138 VOYAGE EN CHINE - ligne en travers. Leur intention étoit évi- demment de s’opposer au passage du Jac- kail $ et comme ils ne voyoient pas de ca¬ nons à bord, ils ne sattendoient sans doute à aucune resistance. Mais ce bâtiment avoit plusieurs pierriers, et il etoit pourvu dautres arraes jilresolutdonc de savancerhardiment, et disposa de la manière la plus avantageuse ses petites forces. Lorsqu'il se crut assez pres , il tira par dessus la tcte de l ennemi un de scs pierriers et quelques mousquets, Cette de¬ charge produisit un effet admirable. La ligne souvrit;les pro se rangèrent àfdroite et à gauche pour faire un passage. Au moment oil le petit brick s’avanooit au milieu d’eux, ces sauvages, appuyés sur leurs rallies, le con- templèrent avec un étonniement stupide, et noserent fattaquer. Le 7 juin, le Jackall arriva heureusement à la baie de Touron. Le merne jour, une chaloupe du Lion, ayant à bord le lieutenant ( M. Jackson) et sept homines d'equipage , reçut ordre de remonter la ri- vière pour en lever le plan. Il leur avoit été enjoint, pour n inspirer aucune méfiance aux naturels, de ne pas remonter plus haut que les mandarins ne le leur permettroient. Mais ayant un peu dépassé la limite qui leur avoit
  • ET EN TAT ARI E. i3g fixée , i!s furent tous arrêtés et conduits en prison. Leurs dessins et lenrs instrumens furent également saisis. Cette affaire causa beaucoup d’embarras» à lord Macartney et à sir Erasrtie Gower; ils ne savoient trop quel parti prendre ; ils blâmoient la conduite de cet officier ;y mais sa double qualité de sujet dè la Grandè-Bretagne et d’oflficier de la marine angiaise ne ffeur permettoit pas dè ne pas rdclamer son élargissement. Ils le firent en termès positifs, et menacèrent d em¬ ployer la force j si les moyens de douceur étoienthinsuffisans. Ils recommandèrent aux mandarins d’assurer le prince que la con¬ duite de cet officier étoit loin d’obtenir leur approbation , et qu'il lui seroit demande un compte sévère des motifs de sa désobéis- sance^ Nos chaloupes descendirent à terre, comme de coutume, pour se procurer des provisions, et elles n'y éprouvèrent aucun dé- sagrément, quoique les visites des mandarins à bord fussent devenues moins frequentes. Avant cet événement, nous voyions arriver chaque jour cinq ou six grands bateaux , oil se trouvoient plusieurs de ces personnages avec trente ou quarante de leurs subordonnés. Ces bateaux , comme les jonques chinoises,
  • r4o VOYAGE EN CHINE ' étoient très-longs et fort élevés de l avant et de l arrière, avec des siéges également élevés ? sur lesquels on avoit étendu des nattes et plantes des parasols; et si le ba¬ teau étoit monte par un mandarin rrtilitaire , on remarquoit de chaque côté environ une douzaine de longues lances , avec d’autres instrumens de guerre. Outre les rameurs , dont le nombre varioit depuis douze jusqu’a quarante , il y avoit cinq ou six soldats ar¬ mes d épées suspendues en bandoulière. J’ob- tins la permission d*examiner une de ces épces, et je reconnus que c’etoit une très- bonne arme ; sa forme étoit à peu près celle des nôtres , mais un peu plus forte ; sa poi- gnée se composoit de la petite extrémité d une dent d’elephant, et le fourreau étoit une espèce de bois dur, couleur d’acajou , artistement poli et recouvert en plusieurs endroits de plaques d’argent. Le vêtement des chefs a quelque chose de 1‘habit persan. II consiste en une sorte de caleçon flottant, et en une longue et large robe de toile de coton rembrunio, attachée autour du cou par un bouton , et aceompagnée de larges manches, qui descendent jusqu’au bout des doigts; quelques - uns 5 par dessus ce vete-
  • ET EN TAT AR IE. 141 ment, ont une espece de surtout de soie, à fleurs blanches. Ils portent autour de la tête un turban allonge, fait dindienne ou de mousseline de couleur foncée , qu’ils roulent en bourrelet pour cet usage. Us se font suivre d’un grand nombre de domestiques, tenant en main des parasols, des pipes , du tabac , des boites à ci'ach,er, des éventails, etc. L’liabille- ment des gens du peuple ne consiste quen un caleçpn, qui descend jusqu’au mollet , et un turban assez semblable à celui qu ou vient de décrire, mais d étoffe plus grossière. Ils ont dans leurs bateaux un grand et beau reservoir d'eau, diílerens ustensiles nécessai- V/ Xa w 5 3 M V-4 - -■ • 11 Si * J * - tV X v v . a IIX * - J * A V res et d’abondantes provisions. Toutes les fois qu’ils passoient le long de nos bâthnens et que leurs chefs étoient à bord, ils se tenoient accroupis sur leurs talons comine les Ma- lais , áyant chacun un bassin rempli de riz bouilli. Ils saisissent leurs aliniens et les por¬ tent à leur bouche avec de longues baguettes, dont ils se servent avec une merveilleuse adresse. Aussitôt après le repas , ils se lavent et s’étendent sur une natte pour dormir. Ces peuples, à beaucoup d égards , paroissent être un mélange de Chinois et de Malais. Lem's buttes sont assez mal bâties en bambou. Sur
  • 142 VOYAGE EN CHINE ' le devant de chacune d’elles, est une espèce d’auvent soutenu par des piliers en bois , sous lequel est un siege commode , en roseaux, couvert d une natte , oil ils se reposent. Lin- térieur est orne de caractères et de peintures dans le style chinois. Les maisons sont pe- tites ou grandes, suivant le rang ou la qua- lité du propriétaire ; mais dies sont toutes d un goút assez mediocre. Dans cliaque ville ou village est un Edifice pins grand que les autres, destine à traiter les affaires publiques, ou à recevoir les etrangers. C est dans un de ces edifices qu’on donna i\ lord Macartney Un repas, et une espèce de comédie jouèe par des jeunes gens des deux sexes qui, au son d une musique vocale et instrumentale, fausse et dis¬ cordante, représentèrent les exploits guerriers drun de leurs chefs. Les femmes ne sont point distinguées des homines par le costume ; mais leur conformation plus delicate décèle leur sexe, et quelques-unes d’entre eiles, particuliè- • • rement les actrices, sont d une grande beauté ; d ailleurs ces peuples, comme les Malais , sentent généralement mauvais. Leurs ani- maux domestiques sont remarquables par leur grandeur; ce sont des éléphans , des chevaux en petit nombre, des chèvrcs et des cochons;
  • ET EN TATARIE. i43 tous les animaux sauvages que nous eúnies occasion d observer, étoient ou des buffles ou des singes. Ils ont beaucoup de poules et de pelicans; je vis aussi plusieurs espèces de poissons; c’est un aliment qu’ils ont en abon- dance , et dont ils sont très-iriands, lorsqu’il est mêlé avec le ria. '*b'r.«vrr» v< 1 Le io juin, notreprovision deau fut com¬ plete , et nous n’attendions pour remettre à la voile que nos homines detenus à terre. Le depart étoit fixe au lendemain. Mais au grand déplaisir de tout le monde,gill fut encore dif- féré par suite-de ce fâeheux incident. Le temps avoit été si chaud et si malsain, qu’il y en avoit bien peu parmi nous qui fussent exempts de maladie. Le 12 juin, M. Totliill, commis aux vivres du Lion, mourut, et le même jour il fut enterre près de l’aiguade. Le 14 , le lieutenant du Lion, les homines et la chaloupe furent mis en liberte et ren- voyés à bord avec leurs dessins et tous leurs elfets. Le jeune prince faisoit accompagner leur retour d une fort belle apologie de sa con- duite et d im present de riz. Le 15, nous quit- tâmes la baie de Touron, et le 20, nous mouil- lâmes au milieu d un groupe d iles, situées vis-a-vis 1 entree de la riviere de Canton. Le
  • 144 VOYAGE EN CHINE . même jour,les deux bricks, avec le capitaine Mackintosh, sir Georges Staunton et les deux Chinois que nous avions ainenes d'Angleterre, firent voile pour Macao, d’ou ils revinrent tous le 2.2, à l’exception des deux Chinois. Ils ramenèrent avec eux deux Jesuites Français qui avoient résidé long-temps dans ce pays, et qui désiroient se rendre à Pékin. Le 23, de bon matin, nous appareillámes avec un bon frais de vent. Dans l'apres - midi, nous par- lâmes à deux bricks portugais qui alloient à Macao. Georges Martin , second calfat, mou- rut le même jour, et son corps fut jeté à la mer. it A. ^ - • V c lí » •< * ^ v a N . • • « • ' * %, 4 at —* m W K a ^ CHAPITRE
  • ET EN TATARIE. CHAPITRE jV> % Arrivée dans la baie de Tchou-San. — Continuation de la maladie et de la mortality dans l’equipage du Lion• — Etonnement des Chinois à la vue des vais- seaux anglais. — Navigation sur la Mer Jaune. — Riche aspect des cotes de la Chine. — L’escadre mouilie près de Ma-tao. —Details sur cette ville. t — Proclamation de lord Macartney aux equipages; des vaisseaux et aux persounes composant bambas-^ sade. -Débarquement. Le 25, nous eumes grand vent et le ciel fut bruineux. Le Lion et le Clarence eurent tous deux leurs liuniers de misaine déchirés et leur grément très - endommagé. Dans la ma¬ tinee du 26, nous doublâmes la pointe sud- ouest de Tile Formose; mais nous en étions à une distance assez considerable pour quil nous fut à peine possible de la distinguer: cependant elle nous parut être une terre fort élevée. Le soir5 le Jackall eut le malheur de perdre un homme qui, de fextremite de la vergue de hune ou il étoit allé prendre un riz, se laissa tomber à la mer. L’obscurite ôta tout moyen de lui porter d'utiles secours^ 10
  • 146 VOYAGE EN CHINE quoiqu'il fut excellent nageur, et qu’il eút, pendant qnelque temps, survécu à sa chute, ce que nous comprimes par les cris qu’il fai- soit entendre au milieu du bruit des vagues. Le 28 juin, le Lion nous quitta, dans l’in- tention de .se rendre plus prompteinent à Tchou-San, et de rencontrer un vaisseau de la Compagnie qui avoit ordre de, croiser à la hauteur de cette ile et dq nous y attendre jusqu’au 3o du courant. II confia les deux bricks à la garde de 1’Hindoustdn. Lc temps avoit été si constamment brumeuxetles vents si variables, que nous n avions pu faire au- cune observation, et que nous étions incer¬ tains de savoir si nous arriverions à temps pour rencontrer ce navire. Le 3o, le ciel séclaircit, et le vent fraichit de la partie du sud-ouest. Le 2 juillet, nous decouvrimes la baie de Tchou-San, et nous apercunies le Lion, qui venoit k nous. II avoit croisé de- vant File, mais sans voir le bâtiment cpie nous cherchions. Vers midi, notre petite escadre mouilla dans la baie. Nous recúmes aussitôt a la visite de beaucoup de bateaux pecheurs, dont les flottes innombrables couvroient, en quelque sorte, toute sa surface. Le memo jour, le Clarence, ayant k bord sir Georges
  • t ET EN TATARIE. 147 Staunton et le capitaine Mackintosh , fit voile pour Tchou-San , place très - importante , si- tuée àlapartie supérieure de la baie, afin de se procurer, s’il étoit possible, des nou- velles du vaisseau de la Compagnie; car il étoit naturel de penser que ce vaisseau au- roit pu au íiioins être vu par quelque bateau pêcheur. Leur intention étoit aussi d amener un pilote pour nous conduire à Pekin. Pen¬ dant notre séjour stir la baie de Tchou-San, le temps fut tres-variable. Les matinees étoient généralement bélles et agréables; mais vers midi, le vent s^élevoit.^ souffloit avec vio¬ lence , et la pluie tomboit à grands flots. Ce- pendant comme nous nous trouvions sous une latitude de 3od du côté du nord, la chaleur que nous éprouvions n étoit pas comparable ' * à celle Çue nous avions eprouvée quelques mois auparavant. Láquipage de notre bâti- ment recouvra bientót la santé, et nous ne 4 comptâmes plus parmi nous qu un ou deux malades en danger ; mais 1’equipage du Zion etoit toujours malportant. Depuis l instant du mouillage jusqu au 6 de juillet, il perdit cinq homines, et il y en avoit encore soixante sur la liste du chirnrgien. Nous nous procu- râmes en ce lieu des rafraichissemens, d'ex-
  • 148 VOYAGE EN CHINE celient poisson, du the, du sucre, etc., le tout au meilleur marche possible, et de la meii- • ' cr leure qualité. Nous ne vimes pas sans éton- nement la multitude de jonques, de bateaux pêcheurs, ct de vaisseaux de toute espèce et de toute grandeur qtti traversoient perpé- tuellement la baie dans tous les sens. D'apres , i StniiUKI 09,m.Í9 c une evaluation moderee, j estime qu it en A *irwv nb iipii • !) bI ifl^ioviu? passoit, chaque jour, trois ou quatre cents sous nos yeux, la plupart tort gros. Le nom- bre d’hommes embarques sur chacun d’eux etoitP’eicore plus étonnant ; les nioindres barques de pêche avoient ordinaireinent douze homines d’equipage. Jamais ces peu- pies n avoient vu dans leurs parages aucun vaisseau de la grandeur des nôtres, ni d’une semblable construction; ils en visitèrent avec une singulière curiosité les diverses parties, et tout ce qui frappoit leurs regards excitoit leur surprise. Les premiers qui étoient venus à bord y revinrent avec leuxs pères et leurs parens, pour leur faire admirer les merveilles dont ils avoient eux-memes été témoins. Les vieillards, que l’age paroissoit avoir rendus presque sourds et aveugles , se trainoienfc dun pont à l’autre; la bouche béante et les mains élevees, ils exprimoient tout leur e'ton-
  • ET EN TATARIE/ 149 nement pour de si ctranges choses. Quelques mandarins du troisième rang vinrent nous rendre visite, et prirent les dimensions du bâtinçLent. des mats, etc. Dans la matinée du 7, le Clarence revint et nous amena un pilote ; le 8, vers midi, nous appareillâmes avec un bon frais soufflant de la partie du « ." Í1 ■)'' ‘TI ^Xí01 ~(TBD ) 1 bTÍ i>llíí‘mflU?HJJ nord-est, et avec une mer houleuse, dont ilO 11 íip )IXIlJ/.fÍ l r ' ’ les vagues suivoient la direction du vent. A 1 entrée de la nuiK yous aperçíunes distincte- ment la terre, et nous tinmes le large pen- íod unoMíriÇ» 89ji uTv) «oxaifloB \ ti dant toute la nuit ^ malgré les representations du pilote Chinois, qui auroit désiré que notre Ji . OilBumiò Jfl ^rfOVT» • I * bâtiment demeurât k fancre en vue de la -iioq zoo ^íBiríBb Ogf^i 1 *rpn> gonTinon sxuap terre. Le temps n’eut rien que de très-ordi-. naire jusquau 10, époque à laquelle le vent devint plus favorable, sans être trop violent. Le soir du meine jour, nous relevâmes dans le nord - ouest - quart - nord file de Tchéou- Tsing-Tong, à la distance de huit lieues. Le lendemain matin de bonne heure, nous vimes \ *i.i » J X plusieurs lies à fouest et au nord, et nous nous dirigeâmes vers la terre avec un bon vent qui souffla constannnent du sud. Nous étions alors par 3o° 7r de latitude nord, et nous trouvions la temperature beaucoup plus douce et plus égale qu elle ne l’avoit été pen-
  • 15o VOYAGE EN CHINE dant les mois précédens. Les malades se re- tabiirent bientôt, et tons les cceurs souvri- rent à la joie , par fesperance d’atteindre sous peu de jours le terine d un aussi long et aussi pénible voyage. Le 12 et le i3(, le ciel fut convert d'un épais brouillard, les vents variables, et nous nous perdimes de vue les uns les autres, quoique de demi-heure en demi-heure nous tirassions des coups de ca¬ non , signal qui fut répété jusqii’a près de minuit. Le 14, nous pensames que tous nos bâtimens avoient change de route ; le temps s éclaircit vers le matin, et nous décôtivrfmes plusieurs vaisseaux, que notis reconnfitnes bientôt pour des jonques chinoises , h fex- ception d’un brick sous pavilion anglais; notre satisfaction fut inexprimable, lofsque nous apprimes cpie c étoit YEndeavour, ca- pitaine Proctor, charge par la Compagnie des Indies Orientales de nous attendre à la hauteur de file de Tchou-San, et de nous conduire an port le plus voisin de Pekin. A pres avoir quitté Tchou-San, co navire étoit allé à Tching-Tsing, et ne nous y ay ant pas trouvés, il s étoit tenu en croisière à fen- trée de la Mer Jaune, oil nous ne pomdons manquer de le rencontrer. Outre des pilotes
  • ET EN TATARIE. i5i experimentes, il avoit àson bord un ou plu- sieurs interprètes, sans lesquels nous aurions été dans une position fort embarrassante à notre arrivée. Le vent nous étant favorable pendant cette journée et soufflant avec assez de force, nous eúnies la douce perspective d’arriver, au plus tard , dans deux ou trois jours à notre destination. Mais notre alé- gresse n étoit pas encore sans mélange; nous étions separes de nos compagnons, et tous nos souhaitsse bornoient alors à lesrejoindre. Le 16 au matin, nous nous trouvames au 1 * milieu d eux, par le trayers de la pointe la plus septentrionale de la cote de la Chine. Nous avions mal compris leurs coups de ca- nòn de signaux, dans la nuit brumeuse ou nous les avions quittés; et par une suite de cettê même errem-, ils avoient passe en avant de nous. Le 17, nous étions par le travers de la pointe septentrionale, située à environ 38d de latitude nord. L'Endeavour étoit resté fort loin derrière. II étoit si mauvais marchem*, que la moindre voilure que nous mettions dehors suffisoit pour nous écarter de lui, et pòur fempecher de nous suivre. Mais si pres du port, k la vue de la terre, ce bátiment nous intéressoit beaucoup moins. Nous avions
  • 15a VOYAGE EN CHINE pris 1 interprete à son bord, et nous avions laissé au capitaine les moyens de nous re- joindre et de venir recevoir les ordres ulté- rieurs de lord Macartney. Pendant notrc separation, le temps avoit été assea indilie- . rent; toujours de la brume .et4u brouillard. Nos sondes | nous doainoiput régabèrement de huit à trim to brasses,, splpn que nous nous approchipns ou . qpeit nousj| nous éloi- gnions de la terre. La,.mer ou JB^yieiye Jaune n avoit pas en cet endroit plus de trente lieues d'ctendue; et par un temps clair, nous pou- vions découvrir en plc^^^nqjfiqí&lJe?,cótes de Chine, et de l’autre la terre de Zeoua-tao. En general, nous nous éeartâmes peu des premieres, afin de tirer parti de uotre pilote, qui paroissoit les connoitre parfaitement bien, mais qui, du moment ou nous les perdions de vue, cessoit de nous étre utile. Le j8, le ciel fut sombre et les vents doux, mais variables. Nous nous étions dirigés vers la partie occidentale de la baie. Nous y vimes plusieur grandes jonques, abord .de l'une desquclles pons nous procurânies un nouveau pilote. I^a journée du 16 fut si brumeuse etsi obscure,qup^ious etions obliges de tirer cons- laimnept <|cs coups de canon, pour ne pas
  • / V ET EN TATARIE. i53 courir les risques de nous séparer une se- conde fois. Nous ne pouvions plus distinguer la terre, et les bâtimens ne s’entrevoyoient plus à travers le brouillard, quoiquils en- tendissent très-bien les coups de canon les - uns des autres. Vers huit lieures du matin, le Jackall nous approcha sur larrière, et nous apprit que nous étions très-près de la terre, qu’elle sé trouvoit située par rapport à nous de 1’eSt au sud-sud-ouest, et quil s’é- toit avaneé vertf elle à la distance d environ trois quarts de mille, ayant de Favoir aper- çue; il désiroitlldai1leurs connoítre quelle route il avoit à tenir. Environ une heure après, le soleil perca le brouillard et dissipa entièrement la brume, de sorte que nous vimes parfaitement noire petite flotte et la terre. Une brise fraiche soufSant de la par- tie de l’Est nous poussoit au rivage, et nous eúmes 1’espérance bien douce de mouiller avant la fin du jour. La 'contree étoit basse dans le voisinage de la mer ; mais plus avant dans rintérieur, elle paroissoit montueuse. La campagne sembloit être bien cultivée et bien peuplée. Pendant tout le jour, nous vi¬ mes beaucoup de jonques d'un gabarit con¬ siderable. \ers le soir, nous entrâmes dans
  • / 0 154 VOYAGE EN CHINE uue grande1 et belle baie, que nous primes pour celle de Ma-tao, lieu oil nous avions donné rendez - vous au capitaine Proctor, commandant I Endeavour, pour nous y re- joindre en cas de separation. Nouscôtoyâmes le rivage d assez pres pour distinguer les ha- bitans rassemblés sur lcurs collines et courant çà et là, comme pour 1 exprimer b extreme surprise que leur causoit notre vue.> Nous mouillâmes avant le coucher du soleil; et bientôt nous vimes arriverh de terre une barque qui nous apprit que nous nous étions trompés, et que le port ou nous voulions nous rendre , étoit encore k dix lioues dans le sud- est. Le 20 juillet, nous levâmes l'ancre, et nous passâmes devant plusieurs lies charmantes. Nous apercevions les maisons disseminees le long des bords de la mer, dans de delicieux paysages; à bexception de la sommite des rochers, il ny avoit pas un pouce de terre qui ne fut dans le plus bei état de culture. Nous vimes une ville assez importante, et plusieurs grandes jonques à bancre dans le voisinage de cette ville. A mesure que nous en approchions, les plus magnifiques points de Vue se deployoient à nos regards. Cétoient I i
  • f ET EN TATARIE. i55 tantôt des maisons répandues çà et là dans une immense vallée; tantôt des villages, et de grandes cites, à la distance d environ un mille l une de f autre, au milieu des plus riantes campagnes. Vers les six heures du soir, nous mouillâmes dans une baie décou- verte , vis-à-vis Ma - tao d'un côté, et la villo de Tsing-Tché de 1 autre. Cette ville est en- tièrement environnée de murailles, et nous estimámes approximativement à seize milles la longueur de sa circonférence. Sa situation sur un terrain élevé, nous permettoit de dé- rouvrir presque toute fenceínte des nrurS et de nous faire une idée fort juste de son éten- due. Ces niurs sont construits en pierre , et si eleves que nous ne pouvions voir que quel- ques maisons bâties sur les col lines. Leur épaisseur est, je crois , proportionnee à leur élévation; car au moyen de nos longues vues. nous découvidmes, en entrant dans la baie, sur la partie de ces murailles la plus voisine du rivage, une multitude d homines que la curiosité y avoit rassemblés pour nous voir: dans toute létendue de leur circonférence, on remarquoit des tours extremement hautes, éloignées l une de f autre d environ cent ver¬ ges; et à lextrémité septentrionale dela yille3 4
  • i36 VOYAGE EN CHINE * il paroissoit y avoir une assez forte batterie, klJB I IS * composee de plusieurs pieces, de canon. Au- tour des murs, extérieurement, étoient des ' obi 0i> tif ■) to (jiy )rotor lusn tentes, selon toute apparence à lusage des troupes. Plusieurs chaloupes vinrent à nous ^ mais elles ne nous apportòrent qu’un peu de poisson. La latitude de ce port, déterminée par 1 observation, est d’environ 38d. t j. . TeuiuBtioq Le dnnanche 22 juin, le brick XEndea- . O..' # >0 yltílUr0)1 aOSTV? « vour, capitaine Proctor, arnva et salua de . <51 -m m 1 (XUJill s.'nJ JB eJi'^UnOT) 137 01.) six coups de canon le Lion , qui lui répondit par quatre. Le Jackall fut envoyé pour son- der la barre et le port de Tching - Tsing; car le port oil nous étions alors ne parut pas assez abrité pour proteger les vaisseaux contre les coups de vent. Vers midi , nous eúmes un pilote à bord et nous appareillames pour aller à Tching-Tsing. Ce jour, M. Intire, bombardier du corps de l artillerie royale , mourut a bord du Lion. Sa mort fut occa- sionnee par la dyssenterie , dont plusieurs; autres militaires de la garde étoient atteints. II fut donné lecture aux troupes à bord du Lion, d une proclamation de lord Macartney, conçue en ces termes : « Comme sous peu de jours les vaisseaux » et les bricks qm accompagnent l’ambassade
  • ET EN TATARIE. 157 3> à la Cliine arriveront vraisemblablement » dans le port, Son Excellence l’Ambassa- 3) deur croit qu’il est de son devoir de faire 3) les observations et de prendre les mesures 3) Sâtí^cí^ijISâ^eílísSíée des Chinois 5 on se 3) flatteroit vainement d’atteindre le but im- 3) portant de l’ambassade. Cette bienveillance ))^se¥k^ r^ti^ataáés nfifes qpa'ils se formeront )> de la conduite et des intentions de la nation jr anglfâl^èÁ^énéfaí; ^ef lís n'en peuvent 3) juger que par la conduite et les intentions )> de ceux de cette nation quils vont rece- 3) voir au milieu d’eux. It faut avouer que les 3) impressions qu’ont du laisser dans leurs 3) esprits les inconsequences commises à Can- 33 ton par les Anglais sont tellement défavo- 33 rabies à ces derniers , que les Chinois les 3) regardent comme le peuple le plus mé- 33 chant de toute l'Europe. Ces impressions 33 qnt été transmises à ce tribunal suprênie 5 33 siégeant dans la capitale, spécialement 33 chargé de faire à l Empereur des rapports 3 3J et de lui donner des conseils sur ses rela- 33 tions et ses intdréts à 1’egard des pays 33 étrangers. H est done essentiel qu’une con- 33 duite régulicre et mesurée change leurs
  • 158 VOYAGE EN CHINE » opinions sur la nation anglaise, et leur en » inspire une plus avantageuse et plus juste ; » il est essentiel do leur prouver que memo » les sous-officiers de terre et de mer, par la » discipline et l’exemple, sont capables de • * * • . » maintenir le bon ordre, la tempérance et 3> la subordination parini leurs inférieurs. » Quoique le peuple de la Chine n ait pas la •> moindre part ai* gouvernement, c’est une » maxime • invariablement suivie par ceux )> qui gouvernent, de prendre le parti du der- 33 nier des Chinois dans les différensqU’il peut 33 avoir avec un étranger, et de venger sa 33 inort, s'il succombe: La ville de Canton a 3) été témoin d un exemple tragique et recent 33 de cette politique. Un canonnier (i) d'un 33 vaisseau anglais, pour avoir été la cause 33 innocente de la mort d un paysan chinois, 3> fut mis a mort lui-même , malgré les efforts 3) que firent pour le sauver tous les conip- 3> toirs Européens établis à Canton. II faut 33 done, dans toute espèce de communication 33 préméditée ou de rencontre fortuite, même (i) Ce canonnier avoit tué deux bateliersChinois du même coup. II ignoroit que la pièce fút chargee à bou- let. Voyez les Mémoires concemant V His to ire, les Sciences, etc.3 des Chinois, t. XIII, p. 5i3-5i5. (L-s.)
  • ET EN TAT ARIE. i5g » avec lcs plus pauvres gens du pays, ap- » porter beaueoup de reserve et de douceur. » Son Excellence sait quelle na pas be- » soin de recommander à sir Erasme Gower » d’etablir tous les réglemens que lui dictera » la prudence , à légard des personnes qui » sont sous ses ordres; elle espere que le )> capitaine Mackintosh fera de meme h lé- » gard des officiers et de Tequipage de YHin- doustdn. Elle compte aussi cpie l esprit de )) ces réglemens sera de consolidcr dans ces 33 contrées lointaines et le credit du noin • » anglais, et les intérêts de la mère patrie. 33 Elle compte enfin que la sagesse des dis- 3) positions garantira la Constance et l em- w pi'essement à les exécuter. 33 Elle se flatte que les lnemes motifs pro- 33 duiront les mcmes effets sur toutes les per- 33 sonnes immédiatement attachées à l’am- 3> bassade ou à sa suite. Son Excellence dé- 3> clare d ailleurs qu’autant elle est disposée 33 à donner des encouragemens à ceux qui 33 sauront les mériter et à rendre, au retour, » un compte favorable de leur bonne con- 33 duite , autant elle pense qu’il est de son 33 devoir , en cas de mauvaise conduite ou 33 d insubordination , d’en rendre compte
  • 16o VOYAGE EN CHINE » avec la même exactitude , et de suspendre w ou de destituer les infracteurs, selon la gra- » vité des circonstances. Si quelque offense » ou quelque faute étoit commise à Fégard ?> de quelques Chinois, et que cette offense 3) ou cette faute fút punissable daprès leurs 3) lois ? Son Excellence ne se croit point obli- 33 gee d’interyenir pour détourner ou adoucir >3 la peine, Elle se repose avec confiance sur 3> le lieutenant-colonel Benson, commandant 3> de sa garde, pour avoir Feed perpetuelle- 33 ment ouvert sur ceux qui la composent. 33 La surveillance de leur conduite person- 33 nelle devient aussi nécessaire en cette oc- 33 casion, quelle Test en temps de guerre , 33 quoique pour d’autres motifs 5 à Tegard de 3) l’ennemi. La garde demeurera constam- 33 ment réunie et sera régulièrement exer- 33 cée à toutes les evolutions militaires; au- 33 cun de ceux qui en font partie ne pourra 33 s’absenter, soit du vaisseau , soit du lieu 33 qui lui sera assigné pour le séjour à terre , 33 sans une permission de Son Excellence , 33 ou de l’officier commandant. Aucun arti- 33 san ou domestique ne pourra quitter le 3) vaisseau ou la demeure habituelle à terre, » sans une permission d’elle-même ou de M. 33 Maxwell;
  • ET EN TATARIE, 161 » Maxwell; et Son Excellence a lieu d’atten- » dre que les gentilshommes d’ambassade » donneront l’exemple de la subordination, » en lui exposant à l’avance leur désir, » soit de s'absenter du vaisseau, soit de quit- » ter la demeure habituelle à terre. II ne » pourra étre sorti du vaisseau, ni ensuite » du lieu de dépôt à terre , aucune caisse ou » aucun paquet, sans l’autorisation de l’am- » bassadeur, ou un ordre signé du contrô- » leur, M. Barlow , lequel ordre détaillera » la nature , le nombre et les dimensions » des caísses ou des paquets. Son Excel- » lence exige de la manière la plus expresse » qu’aucun marin attaché au service des » vaisseaux, et elle désire qu’aucune per- » sonne de sa suite, soit garde , soit artisan, » soit domestique, ne trafique , par voie de » vente ou d’achat, du moindre article de » marchandise, sous quelque prétexte que » ce puisse étre, sans en avoir préalablement » obtenu la permission d elle-même. La né- » cessité decarter toute idee mercantile dune » ambassade à Pekin a paru d’un tel poids, » que la Compagnie des Indes a volontaire- » ment renoncé aux benefices certains que » lui promettoit l’ouverture d’un nouveau '• ; 14
  • 16a VOYAGE EN CHINE » marché, et n’a pas souffert qu'aucun ob- » jet de commerce fut embarqué à bord de » 1’ Hindoústân, uniquement parce qu’il devoit » accompagner l’ambassade. Aux yeux pré- » venus des Chinois, l’importance et la di- » gnité de lexpédition seroient entièrement » avilies, et les heureux resultais qu on a » droit d’en attendre sous le rapport com- » mercial, perdus sans ressource, s’il se mani- » festoit la moindre vue intéressée parmi les » personnes destinees soit à transporter, soit » à escorter un ambassadeur, dont le compte » rendu devoit infailliblement se transformer )) en un système général de commerce. Son » Excellence se relâchera volontiers de cette 3> rigueur , lorsque les négociations seront » assez avancées pour que le succès de sa » mission soit infaillible, et lorsque la faculte » accordée par elle à un Europeen de dis- » poser de quelque article de marchandise » sera regar dee comme une faveur spéciale >3 pour un achéteur Chinois. 3) En cas de contravention à ces mesures, 33 Son Excellence seroit dans la necessite 33 d’employer contre les contrevenans les 33 moyens de punition qui sont en son pou- >3 voir. II lui est facile de sevir contre ceux
  • ET EN TATARIE. i63 » qui sont attaches à sa suite ou à sa per- » sonne; la discipline maritime procure à » sir Erasme Gower la même facilite à 1 e- ». card de ceux qui sont sous son coniman- » dement immédiat; et par son arrêté du » 5 septembre 1792 , ainsi que par sa lettre » du 8 du même mois, la Compagnie des » Indes a autorisé Son Excellence à exiger » des officiers de 1'Hindoústân la plus entière » obéissance aux réglemens de l expédition. » Une copie de farrêté et un extrait de la » lettre sont à la suite de cette proclama- » tion, afin que le capitaine Mackintosh puisse » en donner communication à ses officiers ; » Son Excellence s en rapporte à lui pour em- u pêcher que ces dispositions ne soient en- » freintes ou éludées par son equipage. » Dans un conseil de Directeurs assembles » le mercredi 5 septembre 1792, , » II a été arrêté que 1 honorable lord vi- » comte Macartney seroit autorisé à suspeu- » dre ou à casser le commandant ou autres » officiers de YHindoustdn, qui se rendroieut j) coupables de contravention aux traités ou » de désobéissance aux ordres du Comité » secret ou de Son Excellence, pendant la » durée de 1'ambassade à la Chine. » Signé W. Ramsay, Seer., etc. »
  • i64 VOYAGE EN CHINE Extrait de la lettre du President et du Vice- President au lord Macartney en date du 8 septembre tjgz. « Le Comité secret a donné au capitaine » de 1 Hindoústân Mackintosh, l'ordre de se » mettre entièremen t à la disposition de Votre » Excellence, aussi long-teinps qu’il sera né- » cessaire pour le succès de l’ambassade. » Nous avons inclus dans la présente une j> copie de ses instructions , ainsi que du )» traité qu'il a souscrit, ensemble une notice » de son commerce particular et de celui de » ses officiers. II n’entre pas d’ailleurs dans les » intentions de la Cour de permettre le com- j) merce particulier dans un autre port ou sur » une autre place qu'à Canton, ville pour la- » quelle le bâtiment est destine en dernier lieu, » àmoins que Votre Excellence ne juge que )) ce genre de commerce ne porte aucune » atteinte à Ia dignité de l’ambassade , ni » aucun préjudice aux résultats qu on en at- » tend; auquel cas, votre consentement par » écrit devient nécessaire pour autoriser » toute transaction commerciale, de quelque » nature qu’elle soit, de la part du capitaine • » Mackintosh ou de ses officiers, ainsi qu’il » est développé plus au long dans les ins-
  • ET EN TATARIE. i65 » tractions du Comité secret. Mais comine, » par rapport à ce commerce en lui-même » et à ses consequences, nous ne saurions »> avoir une garantie trop solennelle, nous » autorisons par ces présentes Votre Excel- » lence à suspendre ou à casser le comman- » dant ou les officiers de 1’Hindoustân qui se » rendroient coupables de contraventions » aux traités ou de désobéissance aux or- » dres du Comité secret ou de Votre Ex- » cellence, pendant la durée de 1’ambas- » sade. » Son Excellence saisit cette occasion de » déclarer aussi que, quoique déterminée par » le sentiment impérieux du devoir à pour- » suivre l’objet de sa mission, à surveiller, dé- » voiler et punir de tous les moyens qui sont » en son pouvoir le crime, la désobéissance et » tout autre système de conduit© qui pour- m j) roit compromettre ou differer le succès de » 1’entreprise, ou discréditer le caractere An- 3) gíais, ou susciter à 1’ambassade des diflS- >3 cultés ou des obstacles; elle s’estimera heu- 33 reuse d’avoir aussi, dans toute circons- » tance, la faculté de mettre le raérite en 33 évidence, de le récompenser, de favori- >3 ser les intéréts et de contenter les désirs
  • 166 VOYAGE EN CHINE j) de ceux qui raccorapagnent, autant que » ces intérêts et ces désirs n’auront rien de » contraire à Thonneur et à la prospérité pu- » blique. » En cas d’absence ou d'empechement de » Son Excellence, on s’adressera, en son lieu » et place, à sir Georges Staunton , qu il a » plti à Sa Majesté d’honorer du titre de Mi- » nistre plenipotentiaire , ayant caractère » pour le remplacer dans ces occasions. » Donné à bord du vaisseau de Sa Majesté m le Lion j ce 16 juillet 1793. » Par ordre de son Excellence, » Signé Acheson Maxwell , )> Edouard Winder, » Secretaires. » Le mardi 23 juillet, le nomme Redfort, du corps de l’artillerie royale , mourut, et le même soir son corps fut jeté à la mer. Le mercredi, nous eumes calme plat pendant toute la journée. Le soir , le Jackall fit si¬ gnal que la terre étoit devant nous; et le moment d^après, il tira trois coups de ca¬ non pour nous avertir du danger que nous courions. Nous sondámes, et nous ne trou-
  • ET EN T AT ARIE. 167 vâmes que sept brasses d’eau. Nous revirâmes de bord pour gagner le large, oil nous nous tinmes jusqu’au lendemain au jour; alors nous nous dirigeâmes de nouveau vers la terre. Sur les dix heures , nous decouvrimes une íle basse et sablonneuse , derrière laquelle une nombreuse flotte de jonques chinoises étoit à l’ancre. Nous n’eumes pendant ce jour que de cinq à douze brasses d’eau, quoique nous ne vissions aucune terre, à l’exception de l’ile dont je viens de parler. Le soir , nous fumes obliges de mouiller vis-a-vis Tching- Tching , sans pouvoir découvrir la terre au- trement que du haut du mât. Nous n’etions cependant qua quinze ou vingt milles au plus de l’embouchure de la riviere , et les terres ne se déroboient à notre vue que parce qu’elles étoient extrêmement basses. Lejour suivant, le Jackall vint nous rejoindre , et nous fit un rapport peu satisfaisant; il n avoit pu frouver assez d’eau pour nous, pas même pour lui; il avoit touche trois fois et avoit perdu une de ses ancres. Alors YEndeavour fut envoyé pour faire une nouvelle tentative. Ce bâtiment tiroit moins d’eau , et il avoit d<*ja du aborder en ce lieu , ou bien il s’etoit trompé de baie; car la premiere fois que nous
  • i68 VOYAGE EN CHINE Jui parlâmes, il noas dit qu il étoit allé nous y chercher , et qu il y avoit assez de place et assez d’eau pour une flotte , quels que fussent le nombre et la grandeur de ses vaisseaux. Le vendredi 26 , une grande jonque, ayant à bord quelques mandarins du premier et du second rang, vint annoncer à TAmbassa- deur qu on préparoit des batimens pour trans¬ porter à terre Son Excellence, sa suite et ses effets, et pour remonter jusqu à Pekin; quo nous pouvions en toute assurance atten- dre d un jour à 1’autre leur arrivée. Nous nous disposcimes done au debarquement, et nous travaillâmes à ces préparatifs, matelots et autres , avec autant d'empressement que de joie , les premiers désirant aussi vivement de retourner à Tchou-San ou à Canton, que nous désirions nous-mêmes de poser le pied sur la terre ferme. Les officiers de marine et les autres personnes attachées au service des vaisseaux ne furent pas moins mortifies que contraries d apprendre qu il ne leur étoit pas permis de voir la fameuse capitale de la Chine. La baie découverte oil nous nous trouvions étant trop vaste pour que les bâ- timens pussent y demeurer en sureté, il fut decide qu apres le debarquement des objets
  • ET EN TATAR1E. 169 destines pour Pékin, ils retourneroient en toute hâte à l’une des deux places sus-men- tionnées. Le lundi 29 juillet, tine autre grande jon- que vint nous rendre visite, et apporta un present de provisions fraiches et de fruits pour 1’Ambassadeur; une partie de ces provisions fut envoyée aux gentilshoinmes d’ambassade à bord de Y Hindoústân. Nous apprimes par cette jonque que les bâtimens qui nous étoient destines se préparoient avec toute la dili¬ gence possible , et que probablement ils ar- riveroient le lendemain. Le 3o dans l après- midi, 1 Endeavour reparut à notre vue ; et le 3i , nous découvrimes en arrière de nous un grand nombre de jonques qui, ayant contre elles le vent et la marée , furent obli¬ gees de mouiller sous le vent à nous à la dis¬ tance d environ douze milles. A midi, 1 En¬ deavour nous atteignit et nous informa que ces bâtimens étoient ceux que nous atten- dions avec tant d impatience et depuis si long-temps. Le matin de ce jour même, John Kay, menuisier et ébéniste , étoit mort à bord de YHindoústân , d une maladie de lan- gueur qui duroit depuis dix* mois, et son corps avoit été jeté à la mer.
  • 170 VOYAGE EN CHINE Le 2 aout, quelques jonques s’approche- rent de nous et se chargèrent de divers objets appartenans au lord Macartney et à l’am- bassade ; dans la soiree du 3, ils eurent pres- que achevt de prendre à bord des vaisseaux tout ce qui devoit aller à terre, et les troupes reçurent lordre de se tenir prêtes à debar- quer. Le 4, elles passèrent à bord des jonques ét furent transportées à f embouchure de la rivière. Le lendemain dans fapres - midi, fambassadeur, à son débarquement, fut salut de 19 coups de canon par chaque vaisseau. Les trois bricks nous accompagnèrent dans la rivière, jusqu à ce que nous fussions à bord des bateaux de passage dans lesquels nous devions la remonter. Ces embarcations ont la forme la plus commode et la coupe la plus avantageuse; elles sont larges et à fond plat; capables de porter un enorme poids de mar- chandises, la plus petite quantité d’eau leur suffit. Elles ont sur le pont une espèce de mai- son distribute en divers appartemens, pour dormir, manger , faire la cuisine, etc., tous remarquables par la perfection du travail. On nous avoit destine plus de vingt de ces bâti- mens, et on n’avoit tpargne ni les soins, ni les precautions pour rendre. facile et agrea- i
  • ET EN TATARIE. i7í ble notre passage à la capitale. Depuis les premiers des mandarins jusquaux derniers des paysans , tous sembloient jaloux de nous prouver que nous étions les bien-venus; à la vérité, nous étions pour eux des objets aussi nouveaux quils 1’étoient pour nous; si nous trouvions du plaisir à contempler la singularité de leurs traits, le plaisir étoit reciproque; nous tâchions, par tous les \ moyèns qui étoient en notre pouvoir, de pi- quer leur curiosité et d’exciter leur étonne- ment. FIN DU TOME PREMIER.
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  • VOYAGE EN CHINE ET EN TATARIE A LA SUITE DE L’AMBASSADE DE LORD MACARTNEY. \ f ' #
  • f Se vend à PARIS, irrfoi Simon , Graveur, rue Saint-Jacques, N°, 77 ; Levrault , Schoell et Comp., Libraires, Chez ^ rue de Seine Saint-Germain, N°. i3()5 •, Deeance et Lesueur , Imprimeurs-Libraires, rue de la Harpoy N°. i53.
  • Y O Y AGE 9 EN CHINE ET EN TATARIE, A LA SUITE DE L’AMBASSADE DE LORD MACARTNEY, PAR M. HOLMES, SERGENT-MAJOR DE SA.GARDEj Auquel on a joint les Vues, Costumes, etc., dela Chine, par M. W. Alexandre, les Planches de 1’Atlas original de cette Ambassade, oraises dans la traduction française, et leur Explication. OUVRAGE TRADUIT DE l’aNGLAIS PAR JIM*** , REVU ET PUBLIÉ Avcc des Observations sur les relations politiques et commerciales de 1’Angleterre et de la France avcc la Cliine, et quelques Notes, PAR L. LANGLÈS, DE L’iNSTITUT NATIONAL, etc. ' T O M E 11, ORNÉ DE 27 GRAVURES. A PARIS, , DE L’iMPRIMERIE DE DELANCE ET LESUEUR. AN XIII. — l8o5.
  • VOYAGE EN CHINE ET EN TATÂRIE. CHAPITRE SIXIEME. L’ambassade s’embarque pour Pekin. — Description des bords du Fleuve Jaime. — Comédie chinoise. — Immense population. — Armes et uniformes des soldats chinois. —• Barbarie des Chinois euvers leurs filles nouvellement nées. — Exposition des en- fans. — Voitures roulantes des Chinois*-I/am- bassade traverse Pekin, - Arrive au palais de PEmpereur, situe au dela de cette ville. —• Elle re- tourne à Pekin ; —Est rigoureusement consigned et garde'e à vue dans son hotel. — Menaces faites aux Anglais qui se montreront. — Cuisine des Chinois. — Regularity du service. — Friponnerie des Chinois. » 4 Le vendredi 9 aoút, tout étant regie à notre satisfaction, nous nous mimes en che- min pour remonter la rivière. Plusieurs mandarins étoient charges de nous accom- pagner, afin de nous faire preparer tout ce T. II. i
  • 2 VOYAGE EN CHINE qui nous seroit nécessaire à toutes les stations. Pendant les deux premiers jours, nous par- courumes environ quarante milles anglais, sur la plus belle riviere que jaie jamais vue; il me semble que la Tamise elle-même ne Femporte pas sur elle, si ce nest peut-être par la Variété de ses points de vue; presque aussi large que la Tamise à Hammer Smith ou à Kew, le lit de cette rivière ne présentoit encore aucun rétrécissement sensible, ni au- cune ramification. Sur chaque rive, étoient des villes et dcs villages, à peine à un mille dfintervalle les uns des autres, et les bords étoient couverts d une multitude innombrablo de Chinois rassembles en foule pour nous voir passer. La perspective n’etoit pas tres-diver- sifiée, le pays etant absolument plat; mais il ny avoit pas un poucc de tcrre perdu pour f agriculture. Le troisième jour, ]e paysage devint plus anime et nous oiFrit dcs scenes ravissantes. Àvant de pénétrcr dans l inte- rieur des terres, je m'etois fait de la contrée une idee qui n avoit rien de défavorable aux Chinois; mais je confesse que, sous tous les rapports, la réalité surpassa le réve de mon imagination. Ce jour même nous arrivâmes de bonne lieure à la ville de Tien-Sing, oil
  • ET EN TAT AR IE. 3 un magnifique logement étoit prepare pour fambassadeur et les gentilshommes de sa suite; une très-belle collation froide, consis- tante en volailles, en fruits, etc., fut envoyée à la garde et aux personnes de la suite , à bord de leurs bátiinens respectifs; on les avoit place's de manière à leur laisser pleinement la vue de la representation d une espèce de mélodrame tragi-comique, compose dans le style chinois, et joué dans une salle cons- truite exprès devant la maison du principal mandarin. Les actcurs étoient nombreux, richement costumes, et très-habiles à prendre les différentes attitudes de leurs roles. Ce di¬ vertissement dura environ trois hcures; et quand il fut tini, les bâtimens poursuivirent lentement leur route. D après une estimation inodérée, le concours de peuple tassemble devoit sélever à deux millions d ames. L af- fluence étoit telle que nous pouvions à peine apercevoir les maisons et les vaisseaux; des milliers de curieux étoient descendus dans 1 eau jusqu au cou, pour nous voir passer. Sur un des côtés de la riviere étoient rangés plu- sieurs régimens sous les armes (i) ; quetques (i) Voyez ci-après la planche intitulce : Poste iVIili- taire sous les arnies pour saluer Vambassadeur. ( L.-s.)
  • 4 VOYAGE EN CHINE soldats avoient des arcs et des flèches; d’autres de misérables fusils à mèches, et quelques-uns des boucliers et des lances. Ils portoient presque tous le inême uniforme; et ce que nos militaires trouvoient de plus plaisant et de plus singulier, c’etoit de voir que presque tous avoient la pipe à la bouche, et l'eventail à la main pour se procurer de la fraicheur et se garantir du soleil. Lorsque nous passâ- mes devant eux , nous vimes en effet qu il y avoit peu de soldats qui n’eussent pas l’un et l’autre de ces instrumens; et, chose encore plus étrange, un grand nombre étoient assis dans les rangs. Ils ne paroissent pas en gene¬ ral fort scrupuleux sur l alignement, qu'ils observent à une ou deux vei'ges près; ni sur la position, puisqu ils sont indifféremment assis ou debout; mais ils conservent assez régulièrement une distance de trois pas les uns des autres: sur trois hommes, il y en a un qui porte un petit oriflamme, dont le bâton s’attache au vêtement, derrière le cou, et s'e- lève d'environ deux pieds au-dessus de la tête, pour ne pas embarrasser la main. II y a par douze hommes un grand étendard confie à la garde de deux hommes, fun en avant, 1'autre en arrière, et tous deux sans
  • 4 ET EN TATARIE. 5 armes. Leur accoutrement me rappela celui d un marchand dorviétan, quoiqu on soit obligé de convenir que , dans une action, il doit être fort utile. II consiste en un casque d'acier, propre à garantir entièrement la tete; ce casque descend sur le front et sur le cou; sa forme est ronde et se termine en une pointe coniquc, surmontée dune espèce de lance d’environ un pied de hauteur , d ou pend une crinière de cheval teinte en rouge. Leur ha¬ bit , ou ce qui leur en tient lieu, a de loin une apparence formidable. II est revêtu de petites plaques minces de cuivre ou de fer, qui lui donnent fair dun de ces coffres an¬ glais garnis de clous de cuivre; il est fait de inaniere à couvrir la portion du cou que le casque ne couvrc pas; de chaque côté , il. se boutonne au casque, et ses deux bouts se rapprochent et se joignent au-dessus de la bouche, de sorte quà fexception des yeux, il n‘y a pas une partie de la tete ou du visage qui reste à découvert (i). Le principal mandarin de Tien-Sing fit aux (i) Vctyez tome I, planche XVII et page 33, soldai en grand uniforme; ctci-après la planche con- tenant les armes offensives et defensives des Chinois. ( L~s. )
  • 6 VOYAGE EN CHINE gentilshomines, aux personnes de la suite et aux soldats de la garde un très-beau pre¬ sent de soieries, etc. Pendant les cinq ou six journées suivantes , la perspective, de chaque côté de la rivière, devint de plus en plus agrcable et varice; on dccouvroit le pays a une grande distance, et on apercevoit tres-distinctement les montagnes qui séparent la Chine de la Tatârie. Disséminées sur toute la plaine, les habitations des' mandarins étoient environnées d arbres verts; et les vil¬ lages qui s’elevoient çà et là au milieu de ces habitationsformoient lepaysage le plus agréa- ble et le plus pittoresque. Les deux rives du fleuve étoient couvertes de monde; les uns étoient. amenos par la cunosité; les autres par le désir de vendre des fruits, tels que des pommes, des melons d’eau et des melons brodes , des peches, des abricots5 etc., pro¬ ductions abondantes et a fort bon marche dans cette contrée. Ce qui nous surprit beau- coup 5 fut de voir que les femmes y étoient aussi peu sequestrées qu en Angleterre. Nous avions entendu dire qu il n’y avoit en Chine nen de plus rare que la vue d une personne de ce sexe, parce que les femmes ne sor- toient jamais de lours maisons que dans des
  • ET EN TATARIE. 7 chars couverts, oii il étoit impossible de les apercevoir. Gependant nous en vimes cons- tamment dans le voisinage de chaque village et de chaque maison, mais elles étoient bien moins nombreuses que les hommes. Je crois que ces peuples regardent comme un mal- heur d’avoir au nombre de leurs enfans plu- sieurs filies. La naissance d un garçon cause une grande joie à ses parens, qui en prennent soin; mais ils ont la cruauté d'abandonner leurs malheureuses filies. Souvent ils les laissent périr de besoin ou les précipitent de sang¬ froid et volontairement dans la rivière voi- sine, sans éprouver le plus léger remords, et sans provoquer 1’attention de ceux à qui leur ministère sembleroit faire un devoir de punir cet excès de barbarie. Quelquefois un senti¬ ment de pitié a engagé des particuliers riches à soustraire quelques-unes de ces victimes à une mort prématurée et à les élever dans fai- sance, sans s’inforraer de leur origine; mais de tels exemples sont très-rares : cependant j’ai oui dire que cet affreux usage d’exposer les enfans tomboit genéralement en desuetude. Après une navigation d’environ cent milles dans fintérieur des terres, nous arrivâníes, le samedi 17, à la ville de Tong-Tchéou, éloi-
  • 8 VOYAGE EN CHINE gnée de Pékin d’environ douze milles. La foule de peuple rassemblée pour voir notre débarquement étoit prodigieuse. II fallut tous les efforts d un grand nombre de militaires pour nous preserver d être étouffés. Pendant plusieurs jours, il fut impossible inêrne à un soldat anglais de se promencr dans les rues, sans être accompagné d un soldat du pays, qui lui ouvroit le passage au moyen d un fouet, dont il frappoit quelquefois assez rudement les e'paules nues de ses compatriotes, Durant notre séjour à Tong-Tchéou, nous reçumes de toutes les classes du peuple Fac- cueil le plus généreux et le plus distingue ; pour le logement et la nourriture, nous neii- mes rien à de'sirer. Nous enterrames en cette ville un artisan attache à la suite de l'ambas- sadeur, appelé Eades, fabricant de bou¬ tons. Au bout de quatre jours, c’est-a-dire, le 2i aout, nous en partimes au point du jour dans des espèces de chariots converts, les ineilleures voitures du pays, celles dont se servent les nobles pour voyager dans Finté- rieur de l’Einpire. Je ne puis mieux les com¬ parer qu à ces légères voitures de campagne sans ressorts , en usage aux environs de Lon¬ dres. QueJques-uns etoieiif epuverts de nan-
  • } ET EN TATARIE. 9 kin bleu , les autres de belles nattes de bam¬ bou. Au fond de ces voitures ? les mieux conditionnées ? est un bon matelas double, re- couvert d’une fine toile de coton bleue; cinq ou six Chinois sy tiennent fort à leur aise , accroupis à la manière des tailleurs; mais il nous étoit difficile de nous y placer plus dc deux 5 et plus de trois dans les plus grandes. Us emploient pour les trainer des mulets et des ânes; leurs mulets sont remarquables par leur grandeur et par leur force. Dans la matinee du meine jour, nous entrâmes dans la célèbre ville de Pékin; mais il ne nous fut pas possible de voir autre chose qu’une immense quantite de peuple de cliaque cote de nos voitures, parce que ces voitures étoient presque entièrement fermées. Nous distinguâmes pourtant que les Mnurailies étoient hautes 5 fortes 5 et construites en bri- ques d une grande dimension (1). Quant aux inaisons 5 elles sont báties avec la merne sub¬ stance 3 et elles nous parurent très - basses, ou 3 pour mieux dire 5 très-misérables. Mais celles que nous aperçumcs alors étoient vrai- (1) Voyez cí-après la vuc des portes de Pekin du côtc de V Quest, ( L-s.)
  • IO VOYAGE EN CHINE 9 semblablement dans les faubourgs, et par con¬ sequent beaucoup moins belles que celles de Fintérieur. Nous nous étions fait une idee si extraordinaire de la grandeur de cette cité, que nous fumes, je Favoue , trompes dans notre attente; à la vérité, le peu que nous en vimes ne nous permettroit guère d’eta- blir une estimation exacte. La distance que nous eúmes à parcourir d une porte à Fautre pouvoit étre de cinq ou six milles ; nous entrâmes ensuite dans les faubourgs, qui sont habites par les Chinois , comme 1 intérieur de la ville l’est par les Tatârs. Les edifices y sont élégans, et les boutiques très-bien fournies de marchandises de toute espèce. Vers midi, nous nous arrêtâmes k une inai- son de campagne de FEmpereur, appelée Yuen -Ming -Yuen , située k six milles au nord de Pekin (i). L’on avoit fait pour nous y recevoir beaucoup de préparatifs , et nous avions Fespoir d y deineurer quelque temps. Le bruit généralement accrédité parmi nous (i) Voyez ci-après les deux planches qui reprefsen- tent le périsdle de la salle d’audience dans le palais d’ Yuen-Ming-Yuen, et le plan de la salle d’audience et des cours adjacentes dans les jardins de VEmpereur cl Yuen-Ming-Yuen. ( L-s. )
  • II ET EN TATARIE. étoit que l ambassadeur^après un séjour de dix journées, se mettroit en route pour la Tatârie, d après les ordres niêmes de lEmpereur , et ne laisseroit que les artisans et les malades. Cette maison de campagne, entourée de mu- railles, avoit plus de deux milles d étendue , m et renferinoit une immense quantité de petits bâtimens d un style agréable ; devant ia fa- çade de plusieurs de ces bâtimens se trouvoit un grand canal plein d eau , destine au bain et à d’autres usages domestiques. Les mai- sons ou baraques designees pour la garde étoient situées au milieu d'un bois épais , mais suffisamment aéré et environné d’eau; il seroit difficile d'imaginer unc plus délicieuse retraite : et notre déplaisir fut grand, lors- quau bout de cinq ou six jours, nous re¬ sumes l ordre de nous tenir prêts à retour- ner à Pekin, oil nous rentrâmes de la merne nianière que nous y étions entres la première foisv Aussitôt, comme de vrais prisonniers, nous fumes renfermés dans une espèce de citcidelle, qui comprenoit, en une merne en-* ceinte, beaucoup de corps de bâtimens par- ticuliers. Loin qu il nous fiit possible de sortir de cette enceinte , il ne nous étoit pas merne permis de regarder par dessus les murs. Ce-
  • i2 VOYAGE EN CHINE pendant quelques-uns des nôtres , entraines par la curiosité , se hasardèrent à y presen¬ ter la tête; mais à peine furertt-ils aperçus des soldats du dehors, qu’un cri terrible re- tentit tout à coup à nos oreilles. La Place ( c étoit le nom du lieu oix nous étions ) fut en un instant remplie de mandarins, qui écla- tèrent en menaces contre ceux qui oseroient à l'avenir enfreindre la defense. La Place contenoit plus de cinquante edifices différens, séparés fun de l autre par de grandes cours payees , sans compter les pavilions , les lo- gemens des domestiques, les magasins et les cuisines , dont le nombre étoit prodigieux. Quelques-uns de ces edifices étoient très-ré- guliers et fort agréablement décorés de pein- tures chinoises. L’exterieur présentoit beau- coup plus de magnificence que finterieur, oil il n’y avoit pour tout ornement que deux grands tableaux très-communs, places à cha- que bout de la chambre; pour tous meubles, qu’une table et une natte étendue sur le plan- cher ; à une des extrémités de la chambre à coucher s elevoit, à environ deux pieds de hauteur, un banc, sur lequel étoit une gros- sière étoífe de laine, avec une natte. Quant aux autres meubles et aux autres articles dont
  • s ET EN TAT A11 IE. i3 se compose le lit, il faut se les íburnir soi- meme. Nous eumes beaucoup de peine à nous faire à ce nouveau genre de vie; mais peu a peu 1 habitude nous apprit à le trouver passable à beaucoup dégards. La cuisine des Chinois nous parut très - mauvaise. Toutes leurs viandes et tous leurs legumes étoient apprêtés en liachis , et tellement mêlés, que souvent il nous étoit impossible de recon¬ noitre ce que nous mangions ; d’ailleurs nous étions servis avec profusion. Cependant, au bout de quelque temps, nous obtinmes d’eux qu’ils se rapprochassent un peu de la manière anglaise. Le bceuf, le mouton et le cochon etoient de la meilleure qualité, de même que les legumes, tels que les patates, les clioux, les citrouilles, les oignons, et beaucoup d’au- tres legumes communs à l’Europe et à l’Asie. La volaille y étoit aussi extrêmement abon- dante; mais le poisson très-rare. Tous leurs mets sont baches ou bouillis, et ils ne se doutent pas qu'il puisse exister une autre mé- thode de Jes preparer; quant à leurs potages, ils sont excellens. Les Chinois mangent peu de pain; celui qu’ils faisoient pour nous étoit assez bon; c’etoit une espèce de petit pain ou de petit gateau rond 5 cuit a la vapeur sur
  • i4 VOYAGE EN CHINE une espèce de gril, et aussi léger qu agréable à manger , lorsqu on l a fait rôtir. A tous nos repas, le service se faisoit avec la plus par- faite regularity ; cliaque table avoit exacfe- ment le même nombre de plats et les mêmes plats 5 soit pour la viande 5 soit pour les le¬ gumes 5 soit pour le pain. Des mandarins etoient charges d en surveiller fordonnance, d'empecherles tromperiesetles larcins quon auroit pu faire en cachette sur les alimens qui nous etoient destines: cette precaution n étoit pas inutile ; sans elle , nous n’aurions pas mange de quoi nous rassasier à demi. Les Chinois de la dernière classe , esclaves pour la plupart, sont en effet les plus deter¬ mines voleurs qui soient au monde 5 et d ail- leurs si adroits dans leurs vols, qu'il estpresque impossible de sen garantir. Dans les premiers temps de notre arrivée , ils etoient dans fu- sage de prendre la moitié de notre pain , de notre sucre, de notre the , et quelqueiois de nous dérober des pièces de viande tout en- tières. Mais une fois que ce petit manege eút été découvert et puni du bambou , ils furent surveillés de plus près , et nous vécúmes très- bien. Ce n’dtoit pas le besoin qui les enga- geoit à nous voler ; car ils ne raanquoient
  • ET EN TATAR IE. i5 de rien, et le moindre d’entre euX avoit à discretion les meilleures choses ; mais ils re- % / vendoient au tiers du prix, à ceux qui les avoient fournies , les provisions ainsi de'ro- bees, et peut-être nous étoient-elles resser- vies le lendemain , avec un autre assaison- nement. Les mandarins et les personnes du premier rang nous traitoient avec beaucoup d egards et de politesses; tous se montroient empresses à nous rendre service 3 autant tou- tpfois qu'ils pouvoient le faire , sans donner dombrage au gouvernement et sans compro- niettre leur sureté personnelle; car la plus légère contravention aux ordres donnes, est punie sans aucune consideration pour le rang, et la punition est si sévère, qu ils sont extrè- nxement circonspects dans toutes leurs ac¬ tions , surtout lorsque ces ordres concernent des Européens ou des étrangers; il est im¬ possible dimaginer quel degré de mefiance et de crainte leur inspirent les uns et les au- tres. “Nous pouvions cependant nous flatter d’avoir reçu differentes marques de bienveil- lance qui navoient encore éte accordées k aucun Européen; mais ces distinctions ne nous faisoient pas trouver plus agréable une detention si nouvelle pour nous. A l excep-
  • 16 VOYAGE EN CHINE tion de lambassadeur, aucune personne de l’expedition , quelle que fút sa qualité, ne pouvoit quitter Fappartement qui lui étoit assigné 5 sans en avoir obtenu la permission. Mais la severité de cette consigne leur de- vint tellement à charge à eux-mêmes, quils attendoient avec autant d impatience que nous, et la fin de 1 ambassade 5 et le moment ou nous sortirions tous. CHAPITRE
  • ET EN TATARIE. 17 CHAPITRE VII. L’Ambassadeur part pour la Tatârie. — Description et mesure de la grande muraille. — Note sur Jd- hor, maison d’etd de FEmpereur. -Marche de Fambassade en entrant à Je'-hor,-- Elle retourne à Pékin. — Plus de la moitie des gardes, malades de la dyssenterie. —- Beauté des routes de la Chine. — L’Ambassadeur rend visite à FEmpereur.—Pol- tronnerie des Chinois. - Présens faits aux per- sonnes de la suite de FAmbassadeur. — Mésintelli- gence parmi les gentilshommes d’ambassade. —Les Anglais gardes comme des prisonniers;-Quittent Pekin pour la dernière fois. - Coup d’oeil sur cette ville. —• Prevenance des Chinois envers les Anglais. —• Ils s’embarquent sur le Fleuve Jaune pour regagner leurs vaLsseaux.-Culture et popu¬ lation des bords de ce canal. - Ignorance et superstition des Chinois.- Description d’une tour remarquable. Les Anglais passent sur le grand canal. —• Adresse des Chinois pour prendre les oi- seaux. -Description d un lac immense. - Ma- nière curieuse de pêcher avec des oiseaux. —— In- nombrable population de la Chine,-Nourriture ordinaire des Chinois. Le 2 septembre , Son Excellence , accom- pagnée de la plus grande partie de ses gen- tilshommes, de sa suite et de sa garde, se mit en route pour aller rendre une visite prive'e T. II. 2
  • i8 VOYAGE EN CHINE à l'Empereur, aloi’s en Tatârie. Le soir, nous fimes halte à une de ses maisons , : appelée Ming-Yuen-Suen, distante de Pékin d environ vingt-deux milles. Le 5 , nous entrâmes dans les montagnes 5 et le chentin devint extraor- dlnciirement rude et difficile^ après une route de seize milles tres-fatigante, nous primes nos logemens dans une grande et forte ville^de guerre, située précisement sur la frontière de la Tatârie. Le lendemain matin ^ nous jouimes de finteressant spectacle de laj grande mu- raille, qui separe cette contrée deadline (ii). Nous ne pouvions nous lasses de contempier ce prodigieux monument d antique architee- tuxe, qui, durant tant de siècles , a fait f ad- miration de f univers* D après les renseigne- mens que nous fumes à portée de recueillir sur les líeux, d après ceux que nous procu- rèrent les plus instruits d entre les Chinois , nous sumes que cette muraille avoit ete bátie, il y a environ ^quinze cents ans, pour arrêter ^ripricí ne silêd1 jíotb eíI3 .sfioíSfiemib 290 (1) Voyez ci-après, les dçux planches intitulecs : Vue de la grande muraille de la Chine, nommec Van- lj-tching[dix mille 19s), fdíQèSu dêfild de Kou-pe-Koáf eL 1’autrc , plan, coupe et élèvntion de la grande muraille de la Chine et de ipielcjues-unes des tours voislnes de Kou-pe-Kou. xtreiMuí .mIq ob uid
  • ET EN TATARIE. 19 les incursions frequentes des Tatars, qui se répandant par essaims sur la Chine , en rava- geoient les provinces septentrionales , avant qu il fút mêine possible de leur>opposer au- cune resistance. Nous apprimes que sa lon- gueur , d’environ 1400 milles, s’etend sur une contrée généralement montueuse et ir- régulière, entrecoupée de temps en temps par des rochers et des précipices tellement escarpés /qu'il est difficile de concevoir que Tattrait du pillage ait pu determiner des hom¬ ines à risquer teur vie pour les franchir. La portion de la murai lie que nous examinâmes et que nous mesurâmes avec beaueoup de difficultés, avoit viugt-cinq pieds (anglais) d élévation ; soil épaisseur, prise à travers la porte, étoit de 36 pas et demeuroit la même jusquen haut; mais dans les vallées et dans les différens endroits qui présentoient à fen- nemi un passage plus facile, son épaisseur et son elevationf surpassoient de beaueoup ces dimensions. Elle étoit bâtie en briques; et depuis Son Excellence jusqu’au dernier de nos soldats, nous eiunes tous un empresse- inentégal àenrecueillir desfragmens,comme si ces morceaux de brique eussent été des lingots du plus précieux métal. Quoique re-
  • 20 VOYAGE EN CHINE montant à une si haute antiquité, la muraille est généralement en bon état; quelques par¬ ties cependant se dégradent; et depuis la reunion des deux Empires en un seul, on donne moins d'attention à son entretien. A *. w 'ZM * r*JJ\ ¥ " 1 * f * 1 “ tiff /T • » 1 chaque porte il y a un corps-de-garde, ou quelques çompagnies de soldats sont en tout temps stationnées , tandis que d’autres com* pagnies sont campées de chaque côté de la muraille; et régulièrement espacées. Sur sa partie supérieure, sont construites des tours, distantes dune portée de fusil lune de f au¬ tre. Leur hauteur et leur masse présentent le coup d oeil le plus magnifique et le plus imposant. De là, nous yoyageames pendant quatre jours dans la Tatârie, sur des colli- nes et à travers des vallées assez agréables, mais cn même temps très - fatigantes; car nous étions souvent obliges de quitter nos voitures pour monter et descendre les hau¬ teurs. Malgré cet aspect sauvage , la çontree paroissoit fertile , et offroit d excellens pâtu- rages à d'immenses troupeaux de moutons et de bceufs; nous la trouvâmes d ail leur s peu peuplée ; quelques maisons dispersées çà et là dans les yaliées se présentoient de temps en temps à nos regards; mais nous ne vimes
  • 21 ET EN TATARIE: rien de remarquable jusquà Jé-hor (i), ou. nous arrivâmes le quatrième jour , et oil nous fimes notre entrée dans fordre suivant: en téte , les dragon - légers ; ensuite 1'artillerie royale et 1’infanterie savançant à pas mesu¬ res ; venoient ensuite les musiciens , jouant God save the King; ils étoient suivis des gentilshommes d’ambassade; les artisans et les personnes de la suite fermoient la mar¬ che. Le liou marque pour notre reception, étoit précisément à 1’entrée de Jé-hor. Tout le cortege fut range à la porte de la ville, et salua Son Excellence lorsqu’elle y entra; Son Excellence, après avòir fait ses remer- cimens , exprima publiquement aux troupes sa satisfaction de la bonne tenue quelles avoient observée pendant toute la marche. Le 14 septembre , jour marqué pour offrir à l Empereur les présens de Sa Majesté Bri- tannique , nous traversâmes de bon matin et dans le même ordre la ville de Jé - hor ( d'environ trois milles d’etendue ) pour nous rendre au palais. Les présens étoient portés à la tête de la garde; mais íl n’y eut que Son Excellence et les gentilshommes qui ob- (1) C’est le même endroit que M. Staunton nomme plus correctement Zhéhòl, prononcez Jé-hol, (L-s.) \
  • 22 VOYAGE EN CHINE tinrent la permission d’entrer. Tous les autres furent dautant plus mortifies de leur exclu¬ sion equals sétòieht fait tine plus grande fete de voir cette célebre maisòil dè plaisance du pins puissant monarque du motide; ils ne renonçdfèírt |Jtfiirtant!pká entídrte^à fespérance de voir la personnc dc rEtn^^ètót p'mais ils furent iffife feconde fois tròiHji&páaâs leur attenté. Cependant ils tfot^íát^iiitó èfspèce de dedomttiagefnent ddité lé dérer 1'extérieur flWèfttiÀfe Wiélégance de cette demeure sont au-dessus de toutes les descriptions, et forment ún contraste pitto- resque avec les rochers et les précipiófes dont elle est entouráfej' les premiers rayons du soleil levant ajoutoient encore à la magni¬ ficence du grand et imposant spectacle qne nous avions dêvant les ycux. Pendant notre séiour à Jé-lior, Son Excellence eut quatre entrevues avec 1'Empereur; elle futreçue avec • V I des honneurs vraiment extraordinaires (i); et chaque fois qu elle rentroit dans ses quar¬ ters , de riches présens étoient distribués à toute sa suite. Lá garde de 1'Empereur étoit (i) Voycz ci-après, la planche qni represente la marehc dc VEmpereur vers sa tente, pour jr receroir VAmbassadeur anglais. ( L-s. )
  • ' ET EN TATAR IE.’ s3 nombreuse ;, elle consistoit principalement en cavalerie ; daprès une evaluation très- modérée, cette cavalerie s élevoit au moins à vingt mille hommes. Le 21 septembre, nous nous remimes en route pour Pekin; et le même jour , nous eúmes le malheur de perdre un artilleur , nommé Jérémj^. Read., qui fut enterre le lendemain à Kola-Tchoa-Yuen , et dont tout le détachement accompagna le convoi. La dyssenterie dont il mourut s'etoit propagée parmi nous de la manière la plus effrayante; près de jla .inoitie des gardes de l’ambassa- deur en étoient atteints , avec des symptô- mes très-alarmans. Le 23 , noas arrivâmes à Kou-Pi-Kiou , passage de la Tatãrie orientale à la Chine (i), à travers la grande muraille; et le 26, nous rentrámes encore à Pekin. On a regarde les routes de la Chine corame les plus belles qui soient au monde , et en general, elles sont dignes d une telle re¬ putation : cellç surtout qui conduit de la Tatârie à la Chine me paroit surpasser tout ce qui existe en ce genre. Elle fut laitc pour (1) M. Staunton, tome III, png. 224, 3°. edit, franraise, écrit Kou-pe-kou. Kon-pc-keou, suivanl les missionnaires cites par le P. du Halde. ( L-s.)
  • 34 VOYAGE EN C PI IN E I FEmpereur à Foccasion de son retour dans la capitale; plusieursmilliers dhommes, cons- tamraent occupés à Fentretenir, en forment pour ainsi dire la garde, et nul autre que FEm- pereur n’a la faculte de marcher sur la chaussée. Chaque jour, ou, pour inieux dire, à chaque minute du jour , elle est nivelée , et elle pre¬ sente une surface aussi unie qu un tapis de verdure (i). Tout le long de cette route, à la distance d’environ cent verges , sont cons- truites des citernes , qui servent à Farro- ser à la moindre apparence de poussière. De chaque côté, de beaux et grands peu- pliers procurent de l’ombre aux voyageurs et les garantissent des ardeurs d’un soleil brulant. Le long de la Chaussée de FEmpe- reur , règne un chemin particulier oil tout (i) Un bon missionnairc citd par le P. du Halde, (tom. IV, pag. 90, edit, in-40.) et qui fait également féloge de la propreté des routes à la Chine, observe dans l’amertume de son ame, que les chretiens ne met- tent pas, à beaucoup près, autant de soin et de zèle à nettoyer les rues par oft doit passer le Saint-Sacrement. Je ne doute point des pieux sentimens qui inspirerent cette reflexion au missionnaire ; mais étoient-ils bien desinteressds, et ne s*y meloit-il pas aussi quelques- uns de ceux qiféprouvoit certain porteur de reliques? (ii-s.) ' , ,
  • ET EN TAT AR IE. 20 le monde passe; il est également bordé de peupliers, de même que tous les grands che- mins de lEmpire. Sur les difierentes rivières . qui traversent cette superbe avenue, et même sur le moindre petit ruisseau , sont jetés des ponts magnifiques, reconverts de belles nattes pour amortir le bruit des roues de la voi- ture. Les pieux qui soutienuent ces ponts , ainsi que les ornemens nombreux et bien en^ tendus qui l^es décorent, sont accompagnés de peintures d’une assez bonne execution. * Le^8 septembre, lord Macartney, avec sa suite et un détachement dc sa garde, se ren- dit auprès de TEmpereur, en son palais près d Yuen-Ming-Yuen, à environ liuit milles de Pékin. Après les ceremonies d’usage, son es- corte le laissa, et revint le 29. Quelques-uns de nos plus riches présens furent deposes ei\ ce palais, Tune des maisons de plaisance do lEmpereur. Peu de jours auparavant, l’artil- lerie royale avoit donne ses canons, qui con- sistoient en quatre pièces du calibre d’une livre, deux de trois , deux obusiers de douzc pouces, avec une grande quantité de muni¬ tions, etc., etc. Tout cet appareil étoit des¬ tine pour la residence dont il s’agit; mais les Chinois sont naturellement si timides et
  • 26 VOYAGE EN CHINE si poltrons , quit est douteux qu ils en aient jamais fait usage. La vue seule de ces ins- trumens les glaçoit d’effroi, et le bruit les faisoit fuir à de grandes distances , comine des-moutons effrayés. ?.anmxorI?iunéTf a'iJL Le 3 octobre 5 TEmpereur envoya à lord Macartney , aux gentilshommes de sa suite y aux artisans, aux domestiques et à la garde, un tres-beau present, consistent en spieries, the , indiennes, et beaucoup dautres objets. II y avoit en outre plusieurs lingots d argent pour les gentilshommes; et pour chaeun des soldats et autres employes subalternes , un lingot de, la valeur d’envirqn trois livres sterlings. Cola nous indiquoit assez clairement que nous étions à la veille de notre depart de Pékin; cependant, à notre premiere en¬ tree en cette ville, nous avions cru y passer lhiver, Chaeun de nous attendoit avec une vive et inquiete impatience la grande au¬ dience que l’Empereur donneroit à Son Ex- lence ; mais nous apprimes bientôt que dans leur dernière entrevue particulière, au pa¬ lais près de Yuen-Ming-Yuen, tout ce qui fai¬ soit l’objet de fambassade avoit été termini. II n*y avoit pas de doute que ce ne fat h la satisfaction des deux parties, et que l'Empe-
  • ET EN TATARIE. 27 reur n’eut acquiesce à toutes les propositions de SaMajesté Britannique et de laCompagnie des Indes; mais l’anibassadeur garda le plus profond secret. ■ '■ Les gentilshommes d’ambassade parois- soient en general mécontens dune telle re¬ serve à leur égard, et la mésintelligence sem- bloit se mettre parmi eux; cela plaisoit atix uns , cela deplaisoit aux autres. Mais le 4 oc- tobre , tous reçurent 1’ordre de se tenir prêts à partir pour le 7. Nous n avions pas cesse un instant depuis notre arrivee d'etre renfermés comine des prisonniers, et jamais nous navions pu ob- tenir la permission, soit de visiter la ville, soit Idy acquérir quelque curiosité pour por¬ ter à nos amis en Europe. Nous ne fumes pas peu étonnés de ce sentiment de jalousie vrai- ment inconcevable, et de cette étrange con- duite des Chinois ; quoique dans beaucoup d occasions ils nous traitassent avec toutes sortes de distinctions et d égards, la méfiance et la crainte perçoient à travers ces demons¬ trations ; et il est facile dapercevoir qif ils de- • • siroient nous voir loin d eux , ou au moins loin de leur trop célèbre capitale. Jamais ds n’avoient souffert qu’aucun Europeen s y
  • 2& VOYAGE EN CHINE promenât en liberte , à fexception de quel- ques Jésuites ; encore ceux-ci avoient-ils été obliges de prendre fhabillement, les usages et les mceurs de la Chine, de renoncer à tout espoir de quitter cet Empire, et de s'en re- garder comme les sujets; d'ailleurs on exerce sur eux la surveillance la plus active, dans la crainte quils ne s’echappent secrètement. Mais ils paroissent contens de£leur sort; ils vivent fort bien et presque sans rien faire, genre de vie qui plait assez aux gens de ce metier. Le 6 octobre, Henri Newman , de fartillerie royale, mourut; c’etoit le sixième homme de la garde de fambassadeur don t nous avions à regretter la perte, et plusieurs autres étoient dansunétat desespere. Le 7?nous fimes notre dernière sortie de Pékin ; cette fois , nous étions dans des voitures découvertes; nous eumes done la faculte de contenter un peu notre curiosité, et notre attente ne fut nullement remplie. La ville nous parut d une étendue immense ; mais les edifices sont en general bas et de la plus mediocre apparence; les rues larges, mais irrégulières 5 nombre de maisons et de boutiques empiétant de beaucoup sur l’alignement des autres. L’ha- • bitation du pauvre et celle du riche sont ras-
  • I ET EN TATARIE. 29 semblées et confondues pêle-mele; dans beau- coup dendroits, une maison opulente ou une belle boutique tient à une chaumière faite de boue ; rnais la maison 5 pas plus que la chau- mière , n a sur la rue aucune fenétre , ni au- cune ouverture recevant le jour de ce côté. Chaque habitation a par derrière un enclos généralement plante d arbres, ce qui donne a cette cite un air tout-à-fait champêtre. Alors, comine à notre première entree, les rues nous parurent remplies de poussiere et de peuple de toutes les classes. Ony remarquoit un grand nombre de femmes, dont la curiosité surpas- soit celle des homines. Le soir, nous reprimes nos anciens logemens à Tong-Tchéou (i) ; le lendemain, nous nous embarquâmes sur plu- sieurs bateaux de passage , et nous redes- cendimes la rivière. Ges bâtimens étoient plus grands et mieux approvisionnés cpie ceux qui nous avoient servi a la remonter; nos alimens étoient aussi d une qualité supé- rieure, plus varies et plus abondans; nous eúmes niême la liberte de présider a la cui- * sine j qui dès lors se rapproclia davantage de la manière anglaise ; on nous donna aussi beaucoup de fruits; en un mot, le nécessaire, (l) Voyez ci-dessus, page 8. (L-s*)
  • I 3o VOYAGE EN CHINE • » le superflu, nous avions tout à profusion. Dans chaque ville un peu importante oú nous pas¬ sions , les habitans s'empressoient de nous donner des marques de consideration et de prévenance. Les troupes étoient rangées sous les armes et la garnison hors de la ville, long-temps avant que nous fussions inême à portée de la vue. On avoit dispose dans les principales cites des places propres au debarquement, dans le cas ou Fambassa* deur auroit eu le désir de descendre à terre; des nattes y étoient étendues en former de tapis; des tentures détoffes de soie et d im diennes de diíFérens dessins, décoroient ees places avec elegance et variété. C’est ainsi que nous voyagions assez lentement, tâchant doublier les désagrémens du séjour de Pé- kin , jouissant, et des beau tés du magnifique tableau qui se déployoit k nos yeux # et des bontés de la Providence. Le 12 octobre , nous revimes la ville de Tien-Sing (1), owle mandarin nous avoit si bien accueillis et nous avoit donné un si beau repas dans un edifice construifc exprès devant son palais. Les prim cipaux personnages de la ville, pares de leurs plus riches habits , étoient places dans le (l) Yoyez ci-dessus, pages 5 et 6. ( L-s. >
  • ET EN TATARIE. 3i même édifice ; et lorsque nous passames de- vant eux , ils nous saluèrent avec beaucoup de bienveillance et de distinction. Nous fumes tous étonnés de la quantité de peuple qui couvroit lesbords de la rivière, pendant plu- sieurs milles consécutifs; je «rois être très- modéré dans monoalcul, enlévaluant à plus de* deux millions dumes. Au milieu de cet immense rassemblement, aussitôt : qu il pa- roissoit un mandarin ou un soldat arme de son fouetyla foule souvroit j et sans faire en¬ tendre le plus léger murmure , sans donner le moindre signe de mécontentement, elle laissoit un libre passage. Ces peuples sont accoutumés à une si entière obéissance , le plus petit mouvement d insubordination est puni à l instant même avec tant de sévérité, quils ne sont jamais tentés dopposer la moin¬ dre resistance. * '• ‘ í ' ' ' A/Tien-Sing nous entrâmes dans une au¬ tre ri vière, et nous descendimes à environ un mille au-dessous de cette ville, avant de nous arrêter. Le vieux mandarin nous donna là une nouvelle marque de sa générosité et de son bon cceur. Chaque bateau reçut un très - beau present, consistant en provi¬ sions , en fruits, en confitures; et 1 abondance
  • 32 VOYAGE EN CHINE de ces divers comestibles étoit telle, qu il nous fut impossible d'en consommer la di- xième partie. Par ses constantes assiduités à noire égard pendant notre navigation depuis Tien-Sing jusqu à Pekin, pendant notre séjour en Chine et notre voyage en Tatârie, ce vieillard avoit gagné Taffection de chacun de nous; il n avoit pas cessé un instant de nous accompagner, de nous procurer des vivres , en un mot, de prouver à Son Excel¬ lence et à toute l ambassade la sincérité des voeux qu’il formoit pour le succès de la négo- ciation (i). Nous ne désirionspas avec moins de sincérité qu il ne nous abandonnât qu’au terme de notre voyage dans l intérieur de la contrée.. Un grand nombre de mandarins in- férieurs et d officiers subalternes nous accom- pagnoient sous ses ordres; plusieurs d entre eux ne nous avoient pas quittés pendant toute la durée de notre séjour, et ils étoient devenus très-familiers. Nous avions acquis quelque connoissance de leur langue, autant du moins qu il étoit nécessaire pour deman- der la plus grande partie de nos besoins; et (i) A ce portrait avantageux, il est aise de recon¬ noitre le bon et vdndrable Van-ta-Jin , dont il est soil- vent fait mention dans la relation de sir Staunton. (L-s.) comme
  • ET EN TATARIE. 33 corame ils s’empressoient de nous les procu¬ rer , nous ne manquions d aucune des choses qui pouvoient contribuer à notre agrément. Nous nous regardions done comme fort heu- reux, et de semblables procedes faisoient un peu diversion à la longueur du temps qui devoit sécouler jusqu à notre retour à la flotte; car nous avions entendu dire quelle ne nous reprendroit pas avant un mois ou mêine davantage. Le temps étoit frais et agréable ; la moisson étoit entièrement ache- vée, et de quelquc côté que nous poi'tassions nos regards , nous découvrions des lointains iinmenses et les plus beaux sites qu’il soitr possible à l imagination de se figurer. Les toils des maisons construites sur les bateaux étoient en plate-forme, et assez élevés pour nous permettre de jouir de la vue de toute la con tree ; pendant les trente-trois premiers jours jde notre voyage, le pays ne nous offrit qu'une vaste plaine, oil 1 ceil nétoit arrété que par des villes et des villages, tellement rapproches les uns des autres en certains en- droits, que nous pouvions à peine distinguer 1 intervalle qui les séparoit. II y avoit sur les bords de cctte riviere plusieurs villes importantes; dans la matinee T. H. 3
  • 34 VOYAGE EN CHINE du quatrième jour après notre depart de Tien - Sing , nous eumes le spectacle impo- sant d’une grande place forte. Parvenus à une certaine distance au - dessous de cette place , en suivant le cours de la riviere , nous avions successivement découvert la presque totalité de sa circonférence, et nous jugeâmes qu elle pouvoit être denviron trois lieues. Les faubourgs étoient composes de baraques bâties en boue qui, k mesure quon appro- che de la vide, finissent par en masquer en- tièrement la vue. Le soir, lorsque lobscu- rité commençoit à s étendre autour de nous , nous découvrimes sur le bord de la rivière une autre cite; mais nous ne la vimes que très - imparfaitement. Nous distinguâmes ce- pendant un grand nombre de soldats campcs auprès des murs; ils se mirent sous les armes k notre approche, et demeurèrent ainsi ran¬ ges jusqu à ce que tous nos bateaux fussent passes; iis saluèrent fambassadeur de trois coups de canon; c est là le plus grand nom¬ bre usite en pared cas, excepté pour fEm- pereur. Leurs canons, à proprementparler, ne meritent guère ce nom; ils consistent tout simplement en une piece de bois forée, dont une des extrémités est fichée en terre; on la
  • ET EN TATARIE. 35 remplit de poudre et on la décharge en fair; le bruit de fexplosion petit être compare à celui d une petite pièce de cainpagne. Le 12, nous entrâmes dans la province de Tchan-Tong ; différens mandarins et ofíi- ciers avoient ordre de nous confluire jusquà la province limitrophe. Sur chaque bateau étoient aussi deux soldats charges de veiller a ce quaucun passager ne sécartát. On a peine à s expliquer le motif d une telle jalou¬ sie et d une telle crainte des étrangers; car quoique la Chine soit certainement un des plus beaux pays de la terre, cependant ses lnceurs et ses usages sont tellement contraires aux nôtres, que bien peu de nos compagnons, eussent-ils du s’attendre à mener, k leur retour, la plus miserable vie, auroient pu consentir à rester au milieu d?eux. L ignorance et la superstition de ces peuples sont sans bornes ; à peine peuvent-ils concevoir qu il existe un autre pays que le leur; et dans la province que nous traversions alors, je ne crois pas qu un habitant sur dix eút entendu parler du passage dun seul étranger avant fambassade - anglaise. Tout étoit done pour eux un sujet détonnement et d’admiration. Si, mêrne au milieu de la nuit, nos bateaux passoient à
  • 36 VOYAGE EN CHINE I travers une ville ou un village, des milliers de spectateurs avides accouroient de toutes parts, dans f unique esperance de voir quel- ques-uns d’entre nous, et ils nous suivoient à des distances considerables, jusquà ce qu’ils eussent satisfait leur curiosité. Le 22 octobre, le cours de l'eau nous porta devant une tour dune construction fort singulière , dans le genre de la tour de porcelaine à Nankin , iuntee dans les jardins de Kew (r). Elle étoit entièrement bátie en brique blanche, excepté les intervalles dun étage à fautre, qui étoient revctus d une es- pèce de tuile vernissée. Sa forme étoit oc- togonale; chaque pan avoit à peu près quatre verges, dans le sens de la circonférence; sur chacun de ces pans se trouvoit une fenètre ou une ouverture pratiquce pour en recevoir une. Sa hauteur étoit partagée en huit étages,non compris le rez de chaussée et la coupole, et elle s’élevoit à environ 240 verges au-dessus du niveau du sol. Nous observâmes tout au- tour un grand nombre de temjiles didoles, (1) Voyez ci-dessus tome Ier., page 5, planchelll; et ci-apres laplaoche iniitulce: / uc prise dans le voi— sinage de la ville de 1dm- Tsin, sur le bord du grand • canal, ( L-s. ) S'
  • ET EN TATARIE. 37 mais généralement si mal entretemis, qu il nous étoit facile d'entrevoir la divinité à travers les mines. La tour étoit située au milieu d une plaine vaste et découverte, à environ trois milles d une petite place forte , dont nous ne pumes avoir qu’une vue fort imparfaite , quoi- qifen plusieurs endroitsnous ne fussions pas à plus d’une portee de fusil de ses murs, parce qu elle étoit environnée de baraques de boue, comme le sont la plupart de leursplus beaux edifices. (Test la que nous quittâmes la ldviere, pour entrer dans un canal qui tire son eau de cette riviere merne (1), mais dont le lit est presque aussi large et aussi profond que celui de la riviere. Le 24 , nous passâmes devant deux villes fortifices , oil beaucoup de troupes ctoient en cantonncment. Nous decouvrimes plusieurs chateaux 011 espèces de forts, incapables d au- cune resistance, excepté contre la mousque- terie et autres armes peu puissantes. Plus nous avançions vers le sud, plus les edifices sembellissoient, ct ils nétoient plus déslio- (1) L’auteur designe ici le grand canal de la Chine, Tun des travaux à la fois les plus utiles et les plus dtonnans pour l’immensitd qu’ait jamais entrepris et execute aucune nation civilisée. (L-s.)
  • I 38 VOYAGE EN CHINE norés par la presence de ces miserables chau- mières, dont j’ai déjà parle. Les collines que nous aperçumes le 25 sur notre gauche , nous firent conjecturer que nous étions dans le voisinage de la mer; pen¬ dant deux ou trois jours, à mesure que nous en approchions, nous yimes la campagne en- tièrement submerge?; mais il riy avoit pas un pouce de terre qui ne fút cultive avec au- tant d'industrie que de soin. Les habitans étoient occupe's à serrerleurs récoltes, qu’ils transportoient dans des bateaux ; ailleurs , les pêcheurs rassembloient le poisson qu’ils avoient pris. Les procedes en usage pour la pêche varient, suivant que l’eau est plus ou moins profonde, plus ou moins embarrassée d'herbages , qui croissent dans certaines places en très - grande abondance; ils em- ploient tantôt des filets, tantôt des nasses tis¬ sues avec infiniment d adresse; ces divers spectacles nous intéressoient en nous diver- tissant. II nous parut y avoir aussi beaucoup d oiseaux sauvages, et la manière dont ils les attrapent est fort singulière. Caches, à ce * qu on nous dit, au milieu des herbes , ils sa- vent si bicn tromper ces oiseaux et les atti- rer à eux, qu ilsles prennent avec la main.
  • ET EN TATARIE. 39 Les 26 et 27, le canal siiivit une direction sinueuse , au pied d un rang dagréables col- lines. Les tours et les forteresses construites sur chacune delles, présentoient un coup d'ceil vraiment pittoresque. II y avoit beau- coup de troupes stationnées dans cette par- tie de FEmpire, particulièrement dans le voi- sinage des capitales. Nous eumes lieu de soup- çonner que les mandarins faisoient en sorte de nous faire passer de nuit par la plus grande partie de ces villes; mais les soldats étoient toujours sous les armes , portant chacun une lanterne devant soi, de manière qu il nous étoit facile de les compter et de voir que! ctoit leur équipement. Le I«r- novembre, d'assez bon matin, nous arrivâmes sur un lac spacieux ou sur une vaste nappe d eau, dans laquelle se déchar- geoient un grand nombre de caliaux et de belles rivières (1). Ici la vue étoit admirable. La contréeprésentoit de toutes parts une telle variétc d accidens et de scenes champêtres, (1) M. Holmes veut ici designer le lac Pao-ling dont parle M. Staunton , t. IV , pag. 200 , et dont on trouve une vue ci-après, sur la planehe intitulée vue du lac Pao-ling, à Vendroit ou il nest séparé du grand canal (]ue par un bane de terre. ( L-s. )
  • I 40 VOYAGE EN CHINE que je n'avois encore rien vu de semblable. Les villes , les villages, les plaines ombra- gées, les bosquets, les collines, les vallons y étoient tellement entrecoupés, cpie la na¬ ture sembloit avoir épuisé toutes ses ressour- cespour embellir ces lieux. Le lac étoit aussi couvert de navires, qui le traversoient dans tous les sens, et ce mouvement ajoutoit à lagrement ,dc la vue. Vers le centre du lac, le courant devenoit extraordinairement ra- pide; il entrainoit les batimens avec une telle violence , que les homines ne les maitrisoient qu avec peine, et ne parvenoient pas sans de grands efforts à empêcher les abordages. Nos matelots Chinois parurentse méfier beau- coup de leur habileté, et nous donnèrent à 9 % croire que nous étions exposes à un grand danger; car ils invoquèrent le secours du ciei, et prièrent leurs dieux de les aider dans la traversee, quils vinrent pourtant à bout d’achever, mais non sans accident; un homme cut le malheur de tomber à beau, le sergent Stewart y tomba aussi; mais coniine celui- ci nageoit superieurement, il se soutint assez long-temps sur l'eau pour qu'un bateau eut le temps d’aller le sauver. Vers midi, nous entrames dans la rivièrc Jauue, ou plu-
  • ET EN TATARIE. «41 tôt dans un canal qni nous y porta le 3. Là, nous eunies occasion d'etre témoins dun procede de pêche curieux, employe sur les lacs qui se rencontrent frequemment dans cette partie de 1 Empire. Deux ou trois hom- mes dans une petite barque, ont à peu près une douzaine d oiseaux nommés cormorans ; ils sont noirs comine de corbeaux , mais beaucoup plus gros, armes dun long bee jaune très-affilé. Au signal donné par leur maitre, ils se précipitent sous l eau et y de- meurent jusqu à ce qu on laisse tomber dans les flots, le long de la barque, une rame ou une perche; ils reparoissent aussitót, vien- nent décharger dans la barque tout le pois- son qu ils ont pris, et attendent de nouveaux ordres. Le 5 novembre , nous traversâmes un autre beau lac , entouré de montagnes, et reinpti d’ilots, ou plutôt de rochers élevés , sur le sominet desquels on avoit bâti des pa¬ godes et des espèces de temples , d’un effet très-pittoresque. Au pied des montagnes, etoient situes de grands villages , dont les habitans s occupoient principalement à con- struire des jonques; plusieurs de ces jon- ques, d une grosscur vraiment extraordinaire,
  • 42 VOYAGE EN CHINE etoient encore sur les chantiers. Nous vimes aussi en ce lieu plusieurs de leurs vaisseaux de guerre , qui avoient plutôt 1 air de inise- rables pontons. A lentrée de la riviere , sur le lac, nous passámes sous un pont (i), et à mesure que nous en remontions le cours , nous en rencontrâmes plusieurs autres. Quel- ques-uns n avoient qu’une arche ; d autres en avoient trois : tous ces ponts etoient batis en pierre et dune elevation surprenante, ne pre'sentant d ailleurs rien de curieux dans le travail. La contrée , de ce côté, avoit une pliysionomie absolurnent differente de celle que nous avions observée auparavant. Nous suivions un jour une route sinueuse entre des montagnes; le jour suivant, nous nous trou- vions au milieu d une plaine marécageuse , remplie de lacs et de grands amas d eau. Ja¬ mais il ne se passoit une journée sans que nous rencontrassions une grande ville : souvent nous en traversions deux ou trois; et elles etoient d autant mieuxbaties, que nous avan- cions davantage vers le sud ; le commerce y paroissoit aussi plus florissant. Les rivieres (i) Voyez ci-apròs, la planche qni represente les barques chinoises de Vambassade s* rréparmt à passer sous un pont. ( L-s. )
  • ET EN TAT ARI E.. i{h dtoient couvertes dune multitude de vais- seaux, qui ne s’arrêtoient ni la nuit, ni le jour; en un mot, tout ce qui frappoit nos regards indiquoit un peuple infiniment plus actif et plus industrieux que celui que nous avions observe depuis notre arrivée en Chine. Les mandarins, et toutes les personnes éle- vées par leur rang au-dessus de la classe com¬ mune 5 portoient des vêtemens de soie; les troupes avoient aussi un uniforme plus bril- kint et plus riche ; mais pour les armes et le reste de léquipement, elles diSeroient peu de celles que nous avions vues auparavant. Les villes situées dans cette partie de lEm- pire nous parurent très-anciennes; les mu- railles et les maisons tombent en rumes. La population surpasse toute croyance; figurez- vous la campagne absolument couverte d ha- bitans, et les rivieres, de maisons flottantes; il n est pas moins surprenant de voir le nom- bre de personnes logées ensemble comine dans un nid, sans éprouver aucune gene ap- /parente. Dans une piece oil quatre à cinq An¬ glais se trouveroient à fétroit, dix ou douze Chinois sont à leur aise. Ils vivent principa- lement de végétaux, que la contrée produit abondamment; le riz est leur mets favori; ils
  • 44 VOYAGE EN CHINE en font deux récoltes par année, et ils étoient occupcs à serrer la seconde , lorscpie nous voyagions dans cette province. Le pays four- nit aussi beaucoup de soie , de suif et de cam- plire ; pendant plusieurs jours de suite , nous ne vimes que de ces arbres qui donnent le suif. Cette substance se retire dune espèce de noix ou pomme, exactement semblable , pour la couleur et pour la forme, à celle qui vient sur la tige de la patate. Le múrier, 1 o- rangcr, le camphrier croissent de toutes parts, et ces arbres embellissent beaucoup le pay- sage. On trouve aussi dans ces provinces une grande quantite d autres productions et d’au- tres objets d un commerce utile ; mais renfer- més comme nous fetions, il nous étoit difficile de tout examiner avec assez de precision pour en donner une description exacte. Les Cliinois méridionaux paroissoient encore, sil est possible, plus empresses de nous voir, que ceux de Pékin; et sur la demande expresse des mandarins, le colonel Benson nous donna l ordre de nous tenir sur le pont en traversant les vill es. On nous dit qu une foule de curieux accouroient de plus de cent milles uniquement à cause de nous, et paroissoient satlsfaits du moment oil ils nous avoient entrevus. i i
  • ET EN T AT ARI E. ' 45 CHAPITRE VIII. I/ambassade arrive à Han-Tchéou. — Elle se separe.— Une partie se dirige vers Cantou, l’autre vers la baie de Tchou-San. — Les Anglais sont traites avec peu d’dgards. — Manière de passer les dcluses. — Arrivee à Nang-pou.- Coupable indifTerence des Chinois envers les morts.— Manière d’enterrer dans la province de Pe-tchd-li. — Commerce de la ville de Ning-pou. — Description de la ville de Tchou- San. — L’Hindoiistan met à la voile. — Arrive pres de Canton. — Nouvelle de la revolution française. —^W^ham-pou, village considerable, voisin de Can¬ ton. — Prise d’un brick français. — Arrivee de plu- sieurs bâtimens anglais. — Itineraire de la partie do l’ambassade qui s’etoit dirigre par terre vers Canton. — Bonheur dont jouissent les Chinois. — Leur im- moralité. — Leur procede pour clever 1’eau. Le i 5 novembre, nous arrivâmes à Han- Tcheou3 ville grande et forte. Ce nest pas une chose commune que de rencontrer en Chine une pièce de canon, et la gaucherie des Chinois à sen servir ne peut étre com- paree qua la peur quils en ont. Cependant nous vimes aux portes de cette place sept ou huit grosses pièces de campagne , bien mon- tées et en bon état; à la distance d à peu pres 1
  • s 46 VOYAGE EN CHINE six milles, nous fumes reçus par plusieurs re¬ gimens mieux tenus et mieux ranges que tout ceux que nous avions vus auparavant. Quel- ques-uns étoient armes d ares et de flèches; d'autres de fusils à mèches ? et environ deux regimens 11’avoient que des épées et des boucliers. Au centre de cliaque bataillon étoient placees quelques pieces d artillerie. Ces soldats nous saluèrent et continuèrent leur salut jusqu après notre embarquement à bord des petites jonques qui nous étoient pré- parées. Lord Macartney prit avec la plus grande partie de sa suite la route de Canton. Le colonel Benson, le capitaine Mackintosh, M. Alexandre, M. Dinwiddie, et neuf autres personnes d un grade inférieur s'embarquè- rent sur une riviere differente, qui devoit les conduire à la baie de Tchou-San , oil YHin- doustan les attendoit. Par des lettres que nous reçumes du Lion, nous fumes informés que ce bátiment croisoit dans les lies des Lar- rons, et que son equipage étoit malade. Nous nous séparâmes à Han-Tchéou, et nous fu¬ mes portes dans des litières à huit miiles au- dessous, excepté pourtant les militaires 5 qui, sur la prière des mandarins, marchèrent en ordre jusquà fcmbarcadaire; toute la cam- /
  • ET EN TATARIE. 47 pagne étoit couverte de peuple. Les individus de tous les rangs paroissoient mêlés et con- fondus ; de longues files de soldats étoient disposées de manière que jusqu'au bord de l’eau Fambassadeur et sa suite ne cessa de passer au milieu d eux. Là, des ponts volans avoient été construits exprès sur des cha- . riots, qui furent trainés dans leau par des bullies jusqu à la distance denviron un demi- niille, parce qu il n'y avoit pas assez de pro- fondeur pour permettre aux vaisseaux d'ap- procher plus près de la terre. Le détache- ment destine pour la baie de Tchou-San tra- Versa un bras de mer, et aborda au coucher du soleil à un petit village éloigné d à peu près trente milles de Nankin. Nous fumes brusquement introduits dans des litières, et à peine débarqués, nous etions déjà guindes, à six j)ieds de haut, sur les épaules de deux bommes robustes, qui nous portèrent en courant pendant près dune demi - heure. Nous fumes ensuite jetc-s dans de petits ba¬ teaux assez mal propres, oil nous passâmes la nuit; le lendemain , de grand matin, on nous hala sur un canal qui traverse une con- trée délicieuse, pendant fespace de vingt- cinq à trente milles. Ce canal n ayant pas
  • 48 VOYAGE EN CHINE < été achevé et conduit jusquà la rivière vers laquelle il étoit dirige, nous fumes encore une fois obliges de débarquer à la ville de Tin-Tchin-Tchi; de la nous fumes transpor¬ tes, commc le premier jour, dans des litières, oil nous fúiiies entassés pêle-mêle, et avec si peu d égards pour les rangs , que quelques- uns de nos geutilshommes furent places dans de mauvaises chaises decouvertes, exposes de toutes parts à une pluie extreuiement lroi- de , qui commencoit k tomber lors de notre arrivée à terre; tandis que , par un singulier contraste, les subalternes occupoicnt des li- tières elegantes et commodes. Le lendemain, farrangement dans les bateaux ne fut pas mieux calcule ; inais nous eumes du moins • en abondance des provisions de touto espèce et d une qualité supérieure à toutes celles que nous avions recues jusqu'alors. La vue du pays étoit d ailleurs si agréable, que nous eumes bientót oublié quelques légères con- trariétés. Les mandarins nous assurèrent quaussitôt que la proiondeur de leau pour- roit le permettre, nous aurions de plus grandes jonques ; mais dans le lieu oú nous étions, les dimensions des canaux ne comportoient pas ^ 0 • • de barques plus fortes que celles dont nous nous
  • ET EN TATARIE. 4g nous servions acíuellement. Le paysage étoit varie et la contrée montueuse; nous fumes même obliges de passer plusieurs écluses, dune construction fort singulière. On nous bissoit en haut du rocher au moyen d’un cabestan et d une corde qui enveloppoit la partie postorieure du bateau; lorsque le poids de la partie antérieure venoit à femporter, le bateau faisoit la bascule et redescendoit du côté oppose avec une très - grande Vi¬ tesse. Les Chinois manceuvrant leurs bar- . ques avec beaucoup de rapidité et sans beau- coup de precaution , on est souvent expose, dans le cours de ces navigations intérieures, à des accidens fâcheux et même. a des dan- gers réels (i). Le 14 , nous arrivâmes à la ville de Houng- Pi, oil nous trouvâmes, ainsi que nous l’a- voieftt promis nos mandarins, des bateaux fort (i) Voyez la description de cette manoeuvre, tom. I, page 29, et la planche XV, intitulée vue en face d’un bateau qui passe sur un plan incline ou glacis; et ci-après, les deux planches qui représentent les barques chinoises de iambassade passant par une ècluse sur le grand canal, le plan et la coupe d’une eel use sur le grand canal de la Chine, et le plan incline par le moyen duquel on fait passer les bâiimens entre deux canaux de niveaux differens. ( L-s. ) 4
  • 5o VOYAGE EN CHINE agréables, mais en même temps tellement obstrues de domestiques et de soldats, que nous fumes bientôt excessivement incommo¬ des du voyage. Nous entrâmes dans le pays des montagnes; et le i 5 , nou^iéç^vriínes la fameuse ville de Nang-J^flU^J^fU sur la croupe dun 4 ftTfllL UtlLTMff et aussi sterile que les Dei&jfr shire. On conçoit difficil^^ -tadWftfríFH a pu determiner la construction dune si belle cite dans un emplacement aqç^7|^ç^.yanta- geux, lorsqu'on voit de toutes^p^Sj,pqtte memo cite environncie de riches et fcrtiles fno B^lUÊiTnfoflOv) .ill “CT HU ClHmllilll C"I plaines. Elle est lortilice par la nature et l art; la montée par laquelle on y arrive est presque à pic, excepté du côté de la riviere, et cette partie est protegee par un grand nombre d’ouvrages, lcs plus forts que j'aie vus dans toute la Chine. Les habitans nous trai- I ft I ] 1 1 1/ " I vl-iMJ » • tèrent avec uue deference extraordinaire; ils nous honoroient de leurs visites presque J ft * ft J. ft J ' ft " ft f < 1 C» ft.J ft V-J Cl ftt / I J ft' ft*- ‘ J T à toutes les heures du jour. Les premiers per- sonnages de la ville paroissoient plus em¬ presses et plus curieux que les iuférieurs ils furent très-sensibles à notre affabilité, et oil □ iUlHUIl J1JjU ttv louiDvr firent leurs observations sur les differentes choses qui leur sembloient ou étranges, ou
  • ET EN TATARIE. 5i inexplicables. Nous leur adressâmes aussi beaucoup de questions sur Ce qui paroissoit tel à nos yeux ; et nous les trouvâmes en general plus communicatifs que le reste de lours compatriotes , excepté pourtant sur les ' 1 aleitr religion. Nous ju- pomts qtíéuèet áíífèlè étoit uií mystère qu’il leur revelei; nous ne pumes done êtablir aucune opinion ni sur ce qu’ils TOncroient. Leurs idoles sont nombreuses • le moindre petit village a lOTjfe^tre’son culte public , et presque toutes les itiaisons un peu considerables ont l'objet de leur culte particular; la plus chétive em- barcation porte sa divinité , a laquelle on offre des prieres et des sacrifices , dans les perils et à des jours marquês. Leur manière d’enterrer leurs morts nous fit horreur; et vé- ritablement on ne peut pas donner à une pra¬ tique aussi barbare le nom de sépultute. Vous voyez quelquefois plusieurs milliers de cer-, cueils absolument découverts, et les cada- vres en putréfaction; quelques-uns sont en¬ terres à moitiê , et Tautre moitié est couverte de paille. Un petit nombre de personnes ont des caveau* , sur lesquels sont construits des Edifices decens5 ornes de ciseluresetd images;
  • 52 VOYAGE EN CHINE quelques-uns de leurs grands homines, qui se sont illustre's par leurs qualités personnelles ou par les services qu’ils ont rendus a leur patrie , ont une statue érigee en leur honneur anx de¬ pens du public. Cet usage ^cftPÍ&tt^Utre de cette espèce, n est pas commun à toutes les par¬ ties de ['Empire; la coutume d une province, à cet égard, differe autarlt de celle de 1& pro¬ vince voisine que si el les n’avoient ensemble r'ftrri et dans la province de Pe-Tche-Li, on creuse une fosse profonde , oil le corpsrfé#t^íIácé de¬ bout ; on élève ensuite sur le corps un tertre de terre, de forme ovale, haut d’environ huit pieds , et on n’y laisse aucune autre marque pour faire distinguer à qui appartiennent les ccndres que recèle cette espèce de monument. A Nang-Pou, l’arbre a thé est cultivé avec plus d art que dans tout autre lieu de la Chine; il étoit en fleur à notre passage, et chaque eminence, couverte d’arbustes de ce genre, offroit le plus riant coup d ceil. L’oranger, le camphrier et l'arbre à suif sont indigenes dans cette province; outre cela, une grande quantité de productions, qui entrent dans le commerce , y croissent en si grande abon- dance, qu on les a presque pour rien. La ville
  • 53 ET EN TATARIE. I 'ít A j. ' de Nang-Pou fait sur ses propres vaisseaux un trafic immense avec Batavia, les íles Phi¬ lippines , et les autres établissemens des mers de Chin^fll^^pprpvisionne., par fe débou- ché de Canton , les bátimens Européens. Les prineipaux mandarins nous firent cbacun ^ès trois pounds oie, the, nankin, »ils fi* rent tous leurs efforts pour rendre notre sé- jour agre able ;xnais le mauvais temps nous lixa trpp long-temps dans leur ville, pour que nous pussions nous y trouver bien. Non-seu- lcnien^lÇj^j^Liious étoit- contraire ; mais il soufíloit avec bcaucoup de force , et la pluie tomboit avec une telle violence, que , pene¬ trant à travers les naíles dont nos jonques cUoient convertas * eíle nous inondoit. Ce temps dura sans interruption pendant sept ou buit jours. Notre impatience d’arriver à bord de f Hindoustdn, dont nous n etions pas TO rf*) TV, H frf (> yj j uoo , 9') if fill it éloignés de plus de dix lieues 5 nous donnoit de rhumeur. Les mandarins sen apcrcurent; inais ils ne parurent pas sen offenser. Le jeudi 4 décembre , le vent sdtant ap- ' ’ ' * f l( 1Í J IIJU') ]() OO )J * * (i) Environ soixantodix francs, argent de France. (Xi-S. )
  • 54 VOYAGE EN CHINE paisé, nous continuâmes notre route, et nous times difierens detours entre des colLines cou- vertes d’arbres à the, et d’autres arbustes , dont les fleurs, d une blancheur pblouissante, . - 4. J W ■ J U 1 li** I w exhaloient les plus doux parfums; mais ce qui mit le comble à nos jouissances, ce l’ut de découvrir, vers les trois heures, YHiri- doústán. Ce bâtiment, lorsque nous fumes plus près de lui, nous salua de neuf coups de ca¬ non ; et il redoubla le salut, lorsqu il reçut à bord son commandant. La garnison et les troupes firent uu feu roulant pendant deux heures; et le lendemain , nos gentilshommes eurent les honneurs d une grande parade. La ville de Tchou-San est située en partie dans une agreable vallee, et en partie sur le penchant dime colline sauvage; elle est protegee par des forts construits régulière- ment sur chacune des hauteurs dont elle est t Q * # I environnée. Son principal commerce avec Canton consiste en thé et en nankin, il sy fabrique aussi une indieime grossière et quel- ques mouchoirs. Deux jours après notre arrivcie, lorsque nous eúmes fini d embarquer les effets de fambassadeur , nous levâmes l’ancre avec un vent favorable , et nous saluámes les grands
  • ET EN TAT AR IE. 55 mandarins en traversant la ville. Nous étions tous conténs, tous empresses de nous rendre à Canton oil nous nous attendions à rencon- 7 1 r\ r ^ í i rr trer beaucoup de compatriotes, et à trouver des lettres 'de nós amis d’Europe. II ventoit bon frais, et précisement en sortant de la baie notrà Vaisè^TÔí toucba? cofrBf é nA'bocher. Le choc fut violent, et l'alarme grande; nous crai- gnimes et pour le'bâtiinent, éf$8ar nous; heu- reusement en qnelcpies minutes le nàvire se re¬ leva1,TsáKSWbfi: lilecti1thkHM11doniinage appa¬ rent. A notre sortie de la baie, nous dimes un vetft'ttSkfeift^mais cé vent favonsctit notre marchei ikmsiapereúmes 1’ilc Formose; et le 8, nous'étions au milieu des iles des Larrons. Le g , nous entrámos dans la baie do Macao (i) , et nous vimes cpiatre grands biitimens ci l’ancre par le travels de la ville ; ils se trouvoient d’ailleurs à une trop grande distance pour quit nous iut possible de distin- guer ce qu’ils étoíent. Le soir, nous obtinmes un tchop (2) ou passe-port pour entrer dans la (1) Voyez an commencement du icr. vol., un plan tres-de'laiile de cette baie. Sdijxij: (2) Lisez tchao ( ordre imperial), et voyez moil Mémoire sur Ies Papiers-Monnoies des Orientaux , t . IV, p. 115-141 des Mcmoires de Tlnstitut. (L-s.)
  • 56 VOYAGE EN CHINE rivière. Les deux forts places à lentrée de laBocca-Tigris,nous saluèrent de trois coups de canon, et hissèrent le pavilion de lEm- pereur, lorsque nous passâmes près d eux. Ils étoient autrefois dans fusage de rendre à tous nos bâtimens de la Compagnie qui re- montoient la rivière y \e sahit rjuils en rece- voient; mais après la iin mallieureusef du ca- nonnier condamné à mort à Canton, et dont il a été fait mention dans la premiere partie de ce Journal, cette coutume avoit été abo- lie. La reception distinguée qmbnous fut faite étoit done un honneur* ;auquel nous ne de- vions pas nous attendre ; et nous cruines de¬ voir encherir sur ce salut> par'deux coups de canon de plus. Profitant dc la marée, nous entrames dans la rivière pendant la nuit, et nous passâmes devant le Lion sans l’aperce- voir au mouillage dans la baie d’Anson, par le travers de la Bocca-Tigris. Le lendemain, nous franchimes la seconde barre , et nous trouvâmes quatre bâtimens de notre Compa¬ gnie des Indes, prêts à mettre à la voile pour l'Angleterre ; c étoient le Bombay Castle, la Minerve, le Chesterfield et le Brunswick. Ce fut par eux que nous eimics la première nou- velle de la revolution françaisc ct de la guerre
  • ET EN TATARIE. 57 qui' embrasoit FEurope. Le 3 décembre, nous arrivâmes à W ham-pou, place ou les navires européens viennent prendre leur cargaison: c est un village très-considèrable^ à environ seize niilles au-dessous de la ville de Canton. Les vaisseaux n ont pas la faculte de remon¬ tei' plus haut la rivière; ce sont les facteurs qui se ckargent du soin de faire les cargai- sons; ils possèdent les plus belles maisons dc la ville 5 et yiyent avec im faste égal à celui des souverains. ils restent à Canton jusquà ce que le dernier bâtiment, appelé Bookship, se soit mis en route pour FEurope ; alors les Chinois lesiobligent de se retirer à Macao jusqu à 1 arrivee du premier vaisseau, à la saison suivante. Les habitans de Wkam-pou ont avec les Europçens , et particulièrement avec nos compatriotes, des relations si fre¬ quentes, que tous possèdent aumoinsune tein- ture de la langue anglaise, et que quelques-uns la parlent couranunent. A peine un navire est-il arrive, qu il reçoit la visite de taillcurs, de cordonniers, de blancbisseuses , et de bar¬ ques approvisionnées de toutes sortes d arti¬ cles , dans le gout anglais; il est, en general, peu d'objets que vous ne puissiez vous pro¬ curer auprès des marchands de Canton, aus-
  • 58 VOYAGE EN CHINE sitôt que vous le désirez. Nous trouvâmes à Wham-pou environ vingt bâtimens de Hol- lande, de Suède, d Ostende et d'Amerique, outre plusieurs navires anglais. Le lende- main de notre arrivée , quelques ofRciers du Lion vinrent à notre bord avec des let- tres d Angleterre ; d’apres la nouvelle de la guerre avec la France, ilsqavoient pris un brick français, charge dè'ítífòutrúres , te¬ nant de Tile d1 Amsterdam (i)!, et its avoient donné la cbasse a un gros Vaisseau qui s’é- loit jeté à la cote pres de Macao. Nous ap- primes que plusieurs bâtimens français, ar¬ mes en course , dont quelques-uns avoient trente canons en batterie et un Equipage nombreux, croisoient dans finterifeur et aux environs des détroits de lar Sonde et de Ma¬ lacca ; et le bruit se répandit qu ils avoient pris la Princesse Roy ale s vaisseau de la Compagnie des Indes. Le 6 decembre , ar- riva le Warley, de la Compagnie des Indes; le 7, la Roy ale Charlotte ,le Triton, et deux autres bâtimens arrivèrent du Bengale. Ils (i) C’e'toit le bâtiment qu’attendoient Perron et les autres Français, occupds dabs file d’Amsterdam , à la cbasse des veaux marins. Voyez ci -dessus, ítome I, page 8i. ( L-s.)
  • ET EN TATA RI E. 5g nous instruisirent de la prise de Pondichéry, et nous donnèrent plusieurs nouvelles inte¬ ressantes , concernant lAsie et 1’Europe. Le f i 5 une affaire malheureuse eut lieu à terre. Les naviresqui arrivent en ce lieu sont dans 1 usage d y réparerjeur grément. II y a pour c@t effe(^|çles espèces de»'magasins construits exprès,^ quon appellee les Banks Hall, oil se tiennenti l$s armuriers, les charpentiers , les voiliers , ^t les autres artisans pour la ma¬ rine. Le commis aux vivres du Brunswick etant 4 terre pour saler les provisions ne- cessaires 4 la traversée 5 eut une dispute avec quelques matelots de son bord. Cet homme ne se possédant plus, eut rimprudence de tirer au milieu d eux un pistolet charge ; du coup , il étendit mort sur la place un de ces nialheureux, et en blessa deux autres assez dangereusement pour qu on désespérât de leur vie. Ilfut aussitôt mis aux fers, son procès devant être instrui t à son retour en Angle terre. /Le vendredi 20 décembre, quatre bâti- niens, le Lord Thurlow, le cornte d’ j4berqaven- vy ^ la Ceres et X Osterley, et trois jours après le Glatton, venant d Angleterre, entrèrent fians le port. Sortis de la Tamise en mai, ces vaisseaux nous apportèrent beaucoup de
  • 6o VOYAGE EN CHINE lettres; et nous eúmes en même temps toutes les nouvelles que nous pouvions désirer. Nos amis , qui s étoient separes de nous à Han-Tchéou, ainsi que je Fui dit plus haut, tra- versèrent la ville, dont les rues étoient telle- ment obstruées par la foulevquils pouVoiènt h peine marcher* ^A^feuit aiiSte^^inViron de * rv ♦ . r t | cette placé rf2- vière, au moyCn de ponts semblãbles à ceux déjà décrits- A peine furenbilsrtnidusa bord, que des buíHes nombreteX attelés aux^ cha¬ riots se mirent effí^ÉteUvemeilt^^^S^n it\§- tant les pouts disparuréuti£íEÍe^bi@me sorr!, vers cinq heúre$,k il$ sei trouvèíent sur lk plus belle riviere qu ils enssent»Je*icore vue ; son cours sinueux faisoit mille detours an milieu d’une fertile valine , entitles colliftés couvertes de pagodes, de corps-de-garde, et de jolies chaumières. Le *6, cette riviere se partagea en trois ou quatre branches. Sur le bord, un corps de troupes range en parade, salua Son Excellence d une facon très-singu- lière, tombant à genouX et poussant de grands cris d’acclamation. Les Chinois ne font usage de cette espèce de salut quenvers la famille royale et les personnages de distinction; pen¬ dant lo reste du Voyage, depuis ce lieu jus-
  • ET EN TAT ARI E. -61 qu’a Canton, ilsnen employèrent pasdautre à legard de 1‘Ambassadeur. Le 18 3 nos com- pagnons arrivèrent à un joli petit village , oú ils furent deposes à terre. Là, chacun reçut un present de peu de valeur, consistant en nankin, éventails ^ parfumeries, etc. La ri¬ viere sur laquelle ils voyageoient alors étoit si peu profonde, quil falloit un tròs-grand • nombre d bommes pour tirer les bateaux; tandis que d autres .malheureux, transis de froid, entroient dans lean et travailloient à exhausser son niveau par des espèces d ecluses pratiquées le long de ses bords. II y avoit sur la méme rivière beaueoup de moulins em¬ ployes à moudre le riz. Ils débarquèrent le 20, et portes dans des litières, k la distance d’envi- ron vingt-quatre milles, ils traversèrent plu- sieurs villes et villages très-agréablement si¬ tues. Des ordres avoient été donnés pour que personae , sous aucun pretexte, ne quittát sa litière ; mais soit par 1’attrait de la curiosité au milieu d un magnifique paysage 5 soit par un sentiment de pitié pour les malheureux qui les portoient, la plupart désobéirent aux ordres. Ce petit relâchement dans la disci¬ pline occasionna beaueoup de confusion. Les uns allant à cheval, les autres à pied 3 laligne
  • 62 VOYAGE EN CHINE de la marche s'allongea sur un espace de * ' ’ -ak plus de deux milles, de maniere qu aueun des commandemens ne pouvoit recevoir son execution. Vers le soir, ils arrivèrent à une petite ville; pendant un séjôttr de deux jour- nées, ils y forent libéralement pourvus de tout ce dont ils pouvoient avoir besoin. Le troisième jour, ils sembarqiièrent de nou¬ veau, et le soir ils côtoyèrent une grande cite, oil ils recurent des troupes le ifrême accueil qu’ils avoient constammeiit roeu dans tons les lieux par ôu I í$áJ avoient passe. Chaque soldat tenoit à la main un parasol. Ils eurent en cet endroit de plus grands bateaux, parce que la riviere devenoit asscz large et assez profonde pour être navigable aux batimens de toute grandeur. Des deux cótés, sur des radeaux en bois; des maisons étoient cons- truites , ou plusieurs famillês vivoient en¬ semble , avec les apparences de la meilleure intelligence. Ces maisons montent et descen¬ dant continuellement la riviere, sarrêtant rarement dans le même lieu an delà de queK ques jours. Plusieurs de ces édifices mobiles étoient très-spacieux; longs de deux cents verges , larges de cent, ils réunissoient toutes les cominodites des maisons bâties à terre,
  • ET EN,TATARIE. 63 i et 1'emportoient ínême sur celles-ci à bien des égards. De nombreuses plantations de Cannes à sucre s'etendoient le long des bords de cette rivièrc; c est une production que cçs peuples paroissent boaueoup rechercher, et elle est on eflet la base de leur nourriture. Les villages q^lp^ habitations des mandarins s elevoient au milieu des bosquets d arbres verts ,C|l^rges d une si prodi- gieuse quantile de l(fruils t qu^l, est impossi¬ ble de sefigurer un tel spectacle. En un mot, pom;i|f^grément(4U|^/ : temperatflyfp çt la ri- chesçp, sie&, productions, la Chine est le plus beau pays de la terre. II n’existe peut- étre aucun produit de la nature, à quelque contrée qu il ait été départi, qui ne se trouve aussi en cette contrée, et qui n y prenne même tous les développemens propres à cons- tituer sa perfection. La Chine est particuliè- rement favorisée du côté de la salubrité du climat; les habitans y pullulent; ils jouissent du bienfait de la santé, parviennent à un íige très - avance; et si ce n étoit le despo- tisme de leur gouvernement, les Chinois se- roient, sans contredit, le peuple le plus heu- reux du monde. Mais ils sont vains, dissolus, barbares et grossiers , comparativement aux
  • 64 VOYAGE EN CHINE peuples de I E urope. Sous le rapport de 1’an- liquite , et à beaucoup d autres égards, ils s'imaginent l’emporter sur tout le reste des nations; quoiqu’ils ne pussent s’empecher d admirer les présens apportcs par l’Ambas- sadeur, ils affectoient de les dédaigner, com- me indignes de leur exainen ou de leur imi¬ tation. II est certains articles pour lesquels on ne peut pas leur contester la supériorité , telles que les porcelaines , les soieries, etc.; mais si l'industrie anglaise avoit à sa disposi¬ tion les mêmes matières premières, les Chinois seroient bientôt eclipses, et leur commerce anéanti en Europe. Ils ont pour arroser leurs terres un pro¬ cede fort ingénieux, que je n’ai vu en usage que dans cette province et aux environs de Canton. L eau est elevée par le inoyen de roues (i)à une hauteur dépendante de celle du terrain; puis elle est portee par des Cannes de bambou à une distance vraiment prodi- gieuse, dans un reservoir destine à la rece- voir; de celui-ci dans un autre, et ainsi de suite sur toute la surface de la contrée. Cha- que roue, dont le service n’occupe que deux (0 Voyez ci - après, la planche qui represente une do ces roues. ( L-s. ) hommes, f
  • ET EN TATARIE. 65 licunmes, distribue dans l’espace d'un seul jour un très-grand nombje de tonnes deau. Le g décembre, nous arrivámes à une grande cite, oú nous débarquâmes, et oú nous passâmes la nuit. Dans la matinée du lendemain, nous reçúmes chacun un billet et un ordre de nous rendre sui’ une vaste place, oil nous trouvâmes des chevaux tout sellés et tout brides. Chacun $ empara du meilleur quil put attraper, et piqua des deux, sans observer aucune régularité dans la mar¬ che, sans attendre ni 1'ambassadeur, ni ses chefs, ni .son camarade. Jamais peut - ctre aucun pays civilise n’avoit été témoin d"mie aussí singulière cavalcade; les Chinois étoient frappés de la nouveautó du spectacle, eu nous voyant traverser la ville un à un, deux a deq,x, trois à trois, et continuer le même manége durant l espace de trois milles au- delà. Nous galopions tous comme des fous, et il y eu eut bien peu d assez solides pour ué Ire pas désarçonnés ; heureusement les chutes ne furent accompagnées d aucun ac¬ cident grave. Deux chevaux íurent crevés par les soldats de l infanterie, et plusieurs autres mis hors d’etat de servir avant d’avoir fait la moitié du chemin, qui étoit de vingt- T. II. 5
  • 66 VOYAGE EN CHINE quatre milles. La route étoit payee, mais étroite , et le pays montueux. Une montagne que nous eiimes à passer, presentoit dans son escarpement perpendiculaire un accès si dif¬ ficile et si périlleux, qu’elle avoit été comme taillee en gradins, pour empecher les hommes et les chevaux de glisser en arxdere. En effet, le moindre faux pas auroit precipite du haut en bas le cheval et le cavalier, et tous deux auroient ctd perdus sans ressource. Ce che- min n’avoit pas été tracé en ligne droite , mais il suivoit une direction oblique et tortueuse. Du sommet de la montagne, nous embras- sions devant nous un immense horizon, tan- dis que par derriere nous voyions les troupes qui nous suivoient, prendre toutes leurs pré- cautions et faire tous leurs efforts pour échap- per aux perils dont elles étoient environnées, et auxquels nous étions nous-mêmes échappés. Sortie de ce mauvais pas, la karavâne fut encore une fois emportée par le merne trans¬ port de folie; et c est dans une telle confu¬ sion, que nous enframes dans la ville oil nous devions passer la nuit. Chacun de nous, à mesure qu’il arrivoit, étoit conduit le long du bord de la rivière, à un palais appartenant au mandarin gouverneur, pour y coucher. Le i
  • ET EN TATARIE. 67 lendemainmatin, il fallut encore rentrer dans des jonques très-petites et très-incommodes qui nous avoient été préparées. Le 14, nous nous rembarquâmes dans de plus grandes , qui,le 17, nous portèrent à environ quatre milles de Cantou. Le 18 , descendus à terre , nous manaeuvrâmes en grande parade et en uniforme complet; nous fumes rcconduits en- suite à des bateaux de passage, lés plus élégans et les plus agréables que nous eussions vus jus- qu’alors; c'est ainsi que nous fimes, avec une sorte de pompe , notre entrée dans la ville, ou une maison, que je ferois mieux dappeler un palais, étoit disposée pour recevoir f ambas- sadeur. Cet edifice avoit été construit par un Anglais, en partie dans le style européen, et en partie dans le goút chinois; il étoit en- touré^de jardins si vastes et si délicieux, que les descriptions que j en pourrois faire se- roient au-dessous de la réalité. Le 25 ( jour de Noèl ) , la plus grande partie des troupes fut embarquée à W hampou 5 à bord du Lion, Son Excellence s étant seulement réservé un détachement du corps de l artillerie royale pour faire le service près de sa personne. Les bâtimens qui étoient à la barre infé- rieure, savoir, le Bombay Castle y la Mi-
  • 68 VOYAGE EN CHINE nerve, le Bmnswick et le Chesterfield, rairent à la voile pour l'Europe, le 3o decembre,. Le 2 janvier 1794, arrivèrent à Whampou le Lord Walsingham, XExeter et le Hawke, trois navires de la Compagnie des Indes. Un matelot de 1 equipage du Lion tomba ce soir même à la mer, et fut noyé, malgré tous les , efforts qu on fit pour le sauver. Le 3 , le Henri Dundas arriva de Madras, et le 4, un gros galion espagnol, appelé le Roi Charles, commando par don Ferdinand de Sylva, venant d'Acapulco et de Manille, se mit sous la sauve-garde du pavilion an¬ glais pour aehever son voyage. Le dernier bátiment dela Compagnie des Indes, arrivd de Bombay, ayant pris la passe de 1‘Est, avoit aborde à Manille et informe le Gonver- neur Espagnol que sa patrie étoit en guerre iivec la France ;.comme le galion étoit char¬ ge de richesses immenses, il ne vouloit pas s exposer au danger de traverser seul le d&- troit.
  • 69 \ ET EN TATARIE. I • » CHAPITRE IX. L’Ambassadeur s’embarque 5 — Aborde à Macao. — Description et commerce de cette ville. — lies des Larrons ; pourquoi ainsi nommees. — Tous les ha- bitans européens de Macao font un brillant accueil aux Anglais. — L’Ambassadeur remonte à bord du Lion et escorte un grand nombre de bâtimens. — L’escadre passe la Ligne. — Corsaires français. — Detroit de la Sonde. — Les Malais dgorgent un equipage hollandais. — Les croiseurs français pren- nent un navire anglais. — Penchant des Malais pour le vol et Passassinat. Le 8, lord Macartney se rendit à bord avec sa suite, et il fut salué de quinze coups de canon. Le lendemain , le Líoti se desaf- fourcha; le 10, nous levâmes Tancre et nous descendimes la Bocca Tigris; le i3, nous mouillâmes dans la rade de Macao; le 15, lambassadeur, accompagné de sa suite et escorté d un détachement de sa garde , des- cendit à la ville du même nora. Macao estun établissement portugais, dans une des íles des Larrons. La ville est grande etfortifiée; plusieursforts, places sur des hau¬ teurs qui lenvironnent y en défendent 1 ap-
  • 70 , VOYAGE EN CHINE % proche par terre et par mer. Les gros vais- seaux riy peuvent pas aborder; feau n’a pas assez de profondeur pour leur permettre fen- tree du port , situe derrière la ville et forme par une autre ile des Larrons. Beaucoup de petits bâtimens sont armes dans ce port; et depuis qu il sest étabii un commerce régu- lier entre la Chine et la cote nord-ouest de f Amérique, il sy rend un grand nombre d’em- barcations chargees des produits de cette partie du inonde. Macao est k environ soixante Iieues de Whampou, et k environ vingt Iieues de fen- tree de la Bocca Tigris. Cette ville est prin- cipalement habitée par les Chinois, sous le gouvernement d un mandarin quel'Empereur y établit. On estime qu il y a environ dix mille ames de cette nation et mille Portugais, outre les facteurs et les marchands de pres- que toutes les nations européennes. Il y a aussi un grand nombre de nègres et d escla- ves asiatiques. On y remarque plusieurs beaux bâtimens publics et particuliers. Les églises sont nombreuses, et grace à la superstition, elles renferment des tableaux et des images pour une énorme soinme d argent. Il y a plu¬ sieurs couvents, un college richement dote 3
  • ET EN TAT ARI E. 71 et quelques écoles particulières pour l edii- cation des enfans du bas peuple. La ville est bien défendue du côté de la terre comme du côté de la mer; les forts sont bâtis sur des hauteurs, et dominent ]e port et . la ville; le port est très-súr pour les petits navires; mais fentrée en est difficile et dan- gereuse, et les grands vaisseaux sont obliges de demeurer en rade , ou ils sont exposes à tons les vents. Les Portugais emploient en¬ viron vingt bâtimens au cabotage, et leur commerce en ce genre varie dun à quatre cents tonneaux. Ces bcitimens sortent de Ma¬ cao à la fin de février ou au commencement de mars, et rapportent, aux environs de sep- tembre , les produits de TAsie et de la cote nord-ouest de fAmérique. Ils échangent ces objets avec les Chinois contre du thé, de la soie, de la por celaine , et differ entes autres denrées destinées à l approvisionnement du marche de Lisbonne. Les vaisseaux anglais et ceux des autres nations européennes re- lâchent généralement à Macao lorsquils vont a Canton , et lorsquils en reviennent pour retourner en Europe. Les supercargues et ceux qui ont la direction des affaires de la Compagnie, y font leur residence, jusquà ce
  • 72 VOYAGE EN CHINE que la saison suivante les rappelle à Canton. Ces agens ont, pour lordinaire , reçu une excellente education: ils vivent comme les 7 v grands seigneurs, et font une dépense enor¬ me ; leurs inaisons ? appelées factoreries, sont des palais , et ils ont un cortege à la manière des princes. Ifile est pleine de roches steriles, et il ny croit guère que quelques legumes; mais le continent voisin lui fournit abondamment toutes les commodites et tous les agremcns de la vie , de sorte qu on y pourvoit k bon compte k tous ses besoins. Les autres íles appartiennent à l Empereur de la Chine ; elles sont inhabitées, mais fré- quentées par des bandes de pirates, dont la disposition au vol leur a fait donner le nom d lles des Larrons. Le i5 janvier 1794 * le Lion arriva par le travers de Macao. Une maison dle'gante avoit etc preparee pour f Ambassadeur; les gentilshommes de sa suite logèrent dans la factorerie anglaise. Son Excellence, en des¬ cendant k terre, fut recue par sa propre garde et par le Gouverneur de file; un grand nombre cTofficiers portugais et les principaux per- sonnages de Macao vinrent au-devant d elle
  • ET EN TATARIE. 7° jusquau bord de 1’eau, et faccompagnèrent jusqu à la maison du Gouverneur. L’ambas- sade fut accueillie dans cette ville avec dcs marques particulières de consideration et d’honneur. Les forts, les cglises, et même les couvens , oil il n‘y avoit pas dexemple quau- cun étrangcr eíit penetre auparavant, restè- rent continuellement ouverts; et tout ce quil pouvoit y avoir de curieux ou dextraordi- naire nous étoit explique avec une extreme complaisance. Une reception aussi cordiale, dans un pays catholique, avoit de quoi nous étonner. Le clergé même paroissoit jaloux de surpasser en prevenance comme en politesse les officiers civils et militaires. Les agens at¬ taches aux comptoirs suédois et hollandais s’empresserent aussi de donner à 1’ambassade des témoiffnages de leur deference: en un mot, tous ceux qui avoient à Macao quelque intérêt ou quelque influence , n’epargnerent ni soins ni efforts pour y rendre notre se- jour le plus agréable possible. Des procedes aussi distingues ne pouvoient manquer d’etre appréciés par 1'Ambassadeur; et cpioique re- tournant dans sa patrie, pas un de nous ne vit approcher sans regret le moment du de¬ part. Nous restâmes à Macao jusqu au 8 de
  • 74 VOYAGE EN CHINE <| mars, époque à laquelle lord Macartney et sa suite s’embarquerent à bord du Lion , sur la rade. Un bâtiment portugais , appelé le Bon Jesus, et le galion espagnol, dont j’ai parle plus haut, vinrent de Whampou nous y rejoindre. Le 14, tous les vaisseaux de la Coinpagnie des Indes étoient prêts à se met- tre en mer, et toutes les dispositions étoient faites pour que rien lie put differer notre depart. Nous avions été le 11 à Tile de Sam- cocks, pour completer notre provision d eau. Le 16 mars, nous fumes rejoints par les batimens suivans de la Compagnie des Indes, venantde Canton, savoir : XHindoustán, la Roy ale Charlotte, le Comte d* .Abergavenny y le Hawke, la Ceres,XOsterly ,XExeter, le TVarley , le Lord TValsingham, le Henry Dundas , le Lord Thurlow et le Glatton. Le lendemain matin, de bonne heure, nous mimes à la voile, ayant encore sous notre escorte le galion espagnol, une frégate por- tugaise, le brick le Jackall, et un navire amé- ricain. Nous eumes pour traverser les mers de la Chine un excellent vent, mais notre marche fut considérciblement retardée par quelques batimens de la Compagnie, très- mauvais voiliers. Le 28, nous dccouvrimes
  • ET EN TAT AR IE. 75 la terre dans l‘est-sud-est, à la distance den- viron sept lieues, et le 29, nous passâmes à la vue dun petit rocher noir isole, appelé Pedro Blanca: nous avions la terre à stribord, dans louest-nord-ouest, distante de dix lieues. Vers midi, quelques bátimens firent signal qu’ils voyoient unnavire étranger ; nous cou- rlimes aussitôt sur lui, et nous ne tardâmes pas k reconnoitre un petit bateau de pêche. Nous savions que plusieurs gros bátimens français, armes en course, croisoient par ces latitudes, et nous espérions rencontrer quelques-uns d’entre eux. Nous brulions tous du désir de nous mesurer avec notre vieil ennemi, avec notre ennemi naturel. Je crois que pour un long voyage , comme pour une action, le Lion étoit alors en meilleur état qu’en sortant des ports d Angleterre ; il avoit h bord quatre cents hommes courageux et dispos , et il n y en avoit plus qu'un ou deux sur la liste du chirurgien. Le même jour à midi, nous étions par 2d .24' de latitude nord, et par io5d 47' de longitude Est. Le 01 de mars, nous passâmes la Ligne ; et le premier avril, nous vimes Tile de Lin- gen, dans le sud-ouest-quart-ouest, à la dis¬ tance dc sept lieues. Lcs Oreilles d'^sine (As-
  • 76 VOYAGE EN CHINE ses Ears), deux pointes de rockers très-aigues qui s^élèveíit au centre de la haute terre , sont situées par 53' de latitude sud, et io5d de longitude Est. Nous distinguâmes très-bien à bas-bord la petite ile de Poulo-Taya dans le sud-sud-est; le vent variable et par rafales. Le 3, nous mouillâmes par le travers des Sept-Iles; à midi , nous relevâmes Monopon- Hill dans le sud-sud-est, à la distance de dix lieues ; notre latitude observée étoit de id 24' sud. Pendant lcs jours précédens, calmes, le- gers airs de vent, beaucoup de tonnerre , d‘é- clairs et de pluie. Le 4 , nous vimes file de Sumatra, et nous entrâmes dans le détroit de Banca. Le 6, lé- gers airs de vent, et calmes. Nous avions con- tre nous un courant très-fort, qui nous obligea de mouiller souvent. Le temps étoit extrê- mement cliaud, et cette circonstance redou- bloit notre déplaisir de n avoir pas plus de vent pour traverser le détroit, et arriver à . une latitude plus fraiche. Ce jour, latitude observée, id 53' sud. A quatre heures du ma¬ tin , nous aperçmnes un bâtiment k fancre près de la terre, sur la cote de Banca. Leg, il tira deux coups de canon, et hissa le pa¬ vilion de la Coinpagnie des Indes; sa res-
  • ET EN TATARIE. 77 semblance avec le bâtiment américain nous le fit prendre pour lui. Le Jackall alia le héler, et nous informa que c'etoit le Nancy Grab, vcnant de Bombay. II avoit été chassé dans le voisinage du dctroit de la Sonde par quatre croiseurs francais; et nous etions per¬ suades que ces batimens se tenoient en em- buscade dans ces parages, pour semparer de quelques navires de la Compagnie retournant en Angleterre. De notre côté, nous comp- tions bien attrapcr quelques-uns de ces croi¬ seurs; il étoit vriiiseinblable , en effet, que dans l’ignorance de nos forces réelles , ils nous prendroient pom' une flotte de batimens marcliands de ITnde , et qu ils n hésiteroient pas à tenter de nous capturer : nous desi- rions beaucoup les trouver dans de telles dispositions. Le lundi 7,nous découvrimes dans le sud- est plusieurs batimens étrangers, et nous Ti¬ mes signal à VExeter et à I Hindoustân de leur donner la chasse. Ils avoient une appa- rence fort suspecte ; il y en avoit un ou deux sous voile , et les autres appareiiloient. Lors- que nous coimnençâmes à les apercevoir, ils firent vent arrière; peu d instans apres, ils changèrent de route et se mirent au plus pròs \
  • 78 VOYAGE EN CHINE du vent, avec toutes les voiles qu’ils pou- voient porter. Un d entre eux fit un signal; mais ce signal étant demeuré sans réponse, il resta en travers vis-à-vis de file de Nanka. Nous étions alors assez près pour distinguer un brick et environ une douzaine de grands pros pleins d homraes.Le brick portoit dix-huit ca¬ nons, et les autres bâtimens en avoient depuis deux jusquà six. \ÀHindoustàn tira un coup pour les faire amener; mais comme ils n’eu- rent pas Fair d y faire attention , les deux vaisseaux leur envoyèrent plusieurs boulets. % Voyant bien quils ne pouvoient échapper, ils jetèrent fancre , et ne s opposèrent plus à ce que nos chaloupes les visitassent. Le brick étoit de construction hollandaise; selon toute apparence, il avoit été pris par les Malais , car 1’équipage étoit entièrement compose de cessauvages, et ii étoit très-probable qu ils ne croisoient pas dans ces parages avec de bonnes intentions; mais un simple soupçon ne suffisoit pas pour nous auloriser à les cap- turer; ils furent done relâchés vers le soir, et les bâtimens qui les avoient visités repri- rent leurs positions dans fescadre. Le 8, nous mouiilâmes par le travers de file de Hog: calmes, et légers airs de vent-
  • ET EN TATARIE. 79 Le lendemain , nous découvrimes le détroit, et nous fimes route dans le sud-sud-est. Ce jour et les deux suivans, nous essuyâines quel- ques coups de vent. Plusieurs bâtimens de la Compagnie des Indes éprouvèrent des ava¬ ries , et ces accidens apportèrent beaucoup de retard à la marche du reste de la flotlc. Le 11 au matin , temps couvert et brumeux; vers les dix heures , il s éclaircit, et nous permit d’apercevoir sous le vent a nous deux navires étrangers; nous nous mimes aussitôt à leur poursuite , et nous les vimes hisser en tête du mât de misaine le yack anglais, qu ils amenèrent sur-le-champ pour arborer un pa¬ vilion bleu, et ensuite le yack hollandais en haut du mât de perroquet de misaine; puis ils cotirurent au plus près du vent, ayant mis dehors le plus de voiles quil leur avoit été possible. L'Exeter se trouvant fort près de celui des deux bâtimens qui étoit le pins en arrière , tira un coup de canon pour l'e faire amener , tandis que fautre lui adressoit un signal particulier pour qu il changeât de route. Cependant nous avions faitbranle-bas, dégagé la batterie, et nous étions prêts au combat, ne doutant pas que ces navires ne fussent des corsaires français. Jamais je ne fus
  • 8o VOYAGE EN CHINE témoin de tant d’ardeur, de tant d’empres- senient, de tant denthousiasme, qu’à bord dn Lion pendant cette chasse. Lorsqne le tam¬ bour ordonna à chacun de prendre son posto, tout le monde obéit aussi gaiement que s'il eut été question d une partie de plaisir. En moins dune dcmi-heure, tous les canons fu- rent charges , et le vaisseau aussi libre qu en sortant du cbantier. Les gens de 1 equipage avoient eux-mêmes jeté leurs efFets les .'plus embarrassans , et les oíficiers avoient aidé à dcmonter leurs fcabanes; de 1 avantal arrière, on ne vovoit plus que canonsmunitions, mèchcs allumées , en un mot, tout lappaxeil invente pour la destruction des homines. Hu vent favorable eníloit nos voiles, et nous avions 1’espoir datteindre lennemi avantpeu, lorsque, vers midi, le bâtiment de la tête -bissa encore une fois le pavilion anglais, arae- *na ses perroquets et nous salua de quinze eoups de canon; après quoi il arriva sui- nous. Le Lion déchargea quelques-uns de ses ►canons de gaillard et rendit le salut. L'Exe¬ ter eut ordre d aller reconnoitre , ct nous su- hues bientôt que les deux navires ctoient par¬ tis du Bengale pour purger ces mers des corsaires lrançais dont elles étoient infestées. En
  • ET EN TATARIE. 8t En retrouvant des compatriotes et des amis i nous neúmès pas, il faut le dire , la moitié du plaisir que nous aurions éprouvé à ren- contrer l’ennemi ayec lequel nous avions tant de désir de nous mesurer. Chaque matelot, chaque soldat quitta son poste méconterit; mais les rations de grog (i) qui furent distri¬ butes bientót après, ramenèrent la gaieté , et les toasts de la franchise et de famitié re- tentirent dans tout le yaisseau. Le capitaine Mitchell, commodore de ces bâtimens et de quelques autres vaisseaux anglais à Batavia, vint à bord, et nous informa que le gouvera neur géntral du Bengale avoit su que la Princesse Royale , de la Compagnie des In- des, avoit été prise dans le detroit de la Sonde, et que les forces des croiseurs français sur ces mers alloient toujours croissant;qualors il avoit ordonné à la Britannia, capitaine Cumming, au Sans-Pareil, capitaine Hud¬ son, au Houghton, capitaine Cheap, et au William Pitt, capitaine Mitchell, daller à leur rencontre. Ils étoient partis du Bengale en décembre, et avoient pris dans la baie du même nom deux bâtimens français, fun de 32, Fautre de 24 canons. Ils avoient ap- - (1) Liqueur composde de rhum et d'eau. T. II. 6
  • 82 VOYAGE EN CHINE pris par ces bátimens que i’ennemi croisoit aux environs du détroit do Malacca , et qu il avoit arrne la Princesse Rojale avec cin- quante-deux canons et cinq cent cinquante hommes déquipage. II avoit en outre deux autres vaisseaux, Tun de cinquante canons et de cinq cents homines, appelé le Bordeaux; l’autre de quarante-quatre canons et de qpatre cents hommes, appele la Sibylle ; la corvette la Prudente, de 36 canons,et. de trots qents Tlí/ X I'JVij TUmiUUU JDVlIlI XXU f DM w fj J km, kJMJ hommes; et un cutter. Les bátimens anglais portoient de trente-six à quarante-quatre ca¬ nons en battcrie , et étoient d'ailleurs pour- vus de tout ce qui leur étoit nécessaire pour recevoir cliaudement les Franjais. Comme la Princesse Royale n avoit pas detruit ses si- gnaux , ils étoient tombes entre les mains de lennemi, qui en avoit fait usage pom- abuser lc capitaine Mitchell; celui-ci avoit cru avoir affaire à des amis, jusqu a ce qu'il eút reçu la bordée. Cette méprise eut lieu par le tra- vers de Poulo - Babey, près de Batavia; le combat fut long, mais les Français furent bat- tus. Avant cette affaire, ils avoient pris la Re¬ solution et la Revenge, deux des navires dont il a été fait mention. Une autre action très- vivc sétoit engagce entre deux croiseurs ct
  • ET E N T A T A R I E. ? &3 le Pigot, bâtiment de la Compagnie; elle avoit duré près dune heure ; celui-ci avoit battu les Français, et sétoit retirrf dans la rade de Bencooletil Mais une autre cseadre avoit mieux reussi, et díoit venue 1’enlever au é$fàillag$.^¥L?á^i^lnl3 MitcifélFfíÒíiS anssi fftfé^^âii^fí^ltilTrancaís^pIRffiê !âmis • ^ _ ijiT fe _ _ I * _ w r » f f pavilion royal, l'autre sous pavilion natic- iilff ,'Vétaní; iren<$olmree& dans ttifli' pdrt voisin St^HiifdVicl,f Jttn? êffififiáff* ojiiâra fefé Jt ^éri ííéik entre UHél^íí FEst de la pointe de cot te íle ; los déinocrates avoient dté dcfaits, et les prisonniors envoyés parmi les Malais, qui probablonfelft'%e les aiiront pas mieux trai- tés que leurs compatriotes; les royalistes. apròs le combat, aVoient fait route poúr la France. 1 Le William Pitt ayant eu le malheur de toucher contre un rocher en entrant à Ba- iaVia, avoit c-té oblige de virer en quille à Euroost. Le Houghton y étoit en ce moment pour proteger la sortie de quelques bâtimens Hollandais, qui se disposoient à rejoindre nbtre escadre. Tels furènt les principaux ren- ifeignemens que nous donnèrent ces deux vais- seaux; ils nous avoient d'abord pris pour l’ennemi, la brume étant si épaisse qu’ils n’a-
  • 8i VOYAGE EN CHINE TT hATO • voient pu apercevoir plus de trois ou quatre de nos bâtimens. Un navire amcricain, qui leur avoit parle dans le détroit, leur avoit appris que nous etions prcts à nous mettre en tiler, et le brouillard s’etant dissipd, notre nombre ne leur avoit plus Iaisse le xnoindre doute à notre égard. Ils rèvitirent avec nous à Tile du Noftp, ètl hótfíriâííifílíâmes de botíiiS beuríè1?^. dimanche c,iilíífíii)/ ‘iS’HRPeourdiit? Le Saríó-Pitrèil et la liphdflÚM1 JíHifeílt'cíefifôf navires áfiiêrifeâfiiè1 qA’d^ ®3àvtfy$iteít ^ ’ 38 a - tavia; qdSfiju^'iAms pa^ífíêíi ciiâéííflàiâ^âí étòiefiàl0 Wélleincut françaS&^^ant à !bdiSd une cargaison appartenant à la France. Noas ne restâmes dans notre ancienne station que jusqu’au lcndemain matin, et nous fimes voile pour Java. A midi, nous mouillâmes près de la pointe d’Anguera, avec le galion espagnol et cinq de nos bâtimens de la Compagnie des Indes. A peine eiimes-nous hissé notre pavil¬ ion , que nous reçúmes la visite d un sergenfc hollandais, qui résidoit en ce lieu depuis long-tempst5rffl nous apporta une abondante provision de tortues, de cabris, de volaillcs de fruits,'etions informa que le brick que nous avions VÍSÍte1 ^{làfns le, detroit de Ban cá avoit été pris par quelques pros malais, et iff t
  • ET EN TATARIE. . 85 ínjfiuu iio iíioií al» eiílq ,woví>Di9
  • 86 V O Y AGF^EN 'CHINE favoient force de filer son cable et de se sauver. Nons ne pumes Connoitre les nonis daucun de ces bâtimens; mais lévéneifient avoiteu lieu deux jours seuleiíient avant notre arrivée , et favantage ^toit prohableinent de- meuré aux Français. L action entre la Prin- cesse Royale et trois croiseurs aétoit pas- sée à la vue dès Hollandáis, k la pointe d* An- guera; le feu s'ctoit soutenupendant une heure avec utie égale opiniâtrete de part et dautre; mais à la firi, le nombre fayant emporté , la Princesse Royale avoit été obfigéè damener son pavilion, après avoir fait, pour le dc- fendre j les plus grands efforts de courage. 3 Le i5, les bâtimens (commencèrent à se mettrè en route de file du Nord; et lo len- demain soir ils étoieíit toils arrives avec le Sans-Pareil et la Britannia. 4 fcOÍ mipp/iod; Le 17 , nous completámos notre provision de bois et dean, et nous nous trouvâmes prêts à nous remettre en mér. Avant de quitter la pointe d’An guera, nous avions plusieurs fois éprouvú combien les Malais sont enclins au vol. A peine une chaloupe de notre bâti- ment ou de ceux de la Compagnie étoit-elle deseendue à terre , qu ils essayoient d y com- mettre quelquè larcin. Plusieurs d entre eux
  • ET E'N TATARIE. > 87 furent mortellement blesses à coups de haché par lcs homines charges dabattrede bois; ceux-ci héparguantrien de ce qui leur pa- roissoit suspectíjjjlos repoussoient à travers les forêts jusquà leurs retraites, et les mu- tiloient dune horrible manière; mais rien netoit capable darréter ces sauvages dans leurs entreprises agressives, toutes les fois qu’ils simaginoienty trouver quelque profit. Beaucoup de nos gens lavoient leur linge dans le voisinage de l aiguade ; les Malais eurent 1’adresse de leur emporter , sans être aper- çus , plu&ieurs chemises , et divers autres ef- fets. Cependant nous en surprimes un qui en- levoit une chemise , et nous le poursuivimes à une assez grande distance; mais il nous échappa en se cachant entre des cocotiers. Lorsque les sauvages virent que nous étions sur la defensive, ils ne gardèrent plus de me¬ sure ,*et firent contre nos gens plusieurs ten- tatives de vive force. Un d'etat fut assez hardi)Our entreprendre de dérober quelques har- des qu’un de mes camarades avoit étendues sur des perches; il s'approcha de lui par der- rière le plus doucement qu'il lui fut possible. le poignard tiré et la main levée pour le frapper; des buissons interposes ne permirent
  • 88 VOYA GÍ>E NiCHINE à mon camarade d'apercevoir le danger qne lorsque 1‘assassin fut à environ cinq ou six pas de couptahqe retourna , et ay ant vu qne le Malais étoit dans firresolu- tion d avapfier j Wji degxecuLer $lil. appelá ses compagnons à son secours; leur prompt# ar- rivée mit le sauvage en fuite. Notre soldat, qui se nommoit Stephen, n’avoit pour toute arme qu’une pierre qu il lança sur le voleur avec force; il l atteignit presque àlatête; si le coup eút porte, e’en étoit fait du malfaiteur. . Ces insulaires paroissoient particulièrement acharnes contre 1 equipage espagnol; ils l’at- taquèrent à diíférentes reprises, et lui enle- vèrent de force plusieurs effets. Il est assez étonnant que sept ou huit Hollandais, les seuls Europeens ctablis a la pointe d Anguera, imposent aux Malais et leur impriinent le res¬ pect et la crainte; le voisinage de Batavia et de Bantam paroit en être la principale raison. Très-puissans dans file de Java, les Hollandais sont encore favorisés par le roi de Bantam, qui tient les petits souverains dans sa dependance; ce prince n’est en effet que le prisonnier des Hollandais, qui le ren- dont responsable de tous les crimes commis par ses sujets. ,
  • ET EN/TATARIE 7 89‘ Le 17 avril, deux bricks hollandais arri- vèrent de Batavia 5 ils croisoient dans ces parages pour proteger les bâtimens' mar-! chands de leur pays contre les entreprises des Malais; ils ne nous apportèrent aucune nouvelle, ÍU3Í * 8XIÍOOD2 n02 £ 2iliíIO.D *Í£bÍ08 OliçTÍ .9ÍííÍÍ ÍÍ9 OgBVIIBg 61 iífíl 99Yn ©iiiol iuoq ííoyb n çiiailqatô boninioa oz iup xualoY 9I 1ísz anafil ííirp anaiq ona up 9ari5 3! iò 1 ôísíbIb aifpsaiq Imgisilfil li {aoiol osvs .iu9ííb11bíii ub Jifci lioib ao o f bíioq liro qooo iaomoiêiluoiij&q Inoiogakoicq zoru£luzm zoD. **Íb I fcli j loiig&qSTJ ’jgBqn' ,m,m i *: tiíO‘> aonTBíiOB -sins iiií lo ç zoziTqo'i zolnpiôlfib è &088B ho II .alofie %usoutf\q oo'ioi ob íriaiáY gal r embaalloH íujií ao iqa? om iciBimoià ^BiQíjguA b alxitoq ai B4Íiviai9«a9èq0iW>í zkx&z -soa 9Í Inauuiqmi ujím ia ?ÍbÍbM xbb JUaaoqau biybIbS ab oàstimop oi < 9liiii>u fii * * ioaq alfiqiTmiq £t exío a% Bdl çBYfib ab 3I11 <«.i£ 101 oí iBq aaeriovÊi BflíBl9Vtlu<; -aai 9! uq* f atabatiioil zob íaiimoairiq o[ aup
  • 9o VOYAGE EN CHINE ,, ... ;-- .... --- , , CHAPITRE X. /I p . í ^ t çf o {* i rrj T jF*% i * 11 * M T ‘ La flotte met à Ia voile. — Navigation paisible.— Tempête. — Un vaisseau de 1’escadre frappé d’ua terrible coup de tonnerre. — Situation fàcheuse des vaisseaux et de leur equipage. -7 Les croiseurs français font beaucoup de mal aux Anglais daus la baie du Bengale. — Perspective de Tile de Sainte- Herlène. — Precis sur la situation de cette ile. íTOt tÍ0fI9V fíT^V Ol l 9UV 9b 9119Í BÍ m)T9q Le 18, à Ia pointe du jour , le Lion fit signal de désaSburcher ; et vers deux heures après midi, toute la flotte étoit sous voile avec un vent favorable de la partie du sud- est. Notre ancien coiupagagnon de voyage , le Jackall, se sépara de nous dans le détroifc pour rejoindre fescadre sous les ordres du capitaine Mitchell, qui étoit dans fintentiou de croiser encore quelque temps aux envi¬ rons de Batavia, espérant que quelques bâ- timens français pourroient y revenir. Comme nous avions maintenant à faire une très-lon- gue traversée,le capitaine sir Erasme Gower, pour empêcher les bâthnens de sécarter les uns des autres, ajouta de nouveaux signaux pour la nuit et le temps de brume, et il re-
  • ET EN TAT A R I E. 91 commanda particulièrement aux divers ofii- ciers commandans de se serrer en ligne le plus possible. Quelques-uns des bâtimens de la Compagnie marclioient extrêmement mal; mais la flotte étoit surtout retardée par le navire portugais. Ce navire étoit cause que nous filions au plus de cinq à six noeuds par heure , tandis qu avec le vent dont nous étions lavorisés, nous en aurions pu parcourir de neuf h dix. Le 19, nous avions entièrement perdu la terre de vue ; le vent venoit tou-^ jours du même point ? et le temps étoit sin- gulièrement agréable. Nous atteignimes bien- tôt los vents alises ; nous courions ouest-sud- ouest. >jt ef ób^idinovbt firòv rw Le 25, après sept jours de navigation, nous avions fait plus de 1800 mi lies; notre lati¬ tude observée étant de nd ^9' sud, notre longitude de q3d 5or Est, et notre distance du Cap de Bonne - Esperance de 1456 lieues. Le 29, nous perdimes de vue la Lady Wa¬ shington. iJLe 3o, nous étions par T7d 061 dè latitude sud, 7fid 55f de longitude Est; éloignés du Cap de BonnC-Esperance de 1104 lieues. Le premier mai, i8d 02r latit. sud, 74d i2r longitude Est: distance du Cap de Bonne-
  • 92 VOYAGE EN CHINE Esperance 1043 lieues. Le navire americain rejoignit fescadre, qui marchoit en assez bon ordre. Vent violent et par rafales ; pluies frequentes. L’espoir de traverser prompte- ment la mer du Sud soutenoit notre courage* J f T3 fT O j Hi 12 1 (V f ^ )£ ÍJíJUj quoique la plupart fussent malades. Depuis ^ dliui trc sp, 3 imuzili jj 901X6x1 “--X.. J A-1 --it notre sortie du détroit de la Sonde , on civoil ul|j. b^. r . i £ éiiiâl.w j£in w 9ki pns toutes les precautions possibles pour ax- , , , b qnD jjb dOUBlailj* lad. Jósl reter les progres du mal, en lavant et parlu- mant les entreponts ajussi ^ou^en tj*Xqju.e*I(^ temps le permettoit. Nous fimes signal à f Hin- doustân, au Glatton et h XAbergavenny faire connoitre leur longitude; elle se trouva la même que la notre , h quelques uiilles pres. Le 2 inai, dirigeant notre marche un quart J \ Jff pias à r ouest, nous cinglâmes à l’oucst-quart- sud-ouest, Hie de France dtant dans l'ouest à environ 8oo milles de distance, y. , ,m Le 3, temps d’orage et de pluie; tous les bâtimens marchoient en ordre, assez près les uns des autres, excepté famericain, qui étoit reste à une si grande distance en ar- rière, que nous ne pouvions l'apercevoir que du haut du mât. On fit signal à plusieurs bâ- timens de la Compagnie de faire connoitre en quel état se trouvoient leurs equipages ? ils etoient tous assez mal portans, mais bien
  • : ET EN TAT A RI E. cj3 pourvus dailleurs de toutes les provisions nécessaires à un aussi long voyage. Le 4, le vent tomba entièrement^ eí jus- quau soir nous eumes calme plat; alors so¬ leva une iolie brise de la par tie de 1’Est: lati- íSOD TJinn ^vUr. IJL) JftfTT nLJTTUfn tude 20d iV sud , longit. 6jd 27r Est , 1’Ile de France à 1’ouest, distante de 570 milles. içava no r ejbnpo ju od ,t 1011 ob m> *y BTi^n Le 5 mai, latit. 2id 26' sud, longit. 65d 26' Est, distance du Cap de Bonne-Espérance 904 lieues. Coups de vent et rafales venant du sud. Le 6, vent doux et temps constam- vVL i> Tbipm?. wtS fn^n pT>r|7n 31 inent beau; latit. 22d 2Òr sud, long. C2d 44' Est; distance du Cap de Bonne - Esperance 842 lieues. Le 27, joli irais et ciei serein; au point dujour, la Ceres, bâtiment de la Compa- gnic des Indes, signala un navire au vent, suivant la même direction que nous. Le Lord Thurloiv fut détaché pour le reconnoitre; il l’atteigpit vers midi, et trouva que c étoitun brick américain, appelé le Hancock , allant de Canton à New-York, en uier depuis deux mois. Le 8 mai, les bâtimens ci - après designes reçurent le signal de faire connoítre leur lon¬ gitude ; chacun deux la donna comine il •, ’iír* smt:
  • y* VOYAGE EN CHINE L1Abergavenny. 55d 5i; Est. u L Exeter.Ktná 5ÔJ qjfoo ta& L Hindoústdn ..... «ítoL .. 56 ia l«c Henry Dundas* to.. .. jrôô 32 oin^lò Notre latitude observée rétort de sud, et notre longitude de 56a to' Est, veittt doux de la partie de íEst; ciei serein; temps agréable; route ouesMpiartHsud-onest.d Le 9 mai, nous changèâmes un peu la di¬ rection de notre marche, et reportâme* fó cap à 1’ouest. Calmes et vents lógfcrs de kr partie du sud. Tous les bâtimens s occupèreíit d enverguer de nouvelles voiles et de dispot ser de nouveaux agrés, enocas de ■ tempéte vers le Cap de Bonne-Esperance , que nous n espérions pas de doubler sans oquelques coups de vent. D après la route estimée jde ce jour, nous en étions à la distance de Õ78 lieues. lo Mai, . . . lat. 5.6a 3^'sml, long. 5i° 22' E t. Ai 27o i3' 5c» 37* 14 28o 5i< 40# 44 IK Arfe 14 Mai, dist. du Cap, 426 lieues , route ouest pleitií *?!*.> JíttOt i>ííj& , life? bílBT; presque calme. 358? hgers airs de vciUtdtf 5 la partie de TEst. X7 l8 fcTJ 338 Idem. vinocj oi hj» Idem. Lat. 3z* 2cf siui, long. 35* 42' Est. XI
  • : ET.EN TATARIE. f 9â Le 19 mai, nous fumes assaillis par un vio¬ lent coup de vent d'ouest; il dura jnsqu'au lendemain soir; alors d diminua considera- blement d intensité, et tourna un peu au sud de sorte qu ii nous fut possible de continuer notre route ^ qui ^toit fouest-quart-sud-ouest. Dans la tempête, le Glatton perdit son mât de hune de inisaine. Le tonnerre avoit frap- pé la tête de ce mát^ et descendant duhaut en basi’uivoit mis en pièces; s’ouvrant eti- suitei un passage a travers les ponts f il avoit péuétrécjusqu à >la chambre du coiiSeiloil il avoit cause beaucoup de dommage; heu- reusement, il ne tua persomle. Delà il étoit entré dans la chambre de timonerie, et avoit enfoncé plusieurs sabords; féquipagé treih- bloit que le feu ne prit au navire; fepaisse íumée répandue dans fentrepont empêehoit les hoinmmes de servir. Les terribles eclats de la foudre qui se mêloient à cette scène de desolation en redoubloient l’horreur. Un globe de feu passa entre notre mât de mi- saine et notre grand mât, et alia tomber à la mer sous le vent, sans nous occasionner la moindre perte, quoique tous nos matelots lussent rassembles , les uns sur le pont, les autres sur les vergues de hune. Un seul hom-
  • g6 VOYAGE EN CHINE me ressentit le choc du météore, qui le ren- versa sur le dos, et le rendit sourd et muet pendant quelques minutes. . 4 1I6|, ji0j^ Aussitôt que nous eúmes aperçu la triste situation du Glatton, nous arrivâmes sur lui et nous mimes notre yole à la mer,pom’ lui envoyer des charpentiey^ pre¬ parer son desastre; mais il ne son mat et son grem^^^'^a^s^ ^PPS étoit alors fort beau et le vent assez e'gal; mais vers le soir, il séleva^ÇvfôkpaJtíiçidu nord-ouest unenouvelle bourrasqne panties v *V# secousses lerrible^^ §£çpt, jgeptir pendant environ vingt-quatre heures. Dans l^menis nuit, la Roy ale Charlotte, la frégate poriu- gaise, la Lady TVashington3 le hátiment amé- ricain se séparèrent de la flotte ; et le lende- main le Lord TValsingham disparut aussi. Notre ancien compagnon de voyage i£lin- doústdn démâta de son mat de nhsaine par feffet du coup de vent, et son grand mát iut aussi tellement endommage, que ce hátiment fut oblige de rester en arrière pour se repa- rer. Comme la plus grande partie des vais- seau de l’escadre avoient plus ou moins souf- ferts, nous eúmes jusqu au 27 très-peu de voiles dehors, pour leur donner le temps de porter
  • ET EN'TATARIE. 97 porter quelque remède à leurs avaries. lie vent s’étoit appaisé et fixé au nord; le temps ^toit clair etbeau. Le 26, fobservation donna 37d 26' de latit. sud, 24*1 46' de longit. Est; 116 Jieues de distance du Cap de Bonne- Eèpfy^bdê.m £Í £ 9ÍOX S UUfI wtám «uon ta \ 1 <■ r * 11 * *■•»*’ / Les vaisseaux ci-après designes avoient les longitudes suivantés: rrteBíèb noairn.j Le Comte d’Abergavenny. . 24 d 45' Est. L’ Exeter..24 30 »'lL ’Ilmdoústdn 24 22 L’ Ostcrly.. • v V.22 47 Tous les bâtimens furent invites à faire connoitre letkt‘bii ils se trouvoient; ils avoient de quafré-^tlix malades, .et leur provision d eau pouvoit encore "durer de quarante à soixante-dix jours. L’équipage du' Lion étoit dans une situation fort triste; il comptoit près de soixante-dix homines sur la liste du chirurgien, et plusieurs dentre eux étoient en danger. Depuis le depart de la pointe d'Auguera, il avoit perdu six matelots et un contre-mailre; tous étoient morts de la dyssenterie. La frégate portugaise rejoignit, le 28, le reste de la ílotte; le même soir, un nòuveau grain de la partie du nord-ouest se fit sentir T. II. 7
  • 98 VOYAGE EN^GHINE pendaut douze heures, avec. beaucoup de violence , et écarta de nous six vaisseaux de • plus. Le 29, le vent se calma un peu, mais il varia continuellement jusquau 3o au so ir, oil nous fumes assaillis dune.bourrasquef plus terrible ques toutes cedes que nous aviorts . essuyées jusqualors. La nier étoit excessive- ment houleuse, et les V&gues brisant aveofu- rie conti'ele navire, balayoient iout oe-quedes rencontroient sur leur passage. Ee vient souf- fla pendant detjx jours avec nnê dgale mien- site et dispersa toute l’escadre ; 1 vLord Thiir- low fut le bâtimcnt qui resta pres de nous. Nous ayions de grandsr; motifs ?d’inquiétude efc d alarme , sur le sort de 1 'Hindoustán, qui nnvoU pas eisblteíemps de réparer les afva- I íies de la-jdernière texnpétè. Le>eiel étoit ôi convert et l horizon si embrumó , qu’il nous j étoit impossible de reconnoitre si les bâti- ! mens de la flolte étoient au vrent ou sous le I vent; mais le premier juin, de bonne heure, nous elanes le plaisir de revoir plusieurs d entre eux qui s'avançoient vers nous. Le galion espagnol fut le premier que nous dis- tinguâmes. Au signal que nous lui fimes jf 41 l épondit sur -le - champ en hissant son pavil¬ ion eu tête du grand mât de perroquet. Avant • * J \ \ I
  • / ^ ET E N TAT AR 1E. 99 Ia nuit, douze autres navires nous avoient rejoint, et avoient repris leurs positions res- peCtives. L5Hindoustân manquoit encore, et aucun des vaisseaux retrouvés ne put nous en donner de nouvelleisíl/^non plus que du ^Glutton. Lfe Comte d’Abergavenny avoit eu sa grande vergue emportée et avoit d’ail- leiir.s beaucoup souffert; mais il netòit* pas eriffioftre pou vbir de lui fporter du secours^ Ôhtíios meilleurs charpentiers étoient encore àfctawdduí-G&flffott.} et ceux qui noU$ restoient atóri occupoient à uéparer * nos propres dommages ^qui étoient tels !que, d heure en lturireçil' nous falloit travuiller à pomper. Notre grément et-notre voilure avoient considc- rafelement souffert; lar grande voile d'etai, voiles détai de misaine et de hune de mi¬ saine, le huniér de misaine et le grand hunier avoient été mis en pièces; le roulis du sa¬ tire étoit si fort 5 que nous fumes à la fin obli- gé&5dé mettre-a la cape sous la misaine j et lors même que le vent fut entièrement ap- pkiséyla mer étoit encore si grosse qué nDus nous trouvâmes en danger def voir tomber nos tnâts par dessus le bord, avant d avoir mis de¬ hors assez de voiles pour appuyer le vaisseau. Le premier juin, d‘après Vobservation ,
  • »oi EA tat tf 3 ioo VOYAGE EN CHINE xuL)h s^ixiAI'irn iui ’ n nous étions à environ 4J au Sud et id à h" '<-< >ri 'in \ cj1 liontrnon l’Est n OIT JÍOVfi Ti , Ç& .4mnTj rf a iuníla Lç 2 iuin ,veni doux .inais contraire. Nous TV Tail obi J otpot rroiLonnli nous dingeames vers le nord, par 3od o' xat. i i q i m ^ I UD ODí/JÍJbI Jsl sud, ct i8d 22f longit Est.1 SmifS au *» .ç-uqWnA & myM. -‘Xt variables: *Ee 3 juin j vents legers e.i oT o' latit. sud; i7^ ^o^neif’. iísfcjtÃjcvfeài^â en vne: le Gla/ton.FjjJrifâòústan}li1 Èl^àãe m. .qiíõàníScIíb1 Ãao/QVB .gionauA encoro reparu; mais bes deux • ífDncTjí)qjTii sjjpuxrp .nb ^ixonioíf** . Vires nous rejoigmrent ce jour-la meme, amsi que FHindoustán. Le Lord^^tfiurtow r^ftit x UB SOnjRnfTfjn pfrnrr fa Aiav, l’ordre d’aller se placer au veni a nous par'le hossoir. aussiloinquille pourroit,sans perdre de vue nos signaux, et de tâcher de décou- vrir les vaisseaux qui étoient encore cloignés de l’escadre. Vents constans de la partic du *• ' a 1; ! s ?* I'1 ‘J J # ql ^ 1 fitn fit) t'T) 9 rtr\ n )0 sud-ouest; la flotte cut ordre defaire route JJOn T' q. I j^au nord-quart-nord-ouest. " 81J( Le 4 juin, 36d 46' latit. sud, i6d 5gfftSag. Est, Tile Sainte-Hélène au nord 43 ouest, à 1 j- j e frrr>TS nir sr)F)íúi'fhci la distance de 072 Iiçues. j Le 5 juin, 35d 17' latit. sua,V$d I7r long. Est. Le Lord Thurlorv fit signal dune voile étran- b HUTTJ OK St; OIJT1Q T m gère en af ant à lui; nous nous avaneames sur
  • tET„EN tat AR IE. IOI aTTiii J Zl »a d u A x O / 001 olleetnous lui parlâmes vers deuxlieures; ce allant à la Gliàie-1 Êe ab, & avoit ctc hélé dans le 57c. dcgre de longitude Est, et dans oDoCyiBq 3)100 ol zi la latitude du Cap , par le Fort JVilliarn, le Marquis de Lanscíown et un ÀÚtre* ylàisfeétfii V' J.9 glosai J / , ÍIJÍIÍ de la Compagme des Jndes , venant du Bcn- gale i U avoit appris d eu* que Ics c, sfcfmjsasídfp b7'uso,,,p :t u *,!» cs c“v,S|yl -dsm'n¥as a sa disPos!lion “ ““J™**- gnemeus de quelque importance. Le soír, igftfTi;5 rn ) m iH-iiro r do h r . . I npus fanes voile pour rejomdre la tlotte sous ríe vent, et nous donnâraes au Lord Thurlórve signal de se tenir en observation du côté . du vent. Le 6, le Hawke se reunit à fescadre. v Pendant ce jour et quelcpies - uns des jours r suivans , nous eunies un bon frais avec locpiel Ui) njfTpq oT) ?.ílõjíííIO0 c anbfiOâOJ fln nous gagnâmes les vents alizes. Le 7 , nous étions par 3fd ~> |' lalit. snd, et joaj; isA £2' longit. Est. Le 8, par 29^ 36' lat. ■5 sud; et par gd 67' long. Est. Nous Vimes sous ces parallèles un grand nombfè de SOufnéurs, .. ret d inunenses bandes d oiseaux , d nn plu- **oii qt >ni /III' mage tacheté, connus sousle nom de poulrs •ni:>du Cap. L Exeter eut ordre de se tenir au •tua ^tdfi^BVtruoirerfofl ?íuíb iq^una aisj»
  • 102 VOYAGE EN CHINE vent, le Thurlow sous le vent j et le Henry Dundas en téte, pour observer * suit les bâ- timens qui nous iuanquoient,soit, JLes navires, étrangers * ayant soin de seitenir toujours en vue de nous,net à portée ide jdistinguer U03 signaux. : 9ÍUJ to ongil 9b i/fiog í Le 103 le fit) eÉrle is^dégers! aújs- dp venfc* et calmes; daprrès l observation, du.-lA^netre latitude étoit de qapt 4p[, sud, np^éllongit\|de de 4<í 27' Est; notre distance à l ile de SaLute- Hélènel de s55 lienes. -ili • aolstaoriO' gobnl ■*i Le r3, nous passámes 1 le .TropiqneJ aypQ un joli ’frais de la partie de lEsd Le dinian- ehe; ir 5 juim, nous étions par 20^ 20r de lati-> tude sud, et cFaprès los calculs les plus exacts, dans la longitude de Londres. Nous fimç$ si¬ gnal à la flotte de faire route au nord-ouesl- quart - ouest, esperant bien , sous deux ou trois jours, apei’eevoir l ile 1 Saiute-Hélèoo. Le nombre des malades à bord augmentoit prodigieUsement; il y en avoitisur ja bste du chirurgien pres de cent vldout plusieurs en danger» Le 181, au conchen da soleil, 1 'Mxeter et '^Abergavenny , qui marchoient en avant, signalòrent dax terre et plusieurs bâtimens étrangers. Nous fimes differens si¬ gnaux; comine ils ne furent pas répétés,) nos \
  • IOd í ET E/N/ TAT A41Í E. vaisseaux se disposèrent au combat; et cba- cun deux prit la position quit luiaétoit assiV gnée.cBient6t>ínous- découvrimes qne parmi ces bâtimehs étrángers, il y avoit deux vais- sooaX de guéfrre^lim1 paroissoit. être un vais- seau de ligne et f autre une frégate ; ils hissè- réiifcie pavilion anglais et arrivèrent sur notis; il^4r*odva le Sampiôn de 64 ca- Y*4rgv de 44^ epcpédiés pour con- dephife ^Saiate «nHelòne > laiflotte des Indes Orientates; ils tHoient partis d Angle- terre le aeupars , et ils n avoient p*is dé^ou- Vèrt la tdrrfe lalvaiit cg jour meme ou nous les av£oh&*‘ f encontres 2; lesijautres roadmens venoient du Bongale. A midi , Sainte-Helòne nous tfefetoit à í ouest qu&r t*noi cj^f>uíesfc ? à la distance de deux lífcues^Ceite terre nous pfefcfljt élevée,montueuse et sterile. Vers deuxheures, nous yetâmes l’ancre vis-à-vis la ville; nous fomes salués de 15 coups de canon par le fort situe sur ilaniontagne de Ladder Rill, et nous lui Tendimes le salut en nombre égal. Sàinte-Hélène est située par 16^ di& latitude sud yet par 6^ dq longitude ouest: sa cirçftti- fórence est d environ 21 milles; c ost une terre haute et peu fertile ; elle ne produit au- cune espèce de grains, etna pas enpâturage
  • 104 VOYAGE EN CHINE cif.» . -5T r 5 a Í A I ^ de traoi nourrir le bétail nécessaire à Ja con-;r, >m 11 bg somrriation ties habitans; les vallées foumis- ,, oj[ .fljknf gLoB b9j ibo*> irovE^mi>q sent cependánt des legumes et des fruits • v\ „ i iriun z^iue iiiDriiu Bliiuoiil 7 "tt y j tout le restfe vient d Angleterre. La Compa- (l gnie des; IndesJy expedie annuellement deux • s.sl ia • 9íi al, nifcoi'iauyj aorta . Trcnonuix w vaissectrfx- de fa rib e, 'etc.'; cfai 1 ieur^^ly^b qtimens,^ . reviennent de fcnChme et de lTnde.Fabor-,,
  • ET EN TATARIE. ' io5 .^■àfcauvAi IffilOfl v 11(711011 iOffD 9J sailhs par le travers du Cap de Boime-Efe™, r a jit 7 not y*hs11bv mi 'Sitjii MÍh * * perance avoit ecartes de la ílotte. La lloyale r>j j ^ b t9.,?9ríllí!19i lnBmlBfW Charlotte y inouilla un jour après nous. Le liansporf ie TJuc ae Bucqleugh arrwaile jzo: la MyHfcawiM' %?*$■ e.T’,n "3 6V 1t niab_ J o» mel ldiifliiB s;T)"iqf •> TTfroJrl «9i ’ ia Hancock í brick aiuericam , le í.6 ; et les bâwteafek 'HMpSS&f fflu venáHt“d'Aiiií,i|erre, iè second'd. ÇhinB,£t ’ k )rfomo7i>7 9^ítib 11 np 9Íioa tie t89loitiBi> -9tn'iBB é 19-uiooiq 98 8Gq oaairrq 9n nofirp f Migaeobn ob stojdo 8of iio? «.onéloH 'iBcjqfi 9Ir ôitoO .awil. ob 2Í9$í> sol omêrri Jioa -no9 b*Í inp .sobrrf 29b eirçgBqoroO b( b ínoil '-otIíto ^ oil*) slTTniOTipw^ibot Jíiojnoídciobis ?.gmriíOií otlffii b npstq slnoo pujow.mcjob ínoii -goqob no! ob ehuftfa tirtios li tnoún^ 9b xrfBo?.?.‘r6V PM úo oosfq oítro?. iil 189 9 jiobss «ob^iíl 9b Jíibíiovoi no tiiBr3’í ob oiinl iaa^iirq ?/)8ii>ionB aollirniíl ?Jíi99 xqob noiivflò 6 y lí -oiáiluoiJiBq ino?. 99’; ^íiófbH-elaiBC b abilcteto 0017198 UB 8à^olqfn9 89b )p 8ioiorlio 29b tom .oingBqmoO bí ob HEfK ^Hiioled mi obisi ao BOLT âvírdii ánolft * YBclrfíotí ob íhbhov hottvbíi 8inoi.'.:lq 8Ífi(-e ol lo ol fè&JB 29inêvifoi1 strori vlo 2íioi’/B 211011 laob nifcTg ol òiqi f
  • ioS V O Y 4j G E lE N C HIN E -Vwt I TWS5 7MMV/IT 2.3 tv " » GiH A Sk\ Xvt- * • * ri # ' < , • «< • *, ^ LVscac}^ Sainte-Hél^t(^t^Tjms et disposition íès vaisseaux. -7- Ordre díi comiuan- , 1 ruão o oíj u>q Vjibopqoi ««pv t dant. — V ives inquietudes nu uwpirent les eroiseurs íVancéfiS. 1íiroí èé-fcj* , rMioq ?.nny Le vaisseatt de Sa Majesté, le SVwip/oj^rrp Idem, le Lion. f£n .; > f)uu \j\Abergavcnny. Le Lord Tímrh^yn rLe Gfaffpfn f {, L’Hindoustán. Le King Charles. L1 Exeter. Le HenriDúnãàs. Le Bon Jésus. LélW^crfley.1*** La Ceres. ídífíLa fíoyule Charlotte. L'Osterly. íf if£ Lc Hawke. I e Fort Willwm. f rLe Lord Walsingham- Le Triton. Le ]\J. dc Lansdown. Lc General Coote. Le Belvedere. TU&L Le Fitz JVilham. Lc vaissenu de Sa Majestd jd^rgo. v t'U'Utf
  • ro7 ET EN TATARIE. Ordres donnés aux Commandans des vais- seaux par sir Erasmc Gower. t V " ferai Ie signal de son- iimo-j B0 oipiO -r .xucóíi-ii! iioi* » aer , vous reponclrez par un contre-signal BHI3RIOTJ ?,oI JfTííTinfni f/n rsnrw^.f/nri 7/ —— ¥>rcfue vol$m£vez trouvé le fond., ou ,quil eji est autremçnt; puis yous indiquerez la » profondeur de Feau,en montrant le nombre e cette profondeur. Vous vous mêmé ftiôyen pour índiquer les ,} latitudes, longitudes ou variations, a)ant )} soin de faire d’abord le signal qui designe » les degrés, et ensuite celui qui designe les n minutes. * Bibasfe^l ^ qui exprim » servirá cfti » Lorsque votóí feçlf le signal de prendre Tavant, pour donner chasse ou » pour tout aútre motif, vous sèrez informe dé l ctir de ^ent dans leque 1 vous devrez » vous porter, après toutefois que vous au~ J) rez indique que vous avez cdmpris le pre* ® mier signal. » Lorsqu’on vous fera le signal de faire 3) communiquer deux eanots ou biende com- v muniquer deux navires ensemble, le mot ordre sera donne de part et d’autre. » Tous les signaux se feront sans canon, h autant qu il sera possible; la place de ces /
  • 31 \fl A t .vi a ío8 VOYAGE EN GUINE ^flfioxiiiíq vriziziu b íiio^d eu, i . , » signaux ne sera pas x'estreinte au mat de 6 , J9A 1U8 tosarai a » perroquçt ou aux extremites des vergues; rr n,íJW "» < ni08 . B2JJB nO » mais lorsQu íl sera necessaire, on pourra , 7. ,Vílt.^ oifronfío 1 pm‘XPJSQV A «n IcspJtusser en tete des.bas-mats, au mat de : nT®J31PTííirt2 fPi nqiííjcoaiq amòiiuaju (u la, (e,„„ J« » Qualr^fso^ ^^{g^l^j^I^mesTion -»i,qu,0|iB^^ps^llBJii^gg^o.paIv^ITog de >» gc^iróir#? áBtfefôpps' |a^ez gar|ite- » ment compris le signal, 1 ° .WUYeiqíni 898XUJD « ò« «>ÍLa’
  • ET EN T AT A RI E. 109 nij /a # o ayqv.. » que j’aie besom d msister plus particulie- B19® 9X1 xoca^ia « » rement sur cet article. * 2èiíui9'tix9 yfMjiiip jn/ipmueo í^ji » On aura som , au declm du jour , de anijoq 410. ç imcageoau axes ii'nmaaa » vous faixe, connoitre la voilure de la nuit. X J U JJ « J jour aux approch » brumes. Vous n’y appIòVtéí'tífe/ aSífeutí^blían- "»° gen&ivt1 dÁhsfebuÀ Aeda>miftptó pen- í laSf Wi^dMWya de mau- *'*/(muPtempi1 ,J'à mòlfíif tpi4 S forcé par^^dlâíBè W^iKlJCm par^ des » causes imprévutk"^ ol ™qmoo fim* « fil i^PõtirYvitdf^mitant que possible jles sé- 1 n pMratioUS 5 ii èst indispensable que le capi- 'V tafne^èt les officiers acquièr.ent r imo con- v‘*))nhoíssancekparfaite du rapport I qui existe <% entre la marche de leurvaisseau et cfllle du » Jdòhuttandant f de manièref.que, sous quel- icpwowihfltftigps Stí trouve leur vqisseau , m»> fevtemp* àâgnt; à changer tout à coup et siiotqahmei obscurité soudaine, ^jppêche de se les uns ^esj^it^f^ij^J^mssent calcu¬ li ler quelle voilure il convient ^ prendre h pour se maintenir aux distances respeç- 1 “nnrj rfno r Srfoy õd alijirrn 31070 oT» « 7f bâtimens sont à portee de reeevoir l£s 01- iwacj trnonompjp) qoii ino? / -
  • no VOYAGE EN CHINE » dres, la distance quils doivent observer )> entre eux n’excedera pas une longueur de 3) cable ; ils se tiendront exactement dans les >3 èaux les uns des autres; la distance à ob- 3? server entre les lignes sera d’environ deux » longueurs de cable, c 0WP 0 ^ " * En cas de inauvaiÍ5tctei^)l1; la distance » sera plus' grande. Je penso que les abor- » dages sont‘ ^>lus à craindrè MàilS le ôàíine **> que dans la tempête^CVst aiísàítóiè idee » fausse et qui, dans une saiub^alfiqilê, doit ux etre absoluinent proscrite , cflrerjíóblléc de » quitter son poste pendant la nuit^ffcha- w que vaisseaii faisoit ainsi, Ffescadre eiF’ge- » néral seroit exposed aux plus grands dan- nu f ooioi aioio ( ç ins/ « )> Lorsque vous donnez la chassd^vous » devez, le plus promptement possible , fhire » connoitre votre opinion sur le vaisèièãtPou )) les vaisseaux que vous poursuivez; -pmis 3) devez encore indiquer , aussi sou vent que 33 vous le croirez nécessaire , les divers juge- » mens qui viendront modifier votre prc- 3) ftrière opinion, ti^oqaib rnoi n leg/inno $ 8 » Lorsque je désirerai que le vaisseau que 33 vous commandez passe en avant pendant 3) la nuit 5 qu’il porte un fanal et qu'il se
  • TAT£flV%’.' W » tienne en vue , je lui .en ferai le signal avant 4 le coucher du soleil, en même temps que «u'il devra VMMbPirfiétíte itf»dre ics- ” tBFBxflfRKrMk Wfâ$BPafà&ÊNlfoi; et » s'il arrive que , place è-ce poste jvous ayez &ÈM>9UFfrjk fftófWBgt °Sb HéÍs#*1* de ” soupçpiyjef à 1'ins- ;’ ^dPSfflS^íhíff&^W ÍPRjetíí» flotte par »,# 4Ígn^,yue^voTjs j,ugpi;ea lei plus propre j?o& leftjdétpurAQr prpmptenjent. Dans une rft, sçqd4ajWf) qc^§i^ K|la lí^Fitft^dteehlieure ■8 ((OU .deu* f»%is W/PM <.?f trer ,ea ppmparaison in»®MÍBT enp- « nfif> §Rjaiíi|u?ôftf J?9P hordée au plus près du » vent, j’etois force , par un changement » subit dans le vent, de revirer de bord , ot » qpe.ip{Yp,ulu^p,>fPUS|l^ire.exécuter la même » manoeuvre, je vous adresserois le signal ^convenq,ppuc cet eifeW, xusessrfi'r eel « nnV aU r dgnc de bataille étant formce , o j’ai besoin de quitter mon poste 4 je ferai u aux. autrcs vaisseaux le signal de ne rien » changer à leur disposition,, quoique(!j’en » agisse autrement.,£>jespace que j’aurai laissé » vide sera7remplii(par le„vaisseau qui me # suivra immédiatement.ijLa même chose an-
  • 112 VOYAGE E NjrCHINE „ »* gl Jt ÍX & JCi. J j) ra lieu toutes les fois-qu une place se trou* 3) vera vacante, pai-ce qu'un vaisseau aura 3) quitté la ligne en.vertu dun signal, ou 3> P°ur tout autre motif. Si jc signal ne sá- ■ . . í; < *“ aí 1vo7"í Ov|Uv -• j) dresse quaux bátimeijs de guerre, je ilrai » liisser la ílamme bkuiche avec une íuouche “wii L..V .. JlJllv » bleue. S il devient néeessaire qn nn ou plu- » sieurs autres navires coucourent avec les U liL» .1111 J 1 “UI/ Íl/Ui® *'» 33 bâtimens de guerre à 1’exqcqtion de f ordr,q, 33 je ferai hisser leurs signaux particuliers. 3> Dans le cas ou, apr^^q^e separation 3> le vaisseau séparé viendroit à rejoindre ícs cadre pendant le jour,d SC ^ ^^^^^^ )) en hissant au grand unit la 11 anime quLle ... , . , ” )3 distingue; on lui repondra par 33 réponse. Mais si la rencontre a lieu pen , . , , . . 1 33 dant la nuit, le vaisseau reioignant rsera 33 bélé, et devra repondre conforaienicnt 33 aux instructions de famirautn., )3 Pour annoncer les signaux que j’auraf 33 intention de faire pendant la nuit, ie.tiro» • £ , , ■ T y 33 rai une tusee volante. Lorsque le tempg 33 sera obscur ou brumeux, je tirerai une 33 ou plusieurs de ces fusees, qfin d’indiquer 33 la position du commandant. Quand un vais- H seáu sera en danger, il tirera un ou plu- 33 sieurs coups de canon; il csl enjoint au v j 9 il/ ••» X » vaisseau
  • / ET EN TAT AR IE. 113 » Vaisseau le plus voisin de lui porter tous » secours cfui seront en son pouvoir. » Beaucoupd’autres dispositions furent faites, beaucoup d’autres ordres donncs pour assurer la conservation d’un convoi aussi important, en cas de rencontre des escadres ou des croi- seurs français; èar il y avoit assez de raisons de craindre que rennemi n’entreprit de nous enlever quelque bâtiment. Le Lion avoit pris toutes les mesures nécessaires pour se mettre en ^tat d’opposer k ses tentatives une vigou- rense resistance ; et quoique son équipage fót loin d'etre complet, cependant tous les matelots qui lui restoient étoient excellens, pleins de courage , et il n’y a pas de doute çpife, forcés d’en venir aux mains, ils ne se conduisissent dans Faction avec toute la bra- Voure-qu’on avoit droit d’attendre deux.Le Sampton et X Argo avoient leurs équipages absolument au complet, et ils s’étoient abon- damment pourvus de tous les objets propres ^ assurer la défènse des bâliinens de la Com- pagnie. Le premier eut ordre de se tenir en observation à la tête de Tescadre; le se¬ cond de rester à bas-bord sur la même ligne que nous, mais pourtant aussi loin qu’il le pourroit, sans perdre nos sign aux de vue et T. n. 8 I
  • i u V o ft AGjEa EiNAGHINE de revenir chaque soil' seiraliier au eonvoi. Quanta fLUt&wi. ^iil .a® ti*t up lpiitête (deg bâti- íweHfitd» jiaLCiQmpagráei jpdfe Bjanièiie à ppu,r ypi^ ddiçigçf ÍQHS tea^aoaiveaiehs. L» pa v ire afflipripaiaa J§fF(*^>gttín^ tetilei li^conyde Loftckes^ j)etií,h4tíoi®«t aiinM pour, lá pêcltá 4á( 1a >b#&tfl|e idAfts^ai iuaei*sdu *9*akV^toieiit parrtisaavaffrWousíde SaiatphHtílènè. freiSgúib lot,, ^’anpíriçaiA jpritêtfPbgé ídenjnoitód ntqfit çp^tqà 4 Qáefí PÇW Pbiladalphie^après ay oiti- íte)i(JHÍr»ciiCííUpsiddlcai»xíiL^ cpa Q?lpj[rqi pe#4U. ADnibaeídfirmeuábNouiiCQpa popdâftiq^lqweafjpuasbatterfondtiiclricfe ouç^tj, pptr^jla qôtq des Gsttisaá© wél tós iies dp 1 Asccnsi.ou.et. ,'de i Sajtub-Thon&as.tiMaus nous diri^eâmes ensuite au uoírittaufist;peb;èe;iaa^ pops passánms laLigneavec des vents fato** rabie?, et qonstans , par la;: longitude dei-ac# o.¥>esti Lo J44 nop$ courúmeç, au.atíord; ei le i5.., le. signal íut donné de faire route au nortfci quaftTnprdneat. Nous eCunes dans le voisinage de la Jyigne-nn temps extrémement agira»* Itjc; Dps multitudes de bonites et de dauphins £|ÍS8&t la cbasse aux, poissons; volans^ nous prqeuroiept.un spectacle amusant et curàeux. Dp i5 au.Mi- Éenaps variabl©i3garaÍHs,,pluies 4 PÇage et, cabnes, ,ln vent .souffiant princi-
  • E Ti E N A T A T A RI E/ i *5 palement du nordà 1’ouest. Le 2t Sampton tira úh coup dé canon polirlifidiqner cfn’il débbuVroit Une ftótfe; dLarsqu'iinffft entièreinéntqjournbufc distinguáauwrs onze; wiles , dofit plwsiblirs pd- roissoient trèddbbtes. Absáitbt MfottS hissâifies lè pavilion «aiP^rand mâty et leyàdk-fen téftd du perroquet'de niisàiné siga alp^sci-it1 pUr lamirauté.'Pou sptisfaits deléfir'bépfertáe à ee signal ipnôufe reámèsslieu
  • ffp v.$ íy?Aagtea.Í ^ S E de se .preparer a 1 action: les batimens de !t ygn^fMcrx^ot fg 89TmF8!& 9in3BaniQD £f mittaW ff xizjzoI J^ssbfluPgob i g£q i L)1 «“«t mMi9oTsw^v posHions iospec . ves; et tout ,b„t d.sposc , nousattendunes l evenement. Nos basses voiles JT’ . ub ao'ioirg aoh iofro/Tcr& uioa M ~V V* VA ^ ^1* ~t "% ^ Afc A r ■§*» ^ MA %% # ^ ^ i^ o «I A ^ A. « A # »'^ 1 >es ct notre grand hunter tipexn lo-fo^aoa aDWiqmb c/ Ji ----- —«mauumu. zai agnainsi^o Villon miglais, et arriverent directeruent sur "Pi V■"■' n %3tB Vs?A ^srn lOTiotoTi;. ,"l 7. snlq Jif idVê n zh up èTiua „ +3 marcnoit en tete nous paroissoit tres-forr; . Jlji3 b iTOrieb •ESIoisss . uriiiirioTob Jiotre imagination nous le representoit comme •ranmirnTD waiur*01 %n;raXisi#& f, ?.9t>gibo vio r t 4 • j • 4 v v A.P r’ a,,M etant an inotns de soixante-quatorzè canons; niunn r TTeTolT!} õpnjrâio'? aliroi nxo^^^0o^, a • t» ^ » J * ■* » ojuuiajj /4 olU Jo ,jap^is prumgs aussi distinguer quatre vaisseaux , - anon nfasginy fj. hibÈo&é ofie fWffl^fgíSSrS^of^noa etJ?iPieurS alf«„fr4g^t08. .Le+ signal nrééedenf repete a a»7MYl»£5I Tdf otiofrrrmTloyç t sWóHbior dessem etant de nouveau reste sans reponse, orq; <>rrq Tr-mrçpm ( oTorqmoo onolorf wus’ nous »e dputames plus, de leurs intentions 1. i-i ™ t xn«022i£7 aTttrni ôd 2111912 nostnes. .Les canons turent detapes et char- guonr; vjodTODa Ob piioq £frQ8 Ox/p^oio* g^s ; mais les sabords de la batterie basse dfe- . , v7õ9“ 9b tómJllDM. ?rmés jusqn a ce que 1 enqemi tut meurerent fer uj-rTTjqbT iu> upiqirp . hr 9i|on Jh), qmbíí Vers midi, le vaissequ de tete de la Iigne / - o -1 ob 9^^qirjpoTS> ennenue ayantprolonge notre Vaisseau, nous reconnumes 1 Assistancede cmquante Ça- on eiiJjDirn tro§ttHBit uanpjo \udm rrb an
  • ' ,H E f ‘ Í N* í A¥kV$ Sí.' ^7 ^nncfa.itiot ibct lií} 9ibiavi ..t >ur apportçr des sucres du Bengale. L Assis- ,^11103 * MilUn .fulfils 3'IÍ0n. tg •->•» ««a mce dçypit Içs. ccfiyoyer jusqu a 111 «iaoagus viibo seuís léuryQÚie ^pi'sYfndTe éí se réímif à riòtrie çscacírm típ VaiWeati nous íníSfffik1 tjtíè'}fr fí.i 81U9iaíIia Í9 81101163 9%]6iro-9lrHumn i> f>h 98nO
  • m VOYAGE'EN ^ch i n e velle relativement au Lion et au retour de l’ambassade. II paroit même que c’étôit uhe opinion ge'neralement accredited cpie nous re- viendrions .par le Cap Horn uoJel de¬ tour auroit considçrablem^.p^Qlppgó, ^tre absence. Lord Macartney, dont lintention ... aluguer rqpTI Bfeb ’aaermjBcr primitive avòit cté de^prepdre cette route, y renonça du moment o\jl il apprit que la guerre étoit alluiiiee^en Europe. Le plaisir de satisfaire sà curiosite .peda, dans cette eirconstance > au désir d'etre utile à sa patrie. Nous donffàmes une copie.^de nos signaux à lx . . »^ooj .-roJ 1 Assistance y qm prit sa position au centre de la flotte. Nous avions maintenant un bâ- aoq djbsoii ç tutov* svjq. 9 J timent de 44 canons,un de do et deux de 64, assgiijpe B 89iHiuoa 001 os ;98i6§M en sorte que nous nous sentions en etat de -ea oIbud u - Y soil oJl nous mesuier avec une nombreuse escadre uÃaxninoíi(7õi ^nonfiO JcjaiongBa fránçaise > si elle eut osé nous approchcr. Nous nous séparumes à 1’entrée de la nmt des bâ- r . • .aarnííioíi ooj\ c 811 o a timens destines pour le Bengale , par I2d 3of latit. sud, et dnffiibú ohest. Sir Edouard Hugbhs tira unbebup de canon, et hissa sa córnetté eh qualiífe de commodore, aprè$,lle* depart de VAssistance ; ils firent route au sutUesfr, et nousau nord-nord-ouest, avcc bon frais de vent de la partie du nord- est , et
  • , E T v phN yT*A T A R I írV Mg La ligne de bataille , pour l’avant - garde, fbrmée çomiw I$r,2i. iioieq I) .ab^Bdiris'! '9*r girou 9 up Ahitbrttioà £ ííteitoríi.7 9rno ®0liI^P likH^áiésè:ái!if,(ferSâM[àÇ!èsté, le Satripton > 64 Míí^s4^^ftaItoÉSW^ííage., 1lolirr> 'rrroí nortrioifí^L inob » b'ío*T .oóno&dft noimojriBâtimensr de la Compagme: _ . . „ oínoi 9ÍÍ9D eibno oío íioyb evihinnq Le Glattonz lio laemorn n kl oup tnqqn li B?non9^ úúsk[ oJ .oqolíg/í,^|J/Trí{Í0 *iotò ”*“*3 óttoo í$n£b çBb^a iliaoTOr!s aiiBfertfii 9b .OritBq £8 fi olitu Bbrtfig Le Zora IValsingham : LSitjpp, n/iu.eacnBTTíioD 2 BU0 '00/e. ri-n «inrcrAWtarv! ,r> eí fé xuBírsh zoa ob- iti ,), o/ r Le General G< 811H9D UB «“»“OjU^Bffiâí3 -êd nu .nBnetnrB^^ ’jffon Jesus, íregate por- . * 5 i)b xuab to oc Sb qj; , , . tugaise; 20 canons , 100 hommes d equipage. 9 'teto no BíioiiijjB^ es- aibfioa > aaoándm n omj , n,, pagnole; 04 canons, 100 hommes d equipage. IJLe vaisseauTâe Sa Majesté, le Lion, 64 ca- vLi b no3 ol woo gonrteob arrorurt ^ 4 Bàtimens de la Compagnie : 11 ^ > • J(#T)IIO «TI JTO • i /u. II1 ^' * cjx* »1 ^ l/U ; * * nonfií (rríí^^ JRoyale (Jharlotte j . 9iobominoa 9b '"\A\J$f>rt /ilWMSb' i>8 c
  • 120 VOYAGE EN CHINE , Mi aroflB'i 33 silitnoos sbttf^^^Af ííioqsiixxa * axifb as^usd 33irpIoup í&qíí&tPPrhaè d si B83Bobi1 3XIfib (esa'OB o&fec^^^IRsv^Çy tshidf&P. jo 44 c^fâ9ftdo^Bifeffl?I9fi§,Í^Ííní#^í^*Í33-b,io j nb , ^ , calmes, #fotége*;ft ajg*,dft ^ntj va*ÍwJf7- ,-JSqus priteief,diÊ^íeB»ÍJpeti^,poi^-! sQflf» 4W*4aiflP^n i®t utt marsoubj,,; {ibiox ei9T gft&7zíh’^e àawplonijiélQigíié ideaéHfidune.?. rfiB?:,íPf1êttÇW^e cable sou*) |j>j*ven t>*i noil* %-38S$l-drP%hpn?ine à la mer.Jffôítá jelèmetsí à ^Qut.hasard la bouée de sauveiagty,, cjpusr, excellens nageurs se précip,itèpei$ temps pour le secourirjjCt^nme il y avpjjÇpejjp de vent et que la mer étoit paisible, ils ouxent le bonheur de le é >'Jiam0fL nu mí0BíÍ3 J^e 27, nous fumes cgalcment fhvoriscs, par rapport au vent comine par rapport au temps. Pendant la quinzaine precedente, nous n’a- vÍ9flS2Bffl9.ftraiítePf > direction d^potre, r9»fei«9$bfôív^eur de deq^.o^brois degVá* dSI^S1 Ç$W> gKHBp étiq^i) “imíW-MiBVi^tude,ftçfltf cíWf feffeítSf «S»í& longi^le ouest, San- laS^*í^&,Ç^st^ SRff^ord-est, à la distançefjdenviroj^pjfljquante lieues. Le soir
  • 121 ET EN T ATARI É. du 27, Francis ÍVinceVit, matelot, tomba dans 1 entreponfc par la grande écoutille , se fracassa le crâne, ef expira qoelques heures apròs, dans drs'dobleurs horribles. I Le iQg "abe jbKé b&se s eleva de Ia partie du nord-est et sofoflla d’úilé triâbiètó constàri- * téq°tôfit qubinouis Tfutae'á,'élátre Ieí) Tíiopíqrres. L#premier aoút,1 íe ‘^eíit devint tres-violent ;7 • f » vers midi, ncrtre^gftlíldfe véTgue1 de hune cas* sa prétHsémebt dâáS son míliétÊ, *%t vbíle aifbuii de blessé ,’fct fticntôt une autre Ver^ fiit grdee. Lo 5, nous passâmesle Tropique
  • 122 V O Y AGE /E IN € H I N E appelees kerbcs du golfe; nous en vimes beaucoup pcnckitit plus d\iué"seifiaine. Le 7, le Lucas 9 baleinier deia/ftferdu Sud/eut une chalouper submergde íe Ia poursuite dWe bâ-> leine. lLe 8v l escax^re;’roÇ^^^0 signal1 de feire routejaíii; jtordrpdrcheshíLé tmcmo tjòfaryrm officier de dbaque vaisseam de guerre se trans¬ porta à bordide VAssistoncc^ pcxcçr visiter ses provisions, qni se tíoUvèrfeoat! feri endows magées efc fbrfc mauvaises, Nonsbetíííueníçio^i^ à éprbmter opons^iiiéniesjlfa; cbsette^fldKúvré^:} les rations íétbiept rdduitos ,eet 1d túief ^Ualité très-infóriebrej 10 ruoq iiiodnod rur ermrtooi 1 Duí 8 au3i2 aout^ nonsrexmieS’deá^aítmes etide légers airs de vent. Noos nenpassiofôn pas tin seul jour, lorsqueHle» temps le'pér^ mettoit * sans feire l exercicéndu canon í la bliAiorimBisssbao àsroè r irrp oibcòas ebnBig Le 12 , au point dn jour nòus aperçuméá au nord- est une voile cingi ant dans lEsfeLd Sampton eut ordre de kri doniier la <çfia à deux henres après-midi, il fit signal que odtoit un navire etrangér, tnbis que la dis^ tance à laqnelle il se tróUVoit nd-permettôit pas de distin^uer cet qu'il pouvoit être. A 5 lieures après midi, le Sampton reçut òrdfe de reprendre son poste. 1
  • tz5 ET, -EN -TATAR! E. , i ^ Le 20 , írtious rencontrâmes un bâtilnent danois tenant de linde; :il nous apprit que pas plus ide trois *jours auparavant, il avoit éte visite parr une escadre française ;rquil avoitjétá fs partitíulièrement questionné s sur notre< Hotter sur lelemps depíris leqiiel nous etions en mer^ sur de nombre de nos vais1- seaux; quit avoit répoíidu qué> nous étions partis de? Sainte * Hélène quinze jours' avant kd;) que nos forces consistoient en deux vais- $ea»x deiligne ef une fregate; quelesFran- çais idonuèrent a entendre qu’ils regardoient comme un bonheur pour eux de ne nous avoir pas rencontres 5 ils n’avoient en effet qu un vaisseau dte ligne de 80 canons, trois frégates et un cutter.* ! >1 ^ BÍ Nousr rencontrâmes * dans la Manche la grande escadre qui, sous les ordres du comte Howe ^attendoit lesf rançais. II étoit nuit; hi nuit étoit très-sombre et le vent très-vio- lent^; rQuelques »vaisseaux i de guerre vabor- dèrent piusieurs de nos batimnes de la Compagnie , et leur firent des avaries consi¬ derables; un d entre i eux , i entièxementodé- ínâté fut oblige d’entrer à Plymouth pour se réparer. ^1 , ibirn Le 6 septembre I7g4,< apres un si long et
  • f Í 24 V 0 ir AGE EN^CHI N E eu dans le incalculables; plusieurs d entre eux étoient morts victimes de la dyssenterie, qui avoit exercé à bord du Lion les pins horribles ra¬ vages. Depuis notre depart de Batavia, le 17 mars 1793, nous avions perdu, seulement de 1’équipage du Lion y environ 90 matelots et scpt officiers de lagardeMe YAmbassadeur; plus, trois hommes du corps de fartillerie royale, un de finfanterie, et un dragon-léger ( Adam Bradshaw ). La santé de ceux qui avoient survécu se trouvoit excessivement altérée, et ils avoient plus besoin de íhô- pital qu ils n étoient propres aux travaux dune marche ou dune campagne; mais nous aliions rentrer dans nos foyers, et nous pou- vions espérer que fair natal, joint à une nourriture substantielle , nous rétabliroit en- tièrement. Le 8, nous débarquâmes le cceur plein de joie. Quelle satisfaction de dire adieu aux plaines liquides, et de fouler encore la terre / /
  • tó^lfeS!íS3 lme up fm lípiun jQxxpçur nous, j effiàFWff ol aaab ire ingioia fxua aiina b a*i09ièulq ; 29ldBln9Í£0xn íiovb iirp t aii9in933^b bí 9b aauiiloiv «dxorrr -Bi «aldinod srrlq 89Í noiJL ub biod b botoxa \i $1 t bivbíbS ob ixaqbb 9*ilon einqoOL .89gBV ab inamaljj98 t nbiaq sííoivb anon t BXbíix la 2íoÍ6ÍBrn og noiivna * noiA. xíb agfiqiupb i ; 'lusbBsasdmA'I f ab aiaioSBo íqaa shaílilifil ab sqioo jib fcornrnorf exoií f wIq logai-nogBib nu ia f arioiíiolixii ab nu t oIb^oi iup xu90 ab òinm bJ .( wfiddhuiff msbÀ ) iuamaviaaaoxa iiowoil 6t uoavina JaaiovB -ôd*l ab mo3od 3ulq IneiovB aíí ia tabi9ÍÍB xuBYôai xub 3aiqoiq inoloihn 8Íiup ÍBiiq siioa 3í6oi j augeqmBD anu b uo odoifiai anu b -uoq ^uo *: ia c aia^oi zon 3UBb taiinai anoilí* anu á inio[ c íbíbu iíbí aup Taiaqaa aaoív -na JioTfldaiai zuon c alíaiiflBJadiífc &iuÚTiSJon I * Jnamaxaíi ab aialq iuaoa aí eouiBupTBdbb auou t8 aj xub uoibB 9Tib ob noitofiViiB^aliauÇ) -aloj anai gi aaoofia lalnòi ab ia e zabiopil Battffiiq /
  • i í* a r i ' % . ’ • n ? ,7 < t ..u . 4 - fa ?,aj zaTuoT aa ■t.jj3 <ÒVLAJ
  • / \ EXPLICATION DE TOUTES LES CARTES, YUES, PLANS, etc., QUI COMPOSENT l’aTLAS DE l’eDITION ORIGINALE DE L’AMBASSADE DE LORD MACARTNEY. Traduite de I’Anglais par C-y. t \ «
  • ' EXPLICATION V »
  • EXPLICATION DE TOUTES LES CARTES, VUES, PLANS, etc., QUI COMPOSENT l’ATLAS DE l’aMBASSADE DE LORD MACARTNEY (A). Numíro PREMIER. Carte generate sur la projection de Mer¬ cator, de la route que tinrent les vaisseaux, a partir de l Angleterre jusquà leur arrive© au golfe de Pé-tclié-ly,' ou Pekin, et de celle quils suivirent à leur retour en Angleterre; cette carte presente aussi les limites de l’em- pire de la Chine, dans toute l extension quil a reçue par les conquêtes de 1’Empèreur Kien-Long. (i^ Voyez dans Y Avis de YÉditeur les motifs qui nous determines à traduire cette Explication, qui a dte Sllpprimee dans la traduction de VAmbassade de lord Macartney , publiee chez Buisson. (L-s. ) T. II. o
  • IÕO EXPLICATION ( Cette carte forme le N XXXIX de l'atlas de la traduction française de 1'Ambassade 3 troisième edition.) , ' • Numero II. Vue du côté oriental de File d'Amsterdam, * dans 1‘Ocean Indien, prise du mouillage, dis¬ tant d'environ un mille du rivage; en outre, quelques dessins de cette memo ile avec le plan du grand Cratère. Cette ile, d’origine yolcanique, est encore dans un état dincan- descence ; elle est situee par 38d 42f latitude sud, et 76a Õ4r longitude Est de Greenwich. (Cette carte na pas été publiée en fran- Numero III. Carte dune partie de la cote de Cochin- chine, renfermant le port de Touron et l ile de Callao ; de plus, une vue de l entree de la baie de Touron, la poiute méridionale de la peninsule Tien-tcha, gisant à l'ouest quart nord, à la distance de.dix milles. : Aux abords de cette peninsule, du côté du midi ou du couchant, l entrée du port semble eire formde par cette peninsule elle - méine,
  • D E S V U E S , etc. i3i et par un groupe curieux de rochers de mar- bre qui y tiennent en effet par un isthme fort étroit; cet isthme, à la distance db dix milles, ne peut être apercu de dessus le pont d un navire. L’entrée est vers le point nord de la pcninsule. ( Cette carte n a pas été copiée en français.) J Numíro IV. Carte sur la projection de Mercator, con- tenant la route et les sondes faites par le Lion, 1 Hindoustân et leurs alleges de la baie de Touron enCochinchine, jusquàf embouchure de la rivière Pei-lio dans le golfe de, Pé-tché- ly, ou Pekin. • Comiue une grande partie de cette route, notamment celie des iles de Tchou-San, à Fextrémité occidentale du golfe de Pé-tché-ly, ouPékin, n’avoit jamais été suivie auparavant par aucun vaisseau européen, ou que du moins il nexiste aucune relation d une semblable navigation, Ton a mis tout le soin possible pour sassurer, chaque jour k midi, de fexacte si¬ tuation de fescadre y soit par la determina¬ tion de la latitude, en prenant la hauteur du soleil à midi ou f lorsque le temps ne le per-
  • 132 EXPLICATION mettoit pas , en prenant des hauteurs corres- pondantes, soit en reconnoissant la longitude par le moyen do plusieurs montres marines , dont on avoit regie la marche près la pointe Nicholas, à rile de Java, ou bien par la dis¬ tance du limbe de la lune au soleil, ou aux étoiles fixes, observée en meine temps par différentes personnes toutes les fois que le temps ou la situation des objets pouvoient le pennettre. Plusieurs do ces observations ayant été faites d’abord vis-à-vis et en vue du promontoire escarpe de Chan-tong et d autresendroits, lorsque lescadre vintensuito* jeter l ancre pres fembouchure du Péi-ho, dims le golfe de Pekin, on a droit de pré- sumer que les lieux, aussi-bien que tout le reste de la route, sont traces avec un degre d'exactitude suffisante. (Cette carte n a pas été copiée en françaisr)^ Numíro V. Carte représentant plusieurs amas díles longeant la cote orientale de la Chine, con- nues communément sous la dénominaíion d iles de Tchou-San , avec la route du vais- seau le Clarence, depuis le groupe le plus
  • D E S VUES, etcJ i33 meridional appelé les Ko'í-San, jusqu’au port de Tchou-San. Cette planche contient aussi un dessin de ce port > leve à la boussole dú lien oil étoit le Clarence, et les diíFérens aspects *T • que présentent de ce mêmè lieu les terres environnantes. li ]} On avoit déjà donné anciennement une carte de ces lies; mais la position de 1’écueil Holderness> quoique rdevée exactement da- près le journal du vaisseau de ce nom, y est indiquée d une manière singuliòrement fãu- tive , et cependant il est de la demière im¬ portance den connoitre la position exaôtfeP Le roclier contre lequd XHiridoústân touclia n’estpas nonplus marque sur cetíeiearte, ní la veritable route à tenir à travers les pas¬ sages difficiles au milieu de ces íles nom- breuses. Ces différentes considerations nous ont donné à penser quune nouvelle' carte oii ces erreurs se trouveroient corrigées avec plusieurs additions interessantes, pourroit être utile aux navigateurs qui visiteroient ces passages dans la suite. ^ ( Cette carte n a pas éíé copiée dans l’e'di- tion fráirdáSSâr)B %uoz J * -etb / ub ‘jiiioi 6Í oov£ (Iiao-podp i ■ ou i ju t *uiq si oquoig oi áioqob ai xjjís- i X U A /
  • 134 EXPLICATION Numéro YI. Dessin leve h la boussole, de la cote da promontoire de Cban -tong, avec la route qu ont suivie les vaisseaux, et les sondes qui ont etc prises depuis fendroit ou I on a dé- couvert terre pour la premiere fois , jusqu au détroit de Mi-a-tao. Depuis la plus grande extension de ce pro¬ montoire , ou la pointe de terre la plus avan- cée du reste de la cote de la Chine, dans la Mer Jaune, vers le royaume de Corée, on avoit pense quil j avoit beaucoup de dan¬ gers et de difficultes à longer cette cote pour se rendre dans le golfe de Pekin. Les- cadre cependant serrant toujours. le rivago doubla le promontoire à vue de terre pen¬ dant la plus grande partie du trajet, ce qui fournit unc excellente occasion den lever avec soin les differens points et de recon¬ noitre la profondeur de l eau. Une operation importante surtout ? est de s étre assure quo dans le detroit ou parmi les lies de Mi-a-tao, il n’y a pas de port asscz considerable pour recevoir de gros vaisseaux, comme on Favoit suppose d apròs des renseignemens donnes par des pilotes chinois, et d avoir découvert
  • * o ; ur-.t lo .,11,d 0!>'.j . > • - M ; into í‘>oúx»l?.ao-ni', - ,[ oj, tb;,JÍ> , ’• i* íjOí;x íims- íji, >uid íí; ^i) «•.. -n^no Mha' ityo ! -coto; ir.fp> r6 ^ rrl*> / itoilu».] , l -Zi> n>'b zoqoyq a iunoò ! •. -a rrç *up t, cinolÉ 8-S íoniiob ob b ■»> >ny- KV> lA >b nut mo .iagtffc trbiínoò s>íi .:.• . 6‘iií n i>b zwtu 8'ib r)tnsn nau 3 eak m
  • 135 D E S VUES, etc. une excellente baie sur la cote nord du pro- montoire de Chan-tong, oil Ton ne devoit pas sy attendre. Cette baie et toute la cote en general, ont etd levees avec toute lexac- titude quo les circonstances ont pcrmise. (Cette carte n a pas etd copide, mais nous en avons tire une petite vue du cap Zdou-tao, prise de la baie de Ki-san-zdou que nous avons portee sur noire planche N'. XXV; on trouve sur la meme planche les vues indiquees sous le N°, suivant. ) Numero VIL Vues du pays qui forme fextrdmitd orien¬ tate du promontoire de Chan-tong. Cette terre, on une ile qui Favoisine, dtant le premier objet que ddcouvrent les vaisseaux qui font voile k travers la Mer Jaune pour se rendre dans le golfe de Pekin, on jugea qu’il seroit k propos dTen fixer la position exacte, et de donner des noras k quelques- nnes de ses parties qui n*ont pas ete indiqudes sur les cartes de Fempire de la Chine. Cette planche contient atissi une vue de la cote voisine, et une partie des murs de la ville
  • 136 EXPLICATION de Ten-tchou - fou , prise du mouillage de X Hindoustdn dans le détroit de Mi-a-tao. Ces vues se trouvent sur notre planche XXVc. -0Oí*Ti:9Í/irF/ ! »irp >in« i ir Numero VIII. Escpiisse du Pei-ho, ou Riviere Blanche; depuis son entree dans le golfe de Pekin jusquà la ville de Ten-tchou-fou, oil Ton a eu soin de marquer les cites, les villes, les principaux villages et postes militaires situes sur ses rives. Cette planche contient aussi une vue de la route de Pékin à Jc-hol, dans la Tatârie Chinoise, oil sont situes, à diverses distances, six differens palais et jar- dins destines k l'Empereur de la Chine lors- qu il voyage de Tune de ces places k Xautre. ( Cette carte n a pas etc copiée. ) h* iv\/I & 1 ftá 1 iff) f*r)| fi y f í *)J j j \ .fjj t' 1JJ Numero IX. Esquisse de la route suivie dans tin voyage de Jé-hol en Tatârie par terre jusqu’a Pe¬ kin , et par eau depuis cette ville jusqu à Hang- tehou-fou en Chine. (Cette carte forme la XLe. planche dc fatias de fédition franeaise de XAmbassade, troisième edit.)
  • D E S V U E S , ctc. Numèro X. J * 1 s ' ! ■ ti * U li vi- * ■* ** ♦ ^ - 2 ' • Esquisse de la route que Ton a suivie depuis Hang - tchou - íou jusquà Quang-tchou-fou ou Canton, en Chine. Ces deux cartes comprennent toute cetto étendue de pays situe entre la ville de Jé -liol dans la Tatârie Chinoise et celle de Canton à 11 * l extrémité mèridionale de fcmpire, ce qui forme une distance de i5oo milles anglais (en¬ viron cinq cents lieues communes de France), les rivières et canaux qui ouvrent une com¬ munication directe entre la capitale et le port de Canton, toutes les villes du premier, se¬ cond et troisième ordre, avec plusieursplaces et villages considerables situes sur les bords de ces canaux et rivières, la surface et le pro- duit des differentes parties du pays traversées par la route, avec la temperature qui y régna durant le temps du voyage. Cette tempera¬ ture, basée sur le thermomètre de Fahrenheit, est indiquée au has dcs dessins. ( Cette carte forme la planche XLIe. de 1 atlas de la traduction francaise de \ Ambas- a A sade , troisième edit. )
  • EXPLIC ATION Numero XI. Plan de la ville et du port de Macao, co- lonie portugaise située à fextremite méridio- nale de fempire, de la Chine, avec des ren¬ vois à tous les forts, colleges, couvens, et ciutres bâtimens publics et places remarqua- bles. — La profondeur de feau et la nature du fond dans différens points de 1 intérieur du port, aussi-bien que fespace contenu entre la péninsule et fentrée Nord dans le Tj-pa; daprès des experiences exactes faites par une personne instruite qui a demeuré long- teinps sur les lieux. j \ 4 / ► EXPLICATION DES RENVOIS. For is. a. Santo -Paolo del Monte, nomraé aussi Monte Carmelo. b. N. S. de Guia. c. S. Jago delia Barra. d. N. S. de Buen Parte. e. S. Francisco. f. EI Porto de S. Pedro. Paroisses. g. La Cathédrale. h. S. Lorenzo. i. S. Antonio.
  • T) E S VUE8, etc. i3g Colleges. k. Le college royal de S. Joseph. ^ Tous denxbàtls l. Le college de S. Paul. / par les Jésuites. Couvens. m. Les Augustins. n. Les Franciscains. o. Les Dominicains. p. Stc. Claire, convent de femmes. ✓ Chapelles. q. De 1’hõpital de la Miséricorde; r. De l hopital de S. Lazarc. s. N. S. de la Pena de Fraucia. t. La Misericórdia. s * - Autres Edifices ct lieux le plus remarquables. v. La maison da senat. • » x. Ler do nane. y. La porte Saint-Lazare. z. La Porte Saint-Antoine. a. La plaine de Saint Francois. b. La place de la Misericorde. c. Greve de Mandaco. * 0 d et e. Petites Greves. f. La grande Grève. g. Le Marche. //. Ile Verte. i. Puerta del Cerco.
  • Mo EXPLICATION k. Tchin-chang, ville chinoise nominee, par les Portugais, Casa-Blanca. : l. San - Miao, temple chinois. ' m. San, ville chinoise. n. Temple chinois. o. Factorerie anglaise. Nota. Les sondes sont mesurees par pieds, et out étd prises à lamarde basse, au moment de la conjonction du soleil et de la lune , lorsque le flot s’élève genera- lement à io pieds; le moment de la haute mer, dans la pleine lune et à la nouvelle lune, est à 9 heures 52 minutes. (Cette planche, omise dans l’edition fran- çaise de VAmbassade, est la premiere de \ notre Collection, et se trouve à la tête du premier volume. ) , - f. M , r, t [i S . U'J 1 ^ H M + m* Numéro XII. 383 yuulH»'11 Feuille du coccus opuntia ou poire epi- neuse ( nominee communement nopal), avec l’insecte à cochenille qui y vit; le mále et la lemelle de cesinsectes, dans les differens états de leur existence et de leur accroisse- ment; en outre une mouche que I on trouve en quantité sur la même plante, et que I on croit vivre sur la cochenille elle - raeme, dessinés avec soin d après nature à Rio-Janeiro dans rAmérique Méridionale.
  • D E S VUES, etc. I41 EXPLICATION DES RENVOIS. « i et 2. Le coccus , ou insecte à la cochenille, male, dans sa grandeur naturelle. 3 et 4. Le mcme plus grand. Le corps de cet insecte est d\in rouge eclatant, et les longs íilamens qui sortent de Textrcmité postdrieure de son corps sont blancs ; mais on les a portds au noir dans la gravure pour les rendre plus distincts. 5 et 6. Le coccus femelle dans sa grandeur natu¬ relle , à deux diflereutes cpoques de sa croissance ; le corps est de la couleur du bois d’acajou, les jambes eont d’un rouge brillant. 7. Premier e'tat de la larve de la mouche que Ton suppose se nourrir du coccus. 8. La même , plus grande. 9 et 10 La larve de la mouche, vue de diflerens côtds et de diffe'rentes grosseurs, peu avant qu’elle passe à 1 etat de chrysalide ; sa longueur naturelle est indiquée par la ligne placée sous la figure 9. 11. La chrysalide de la mouche; sa longueur na¬ turelle est indiqude par la ligne placere au-dessus de la figure. 12. La mouche dans son état parfait; sa grandeur flaturelie est indiquee par la ligne placde sous la figure Qieme. , .4 t (Cette planche forme le N°. V de la tra¬ duction française de Yjdmbasscide, troisième édit.)
  • I 142 EXPLICATION' ft Numero XIII. Le faisan de Java, à dos couleur de feu, • nouvelle espèce decrite ainsi quil suit par le docteur Shaw. « Faisan noir à reflets bleu 0 d acier ; les deux cote's du corps roux, partie inférieure du dos rouge de feu ferrugineux; la queue arrondie ; les deux plumes mediates d un brun jaune pale. » (Cette figure, omise dans fédition française de XAmbassade, se trouve ci-jointe sous le N°. XXVI, figure premiere. ) Numero XIV. Vue d un village sur les bords de la baie de Touron, en Cochincliine , avec tin groupe d liabitans jouant au volant, et se servant, se- Ion leur usage, de la semelle de leurs souliers au lieu de raquettes pour chasser le volant. ( Cette planche , omise dans la traduction française de 1 Arnbassade^ est ci-joirfle sous le N°. XXVII, figure première. ) Numíro XV. . ; íu Vue de la baie de Touron, prise de la pointe d une petite ile, oil quelques naturels sont assembles pour offrir un sacrifice à leur dieu dans un humble temple dont toute 1 ar-
  • 0 /
  • Pi 1OT
  • D E S VUES, etc. 143 cliitecture consiste en un toit de chaume sou- tenu pai’ quelques poteaux. Le bateau qui vogue à la raine vers File, appartient au gouverneur du district. Le Lion et 1’Hindoustân son vus à 1’ancre dans la baie. . ' • ( Cette planche, omise dans la traduction françaisedel Ambassadc, se trouve ci-contre, sous le N°. XXVII, Hg. 2..) Numèro XVI. Mandarin ou inagistrat de Touron, accom- pagné de son porte-pipe. Son habillement, à quelques differences près, est celui que portent conimunément les naturels da la Co- chinchine , et differe peu, en general, de ce¬ lui des Chinois. 1 • n ’P ( Cette planche forme le N°. VIII de 1’atlas de 1’édition française de f Ambassade, troi- sième édit.) Numero XVII. » • Poste militaire chinois. Des postes de cette espèce, mais differeiis dans leur forme et leur plan de construction, se présentent à cer- taines distances; ils sont plus ou moins con¬ siderables, suivant que Ton le juge nécessaire
  • I * ' 0 144 EXPLICATION pour Ia tranquillity intérieure de l’empire et pour douner protection aux voyageurs sur les grandes routes , et aux vaisseaux sur les canaux ou rivieres. Chaque poste contient or- dinairement de six à douze homraes qui pa- roissent sous leurs plus beaux habits (tels qu’on les voit representes sur la planche), lorsqu’une personne de consideration vient à passer; ils les déposent ensuite soigneuse- ment jusqu à une prochaine occasion. Le sol- datposté sur le sommet du fort, etfrappant un instrument de bronze appelé Lou par les Chi- nois, avertit de lapproclie des personnes de marque, afin que les homines aient le temps de se preparer. Près de chaque poste mili- taire il y a ordinairement un petit temple, ■ tel que celui qu'on aperçoit ici à 1’extrémité de la muraille ; entre autres divinités, on y remarque le dieu de la guerre. (Cette planche a été copie'e dans l’edition française de f Ambassade, sous le N°. XXII.) Numero XVIIL Militaires Chinois destines à coraplimenter 1 Ambassadeur 5 et tombant à genoux pour le receyoir dans le lieu ou il doit aborder. Outre les
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  • DES VUES, etc.' i45 lea postes militaires dont on a parle dans le dernier numéro, chaque ville de l’empire contient encore de très - grands corps de troupes. Lorsque les barques de l’ambassade approchoient des murs de quelqu’une de ces villes, trois cents soldats, environ, s’avan- çoient sur une seule file le long du bord de la riviere ou du canal; on dressoit la tente de I officier; une musique militaire se faisoit en¬ tendre ; et trois petits petards, places perpen- diculairement dans la terre, étoient tires en signe d’honneur, lorsque la barque dl'Am- bassadeur ou quelqu autre portant des Clii- nois de distinction, venoient àpasser devant la tente de 1 officier. ( Cette planche, omise dans 1 edition fran- çaise de 1 Ambassade, se trouve ici sous le N°. XXVIII.) Numéro XIX. • • • Armes offensives et defensives en usage parmi les troupes chinoises. Cette planche pourra donner une idée de quelques-unes de ces armes, dont il y a une infinite d’espèces. * t
  • 146 EXPLICATION EXPLICATION DES RENVOIS. * / * ' < i * i 1. Pierriers employes sur les vaisseaux de guerre chinois. 2. Arc avec son dtui. 3. Carquois garni de flèchcs. 4. Casque. 5. Bouclier à Tusage des soldats, nommes tigres de guerre. (Voyez ci-dessus, tom. I, planche V, pag. 9.) 6. Epde des mêmes soldats. 7. Fusil à mèche. (Cette planche, omise dans fedition fran- çaise, se trouve ici sous le N°. XXIX. ) Numero XX. Vue de Tune des portes occidentales de la ville de Pekin. Les neuf portes de cette ville ofTrent une construction à très-peu près semblable, ex- cepté que la saillie que forme la muraille est carrée dans les unes et arrondie dans les autres. Les deux bâtisses élevées sont absolument les mêmes dans toutes; le fosse, qui nest en effet t quun bras de rivière, circule seulement au- tour des murailles méridionale et occidentale de la ville, et la divise ainsi de ces côtds, des * faubourgs qui, à chaque porte, sont très- considerables, et ont un point de communi-
  • J *** +* H
  • I DES VUES, etc. 147 cation. Le chariot à deux roues, attelé d’un seul cheval, que I on aperçoit sur le pont, res- semble parfaitement à ceux que Ton trouve à louer dans les rues de Pekin, comme les fiacres en Angleterre; et c’est là la seule es- pèce de voiture en usage dans le pays. ( Cette planclie, également omise dans Yé di- tion de Buisson, se trouve ici sous le N°. XXX.) • * * Numero XXL Plan de la salle d’audience et des trois cours 9 qui en dependent, au palais de Yuen-Ming- Yuen, dans les environs de Pekin, avec l’or- donnance de quelques-uns des presens, tels qu ils avoient été placés sous les yeux de 1 Empereur. ]♦ EXPLICATION DES RENVOIS. Darts la troisième cour. A. La salle d’audience. B. J?late-forme de granite , d’environ 4 pieds, et sur laquelle ce bâtiment est élevd. C. Le trone de l’Empereur. Les petits ronds indiqueut les piliej^s de bois qui soutiennent le toit. D. Pave de briques, avec une cliaussee de granite daus le milieu.
  • EE. Bàtimcns oft se tiennent les principaux Man¬ darins. F. Rangée de rochers artificieis; derrière ces ro- chers est une nappe d’eau, environnee de gazom et d’un beau boulingrin sablé; à 1’extrémité de cette nappe d’eau se trouve une belle maison pour l’Empe- reur;le palais des femmes est derrière. * G. Appartemens du chef des eunuqucs. H. La grande porte. KK. Deux petites portes. LL. Deux dragons dore's sur des piédestaux de marbre. Dans la seconde et la premiere cour. MM. Batimens pour les Mandarins. N. Grande porte. NN. Deux petites portes. PP. Deux lions de bronze sur des piédestaux en marbre. ' RR. Batimens occupéspar les Mandarins de la Cour. La première cour donne sur une belle esplanade bordee d’une rangde de batimens presque entíèrement couverts de grands arbres. Les presens destines à l’Empereur furent places à une extrémité de la salle d’audience dans l’ordre suivant. I. Le planétaire. 2. Deux montres de Vulliamy. 3. Une couple de lustres. 4. Une couple de globes. 5. Sphere mouvante. 6. Table sur laquelle étoient placées les marchan- dises de AVedgevvood. 7% Une autre pour la quincaillerie.
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  • %*• /’/. xxxn PLAN 1)E LA SALLE 1) AIT)BENCE ET DES COriiS ADJACENTES ‘ • • • DANS LES JARDINS DE l/EMPEREVH A YlTEN-MING-YVEJi /Vet/r sf/lij/ots. o' _._ v 2t' Ã> So Ã> jo po Jo ICO i 0 '±ÍÈM y/Z/ees v. vnv jvcoim r 1__ rii Hill pi 1 * — #•••• • ■4^ • ■Wf - ■ 4 /1 * n MàâÀàâiÀiÈÈÉá i &ilÊLÍÈàÊ Afaíxceixpour /ex £unttauex etautrex R Rue Jfaironxfour /or Piifetr el /err Ouorierx
  • | DES VUES, etc. 149 (Planche également omise dans l’edition de Buisson; nous la donnons ici sous le N°. XXXII.)' ' \ N U M Ú R o XXII. I ' # \ ; "• Xt -',-- ' Vue du péristile de la salle daudience au palais de Yuen-Ming-Yuen. Ce dessin pourra donner une ide'e de rarcliitecture par excel¬ lence des Chinois, qui consiste k élever leurs bátimens sur une plate-forme bien dressde en pierre, et à les couvrir de larges toits sin- gulièrement projetes et soutenus par des co- lonnes de bois. * . . - (Cette planche na pas éié copiée dans l edition francaise. Elle se trouve ici sous le N°. XXXI.) < # Numero XXIII. Plan, coupe et elevation de la grande muraille de la Chine et de quelques-unes des tours situées pres le passage de Kou-pe- Kou. La construction et les dimensions de la inuraille semblent être partout uniformes , mais les tours different dans leur plan et lour force, selon leur situation. Celles qui sont clevées pres d un passage ou sur une riviere sont plus hautes et mieux fortifiees, pour
  • 15o EXPLICATION défendre avec plus d'avantagc les lieux ou I’ennemi auroit plus de facilite à pénétrer. Quelques-unesnesontque dunétage, d'autres en ont deux, outre la plate - forme sur la- quelle s'appuient le parapet et la partie qui règne au-dessous de la terrasse de la muraille, laquelle consiste en un massif de maçonnerie , ou de briques, ou en de simples raurs de re- vètement, 1 entre-deux étant rempli de terre. ( Planche omise par Buisson, et que l’on trouve ici sous le N°. XXXIV.) EXPLICATION DES RENVOIS. • * Fig. I. Elevation de la grande muraille, avec une tour. 2. Coupe de la muraille. 3. Plan de la muraille et de la tour. 4. Briques employees à la construction de la mu¬ raille et des tours. 5. Briques employees pour la terrasse et pour paver les tours. 6. Plan de lMtage inferieur d une tour. 7. Plan du second &age. 8. Plan de la plate-forme du sommet de la tour. 9. Coupe entre A et B. id. Elevation de la tour et d'une partie de la mu¬ raille, prise sur la moitié de réchelle. REMARQUES. La coupe fait voir deux murailles d’appui qui ont
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  • D E S VUES, etc. 151 tin pied 6 potices depaisseur au sommet, et 5 pieds à la base ; elles sont construites en briques bleuâtres í la largeur du sommet, y compris fépaisseur du pa¬ rapet, est de 14 pieds. L’intervalle est rempli de terre et de petites pierres, avec mie terrasse de briques qui ont un pied 3 poucos en carrd, sur 3 pouces trois quarts d’dpaisseur. On entre dans la tour de dessus la muraille par la poterne a ( fig. 6 et 9 ), laquelle, à cause de cela, est conpde un pen plus bas que les autres portes du meme e'tage, comme on le voit par la coupe (fig. 9): le terre-plein de la muraille est de niveau avec cet etage. La salle consiste en deux arches qui se coupcnt mutuellement à angles droits; à chaque extrémitd ily a une porte. Un escalier marque b (iig. 6et7) conduit au second étage; la chambre ( fig. 7 ) consiste en deux arches parallèles dans la direction AB. II y a trois ouvertures voiitees, pour la communication, entre chaque porte parallèlc à cctte direction ; dies sont mar¬ quees par une ligne de points sur le plan; une arche traverse la principale arche centrale, marquee par des points sur le plan ; die est necessaire pour completer l’escalier de communication avec la plate-forme de la tour ( fig. 8. ) Sur la plate-forme sont douze embrasures avec une meurtrière dans chaque intervalie, laquelle desceud jusqifau niveau du parapet. Dans le milieu des embra¬ sures on a percd de petits trous pour les tourniquets des pièces de rempart. La coupe montre que les arches entre chaque etage ont un pied 5 pouces d’e'paisseur, c’est-à-dire, la longueur la plus générale d’une brique; il faut y ajou-
  • i5 2 EXPLICATION ter 4 polices pour 1’épaisseur de la terrasse de briques qui règne le long de toutc la muraille. Les tours diffe¬ rent pour ia construction : celle du N^. io a été re- marquée comme la plus forte et la plus haute de cellcs dcs environs , à cause de sa situation sur la rivière. Numero XXIV. Vue d une partie de Ia grande muraille de la Chine, appelée par les naturels Van-ly- Ching, cest-à-dire , muraille de dix mille ly, prise près du passage de Kou-pe-Kou, La muraille , à cet endroit, règne sur le sommet des plus hautes montagnes, dont quelques- unes n ont pas moins de trois mille pieds de hauteur perpendiculaire, et semblent être entièrement inaccessibles. La plupart des tours sont en mine; telle est celle que Ton voit sur le premier plan de la gravure; mais on a le plus grand soin d'entretenir celles qui sont destinèes à défendre les passages. Cette muraille , daprès les cartes de Yempire nouvellement levees, a plus de cinq cents milles en longueur, et en quelques endroits elle est double et même triple, pour défendre plus surement les passages. La maçorinerie et les briques des tours seules, sont plus conside¬ rables que toutes celles qui fonnent la cons¬ truction de la ville entière de Londres.
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  • ' DES VUES, etc. i53 ( J ignore d'apres quel dessin M. Buisson a pris la vue de la grande muraille qui se trouve sous le N\ XXI de latias de sa troisième edi¬ tion, mais elle n a pas éte copiée d après l’ori- ginal de 1 edition anglaise, dont nous donnons ici une réduction íidèle sous le N°. XXXIII.) Numero. XXV. Arrivée de l’Empereur de la Chine à sa tente à Jé-hol en Tatarie, pour recevoir lAmbassadeur anglais. Cette tente fut dressée pour ce dessein,dans un des lieux de plaisance dependant du pa¬ lais , et qui porte le nom de Van-Chou-Yuen, cest-à-dire, jardin de dix niille arbres. De- vant la tente étoient ranges, sur deux files, un grand nombre depersonnages, tels que des princes tributaires, des représentans de sou- verains, des ministres détats, des gouver- neurs de provinces, des officiers de tribunaux et autres mandarins de marque attendant 1’arrivée de l'Empereur, leque) étoit porte sur une litière ouvertC, soutenue par seize hommes. Dans la marche vers la tente, 1 Am- bassadeur anglais s’avançoit en tete du rang qui tenoit la droite. ( Planche omise dans Tédition française de
  • i54 EXPLICATION FAmbassade, et qui se trouve ici sous le N°. XXXV.) Numero XXVI. Plan 5 coupe et élévation du Pou-ta-la, ou grand temple, dans leque} officient les Lamas près de Jé-hol en Tatârie; le toit qui couronno le milieu de cet immense édifice est, dit-on, recouvert en tuiles d or massif. Explication du plan du monastère de Pou-ta-la. JTjcr. i ore. Terrasse. i O B. Chapelle. C. Plate - forme da principal bâtiment; elle est pavée en briques peintes en rouge , et environnée d’uu parapet bas. D. Toit d’une colonnade qui environne la cour oil est situe' le bâtiment avec une eouverture d’or; il est soutenu par des piliers richement ornés de dorures et peints en rouge. Le toit est en tuiles jaunes vitrifiées. E. Bâtiment avec une eouverture d or. F. La cour oil il est situe; il a 160 pieds de haut à partir de la base de la terrasse A. GH. Deux edifices plus bas, constructs sur la plate- forme supérieure de Ndifice principal; celui qui est marqud H a un toit d or. Tig. 2. Elevation geom(?trale de la facade. Fig. 3. Coupe perpendiculaire de la façade. A. Terrasse ou plate-forme.
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  • r 55 D E S VUES, etc. II. Le centre de 1’ddiíice n’a point été examine , c'dtoit probablement nn massif de terre ou de maçon- nerie; le reste est divise en cellules, pour loger les prctres. ( Planche omise dans 1’édition française, ct placée ici sous le N°. XXXVII. ) Numero XXVII. Vue du Pou-ta-la, ou grand temple , près de Jé-hol en Tatârie, avec la ville de Jé- hol, vue dans Féloignement, prise d une col- line situee dans le péirc de lEmpereur. Les petits bâtimens qui entourent ce vaste edi¬ fice sont les habitations des prêtres ou lamas attaches à ce temple, et dont le nombre est environ de huit cents. ( Planche omise dans 1’édition française, et que nous donnons sous le N°. XXVI.) » Numéro XXVIII. 4 Supplice du Telia. Ce supptice, communc- ment appelé la cangue par les Européens, est inflige à la Chine pour les petites offen¬ ses. II consiste en une enorme table de bois percée d un trou dans le milieu, pour y placer le cou du coupable, et de deux autres trous destines à recevoir ses mains. II est condam-
  • i i56 EXPLICATION né à porter cet instrument des semaines, quelquefois des mois entiers. Sil a assez de forces on ne Temped]e pas de sortir , mais ce fardeau est si pesant quit est fort*heu- reux de trouver une muraille ou un arbre pour lui servir de point d appui, et alors s il passe par la téte de quelque valet du tri¬ bunal civil, que le malheureux s est reposé assez long-temps ? il lui applique des coups de fouets de lanières, jusquà ce quil se mette en marche. On avoit eu le plus grand soin de placer près de la porte de Thôtel de TAm- bassadeur k Pékin, une demi-douzaine de ces machines pour les appliquer sur les épaules de ceux des domestiques Chinois qui auroient manque à leur devoir. ( Cette planche se trouve ici sous le N°. ,XXXVII, et nous avons déjà donné le même sujet dessiné d une autre manière, et toujours par le même artiste , M. Will. Alexandre, dans le tom. I, pag. iq, PI. X.) 4 % Numero XXIX. Vue prise dans les jardins du palais, im¬ perial de Pékin. Eile represente une 111011- tagne artificielle , sur laquelle le dernier des
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  • % D E S VUES, etc. i$j Empereurs Chinois ? avant fusurpation de la dynastie tatàre, se poignarda après avoir pendu sa filie (i) , en apprenant que les vain- queurs étoient maitres de la ville. Les mon- tcignes que I on voit dans l’eloignement se trouvent situées derrière le palais de Yuen- Ming - Yuen. (Planche omise dans l edition française; elle se trouve ici sous le N°. XXXIX.) Numero XXX. Scène dramatique executée sur un théâtre chinois. Le principal sujet de la pièce, dont cette scène représente une partie, est ti¬ re de l’ancienne histoire de ce pays ; elle s ouvre par un récit. Un Empereur de la Chine et llmpératrice son épouse, qui, au milieu d une felicite parfaite et de toutes le.s apparences de la sécuritè, se trouvent tout (I) Lisez, se pcndit après avoir poignardc sa filie. Voici le fait tel qu’il est consigne dans la grande histoire de la Chine, traduite parle P. de Mailla, t. X , p. 491 et 492 : « Hoaii - Hong voyant que les rebellcs ctoient maitres de Pekin , ordonna à sa femme de se tuer, et donna lui-même un coup de sabre à sapropre filie, ct se pendit ensuite, etc. » ( L-s.) )
  • 158 EXPLICATION à coup enveloppés dans une révolte de leurs sujets; la guerre se declare, plusieurs com¬ bats se livrent sur la scène , et enfin le chef desrebelles, un general de cavalerie, carac- térisé dans la pièce par un fouet qu'il tient à la main, renverse son souverain, qu il as¬ sassine lui-même. L Impera trice, captive* paroit dans toutes les angoisses du desespoir oil elle doit être naturellement plongée , tant par la perte de son époux que par celle de ses dignites, et par le danger oil elle se trouve de perdre son honneur. Pendant qu elle se lamente et pousse des cris vers le ciel, entre le vainqueur; c est cette scène que la gravure represente. II s approche d elle avec respect, lui adresse la parole avec douceur, cherche à appaiser ses douleurs, lui parle d amour , et coinme Richard III et lady Anne, dans Shakespeare, en moins d'une demi- - heure il rèussit à sècher ses lannes et à lui faire ouhlier un maxi mort, pour chercher sa consolation avec un vivant. Les instances de ses propres officiers et courtisans en fa¬ vour du general, ont plus de poids sur l es- prit de Ja dame que les supplications du prê- tre qui, prosterné contre terre, la conjure de ne pas donner sa main à [’assassin de soil
  • D E S V U E S, etc. i59 époux. La piece finit comme à 1’ordinaire, par la cérémonie nuptiale et une grande pro¬ cession. % Lancien costume chínois est observé dans le drame. Lorchestre est placé derrière le theatre. II n*y a pas de changement de de¬ corations, et genéralement la partie avancée du theatre est exposée en plein air. (Cette planche a été donnée sous le N°. XV de 1‘atlas de lédition française.) Numero XXXI. Vue d’un Pai -tou, ou, selon la denomi¬ nation commune , d un arc de triomphe. Ces sortes de constructions élegantes sont très- multipliees dans toutes les parties de 1’empire; un grand nombre de ces edifices, élevés aux dépens du trésor public, est destine à per- pétuer la mémoire de quelques personnages qui ont rendu à leur pays des services émi- nens; mais plusieurs aussi ne doivent leur erection qu à un sentiment de vanité person- nelle. D autres monumens du -même genre , d après les caracteres qui y sont tracés, sem- blent n avoir d autre usage que d indiquer les distances, comme nos bornes milliaires. Le
  • i bo EXPLICATION bâtiment que I on aperçoit dans Tangle ,a gau¬ che de la gravure, represente une tour ou forteresse, et celui qui se trouve dans Tangle oppose' est une salle de spectacle, dont, sui- ,vant 1 usage, lavant-scène est entièrement à dé- couvert. On voit dansle centre de la gravure, pres de labase de 1 arc de triomphe, un homme recevant, pour quelque faute, par Tordre du magistrat civil, le chátiment de la baston- nade, qui s applique avec des bamboux. ( Cette planche forme le N°. XL de notre Collection.) -i Numero XXXII, Un Quoariy ou Mandarin portant unelettre de TEmpereur de la Chine. D’après cette gravure, on peut prendre une idee exacte , tant de Thomme que du cheval; la lettre qu'il porte en travers sur ses épaules , fut écrite par TEmpereur au Roi de la Grande - Bretagne, et il la porta ainsi devant TAmbassadeur le -long de la grande route pavée, depuis Pé- kin jusquà Tong-Tchou. Chaque voyageur, à la rencontre du messager imperial, étoit oblige, par respect pour cette sublime lettre, de quitter la route pavée , et s*il étoit à che- ' val
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  • DES VUES, etc. 161 val, de mettre pied à terre au moment de son passage. ( Voyez ci-contre le NJ. XLI. ) m Numéro XXXIII. Vue prise de la ville de Lin-Tsin, sur les bords du grand canal. Le principal monument quelle presente est un Ta ou, selon la deno¬ mination commune, mais erronée, une pa¬ gode. Ces bátimens out généralement cinq, sept ou neuf étages avec autant de toits avan¬ ces, et leur hauteur est de quatre à sept de leur diamètre. Jamais ils n’ont été élevés pour en former des monumens destinés au culte sacré, comine le nom indien qu’on leur a donné sembleroit le faire croire, et comme on se létoit généralement imaginé, mais ils nont d autre destination que d honorer la mé- moire de quelque grand personnage , de con- server celle de quelque événement remar- quable, ou même de servir de simples points de vue; et c’est surtout dans cette dernière | intention qu'on les voit le plus souvent cou- ronner le soramet des plus hautes montagnes. Les bátimens que Ton remarque de chaque côté de la planche avec des frontispices sou- tcnus par des colonnes 5 sont les habitations T. II. 11
  • i-6a EXPLICATION dès officiers publics du district, et les figures represented des groupes de paysans rassem- blés le long du canal pour voir passer les barques de l ambassade. ( Cette pagode se trouve dans notre Col¬ lection sous le N°. XLII; nous en avons déjà donné une autre ci-dessus, sous le N°. Ill, tome I, pag. 5; toutes deux ont été dessinées par le peintre de l’ambassade, M. W. Ale¬ xandre : aucune de ces pagodes ne se trouve dans la traduction française de V Ambassade à la Chine.) Numero XXXIV. Plan et coupe d'une ccluse ou pertuis sur le grand canal de la Chine, d un plan in- cliné entre deux canaux de niveaux difierens. Les canaux en Chine n’ont point d écluses chambrées comine ceux d Europe, et leurs pertuis sont construits sur un modèle diffe¬ rent. Us ne consistent qu’en quelques planches qui glissent Tune sur 1‘autre dans des rainures pratiquées dans les bajoyers, en saillie de chaque côté des berges, et qui ne laissent entre eux qu’un espace justement assez large pour livrer passage à leurs plus grands ba¬ teaux. Connne les canaux dans ce pays oi-
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  • ) D E S VUES, etc* i63 frent peu de parties sur un niveau constant, mais quil y règne toujours quelque courant, soit d un cote, soit de F autre Fusage de ces pertuis, favorisé par d'autres reservoirs pra¬ tiques dans les berges, est de régler la quan¬ tity d’eau à s’ecouler par le canal. On n’a recours au glacis, ou plan incline, que lorsque la surface du terrain est absolu- ment trop inégale pour pouvoir y pratiquer un canal continu. Les bateaux sont hissés sur ces plans par le moyen de cabestans fixes sur chaque bajoyer ; et si deux de ces machi¬ nes ne sufEsent pas, des trous sont pratique's à dessein sur le sommet des bajoyers, pour en etablir d autres quand le besoin l’exige ; et par les efforts reunis d’un certain nombre d hommes qui gagnent leur vie à ce travail, les bateaux passent d un canal à Fautre avec une grande céierité. ( Ce plan, omis dans Fedition française, se trouve ci-joint, sous le N°. XLIII. ) EXPLICATION DES RENVOIS. Figures 1,2 et 3*' Fig. I. Plan d’une dcluse et d’un pont. 3. Elevation du pout. *.
  • 164 EXPLICATION 2. Coupe de l’dcluse. a. Planches qui forment la vanne. b. Cabestans oil rouleaux horizontaux qui servent à lever la vanne. c. Pont mobile , sur rouleaux. Explication des Figures 4 et 5. Fig. i. Plan incline entre deux canaux de niveaux diffe'rens. 5. Coupe de ce plan. a. Canal supérieur. b. Canal inferieur. c. Poutre qui traverse l’extremite supcrieurc du canal. d. Plan et coupe d’une barque qui monte le plan incliné. f. Boulons de fer ou de bois qui servent à mainte- nir les cordes contre les flancs du bateau. g. Cabestan de bois fixe dans le massif de pierres. Aota. Les écluses 011 les vannes consistent ordinai- rement en onze ou douze planches sepanies, qui glis- sent dans deux rainures taillees dans les culees de pierres, et maintenues par des banes qui pèsent ver- licalement sur elles. \ Çuand une barque doit passer, on retire ces planches, et on les laisse flotter à une extremitd du canal} on retire aussi le pont sur des rouleaux fixes dans sa charpente et qui coulent sur des madriers. La communication entre les canaux , par le moyen de plans inclines, n’a lieu que dans des pavs monta- gneux et très - irréguliers. Quand tin cabestan est in-
  • D E S V U E S, etc. i65 sufíisant pour haler de grands bâtimens, on en ajoute d’autrcs qui s’adaptent dans des trous creusés exprès. Numero XXXV. . . . 1 k __ r » ri Barques chinoises de 1’ambassade, passant h travers unpertuis sur le grand canal. Lors- que les planches qui forment ces espèces de portes sont levées , et que la surface de feau se trouve étre beaucoup plus haute d un cóté que de f autre, les bateaux sont alors em- portés par le courant avec une grande rapi- dité. Quoique les matelots chinois soient sin- gulièreraent adroits à diriger lesbarcpies dans ces passes rapides, cependant, pour prevenir tout accident, de petits postes militaires sont ordinairement etablis sur les bajoyers, oil se tiennent des soldais qui y disposent des espèces de matelas en cuir, rembourrés de laine ou d autre matière élastique , pour em- pêcher que la barque ne se brise contre le mole. Le bâtiment à toit double que Ton remarque sur la pile à gauche , est un tem¬ ple religieux , tel qu on en , voit un grand nombre dans toutes les parties de fempire. ( Cette planche , omise dans Tèdition fran- çaise, se trouve ici sous le N°. XLIV. ) /
  • EXPLICATION 166 Numero XXXVI. % Vue prise en travers le lac Pao-Ynk, ou Ton aperçoit sa separation du grand canal par une forte levee de terre. On fait dans ce lac une pêche très-abondante, particulière- ment par le moj^en du pelicanus sinensis y ou cormoran - pêcheur de la Chine. On porte sur ses bords un nombre considerable de ces oiseaux pour les dresser à cet exercice, après quoi on les répartit dans toute l'éten- due de 1’empire. Les barques de fambassade tirent halte en cet endroit, oil on les dépouilla de leursmâts faits d une seule pièce, pour leur en substituer dautres composes de deux longues perches, dont les sommets se tou- chent et les bases posent de chaque côté du bateau, oil par le moyen de tourniquets on peut les abaisser avec la plus grande célérité, et procurer ainsi aux barques la facilite de passer sous les ponts, qui sont très - fréquens dans la partie sud du grand canal. ( Cette planche, omise dans l edition fran- çaise, se trouve ici sous le N°. XL V. )
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  • D E S VUES, etc. 167 Numíro XXXVII. - 0 Le pelicanus sinensis, ou cormoran-pc- clieur de la Chine. Cet oiseau semble former une espèce distincte de celles qui ont été jusqu à present décrites par les naturalistes. On pourroit tracer ainsi son caractere spéci- íique : pélican brun ou cormoran; gosier blanc, corps blanc en dessous, tacheté de brun; queue arrondie ; iris blanc , bec jaune. ( Nous donnons dans la planclie XXVI, fig. 2., cet oiseau soigneusement réduit da- près la gravure originale, omise dans la tra¬ duction de X Ambassade. ) Numero XXXVIII. Vue des faubourgs dune ville chinoise. L édifice à deux toits que Ton remarque sur la gauche de la gravure , est .un temple reli- gieux. La petite loge élevée sur quatre piliers, oil Ton monte par le moyen d’une échelle, est une vigie telle qu’il y en a ordinairement une à chaque poste militaire; et le bâtiment à travers lequel on a ménagé un passage, sert de magasin pour les armes, leshabillemens et autres munitions de guerre. La méthode de
  • 168 EXPLICATION * • pécher avec un filet tendu sur qualre mor- ceaux de bambou, et suspendu à une longue perche, tel que celui que Ton voit entre les mains de la figure assise sur le bord de Fean, en avant de la gravure, est dun usage uni- versel dans tout Fempire. (Cette planche a é té omise dans Fédition fran- çaise de 1 Ambassade ,• nous la donnons ici sous le N°. XL VI.) Numero XXXIX. Vue de Tsin-Chan, ou lie d'Or, dansle Yang-Tsé-Kyang, ou la grande riviere de la Chine. Cette ile, située dans le milieu de cette riviere, qui a dans cet endroit pres de trois inilles de large, appartient en propre à FEm- pereur. Elle est couverte de maisons de plai- sance, de jardins délicieux, et renferme un grand monastère de religieux qui forment, presque à eux seuls, toute la population de File. Une immense quantité de vaisseaux sin- gulièrement varies dans leur forme et leurs proportions, circulent sans cesse sur cette grande rivière; celui que Fon aperçoit sur la gauche de la gravure, est le modele exact d un vaisseau de guerre chinois.
  • , DES VUES,,etc. 169 ( Cette planche , omise dans l’edition fran- çaise, forme notre XLVIIe. Numéro. ) j Numéro XL. Barques chinoises de 1‘ambassade, se pré- parant à passer sous un pont. Quoique la plu- part des ponts, à la Chine, aient assez de hau¬ teur pour permettre que les vaisseaux passent sous leurs arches sans qu'on soit oblige de baisser leurs mâts, cependant comme il s en trouve aussi dont la construction est peu ele- vée, tous les mâts de leurs barques sont établis de. manière à , pouvoir être baissés dans Toccasion. Pour empêcher les chariots de passer sur ces ponts, dont Tusage est uni- quement destine aux piétons, on a pris la precaution dy pratiquer des marches, comme on le remarque sur la gauche du dessin. Sous ce pont se trouve une communication établie entre le grand canal et une autre de ses branches, sans qu il en resulte aucun incon¬ venient pour les piétons ou pour les ma¬ noeuvres employes au halage des barques. (Cette planche se trouve ici sous le N°. XL VIII.)
  • 170 EXPLICATION Numèro XL I. Vue du lac Si-hou, et de la tour des Verity, prise de la vallée des Tombeaux. Ce lac , sur les bords duquel est située la grande et opulente ville de Hang-Tchou-Fou, avec le paysage environnant, est regarde comme un des lieux les plus beaux et les plus attrayans de rEmpire de la Chine. Le Loui-Foung-ta > ( ou Tour des Vents Orageux ) , situe sur la pointe d un promontoire qui se projette sur le lac, forme un coup d eed imposant ' on fait remonter sa construction au temps du philosophe Confucius, qui vivoit trois siècles avant fère chrétienne. La vallée des Tom¬ beaux renferme des monumens d une variété infinie. On voit de toutes parts disséminees sur le sol un grand nombre de bières décou- vertes; et sur les flancs des collines qui s’e- lèvent de la vallée, des groupes rapprochés desarcophages, semblables à de petites huttes, ont tout-a-fait l apparence des villages ha¬ bites par des Lilliputiens. (Vue omise dans fédition française ; don- née ici sous le N°. XLIX.)
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  • FI. X s/r / 'ecjmoTrut du farnS. Fia, 2'\ x Vtes í/r ( but /f<7- urn. a 1//7 ?if rr Sr />«
  • DE S VUES, etc. Numéro XLII. Marinier Chinois, donnant Fexemple du travail et de Feconomie du temps. Dans la rivière de Tchen-Tang-Tchiang, près Hang- Tchou - Fou 5 de très-grands bateaux sont sou- vent conduits par un seul homme, qui sait, avec la plus grande dextérité, se glisser à travers une flotte entière, en dirigeant le gouvernail dune main, orientant la voile de F autre, et se servant de son pied pour faire jouer une large rame, tout en fumant sa pipe avec la plus grande tranquillité. ( Omis dans la traduction française; donné ici sous le N°. L , fig. ière. ) Numero XLIII. Le rocber de Quang-Yin présentant, près de sa base, une excavation qui sert de temple et de demeure à quelques pretres du culte de Fo. Ce rocher est compose d’une masse so¬ lide de marbre gris, qui s’élève au-dessus da bord de la rivière à une hauteur de plus de 600 pieds. Dans une large échancrure, près de sa base, est un temple à deux étages,
  • 172 EXPLICATION ou Ton monte par le moyen de rarnpes taillées en marches sur les cotes de la caverne. Les faces du rocher contiguès à la riviere sont tellement escarpées, quon peut seulement aborder par eau cette demeure , dont l’aspect a quelque chose deffrayant. (Omis dans l édition française; donnc ici sous le N°. L , fig. 2e.) Numero XLIV.« La roue à godets , de la Chine, destinée à Clever l eau des rivieres pour la distribuer selon les besoms de fagriculture. Ces sortes de roues, fort communes dans les provinces méridionales, sont entierement faites de bam- boux enchevêtrés fun dans l'autre sans avoir besoin d aucun clou, et peuvent avoir de 15 à 40 pieds de diametre ; elles ressemblent à la roue à sceau ou persane, mais elles en diffèrent materiellement dans leur prín¬ cipe et leur construction. Une roue de 5o pieds de diametre peut clever, dans lespace de 24 heures, k peu pres soixante-dix mille gallons d eau (1). (Omise dans 1‘édition française; donnee ici sous le N°. LI. ) % (1) Lc gallon équivaut à quatre pintes, ( L-s. )
  • 173 D E S V U E S, etc. EXPLICATION DES RENVOIS. AB. Les deux jantes cn bambou de la roue j A a un pied ou 18 ponces de diamètre moins que B. C. L’axe ou moyeu. Pròs des deux extre'mitds de cet axe, sont fichees 16 ou 18 raies D de bambou , qui se traversentàF,oà elles sont lides ensemble et assu jetties par une corde de bambou fendu G et tors. Elies sont concentriques avec les jantes de la roue. Les raies se prolongent de là jusqu’aux deux extremitds de la roue , auxquelles elles sont fortement attachées avec une corde très-solide faite en bambou fendu. Entre ces jantes est un tissu H de bambou fendu ; il oppose une resistance au courant, et fait mouvoir la roue. L. Godets ou tubes de bambou, fixdsdans les jantes de la roue. M. Une extremite de ces godets est ouverte. Ces godets forment, avec 1’axe, un angle tel qu’ils peuvent retenir beau jusqifà ce qu’ils soient parvenus au som- met de la roue. O. Auge très-longue soutenue entre deux poutres R *debout; à cette auge aboutissent deux tubes P qui conduisent l ean au reservoir , sur le bord j S , poutres qui soutiennent les traverses sur lesquelles tourne la roue.
  • v- ' .. • ■ a.- J1 ; > * ~ . r . • i i > 'b .-no** 8x no J>‘»(q : j ' ‘-4;’- ■ ; *.V !• ', f f* li!9n3V*.v* ** • J - :-2 an 'J/l )r> i) í,h í:.'t u wÍCU:-d '»S «1 k)3 SdU 7i/q á •iphin'joi'j ;* i-f xn 'it ti S' $b *n >*'n v»v> r v ’!.<* rr ho! - w ( >f:-> --•>> o; •!•• f.-. j '1 frocbaao *>L i , ;? * mi iz9 teiuH ■ aa _ N .fJLfOl 1 Í [» * ‘ «. íhíuího} í * O' >£ ti l *j n xo> ?itfo$p2Ci£ii*fc i&nlto êuí »<5 jap ! 9
  • TABLE GÉNÉRALE . . . * 4 V /iAt - â* Uâ. fc Á* DES PLANCHES ET MATIÈRES CONTENUES DANS CET OUTRAGE. % TOME PREMIER. Plan de la Ville et du Havre de Macao. Vojez l’explication, Tome II , sous lo N°. XI, page i38. • Pages Épitre dédicatoire , au R. P. Amiot j Notice sur ce Missionnaire. *j % • • • Avis au Relieur. ‘ 1I) Avis de 1’Éditeur. v. Observations sur les relations politiques et commerciales de 1’Angleterre et de la France avec la Chine. xuj. ’# - «4 Jm Vues, Costumes, Mceurs et Usages de la Chine. PI. I. Portrait de Van-ta-Jin , Man¬ darin de VOrdre Militaire (ou Gcn- tilhomme ) de la Chine. «Explication. r*
  • TABLE. 176 ,;»• i Pag*® PI. II. Paysan entouré de sa famille. Explication. 3. PI. III. Pagode ouTour, près de la ville de Sou-Tchéou. Explication. 5. PI. IV. Barque de voyage du Manda¬ rin Van-ta-Jin. Explication 7. PI. V. Fantassin Chinois ( ou Tigre de guerre). - . ’ . • Explication.. q. PI. VI. Diner d’Hommes employes au halage des bateaux. Explication. 11. P/. VIL Pont situe dans les environs de la Ville de Sou-Tchéou. ; Explication.. 15. PL VIII. Vaisseau Marchand. , v • Explication.. 15. PL IX. Portrait du Pourvoyeur v * T" • / f •* i % de l’Ambassade à Macao. i . | r • Explication... 17. PL X. SUPPLICE DE LA CANGUE. Explication.. 1 g. ' V . PL \
  • % TABLE. 177 Page* PI. XI. Porte méridionale de la Vi lie de Ting-hai dans le Havre de Tchou-san. Explication. ...... * .... . 21. PI. XII. Trois Vaisseaux a l’ancre dans la riviere de Ning-po. Explication. 23. PI. XIII. Portrait d’un Lama ( ou Bonze ). Explication... 2 5. PI. XIV. Dame Chinoise avec son Fils , et suivie de son Domestique. Explication. 27. * PI. XV. Vue en face d’un Bateau qui passe sur un plan incliné ( ou * glacis). . ! Explication. 29. PI. XVI. CiMETiÈRE situe près de Han- Tchéou-fou. Explication. . 3i. PI. XVII. SoLDAT EN GRAND UNIFORME. Explication. 33. PI. XVIII. Groupe de Paysans, Bate- liers, etc., jouant aux dés. Explication. 35. T. II. 12
  • f 178 TABL E/ . . ' Pages. PL XIX. Forteresse située auprcsde la ville de Tien-Sin. Explication. PL XX. Vaisseau a la voile. Explication... . PL XXI. Portrait de Tcliaou-Ta-Jin, Mandarin civil, en grand costume. Explication. PL XXII. Brouette allant à la voile. Explication.‘.. . 43. PL XXIII. Barque de Mandarin. Explication. 45. PL XXIY. Palais de Mandarin. Explication.... 47. JOURNAL DU VOYAGE k DE M. SAMUEL HOLMES, Preface de l'Editeur Anglais........ 5i. Chap. I. Composition de la garde de l’ambassadeur. — Depart de Spithead. — Temps orageux. — Si¬ tuation des rochers uommcs Las Desértas. — Arri- vde dans la rade de Funchal à Madòre. — Fertilite de cette ile en vin et en gibier. — Pic de Tdneriííe — Note sur les montagnes les plus élevees. — Descrip¬ tion de Santa - Cruz %— Des environs du Pic. — Depart. — lies du Cap Vert, — Habitcfes par des esclaves et des Portugais deportes, — Abondantes
  • TABLE. 179 en gibier. — Situation de San-Iago. —Passage do la Ligne. — Arrivee à Rio-Janeiro. — Description de cet important e'lablissement des Portugais. — Superstition , insolence, paresse et depravation des habitans de cette ville. — Observation surle climat. — Description d’un petit animal particulier au pays. — Position de Rio-Janeiro. Pag. 55. Chap. II. Depart de Rio-Janeiro. — Baleines. — lies de Saint-Paul et d’Amsterdam. —Volcans de\ ces lies. — Lions de mer. — Chasseurs de veaux marins. — Dimension de l’ile d’Amsterdam. — Sources bouillantes, oil Ton fait cuire le poisson. — Engourdissement extraordinaire des oiseaux nommes Bouby. ' Pag. 75. Chap. III. Entree dans le detroit de la Sonde. — Se'- pulture d’un ambassadeur anglais , mort en allant à la Chine. — Arrivee à Sumatra. — Etablissemens des Anglais dans cette lie. — Portrait des habitans des cotes. —Singes, — Tigres, — Crocodiles. — Groupe d’ilesnommees les Dix-Milles. — Situation et description de Batavia. — Industrie des Cbinois. — Abondance et fertilité de Tile. — Atrocité des hahitans. — Provisions abondantes tirees de Bantam. — Etablissement des Hollandais à Tile de Banca. — Description des Pró. — Les vaisseaux javanais sont très-favorables à la piraterie. Pag. 85- Chap. IV. Depart. — Continuation de la maladie parmi les gens de l’equipage. — Mortality. — Les Sept lies. — Erreur dangereuse du capitaine Cook. — Poulo-Condore. — Continuation de la mortality. — Situation et description de Poulo-Condore. —
  • Accident qui met plus de vmgt personnes hors de service sur VHindousidn, — Baie de Touron dans la Cochinchine. — Notice sur la Cochinchine. — Cos¬ tume et moeursdes habitans. Pag. 116. Chap, V. Arrivee dans la baie de Tchou-San. — Continuation de la maladie et de la mortalite dans 1’équipage du Lion. — Etonnement des Chinois à la vue des vaisseaux anglais. — Navigation sur la Mer Jaune. — Riche aspect des cotes de la Chine. — L’escadre mouille près de Ma-tao. — Details sur cette ville. — Proclamation de lord Macartney aux Equipages des vaisseaux et aux personnes composant l’ambassade. — Debarquement. Pag. 145. TOME SECOND. Chap. VI. L’ambassade s’embarque pour Pekin. — Description des bords du Fleuve Jaune. — Comedie chinoise. —Immense population. — Armes et uni¬ formes des soldats chinois. — Barbaric des Chinois envers leurs filles nouvellement n<*es. — Exposition des enfans. — Voitures roulantes des Chinois. — % L’ambassade traverse Pekin , — Arrive an palais de FEmpereur, situe au delà de cette ville. — Elle re- tourne à Pekin ; — Est rigoureusement consignee et gardée à vue dans son hotel. *— Menaces faites aux Anglais qui se montreront. —Cuisine des Chinois. — Regularity du service. — Eriponnerie des Chi¬ nois. Pag. I* Chap. VII. LAmbassadeur part pour la Tatârie. — Description et mesure de la grande muraillc. —
  • 18 r .TABLE. Note sur Je-hor, maison d’etc de FEmpereur. — Marche de Fambassade en entrant à Je-hor. — Elle retourne à Pékin. — Plus de la moitiO des gardes, malades de la dyssenterie. — Beaute des routes de la Chine. — L’Ambassadeur rend visite à FEmpe¬ reur.— Poltronnerie des Chinois.— Presensfaits aux personnes de la suite de FAmbassadeur. — Mesin- teiligenceparmi les gentilshommesde Fambassade.— Les Anglais gardes comme des prisonniers; — Quit- tent Pekin pour la dernière fois. — Coup d’oeil sur celte ville. — Provenance des Cbinois envers les Anglais. — Us s’embarquent sur le Fieuve Jaune pour regagner leurs vaisseaux. — Culture et popu¬ lation des bords de ce canal. — Ignorance et su¬ perstition des Chinois. — Description d’une tour remarquable. — Les Anglais passent sur le grand canal. — Adresse des Chinois pour prendre les oi- seaux. — Description d’un Jac immense. — Ma- nière curieuse de pêcher avec des oiseaux. — In- nombrable population de la Chine. — Nourriture ordinaire des Chinois. Pag. I7* Chap. VIII. L’ambassade arrive à Han-TchOou. — Elle se separe.-Une partie se dirige vers Cantorr, Fautre vers la baie de Tchou-San. — Les Anglais sont traites avec peu d’dgards. — Manière de passer les e'cluses. — Arrivee à Nang-pou. — Coupable indifference des Chinois envers les morts. — Ma¬ nière d’enterrer dans la province de Pe-tche-li.— Commerce de la ville de Ning-pou. — Description de la ville de Tchou-San. — L'Hindoustân met à la voile. — Arrive près de Canton. —— Nouvelle de la
  • i8$ . T A B L E. revolution frauçaise.— Wlmm-pou, village consi¬ derable , voisi 1 de Canton. — Prise d’un brick fran- çais. — Arrivee de plusieurs butimens anglais. _ Itineraire de la p utie de I’ambassade qui sMtoifc dirigée parterre vers Canton. — Bonheur dont jouis- sent les Clh no is, — Leur imrrçoralité. — Leur pro¬ cede pour clever L’eau. Pag. ^5. Chap. IX. L’Ambissadeur s’embarque; —Aborde à Macao. — Description et commerce de cette ville. — lies des Lamms; pourquoi ainsi nommées. — Tons les habitans europeens de Macao font un bril- lant accueil aux Anglais. — L’Ambassadeur re- monte à bord du Lion et escorte un grand nombre de bàtimens. — L’escadre passe la Ligne. — Cor- saires franca is. — Detroit de la Sonde. — Les Ma- lais dgorgent un equipage hollandais. — Les croiseurs francais prennent un navi re anglais. — Penchant des Malais pour le vol et I’assassinat. P. 69. Chap. X. La ilotte met à la voile. — Navigation paisible. — Tempete. — Un vaisseau de I’escadre frappe d un terrible coup de tonnerre. — Situation fàcheuse des vaisseaux et de leur equipage. — Les Croiseurs fraudais font beaucoup de mal aux Anglais dans la baie du Bengalc. — Perspective de file de Sainte-Hélène. — Precis sur la situation de cette Pag. 90. Chap. XI. L’escadre quitte file de Sainte-Hélène. — Noms et disposition des vaisseaux. — .Ordre du commandant. — Vives inquietudes qu inspirent les croiseurs français. — Precautions que le comman¬ dant prend centre eux.— Poissons qui font la chasse
  • TABLE. 133 aux poissons volaus. — Inquietudes et preparatifs à la vue d’une flotte. — Nouvelle de la victoire de l’amiral Howe.— Passage du Tropique. —Ren¬ contre d un vaisseau danois. — Rapport sur 1’escadre française.— Arrivée à Spithead. — Nombre des morts de l’equipage du Lion. ■— Triste situation des autres. . - Pag. 106. t Explication de toutes les Cartes, « Vues, Plans, etc., qui composent b Atlas de l‘edition originale de l Ambassade de lord Macartney, dans leur ordre nunié- rique. / ISTota. Lous les Numeros marques d’un aslèrisque nont point eté traduils dans noire edition. N°. I.* Carte generate de la route que tinrent les vaisseaux, Page 129. N°. II.* Vue du côté oriental de l'ile d Ams¬ terdam dans l Ocean Indien, i3o. N°. III.* Carte d’une partie de la cote de Cochinchine, ibid. N°. IV.* Carte des sondes faites par les vais¬ seaux dans la baie de Touron, etc., i3r. N°. V.* Carte des ilcs de Tchou-San, 1Z2.
  • 184 T ABLE. Vue du Gap Zéou - tao. — Du Cap Macartney. — Du Cap Gower. — De la ville de Ten-tchou- fou. — Du détroit de Mi-a-tao. (P/. XXV de notre edition.) N°. VIII/ Esquisse du Péi-ko, ou Riviere, 136. N°. IX/ Esquisse de la route de Jé- hoi jus- qu’a Pekin , ibid. N°. X/ Esquisse de la route de Hang-tcliou- fou jusqu'a Canton, 137. N°. XI. Vue de la ville et du havre de Ma¬ cao (planche en tête du Ier. vol. de notre edition. ) 108. N°. XII/ Feuille du coccus opuntia 3 ou nopal, I4°* N°. XIII. Le faisan k dos de feu, de file de Java. ( PL XXVI de notre edition. ) 142. # N°. XIV. Naturels de la Cochinchine jouant au volant avec leurs pieds. ( PL XXVII de notre edition. ) ibid. N°. XV. Vue de la baie de Touron. ( PL XXVII de notre edition.) ibid. N°. VI. I N°. VII.
  • TABLE. 185 N°. XVI/ Mandarin ou Magistrat de Tou- ^ ron, ' 143. N°. Xyil/ Poste militaire chinois , ibid, N°. XVIII. Poste militaire sous les armes , pour Sciiuerl’Ambassade. (P/. XXVIII de notre edition, ) 744. N°. XIX. Armes offensives et defensives des troupes chinoses. ( PL XXIX de notre edi¬ tion, ) * . 145. N°. XX. Vue dune porte de Pekin, dn cote de fouest. ( PL XXX de notre edition.) 1 \ 6, N°. XXI. Plan de la salle d*audience et des ' 1 * ■ cours adjaecntes dans les jardins de I’Ern- pereur à Yuen-Ming-Yuen. ( PL XXXII de notre édition. ) 747. N°. XXII. Vue du péristile de la salle dau- dience dans le palais dYuen-Ming-Yuen. ( PL XXXI de notre édition. ) i4y. N°. XXIII. Plans 5 coupes et elevations de la grande muraille de la Chine et de cpiel- ques-unes des tours, etc. (PL XXXIV de notre édition. ) ibid, % N°. XXIV. Vue de la grande muraille de la Chine , nominee Van - Ij - tching. ( PL XXXIII de notre édition. ) i5o.
  • 186 TABLE, N°. XXV. Marche de TEnipereur vers sa tente , pour y recevoir lAmbassadeur an¬ glais. ( Pi. XXXV de noire edition. ) i53. N°. XXVI. Plan, coupe et elevation de Pou- ta-la, ou templo de Lama à Jé-hol. ( PL XXXVII de noire edition. ) 15/,. N°. XXVII. Vue du Pou-ta-la. ( PL XXXVI de notre edition. ) 155. N°. XXVIII. Supplice du tcha ou cangue. ( PL XXXVIII de notre edition. ) ibid. | ‘ N°. XXIX. Jardins du palais impérial de Pekin. {PL XXXIX de notre edition.) i56, N°. XXX/ Scène dramatique exécutée sur un théâtre chinois , v 157. L ' N°. XXXI. Vue d un Pai-tou y 011 arc de triomphe, et d une forteresse chinoise, ( PL XL de notre edition. ) 15g. N°. XXXII. Quoan ou Mandarin portant une lettre del Einpereur de la Chine. ( PL XLI de notre edition.) 160. N°. XXXIII. Vue prise de la ville de Lin-Tsin. {PL III et PL XLI I de notre edition.) 161. N°. XXXIV. Plan, coupe et elevation d une écluse sur le grand canal de la Chine. ( PL XLIII de notre edition. ) 162. 1
  • TABLE. 187 N°. XXXV. Barques cliinoises de FAmbas- sade passant par une écluse. ( PL XLIV^ de notre edition. ) i65. N°. XXXVI. Vue du lac Pao-Ynk. ( PL XLV^ de notre edition. ) 1G6. N°. XXXVII. Le pelicanus sinensis, ou cormoran - pêcheur. ( PL XXT^l de notre edition.) 167. N°. XXXVIII. Vue des faubourgs d une ville chinoise. ( PL XLVI de notre edition. ) ibid. N°. XXXIX. Vue de Tsin-Chan, ou file dOr, dans le Yang-Tse-Kyang, ou grande riviere de la Chine. ( PL XLVII de notre edi¬ tion. ) 168. Xo. XL. Barques cliinoises de TAmbassade, se préparant à passer sous un pont. ( PL XLVIII de notre édition. ) 169. N°. XLI. Vue de la tour des Vents Tonnans, située sur le bord du lac Si-liou.(P/. XL1X de notre édition. ) 170, N°. XLII. Marinier Chinois, donnant lexem- ple du travail et de l economie du temps. ( PL L de notre édition. ) 17I#
  • 188 TABLE. N°. XLIII. Rocher de Quang-Yin. ( PL L de n otre edition. ) I y I. N°. XLIV. Coupe et elevation dune roue employee par les Chinois pour élever l feau. ( PL LI de noire edition. ) 172. FIN DE LA TABLE. •A i'ri • I T I
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